06 août 2011

Drones : les étonnants choix de Nicolas Sarkozy

vendredi 5 août 2011 - 09h:39
L’Humanité





En privilégiant le modèle israélien 
du groupe Dassault pour équiper l’armée en avions sans pilote, Nicolas Sarkozy provoque l’incompréhension du concurrent EADS et la colère des militaires.
Les drones de la discorde
« J’ai des difficultés à comprendre ce qui s’est passé. Je ne comprends pas très bien pourquoi nous avons perdu. Est-ce à cause des capacités opérationnelles, du prix, du calendrier  ? Nous ne savons pas.  » Le 29 juillet, en marge de la présentation des résultats de son entreprise, le président exécutif d’EADS, Louis Gallois, ne cachait pas son désarroi. En annonçant «  l’entrée en négociations avec la société Dassault Aviation en vue de fournir un nouveau système de drones en 2014  », le ministre de la Défense, Gérard Longuet, n’a pas seulement provoqué la stupéfaction du concurrent EADS, mais également la colère des militaires. Pour mémoire, trois projets étaient en compétition  : l’achat de drones Reaper aux Américains (solution privilégiée par l’état-major des armées), une version améliorée de l’actuel drone Harfang, proposé par EADS, et le Heron israélien, construit par la firme Israel Aerospace Industries (IAI) et censé être adapté par Dassault pour les besoins de l’armée française.
En raison de la faiblesse française en matière de drones, les militaires déployés en Afghanistan sont actuellement largement dépendants de l’équipement américain. Le défaut d’assistance aérienne et de renseignement avait d’ailleurs été pointé du doigt lors de l’embuscade survenue au mois d’août 2008 dans la vallée d’Uzbin, qui avait provoqué la mort de dix soldats français, les pertes les plus élevées depuis l’attentat du Drakkar, à Beyrouth, en 1983 (58 morts attribués au Hezbollah et à l’Iran). La solution Dassault repousse à 2014 la livraison des fameux drones, soit l’année prévue... pour le retrait des forces françaises d’Afghanistan  !

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« Ce choix est criminel  », s’exclame un officier supérieur membre du comité de rédaction de Défense (la revue de l’IHEDN, l’Institut des hautes études de défense nationale), sous couvert d’anonymat, «  parce qu’il confie la sécurité de nos frères d’armes à un matériel qui n’a pas encore fait ses preuves. Cette décision est d’autant plus incompréhensible qu’elle intervient juste après le savon passé par le président de la République au chef d’état-major des armées - l’amiral Guillaud - suite à la mort des derniers soldats français en Afghanistan  ». Pour ce militaire, «  les besoins opérationnels en liaison avec la protection de nos forces militaient objectivement pour le choix du Predator-Reaper. À l’évidence, d’autres considérations ont prévalu. La France fait cavalier seul, non pour des raisons opérationnelles, mais en raison de petits calculs politiciens à court terme  ».
Inquiétudes sur l’avenir de la filière drone d’EADS
Certains officiers manifestent de l’inquiétude quant à l’avenir de la filière drone d’EADS  : « Les conséquences humaines et la perte de la compétence acquise n’ont pas semblé émouvoir Gérard Longuet  », s’étonne l’un d’entre eux. Ironie du sort, une version «  francisée  » du Reaper avait même été étudiée par EADS en 2008, rendant l’argument de la «  souveraineté industrielle  » brandi par Dassault pour le moins saugrenu.
L’option Dassault dans ce choix stratégique s’impose aussi dans un contexte qui laisse songeur. À quatre-vingt-six ans bien sonnés, le patriarche du groupe, Serge Dassault, sera encore tête de liste UMP pour sa réélection aux sénatoriales du mois de septembre. Le Figaro, fleuron du groupe de presse acquis par le «  papyvore  » juste avant son entrée au palais du Luxembourg en 2004, déploie ces dernières semaines des trésors d’imagination pour tenter de faire remonter Nicolas Sarkozy dans les sondages en vue de la prochaine présidentielle. Le 23 juillet dernier, trois jours après l’annonce de Gérard Longuet, mais au lendemain de la tuerie en Norvège, le quotidien de droite avait même osé faire sa une sur «  les nouvelles ambitions de Sarkozy pour relancer l’Europe  »...
Divine surprise pour Dassault
Évalué à environ 300 millions d’euros, le marché des drones est effectivement une divine surprise pour Dassault. Incapable de vendre son Rafale à l’international, il se positionne ainsi sur le marché mondial prometteur des avions sans pilote, évalué par les spécialistes entre 95 et 100 milliards d’euros pour les dix prochaines années (Le Canard enchaîné, 
le 27 juillet 2011). «  La partie n’est pas encore terminée  », veut-on encore croire du côté d’EADS, qui cherche également à diversifier ses activités pour être moins tributaire des ventes d’Airbus  : «  Louis Gallois a vu Gérard Longuet pour lui demander des explications. Nous attendons son débriefing, mais en raison des congés, il ne devrait pas intervenir avant la fin du mois d’août.  »
Deal en Libye du clan Sarkozy ?
Mediapart révèle que le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, aurait travaillé entre 2005 et 2007 avec Ziad Takeddine, 
le marchand d’armes franco-libanais, déjà cité 
dans l’affaire Karachi. Alors directeur du cabinet du ministre 
de l’Intérieur Sarkozy, il aurait conclu « des deals financiers » 
avec Kadhafi. Un soupçon de corruption à haut niveau 
se précise lorsque le site révèle que Brice Hortefeux, 
autre proche de Sarkozy, aurait été en relation avec la Libye. 
Alors ministre délégué aux collectivités territoriales, 
il aurait œuvré pour la libération des infirmières bulgares 
contre la conclusion d’accords « dans le domaine de la sécurité, 
(de l’) immigration » et de la «  modernisation de l’aviation militaire ».

3 août 2011 - L’Humanité

05 août 2011

La solidarité bidon de la gauche sioniste israélienne

jeudi 4 août 2011 - 06h:57
Budour Youssef Hassan - The Electronic Intifada




Le 15 juillet, des milliers d’Israéliens ont participé à une marche à Jérusalem-Est occupée pour témoigner leur soutien à la création d’un Etat palestinien en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza. 
 
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C’est à ça que ressemble la solidarité ?
Selon les organisateurs israéliens, la marche était une action conjointe réunissant Palestiniens et Israéliens. Elle avait pour slogans « lutte commune » et « solidarité » ; pourtant, la participation comptait bien peu de Palestiniens. Cet événement s’est produit quelques semaines après une marche similaire à Tel-Aviv ; mais si celle de Jérusalem-Est a attiré plus de publicité étant donné le lieu où elle se tenait, les deux événements mettent en lumière l’échec de la prétendue solidarité des sionistes israéliens de "gauche" avec les Palestiniens.
Le terme solidarité - tout comme celui de coexistence - a été tellement utilisé dans le discours sioniste libéral qu’il a perdu tout son sens. L’erreur sur la signification du mot solidarité soulève la question suivante : que signifie le mot solidarité et, plus précisément : quand une action organisée par des Israéliens au nom du soutien des Palestiniens peut-elle être considérée comme un acte de véritable solidarité ?
Peut-on considérer allègrement que toutes les fois où des Israéliens envahissent les rues en scandant « arrêtez l’occupation » ils posent un acte de solidarité ? Chaque fois que des Israéliens brandissent des drapeaux palestiniens, faut-il le se réjouir d’un élan majeur pour la cause palestinienne ? Les Palestiniens doivent-ils simplement être reconnaissants de ce que, en pleine construction de colonies en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, et dans la déferlante de racisme dans la société israélienne, il reste quelques voix israéliennes disposées à « reconnaître » un État palestinien ?
Lorsque des privilégiés formulent et conçoivent une solution et l’imposent à un peuple colonisé et occupé comme étant la seule solution viable et la seule étape constructive restante », ainsi que le stipule l’appel du 15 juillet, il ne s’agit pas de solidarité, mais d’une autre forme d’occupation. Si l’on est solidaire, l’on ne dit pas aux personnes ce que l’on pense de leur problème et encore moins comment l’on envisage la solution. Être solidaire ne veut pas dire que l’on est d’accord sur tout, voire qu’on est d’accord sur une solution fixe, mais qu’on se bat pour une cause commune indépendamment des différences.
Un quasi État construit sur 22 % de la terre de la Palestine historique n’est pas ce pour quoi les Palestiniens se battent depuis 63 ans, et présenter cela comme un Etat, équivaut simplement à priver les Palestiniens de leur voix et du droit de décider de leur propre destin.
Beaucoup diront, pourtant, que lutter cote à cote avec les gauchistes sionistes élargit la base du soutien de la Palestine et donne aux Palestiniens l’occasion de débattre avec l’autre partie et de la convaincre. Ceci serait vrai si les sionistes considéraient les Palestiniens comme des partenaires égaux,ce qui n’est pas le cas. Tout le concept des deux états pour deux peuples comme seule solution à l’impasse palestino-israélienne, extrêmement populaire parmi les sionistes libéraux, repose sur l’isolationnisme, l’exceptionnalisme et la bonne conscience des sionistes ainsi que sur leur sentiment de supériorité à l’égard des Palestiniens qui leur donne le droit de déterminer le problème, sa solution et les moyens à utiliser pour mettre la solution en oeuvre.
Une marche palestino-sioniste « conjointe » n’est pas l’occasion d’engager un dialogue productif, mais donne plutôt aux sionistes plus de chances de marginaliser les voix des Palestiniens et de faire la leçon aux Palestiniens sur la manière dont ils doivent résister et ce qu’ils devraient accepter.
Donc, ces manifestations qui réclament ostensiblement l’égalité,maintiennent en fait le statut privilégié des juifs israéliens. Et bien que de telles manifestations soient capables d’attirer des milliers d’Israéliens de temps à autre, elles n’élargissent pas véritablement la base de soutien israélienne pour les Palestiniens. Au lieu de cela, elles reflètent le soutien d’une « solution » qui néglige le problème des réfugiés, problème qui est au coeur de la lutte palestinienne, ainsi que les fragments de la nation palestinienne et qui condamne le citoyen palestinien d’Israël à une situation de perpétuelles infériorité et discrimination.
La solidarité ne se mesure pas en nombres ; il ne s’agit pas de savoir combien de personnes sont venues à une manifestation pro palestinienne. Il s’agit de savoir pourquoi ces personnes sont venues. Se battre aux côtés de 50 Israéliens qui sont véritablement engagés dans la cause palestinienne est par conséquent beaucoup plus important et valable que de marcher à l’ombre de milliers d’Israéliens qui pensent que la Palestine est simplement la Cisjordanie et la bande de Gaza.
Sur sa page Facebook, la marche de Jérusalem du 15 juillet avait pour titre en hébreu « marche pour l’indépendance de la Palestine » tandis que le titre arabe disait « ensemble vers la libération de la Palestine ». Il y a une énorme différence entre une libération et un « État indépendant ». Pour les Palestiniens, la « liberté » va bien au-delà de la création d’un bantoustan en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. L’incohérence entre les intitulés en arabe et en hébreu en dit long, mais ça ne date pas d’hier et il n’est pas non plus rare que les organisations israéliennes de « gauche » tiennent un langage et adoptent un ton différents selon qu’elles s’adressent à un public palestinien ou israélien.
Parmi la centaine de Palestiniens qui ont assisté à la marche beaucoup s’y sont peut-être joints parce qu’ils croyaient à tort que son but était d’exiger la liberté plutôt que de demander une « indépendance » bidon. En outre, les membres des comités populaires palestiniens de Cheikh Jarrah et de Silwan, dont les quartiers risquent d’être démolis et qui subissent un processus silencieux et écrasant de nettoyage ethnique, avaient l’impression de n’avoir d’autre choix que de se joindre à la marche pour attirer l’attention sur leur lutte. Mais leur détresse a été exploitée par les organisateurs pour annoncer une lutte « conjointe » afin de marquer des points politiques et d’aider à améliorer leur image.
Il ne faudrait pas dévaloriser la contribution du mouvement de solidarité de Cheikh Jarrah, principal organisateur de la marche du 15 juillet. Les manifestations hebdomadaires organisées à Cheikh Jarrah et à al-Lydd ont mis en lumière la lutte des habitants palestiniens contre la politique israélienne systématique de démolition de maisons et d’expulsions. Les membres proéminents du mouvement de solidarité de Cheikh Jarrah et d’autres organisations israéliennes de gauche luttant pour la paix subissent des attaques virulentes de la part de la droite israélienne, notamment des menaces de mort et des accusations de trahison.
Ceci ne veut pas dire qu’ils sont à l’abri de toute critique. En dépit de leur militantisme, ils n’ont pas pleinement embrassé le public palestinien, ni ne l’ont fait participer. Leurs manifestations sont dominées par des sionistes libéraux séculiers blancs et la voix palestinienne, qu’ils sont censés faire entendre est inaudible dans le tintamarre des chants en hébreu sur la paix et la coexistence. Même les slogans et les panneaux brandis pendant les manifestations ont été rédigés préalablement par les organisateurs israéliens, transformant les défilés en une routine ennuyeuse, terriblement prévisible et élitiste.
En somme, la « solidarité » israélienne est une épée à double tranchant. Elle a le potentiel de faire progresser la cause palestinienne et d’influencer l’opinion publique israélienne ainsi que d’introduire la lutte palestinienne dans les grands médias. Toutefois, il existe le risque de voir certains groupes détourner le mouvement croissant de la résistance populaire palestinienne en le plaçant sous la bannière de la solidarité et de la coexistence.
Le fait qu’il y a une déferlante d’extrémisme éhonté chez l’élite au pouvoir en Israël et dans la société israélienne en général ne signifie pas que les Palestiniens doivent applaudir avec reconnaissance aux « compromis » d’un sionisme doux. La solidarité n’est pas un acte de charité ou un festival de rodomontades et de discours creux. C’est une obligation morale qu’il faut remplir par un engagement total, sans faille et inconditionnel.
Ceux qui veulent de la reconnaissance et de la gratitude feraient mieux de rester dans leurs relax à Tel-Aviv. Il faut dévoiler et lutter contre les tentatives d’exploiter le sort des Palestiniens à des fins politiques et de transformer la cause palestinienne - une lutte pour les droits humains la justice la liberté et l’égalité- en un simulacre d’indépendance.

* Budour Youssef Hassan, originaire de Nazareth, est une militante socialiste palestinienne et étudiante en troisième année de droit à l’Université hébraïque de Jérusalem. Vous pouvez la suivre sur Twitter : twitter.com/Budouroddick.

Du même auteur :
28 juillet 2011 - The Electronic Intifada - Cet article peut être consulté ici :
http://electronicintifada.net/conte...
Traduction : Anne-Marie Goossens

Rapport sur les violations israéliennes des droits humains

vendredi 5 août 2011 - 07h:11
PCHR du 28 juillet au 3 août 2011




Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) poursuivent leurs agressions méthodiques contre les Palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO). 
 
Durant la semaine du 27 juillet au 3 août 2011 :
  • 2 Palestiniens ont été tués et un troisième blessé par les FOI dans le camp de réfugiés de Qalandya, au sud de Ramallah ;
  • un Palestinien a été blessé par les FOI dans la bande de Gaza ;
  • les avions israéliens ont bombardé un tunnel à la frontière égyptienne dans la bande de Gaza et un site d’entraînement dans le nord ;
  • les FOI ont continué d’utiliser la force contre les manifestations non violentes en Cisjordanie :
    • 3 Palestiniens, dont 2 mineurs, ont été blessés
    • 3 internationaux ont été arrêtés ;
  • les FOI ont conduit 44 incursions dans les communautés palestiniennes en Cisjordanie :
    • elles ont arrêté 21 Palestiniens, dont 6 mineurs et un membre du Conseil législatif palestinien ;
  • Israël a maintenu un siège total sur les TPO et l’isolement de la bande de Gaza du monde extérieur ;
  • les FOI ont poursuivi leurs activités de colonisation en Cisjordanie et les colons israéliens leurs attaques contre les Palestiniens et leurs biens.
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Le feu prend dans des oliviers alors que des soldats israéliens lancent des lacrymogènes sur une manifestation non violente contre le mur d’annexion à Bil’in, près de Ramallah.
 

Violations israéliennes recensées durant la semaine du 28 juillet au 3 août 2011

1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les Palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza
Jeudi 28 juillet
Minuit, les FOI entrent dans Silwan, au sud de la vieille ville de Jérusalem. Elles investissent le domicile de Ra’ed Siam et arrêtent son enfant de 14 ans, Hammouda.
1 h 15, incursion dans ‘Arraba, au sud-ouest de Jénine, où les FOI patrouillent dans les rues, et arrêtent Yousef Ghassan al-‘Aarda, 20 ans. Elles pénètrent aussi dans un certain nombre de maisons et arrêtent trois autres Palestiniens :
  • ‘Abdul Malek Mahmoud Abu Salah, 21 ans ;
  • Jawad Bassam Abu ‘Obaid, 19 ans, qui fut libéré un peu plus tard, et
  • Jihad Taheseen ‘Aardad, 18 ans, également libéré par la suite.
Les FOI convoquent aussi 5 Palestiniens au poste militaire de Salem, au nord-ouest de Jénine, pour le 4 août, à fin d’interrogatoire.
3 h 10, les FOI entrent dans ‘Allar, au nord de Tulkarem. Elles fouillent la maison de As’ad Ziad Shadid, 22 ans, et l’arrêtent.
9 h, incursion dans ‘Ein Yabroud, au nord-est de Ramallah.
16 h, des soldats accompagnés de colons investissent Janba, un village très au sud d’Hébron. Ils arrêtent ‘Eissa et Wa’el ‘Omar Jabarin, respectivement 16 ans et 14 ans. Un colon prétendait que les deux jeunes avaient attaqué son troupeau de bovins.
20 h, les FOI mènent une opération aéroportée sur la zone entre Masliya et Al-Jarba, villages au sud de Jénine. Les soldats ratissent le secteur pendant quelques temps et se retirent.
21 h 50, incursion dans Bir Zeit, au nord de Ramallah.
23 h 50, dans al-Zbaidat, au nord de Jéricho.
Vendredi 29 juillet
Une heure du matin, les FOI entrent dans ‘Anabta, à l’est de Tulkarem.
2 h, incursion dans Tammoun, au sud-est de Tubas. L’armée opère sur la maison de Khaled Hamad Abu Tous, membre du Conseil législatif palestinien, du groupe Changement et Réforme, affilié au Hamas. Il est arrêté. L’armée s’empare aussi d’un ordinateur et de certains documents.
2 h, dans ‘Aqaba, au nord-ouest de Tubas. L’armée fouille la maison de Mustafa Sa’id Abu ‘Erra, 60 ans, un ancien maire du village, et l’arrête.
5 h 30, dans Jéricho.
9 h, dans Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah, où l’armée ferme toutes les entrées pour empêcher les Palestiniens et les internationaux de tenir leur manifestation non violente contre la construction du mur d’annexion et la colonisation.
Les soldats de l’occupation arrêtent Muheeb Mohammed al-Barghouthi, photographe de presse du journal al-Hayat al-Jadeeda. Ils l’emmènent au check-point entre Nabi Saleh et Kufor ‘Ein. Là, les soldats se mettent à le tabasser, violemment, sur le côté de la route, pendant plus de 3 heures. Il est blessé à la tête et couvert d’ecchymoses. Les soldats israéliens démolissent aussi sa caméra après en avoir confisqué les cartes mémoires.
9 h 30, incursion dans Deir Dibwan, au nord-ouest de Ramallah.
11 h, dans Qibya, à l’ouest de Ramallah.
11 h 10, dans Beit ‘Aur al-Tahta, même secteur.
18 h 25, dans ‘Azzoun, à l’est de Qalqilya.
Samedi 30 juillet
Minuit et demi, les FOI entrent dans Nabi Elias, à l’est de Qalqilya, y patrouillent quelques temps avant de se retirer.
3 h, dans la ville de Jénine.
9 h, dans Deir Abu Da’if, à l’est de Jénine.
10 h 30, dans al-‘Araqa, à l’ouest de Jénine ; dans Kfiret et Zibda, au sud-ouest.
Au même moment, dans la bande de Gaza, les soldats israéliens postés dans des miradors à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, au nord de Beit Lahia, ouvrent le feu sur des civils palestiniens qui ramassent de la paille à environ 400 mètres de la frontière.
Mousa Ibrahim Abu Dhail, 25 ans, de Bedouin Village, est atteint d’une balle dans la tête, mais il n’est que légèrement blessé.
15 h, incursion dans Silwan, au sud de la vieille ville de Jérusalem, où l’armée fouille le domicile de Mazen ‘Ouda, 23 ans, et l’arrête.
20 h, dans ‘Ein ‘Arik, à l’ouest de Ramallah.
20 h 30, dans Fassayel, au nord de Jéricho.
23 h 10, dans al-Zawia, à l’ouest de Salfit.
Dimanche 31 juillet
Une heure du matin, les FOI investissent Biedya, village au nord-ouest de Salfit, opèrent sur la maison de Hussein Ibrahim al-Dalu, 25 ans, qui est convoqué pour interrogatoire.
1 h 30, incursion dans ‘Anabta, à l’est de Tulkarem
2 h, dans Shyoukh, au nord-est d’Hébron.
2 h 30, dans Bal’a, au nord-est de Tulkarem.
3 h, dans Esktaba, en périphérie nord-est de Tulkarem, où l’armée fouille la maison d’‘Omar Mahmoud Sheikh Qassem, 20 ans, et l’arrête. Les soldats s’emparent aussi d’un disque dur d’ordinateur.
17 h, incursion dans Jayous, au nord-est de Qalqilya. Des enfants palestiniens se regroupent et jettent des pierres sur les véhicules de l’occupant. Aussitôt, l’armée lance des lacrymogènes et des bombes sonores sur les jeunes.
19 h 15, l’armée entre dans ‘Azzoun, à l’est de Qalqilya.
20 h, dans Kufol Hares, au nord de Salfit.
20 h 35, dans Hares, même secteur.
20 h 45, dans Rafat, à l’ouest de Salfit.
Lundi 1er août
2 h du matin. L’armée entre dans le camp de réfugiés de Qalandya, au sud de Ramallah. Les soldats encerclent deux maisons, celles des familles al-Khatib et Manasra, dans le secteur d’‘Antar, pour arrêter deux civils. Très vite, des jeunes Palestiniens se rassemblent et jettent des pierres sur les FOI. Aussitôt, celles-ci lancent des lacrymogènes et des bombes sonores, et ramènent des renforts. Au moins une quarantaine de soldats cagoulés arrivent sur les lieux et rejoignent le premier détachement. Ils investissent la maison de Mohammed Sa’id Zayed. Vers 2 h 30, un véhicule avec 5 civils palestiniens à bord arrive. Ces civils sont surpris de voir les FOI dans le secteur, ils descendent de voiture et tentent de fuir. Aussitôt, les soldats tirent dessus.
‘Ali Hassan Khalifa, 27 ans, est gravement blessé d’une balle dans le ventre. Les efforts pour le sauver restent vains. En outre, M’amoun Hassan ‘Awad, 24 ans, est blessé d’une balle dans l’épaule droite. Mo’tassem ‘Eissa ‘Edwan, 22 ans, sort de chez lui pour voir ce qu’il se passe, mais il est aussitôt abattu d’une balle dans la tête. Avant de se retirer, les FOI arrêtent 3 Palestiniens, dont deux mineurs :
  • Ayman Wajeeh al-Khatib, 25 ans ;
  • Anas Manasra, 16 ans, et
  • Sa’id Mohammed Zayed, 15 ans.
Au même moment, les FOI entraient dans Houssan, à l’ouest de Bethléhem pour opérer sur la maison de Mohammed Saleh al-Za’oul, 19 ans.
8 h, incursion dans al-‘Eissawiya, au nord-est de Jérusalem. L’armée investit le domicile de Waleed ‘Olayan.
22 h, dans Nabi Elias, à l’est de Qalqilya.
22 h 15, dans Jainsafout, même secteur.
22 h 20, toujours dans le même secteur, dans le village de Hijja, où l’armée pénètre dans un certain nombre de maisons et convoque Mahmoud Mohammed Da’as, 18 ans, pour interrogatoire.
2 août
Minuit cinquante-cinq, des avions militaires israéliens tirent un missile sur un tunnel à la frontière égyptienne, près du quartier d’al-Brazil, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Pas de victimes.
1 h 20, les FOI entrent dans Beit Ummar, au nord d’Hébron, opèrent sur 6 maisons de la ville, en utilisant des chiens, lançant des bombes sonores et des lacrymogènes. Elles agressent aussi de nombreux civils palestiniens. Durant l’opération, les FOI arrêtent 2 civils :
  • Mahmoud Haitham al-Slaibi, 21 ans, et
  • Mohammed Hassan ‘Aadi, 19 ans.
Les FOI convoquent aussi 4 Palestiniens pour interrogatoire. A la suite de cette opération, 6 Palestiniens souffrent d’ecchymoses. Nombre de maisons ont également été endommagées.
3 h 20, un hélicoptère de combat tire deux missiles sur un site des Brigades ‘Izziddin al-Qassam (la branche armée du Hamas), à Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza. Pas de victimes, mais des civils palestiniens sont terrifiés.


2 - Usage d’une force démesurée contre les manifestations non violentes protestant contre la colonisation et la construction du mur d’annexion
Durant cette semaine, les FOI ont continué de se servir de la violence contre les manifestations pacifiques des Palestiniens, avec des militants internationaux et israéliens, en protestation de la construction du mur d’annexion et de la colonisation qui se poursuit en Cisjordanie.
Trois Palestiniens, dont 2 mineurs, ont été blessés, des dizaines de manifestants ont inhalé les lacrymogènes ou pris des coups par les soldats de l’occupation. Ceux-ci ont également arrêté 3 internationaux.


Bil’in, à l’ouest de Ramallah : vendredi 29 juillet, après la prière, des dizaines de Palestiniens, de militants internationaux et israéliens organisent la manifestation non violente hebdomadaire contre la construction du mur sur la terre du village. Les soldats postés près du mur tirent sur les manifestants à balles caoutchouc, et lancent des grenades lacrymogènes et assourdissantes. Nombre de manifestants souffrent de l’inhalation des lacrymogènes, d’autres réussissent à s’échapper par les oliveraies.
Ni’lin, à l’ouest de Ramallah : vendredi 29 juillet, après la prière, la manifestation hebdomadaire organisée par les Palestiniens et les internationaux s’avance vers le mur construit sur les terres du village. L’affrontement a lieu quand les soldats de l’occupation postés près du mur tirent sur les manifestants. Nombre d’entre eux inhalent les lacrymogènes.
Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah : vendredi 29 juillet, après la prière, Palestiniens, militants internationaux et israéliens se dirigent en manifestation non violente comme chaque semaine vers les terres que les Israéliens convoitent au profit des colons israéliens de la colonie Halmish. Lorsque la manifestation arrive sur ces terres, l’armée qui attend tire. De nombreux manifestants ne peuvent échapper aux lacrymogènes, et les FOI arrêtent 3 internationaux.
Kufor Qaddoum, au nord-est de Qalqilya : vendredi 29 juillet après la prière, les Palestiniens organisent une manifestation dans le village, pour protester contre la fermeture de l’entrée du village par l’occupant. Les soldats les empêchent d’arriver jusqu’à cette entrée en tirant sur eux. 3 manifestants, dont 2 mineurs, sont blessés :
  • Ibrahim As’ad ‘Ali, 45 ans, touché par une grenade lacrymogène au visage ;
  • Ja’far Bassam Abu Khaled, 16 ans, idem au pied gauche, et
  • Rani ‘Ali ‘Ali, 15 ans, au pied droit.
De plus, nombre de Palestiniens souffrent de l’inhalation des lacrymogènes.
3 - Maintien du bouclage des TPO
Israël maintient son bouclage des territoires palestiniens qu’il occupe. Les déplacements des Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza sont toujours limités au bon vouloir de l’occupant.
Bande de Gaza
Mouvements des personnes et des biens aux postes frontière
Rafah International
Date  :
 :
Palestiniens
sortant
 :
 :
Palestiniens
entrant
 :
 :
Palestiniens refoulés
dans Gaza
27 juillet  : 725  : 910  : 8
28 juillet  : 552  : 878  : 14
29 juillet  : "  : "  : "
30 juillet  : 916  : 585  : "
31 juillet  : 630  : 651  : 16
1er août  : 683  : 347  : 10
2 août  : 625  : 294  : 6
Karm Abu Salem (Kerem Shalom)
Importations
Date  : Désignations  : Tonnes - Quantités - Litres
 :
27 juillet  : Denrées alimentaires  : 746
 :
 : Matériels agricoles  : 1333
 :
 : Marchandises diverses  : 1251
 : Réfrigérateurs  : 385
 : Machines à laver  : 47
 : Cartons de vêtements  : 1541
 : Cartons de chaussures  : 1591
 : Citernes à eau  : 256
 : Panneaux de verre 520
 :
 : Aide humanitaire  : 1211
 : Voitures pour l’UNRWA  : 7
 :  :
 : Gaz domestique  : 161,16
 :  :
28 juillet  : Denrées alimentaires  : 1038
 :  :
 : Matériels agricoles  : 1025
 :  :
 : Marchandises diverses  : 1291
 : Réfrigérateurs  : 241
 : Cartons de vêtements  : 1740
 : Cartons de chaussures  : 2319
 : Voitures  : 20
 : Citernes à eau  : 353
 : Bouteilles de gaz  : 128
 :  :
 : Aide humanitaire  : 559
 :  :
 : Gaz domestique  : 161
 :  :
31 juillet  : Denrées alimentaires  : 1371
 :  :
 : Matériels agricoles  : 429
 :  :
 : Marchandises diverses  : 1392
 : Cartons de vêtements  : 632
 : Cartons de chaussures  : 1942
 : Réfrigérateurs  : 87
 : Groupes électrogène  : 18
 :  :
 : Aide humanitaire  : 4998
 :  :
 : Gaz domestique  : 182,13
 :  :
1er août  : Denrées alimentaires  : 1228
 :  :
 : Matériels agricoles  : 632
 : Vaches  : 210
 : Petit bétail  : 132
 :  :
 : Marchandises diverses  : 1252
 : Réfrigérateurs  : 679
 : Machines à laver  : 240
 : Cartons de vêtements  : 1691
 : Cartons de chaussures  : 1972
 :  :
 : Aide humanitaire  : 2916
 :  :
 : Gaz domestique  : 138,45
 :  :
2 août  : Denrées alimentaires  : 1220
 :  :
 : Matériels agricoles  : 1356
 :  :
 : Marchandises diverses  : 1207
 : Cartons de vêtements  : 1506
 : Cartons de chaussures  : 137
 : Réfrigérateurs  : 260
 : Machines à laver  : 194
 : Conditionneurs d’air  : 549
 : Friteuses  : 1
 : Voitures  : 20
 : Pneus  : 396
 :  :
 : Aide humanitaire  : 4841
 :  :
 : Gaz domestique  : 179,83
 :  :
Mercredi 27 juillet : entrée de 320 tonnes de ciment et 116 tonnes de fers à béton pour l’UNRWA ;
300 tonnes de ciment pour le Service des eaux ;
ainsi que 117 tonnes de céréales et 1209 tonnes de nourritures animales.
Jendi 28 : 146 tonnes de fers à béton pour l’UNRWA ;
120 tonnes de ciment pour l’UNDP ;
et 40 tonnes de fers à béton pour l’ANERA ;
ainsi que 195 tonnes de céréales et 741 tonnes de nourritures animales.
Dimanche 31 : 580 tonnes de ciment, 199 tonnes de fers à béton et 3850 tonnes d’agrégats pour l‘UNRWA ;
118 tonnes de ciment pour l’UNDP ;
ainsi que 429 tonnes d’aliments pour le bétail
Lundi 1er août : 680 tonnes de ciment, 170 tonnes de fers à béton et 2310 tonnes d’agrégats pour l’UNRWA ;
54 tonnes de ciment pour l’UNDP ;
ainsi que 40 tonnes de céréales et 546 tonnes de nourritures animales.
Mardi 2 août : 280 tonnes de ciment, 46 tonnes de fers à béton, 16 tonnes de gypse et 3804 tonnes d’agrégats pour l’UNRWA ;
ainsi que 1287 tonnes de nourritures animales.
Beit Hanoun (Erez)
Population  : 27 juillet - 28 juillet - 29 juillet - 30 juillet - 31 juillet - 1er août - 2 août
Patients  : 28 31 3 0 31 38 32
Accompagnateurs  : 28 31 3 0 27 41 27
Palestiniens venant d’Israël  : 9 30 0 0 39 0 16
Diplomates  : 5 3 5 0 0 9 0
Presse  : 1 1 1 0 0 1 0
Internationaux  : 46 40 30 0 12 7 19
Gazaouis  : 2 13 0 0 1 0 2
Gens d’affaires  : 62 59 0 0 61 60 54
Réunions d’affaires  : 0 0 0 0 0 0 0
Entretiens sécurité  : 3 0 0 0 1 1 2
Personnalités  : 1 0 1 0 0 0 0
Ambulances vers Israël  : 2 3 1 0 4 2 0
Ambulances venant d’Israël  : 1 2 1 0 2 1 3

Cisjordanie
La Cisjordanie est toujours bouclée par Israël.
Jérusalem : la ville est toujours sous restrictions de déplacements des Palestiniens. Des milliers ne peuvent accéder à Jérusalem, de Cisjordanie et de la bande de Gaza. De nombreux check-points permanents sont posés autour et dans la ville. Les restrictions sont renforcées encore davantage les vendredis, jours de prières, empêchant d’entrer de nombreux Palestiniens qui veulent venir prier à la mosquée al-Aqsa, dans la vieille ville palestinienne.
Ramallah :
  • jeudi 28 juillet, 9 h 30, les FOI posent un check-point sur la route Beit Bitounia/Beit ‘Aur al-Fouqa, à l’ouest de Ramallah ;
    • 18 h 30, les FOI reprennent position sur le check-point d’‘Attara, au nord ;
  • vendredi 29 juillet, 8 h 30, pose d’un check-point à l’entrée de Nabi Saleh, au nord-ouest ;
    • 13 h, un autre à l’entrée d’al-Lubban al-Gharbi, même secteur, et
  • samedi 30 juillet, 10 h, autre check-point à l’entrée de Beit ‘Aur al-Fouqa, à l’ouest.
Qalqilya :
  • jeudi 28 juillet, 8 h 25, les FOI mettent un check-point à l’entrée de Qalqilya ;
    • 20 h 25, un autre au carrefour de Jeet, au nord-est ;
  • vendredi 29 juillet, 9 h, un à l’entrée de Qalqilya, et
  • dimanche 31 juillet, 13 h, un à l’entrée d’‘Azzoun, à l’est.
Jénine : vendredi 29 juillet, 22 h, les FOI posent un check-point au carrefour de Kfiret, au sud-ouest de la ville.
Tulkarem :
  • jeudi 28 juillet, 9 h, les Israéliens postés sur le check-point d’Ennab, à l’est de Tulkarem, renforcent les restrictions aux passages des Palestiniens ;
    • 22 h, elles posent un check-point au carrefour de Beit Leed, même secteur, et
  • vendredi 29 juillet, 18 h 30, à Ennab, même opération que la veille.
Jéricho :
  • jeudi 28 juillet, 10 h, les FOI montent un check-point à l’entrée de Jéricho, et
  • vendredi 29 juillet, un autre à l’entrée d’al-Jiftlek, au nord.

Harcèlement sur les check-points militaires
Vendredi 29 juillet, 9 h, les FOI interpellent et retiennent Mustafa ‘Abdul Qader Yamin, 38 ans, et son enfant de 10 ans, Qussai, du village de Jeet, au nord-est de Qalqilya. Yamin et son enfant se rendent sur les terres de la famille situées près des mobil-homes de la colonie Qidoumim, pour la cueillette des amandes. Les soldats israéliens les arrêtent, et les retiennent jusqu’à midi. Ils leur disent qu’il leur faut obtenir une autorisation s’ils veulent se rendre dans ce secteur.


4 - Colonisation et agressions des colons contre les Palestiniens et leurs biens
Israël poursuit la colonisation des TPO, en violation du droit international. Et les colons poursuivent leurs agressions contre les Palestiniens, propriétaires de ce territoire.

Vendredi 29 juillet, 7 h, une centaine de colons escortés de soldats des FOI venant de la colonie Karmi Tsur se dirigent vers des terres palestiniennes proches de Beit Ummar, au nord d’Hébron. Les colons ont pris des cartes avec eux. Ils saccagent certains arbres et procèdent à des rites religieux. Durant leur opération, qui se poursuit jusqu’à midi et demi, les soldats tirent en l’air pour empêcher toute prise de photos.

Recommandations à la communauté internationale
1 - Le PCHR demande aux Hautes Parties contractantes de la Quatrième Convention de Genève de remplir leurs obligations légales et morales stipulées à l’article 1er de la Convention et de s’assurer du respect par Israël de la Convention dans les Territoires palestiniens occupés. Le PCHR estime que la conspiration du silence à laquelle participe la communauté internationale a encouragé Israël à agir comme s’il était un Etat au-dessus des lois et encourage toujours Israël à poursuivre ses violations des droits humains et des droits humanitaires internationaux.
2 - Le PCHR demande aux Hautes Parties contractantes de la Quatrième Convention de Genève de convoquer une conférence afin de prendre des mesures efficaces pour s’assurer du respect par Israël de la Convention dans les Territoires palestiniens occupés et garantir la protection immédiate des civils palestiniens.
3 - Le PCHR demande aux Hautes Parties contractantes de la Quatrième Convention de Genève de se mettre en conformité avec leurs obligations légales détaillées à l’article 146 de la Convention, afin de rechercher et de poursuivre les responsables de ces graves violations, à savoir des crimes de guerres.
4 - Le PCHR demande l’application immédiate de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice qui a jugé illégale la construction du mur d’annexion à l’intérieur de la Cisjordanie.
5 - Le PCHR recommande aux organisations de la société civile internationale, dont les organisations pour la défense des droits de l’homme, les associations juridiques et les ONG, de participer au processus de poursuite contre les personnes accusées de violations graves du droit international, et d’inciter leur gouvernement à traduire ces personnes en justice.
6 - Le PCHR demande à l’Union européenne d’appliquer l’article 2 de l’Accord d’association Europe-Israël, lequel stipule que le respect des droits de l’homme par Israël est une condition préalable à la coopération économique entre les Etats membres de l’Union européenne et Israël. Le PCHR appelle, en outre, les Etats de l’Union européenne à interdire l’importation de produits provenant des colonies israéliennes illégales dans les Territoires palestiniens occupés.
7 - Le PCHR appelle la communauté internationale à reconnaître le plan de désengagement de Gaza mis en place en 2005 pour ce qu’il est, à savoir non pas une fin de l’occupation mais une composition de l’occupation et de la crise humanitaire dans la bande de Gaza.
8 - Reconnaissant le Comité international de la Croix-Rouge comme gardien de la Quatrième Convention de Genève, le PCHR appelle le CIRC à accroître ses effectifs et ses activités dans les Territoires palestiniens occupés, notamment pour faciliter les visites des familles aux Palestiniens enfermés dans les prisons israéliennes.
9 - Le PCHR apprécie les efforts de la société civile internationale, notamment des organisations pour la défense des droits de l’homme, des associations juridiques, des syndicats et des ONG, et les presse de remplir leur rôle en faisant pression sur leur gouvernement pour garantir le respect des droits de l’homme par Israël dans les Territoires palestiniens occupés et pour qu’il soit mis fin à ses agressions contre les civils palestiniens.
10 - Le PCHR appelle la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu’il lève les restrictions sévères imposées par le gouvernement israélien et ses forces d’occupation à l’accès des organisations internationales dans les Territoires palestiniens occupés.
11 - Le PCHR insiste sur le fait que tout règlement politique qui ne se baserait pas sur les droits de l’homme et le droit humanitaire internationaux ne pourrait conduire à une réponse pacifique et juste à la question palestinienne. Au lieu de cela, un tel règlement ne ferait qu’apporter de nouvelles souffrances et une plus grande instabilité dans la région. Tout accord de paix, ou processus de paix, doivent être basés sur le respect du droit international, dont les droits de l’homme et le droit humanitaire.

(JPG) Document public
Pour plus d’informations, merci de vous rendre sur le site du PCHR, ou de le contacter à son bureau à Gaza ville par courriel : pchr@pchrgaza.org, ou par téléphone : (+972 (0)8 2824776 - 2825893).

Rapport hebdomadaire pour la période du 28 juillet au 3 août 2011 : PCHR
traduction pour ce qui concerne Gaza : Jacques Salles, et la Cisjordanie : JPP

Libye – De quelques médiamensonges de cette guerre

Verbatim :: Jeudi, 4 août 2011 :: Jacques Borde :: Envoyer   Imprimer
Libye – De quelques médiamensonges de cette guerre
Q – Peut-on vraiment soutenir que la Guerre de Libye est une guerre énergétique ?
Jacques Borde – Oui. Mais pas seulement ! Pourquoi, nos gouvernements noient-ils la Libye sous les bombes ? Vaste question. Nous ne le saurons vraiment que dans une dizaine d’années, au minium, quand les documents auront été déclassifiés. C’est une guerre géopolitique donc, quelque part, une guerre énergétique.
Notez que je ne suis pas le seul à le dire. William Blaine Bill Richardson III, ancien Secrétaire US à l’Énergie (de l’administration Clinton), est encore plus catégorique que votre serviteur, affirmant, à propos de la via factis occidentale en Libye, qu’« Il y a un autre intérêt et c’est l’énergie. La Libye est parmi les 10 principaux exportateurs de pétrole dans le monde. Vous pouvez dire, en toute certitude, que la hausse du prix du pétrole aux États-Unis est due à l’arrêt de la production en Libye. Aussi ce n’est pas un pays sans importance et je pense que notre engagement est justifié ».
Q – Est-elle, au moins, la guerre humanitaire que prétendent ceux que vous appelez les « Quatre âniers de l’Apocalypse » ?
Jacques Borde – Là nous parlons du médiamensonge primal. Celui qui, depuis le début de cette affaire, sert de viatique à MM. Cameron, Sarkozy, Hague et Juppé pour justifier leurs agissements. Hélas, leur argumentaire ne tient pas la route.
Q – Dans quel sens ?
Jacques Borde – Dans un article du Boston Globe, le Pr. Alan J. Kuperman, de l’Université du Texas et auteur de The Limits of Humanitarian Intervention, est revenu sur les annonces de massacres à Benghazi, par lesquelles le président nord-américain, Barack H. Obama, à justifié l’intervention en Libye.
Il y a fait remarquer que depuis les presque deux mois qu’a duré le siège de Misrata, les données publiées par Human Watch montrent que, pour une population d’environ 400.000 habitants, seules 257 personnes, y compris les combattants, ont été tuées, et que parmi les 949 blessés, seulement 22 étaient des femmes. Notez que ces pertes incluent, forcément, les victimes des insurgés pro-occidentaux et celles causée par les Guernica ininterrompus des appareils de l’Axe atlantiques. Acteurs dont il ne serait pas surprenant d’apprendre, un jour, qu’ils ont été les principaux contributeurs à ces pertes civiles…
En revanche, ce ratio des pertes civiles montre bien que Kadhafi n’est pas en train de massacrer délibérément sa population, mais que les forces loyalistes ciblent les contre-révolutionnaires pro-occidentaux qui se battent contre le pouvoir issu de la Révolution des officiers libres.
Le Pr. Kuperman fait remarquer que le massacre des civils de Misrata n’a tout simplement pas eu lieu. Pas plus que celui d’une autre ville. Ces éléments démontrent clairement, nous dit-il, que le massacre de Benghazi n’aurait pas davantage eu lieu non plus, en cas de prise de la ville par les forces loyalistes et qu’il ne s’agit, en l’espèce, que de propagande de guerre. Le Pr. Alan J. Kuperman rappelle également que, dans son discours du 17 mars 2011, quand Kadhafi a promis d’aller à Benghazi, « maison par maison », chercher les rebelles, il a, aussi, promis l’amnistie à ceux qui déposeraient les armes, montrant là que c’était bien les insurgés pro-occidentaux qui étaient visés, et non les civils.
Q – Mais l’Otan a présenté ses excuses…
Jacques Borde – Et ça vous suffit ? Cette manière de se défausser donne véritablement le vertige. Je tue, et, après, je demande pardon ! Cool, pourquoi s’arrêter, alors ? Et si Eichmann s’était simplement excusé lors de son procès à Jérusalem, cela aurait-il justifié son acquittement ? Notez, en passant, que grâce au double jeu des Services de Renseignements de l’Allemagne fédérale, il avait déjà échappé à la justice française pour l’assassinat de Jean Moulin…
Q – Sinon, pensez-vous que les dirigeants occidentaux ont été abusés par les insurgés et leurs mentors ? Ou qu’il s’agit d’une opération de mystification visant à justifier leur via factis sur la Libye?
Jacques Borde – Clairement, la seconde hypothèse. En l’espèce, il s’agit d’un grossier travail de manipulation, voire de déception comme disent les gens du Renseignements. Les bellicistes occidentalo-centrés – qu’ils soient Américains, Britanniques, Français, ou appartiennent à la mangeoire des pseudo intellectuels-spécialistes arabo-musulmans qui se disputent leurs passages sur les plateaux télés, n’a aucune espèce d’importance – nous récitent, comme un mantra rouillé, cette affirmation des massacres annoncés de Benghazi et Tobrouk. Leur logorrhée ne repose sur rien de d’objectif.
Elle relève du montage grossier. Comme le fut l’Opération Himmler ou Incident de Gleiwitz qui, le 31 août 1939, a servi de prétexte aux hitlériens pour déclencher la guerre contre la Pologne…
Q – Pouvez-vous nous en dire plus ?
Jacques Borde – C’est un classique du genre. Un commando de SS et d’opérationnels du SD nazi, déguisés en soldats polonais, ont attaqué l’émetteur radio frontalier de Gliwice (Gleiwitz, en allemand) et ont diffusé un message appelant la minorité polonaise de Silésie à prendre les armes. Ce prétexte, repris par le propaganda staffel nazi comme casus belli, permit à Hitler dès le jour suivant d’attaquer la Pologne, entraînant la déclaration de guerre de la France et du Royaume-Uni, et la 2ème Guerre mondiale.
Cette action surnommée Opération Himmler fut dirigée par l’agent du Sicherheitsdienst (SD) Alfred Helmut Naujocks – lisez son livre[1], il est très éclairant des dessous de l’hitlérisme – sous les ordres de Reinhard Heydrich[2]. Des détenus, provenant de camps de concentration tués et habillés avec des uniformes de l’armée polonaise, furent abandonnés sur place comme « preuve » (sic) de l’attaque.
Q – Un peu cousu de fil blanc, tout de même ?
Jacques Borde – Si. Mais, ce sont les vainqueurs qui écrivent l’Histoire ! Reinhard Heydrich dira, à propos de Gleiwitz : « Quand les blindés rouleront, plus personne n’en parlera ». C’est la défaite de l’Axe et la victoire des Alliés – et de la France Libre, j’y tiens – qui a permis de faire de l’incident de Gleiwitz un cas d’école dans le domaine de la manipulation. Mais prenez l’Affaire des couveuses de Koweït-City et des Armes de destruction massives (ADM) de Saddam Hussein. Avec, en point d’orgue le numéro de cirque, le 5 février 2003, du général (CR) Colin L. Powell, devant le Conseil de sécurité des Nations-unies, avec son éprouvette-bidon.
C’est bien l’appartenance des auteurs de ces forgeries avérées au camp de l’Occident qui fait qu’ils ne croupissent pas aujourd’hui derrière les barreaux, non ? En ce qui concerne les forgeries mises en place pour déclencher, et poursuivre, la Guerre de Libye, j’ai plus d’espoir dans l’avenir…
Q – Donc, c’est clair, pour vous, il y a bien eu manipulation et forgerie ?
Jacques Borde – Oui. Mais plus encore quant aux effets. En effet, comme le note le Pr. Kuperman, cette manipulation, et la guerre qui en a découlé, a eu deux effets pervers majeurs :
1. La guerre civile libyenne serait déjà terminée sans la via factis décrétée par Washington, Londres et Paris.
2. À l’avenir, des rebelles comme ceux de Libye, seront enclins à provoquer et exagérer l’action des gouvernements contre lesquels ils se soulèvent, pour pousser à une intervention militaire extérieure. C’est déjà le cas en Syrie…
Q – Et l’argument d’un Kadhafi s’accrochant au pouvoir ?
Jacques Borde – Certes, le Guide Libyen a passé 42 année fidèle au poste. Mais, primo, en quoi est-ce une raison pour le déboulonner ? Le record de longévité des hommes politiques n’est, d’ailleurs, pas détenu ni par Kadhafi, encore moins par les Africains comme beaucoup le croient, mais par les Occidentaux eux-mêmes.
Non sans humour, Jean-Paul Pougala[3] est revenu sur ce point précis. Je vais donc vous citer TROIS exemples de TROIS pays qui bombardent la Libye, et qu’il nous donne :
Pays n°1 – Les États-Unis. « L’ancien membre du Ku Klux Kan, Robert Byrd, qui a reconnu dans ses mémoires en 2005 avoir orchestré une manœuvre au Congrès américain en 1964 pour retarder la loi sur les droits civiques des Noirs, a siégé au Sénat Américain de façon ininterrompue pendant 56 ans », ce jusqu’à sa mort, en fait, le 28 juin 2010. « Cela fait 63 ans au total en ajoutant les 6 ans qu’il a passé à la chambre des Représentants, où il est entré le 20 janvier 1953 lorsque le président Harry Truman cédait sa place à la Maison-Blanche à Dwight Eisenhower et il en est reparti seulement qu’à cause de la mort, sous la présidence Obama ». Avant lui, Carl Hayden « a été sénateur pendant 56 ans et 319 jours, de 1912 à 1969. Et bien d’autres encore. Lorsqu’on sait qu’un sénateur Américain est dix fois plus puissant qu’un chef d’État Africain, cela donne une idée de la profondeur de cette longévité politique ».
Pays n°2 – la France, ensuite où Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités & de la Cohésion sociale « a depuis 23 ans (1988) pris la succession de son père Jean Narquin qui avait été pendant 20 ans député du Maine-et-Loire de 1968 à 1988 ». Son fils, Pierre Bachelot, entre au parlement dès l’âge de 22 ans comme assistant de… Roselyne Bachelot ! Quelle chance ! Roselyne Bachelot devient ministre de la santé en 2007. La même année Pierre Bachelot est nommé à l’Inpes[4]. Quel mérite.
Pays n°3 – l’Italie. Giulio Andreotti y a été élu député en 1946 et « aujourd’hui il vote comme sénateur à vie, c’est dire depuis 65 ans (…). Il a ainsi cumulé ses fonctions de député et de Président du Conseil Italien, poste qu’il a occupé SEPT fois en 20 ans, du 17 février 1972 au 24 avril 1992. Pendant ce temps, son parti est resté au pouvoir sans interruption de 1946 à 1992, c’est-à-dire QUARANTE-SIX ans. Et ne sera balayé que par la justice pour corruption ». Pour comparaison, Kadhafi n’a fait que 42 ans, et n’a pas été soupçonné de collusion avec la Mafia. C’est cela la démocratie qu’il est si urgent d’exporter, par l’acier et par le feu, en Libye ?
Q – Autre question, pour vous l’Otan ne peut pas vaincre en Libye ?
Jacques Borde – Tout dépend de ce que l’on entend par victoire. Pour que le carnage imposé par les Otaniens soit « rentable » (sic) en Libye, il faudrait que l’éventuelle victoire sur le terrain – repoussée à des calendes désormais automnales, à en croire des prévisionnistes de l’Otan – soit durable. Or aligner des corps sans vie de loyalistes, et de civils, le long des routes n’est pas un gage de durée. Pour peu, bien sûr, que les Otaniens dégagent du pouvoir les loyalistes ! Car, comme l’a rappelé, Seïf el-Islam, « Dans l’histoire, aucun pays n’a conquis la victoire avec des espions, des traîtres et des collaborateurs (…) l’Otan, c’est vous les perdants ».
La phrase n’est pas sans emphase. Mais, concernant le cas libyen, elle est plutôt juste. On voit mal comment le marais (pour ne pas dire le cloaque) politique constitué par les insurgés pro-occidentaux pourrait accoucher de quelque-chose de pérenne. Or, l’Irak et l’Afghanistan l’ont amplement démontré, s’emparer par la force d’un pays n’est pas le plus difficile d’une conquête dans l’Orient compliqué. C’est l’après qui pose problème. Et, concernant la Libye, la conquête elle-même est toujours en devenir…
Q – Suite au voyage de Kirsan Ilioumjinov de la Fédération internationale d’échecs (FIDE) à Tripoli, s’est posé la question de l’opportunité de l’autorisation de l’Otan, en amont. Que penser de ce débat ?
Jacques Borde – Encore un médiamensonge, qui pose, en fait, plusieurs questions fondamentales. La première est de savoir pour certain type de déplacements – comme atterrir directement à Tripoli, sans faire l’étape intermédiaire de Djerba – s’il n’est pas, effectivement, opportun, si ce n’est indispensable, pour d’évidentes questions de sécurité de demander le feu vert de l’Otan. Là c’est selon.
Un exemple simple : Une ONG, l’Observatoire International Pour la Paix en Libye, qui a tenté (sans hélas y parvenir, mais qui ne tente rien, n’a rien !) de négocier une autorisation se se poser à l’aéroport de Tripoli, a dû y renoncer. Dans ce cas d’espèce, l’autorisation préalable peut apparaître comme un passage obligé compte tenu de la No Fly Zone mise en place par les Otaniens. Ces messieurs ayant la détente plutôt facile, comme le prouve amplement la litanie de victimes civiles innocentes tombées sous leurs GBU et autres engins de mort du même acabit, s’assurer de pouvoir arriver entier à destination semble une requête raisonnable pour tout voyageur à destination de la Tripolitaine.
Q – Peut-on passer outre ?
Jacques Borde – Techniquement, pourquoi pas ? L’option comporte une dose de risque calculé. Juridiquement, ça ne pose vraiment pas de problème. Éthiquement, encore moins ! Ni l’Otan, ni même l’Onu ne sont des divinités devant lesquelles on a obligation de génuflexion ! Le respect n’est pas un dû. Quelque part, il se mérite. Et concernant ces deux-là, la route est longue pour qu’ils aient droit au mien !
Q – Savez-vous si des personnes ont tenté de passer outre ?
Jacques Borde – De violer le blocus aérien otanien ? Je n’en ai aucune idée. Je crois que tous les périples tripolitains ont, à ce jour, impliqué une escale tunisienne (Tunis ou Djerba), parfaitement autorisée. Le seul projet de violation de l’embargo aérien imposé à la Libye dont j’ai jamais entendu parler est ancien. C’était en ces temps où le Conseil de sécurité des Nations-unies, avait mis la Jamahiriya au ban des nations et imposé un embargo aérien sur les vols à destination de la Libye. À l’époque, le regretté Hamza Kaïda[5], croisé à Tripoli, justement, m’avait proposé de participer à une tentative qui aurait impliqué feu Pierre Clostermann, une poignée de journalistes, un petit bimoteur de type Reims-Cessna F-406. Le tout se faufilant sous la couverture de l’US Navy, pour aller se poser à Tripoli sous le nez des F-14A Tomcat US. Quelle aventure cela aurait été ! Hélas, nos estimés confrères de la presse s’étaient tous défilé ! Dommage !
Q – Et Clostermann était partant ?
Jacques Borde – Oui, oui. Il nous avait assuré que, si nécessaire, il prendrait lui-même les commandes ! Au côtés du héros du Grand Cirque, compagnon de la Libération, aux commandes, serré par une paire de F-14 ou de F-18 ? Quel honneur !
Q – Vous parliez d’AUTRES questions fondamentales ?
Jacques Borde – Oui. Pardon ! Ce qui me gêne beaucoup dans tout le dispositif actuel, c’est quand même cette idée de devoir demander quoi que ce soit à l’Otan qui, est, primo, une partie au conflit. Et, secundo, une partie au conflit aux méthodes fortement controversées. Au nom des principes, j’ai du mal à m’y faire…
Q – Pourquoi ?
Jacques Borde – Je n’aime pas trop quand on vous colle des balises de tous les côtés. Pourquoi l’aval de l’Otan ? La Croix Rouge aussi demandait l’autorisation préalable des Nazis pour aller visiter les camps de concentration ! On a su, après coup, ce que valaient ces visites, non ? Alors, non, désolé, je ne vois pas en quoi ce que je peux aller faire, à Tripoli ou ailleurs, devrait dépendre du bon vouloir d’une organisation militaire qui a du sang de civils innocents sur les mains !… Et pourquoi pas une fatwa des obscurantistes-djihâdistes alliés de l’Axe ? Ou un mot du patron de la CIA et Director of Intelligence, le général David King Petraeus, tant que nous y sommes ?
Q – D’autres commentaires sur ce sujet ?
Jacques Borde – Oui. Le plus scandaleux dans cette affaire c’est qu’il se trouve des journalistes pour poser de genre de question à Kirsan Ilioumjinov : « Avez-vous demandé l’autorisation de l’Otan pour vous rendre à Tripoli ? ». Que dans la pratique, l’on soit contraint de passer par les fourches caudines otaniennes, admettons. Il faut faire avec, en quelque sorte !
Que des Je Suis Partout médiatiques aillent jusqu’à poser ce genre de questions est davantage nauséeux et indigne. Cela prouve l’étendue de leur abyssale servilité…
Mais puisque j’en suis au registre de l’abyssale servilité, je terminerai avec celle, malheureusement prévisible, de la Russie au Conseil de sécurité des Nations-unies, qui vient de valider la condamnation de Damas. Pour quel plat de lentilles avariées les zombies moscovites ont-ils vendu leur âme cette fois-ci ? Il se disait que le Kremlin avait échangé la tranquillité du président syrien, le Dr. Bachar el-Assad, contre l’abandon du Guide Kadhafi. Alors, prenons les paris : une résolution onusienne lâchant les chiens de guerre occidentaux sur la Syrie pour la livrer à l’obscurantisme-djihâdiste, validée par la Russie ? Trois mois ? Six mois ? Encore que, face un aplatissement de la géopolitique moscovite d’aussi bon augure, Washington et l’Otan pourraient être tentés d’agir hors de tout cadre onusien. Après tout, cela avait été le cas avec la Serbie, sans que les nains du Kremlin ne s’en offusquent autrement que verbalement…

Note(s) :

[1] Naujocks, l'homme qui déclencha la guerre, Günter Peis, Arthaud, 1961. Le texte de Günter Peis est précédé d'une sorte de préface par Alfred Naujocks qui authentifie le reste du texte.

[2] Patron du Reichssicherheitshauptamt (RSHA), coiffant lui-même le Sicherheitsdienst (SD).

[3] Écrivain Camerounais, Directeur de l’Institut d’Études Géostratégiques et Professeur de Sociologie et de Géopolitique à la Geneva School of Diplomacy en Suisse.

[4] L'Institut national de prévention & d'éducation pour la santé.

[5] De Jeune Afrique.

04 août 2011

Abdelkader DEHBI: le procès.................

Le procès d’un dictateur ou le pari de la révolution égyptienne
par Abdelkader Dehbi

Alger le 03-08-2011 
 
En ce mercredi 3 Août 2011, correspondant au troisième jour du mois sacré de Ramadan – 1432 – vient de s’ouvrir au Caire, par devant une juridiction ordinaire, un procès qui, lui, est extraordinaire à plus d’un titre :
- Primo : de par la qualité des prévenus, puisqu’il s’agit rien moins que de juger l’ex dictateur égyptien en personne, Mohamed Hosni Moubarak et un certain nombre de personnages symbolisant la nomenklatura du régime : à commencer par ses deux fils, A’ala et Djamal Moubarak, ainsi que l’ex ministre de l’Intérieur Habib El-Adli, et plusieurs hauts responsables civils et militaires du régime aboli ;
- Secundo : de par la gravité des chefs d’accusations multiples retenus contre les prévenus accusés en particulier d’avoir commandité et ordonné des vagues de répression sanglante et massive ayant entraîné des centaines de morts, de blessés et de disparitions forcées, à l’encontre de populations civiles manifestant pacifiquement contre les abus du régime ; sans compter les dizaines d’affaires de détournements massifs de deniers publics, d’accaparements de patrimoines de la nation ou de cas de haute trahison couplée au sabotage criminel de l’économie nationale, comme le montre l’exemple du bradage d’énormes quantités de gaz naturel égyptien, livré clandestinement depuis des décennies, à l’entité sioniste ennemie ;
- Tertio : de par le caractère historique de ce procès, puisque ce sera bien la première fois dans l’Histoire contemporaine des pays arabes, qu’un ex Chef d’Etat et ses proches collaborateurs déférés devant la justice, comme n’importe quel citoyen, en raison de leurs crimes innombrables et de leurs forfaitures.
En dépit de nombreuses interrogations qui restent encore en suspens, quant à l’issue de ce procès, il ne fait plus aucun doute désormais, que le seul fait d’avoir traduit le criminel Moubarak et ses complices par devant un tribunal pénal égyptien, constitue en soi une grande victoire pour le peuple frère égyptien qui vient de signer là, une première historique et un précédent politique et psychologique aux conséquences les plus prometteuses pour la marche irrésistible de nos peuples, vers la liberté et la dignité, la démocratie et la justice.
L’ère des tyrans – qu’ils fussent rois, émirs ou présidents – touche désormais à sa fin, qui ont spolié la souveraineté des nations, confisqué la liberté des peuples et attenté à la dignité des citoyens, en s’accaparant des richesses de la nation et en bradant les ressources du pays, avec la complicité de puissances étrangères dont ils espéraient en retour, la complaisance, sinon la protection.
S’agissant en particulier de notre pays l’Algérie, cette image planétaire du pharaon boursoufflé du Caire, piteusement allongé sur sa civière aux cotés de ses complices, derrière les grillages d’une véritable cage aux fauves, va sonner comme un premier avis de passage, sonnant la fin de l’impunité, aux oreilles d’un Bouteflika et de sa fratrie, de leurs compères Belkhadem, Soltani, Bensalah et autres Ouyahia. Sans oublier bien sûr, leurs parrains militaires que sont les généraux-dafs comme les Nezzar, les Toufik, les Guenaïzia, les Ghezyel et toute la sinistre cohorte de tortionnaires et de miliciens à leur botte, qui ont plongé notre pays dans la guerre civile, au lendemain du Coup d’Etat du 11 Janvier 1992,
Tout ce beau monde aura à répondre un jour ou l’autre, collectivement et solidairement, des crimes imprescriptibles commis contre le peuple algérien ainsi que des pillages du patrimoine national et des détournements à grande échelle des deniers public, se chiffrant par milliards de dollars. Car, il n’est nullement écrit que le peuple algérien qui a payé le plus lourd tribut humain de l’Histoire de la décolonisation et subi l’une des guerres civiles récentes les plus meurtrières, restera à l’écart de la marche de l’Histoire. Et ce ne seront, ni les miettes de la rente pétrolière distribuées de manière régalienne, ni les augmentations et autres « rappels » à coups de millions de dinars en faveur des corps de sécurité, ni encore moins la pitoyable mascarade dite des « réformes » qui achèteront une quelconque paix civile d’où le peuple est absent.
En tout état de cause, la Justice de Dieu est indivisible. Elle passera pour tout le monde. Nécessairement. 


La Knesset réfléchit à une loi qui mette fin à la mention "démocratique" de l'Etat israélien

Par Saed Bannoura

Une nouvelle loi actuellement à l'étude au parlement israélien reconnait la contradiction inhérente de la définition d'Israël, à la fois comme Etat "démocratique" et juif, et demande au gouvernement de privilégier la loi et les traditions juives sur la démocratie.
Quarante députés soutiennent le projet de loi, dont la majorité des députés membres du parti Kadima ainsi que des députés du parti de droite Yisrael Beitenu, du parti travailliste, des partis Ha'atzmaut et d'Union nationale.

Le projet de loi demande aux tribunaux israéliens de rendre leurs décisions en fonction du droit juif "dans les situations dans lesquelles le caractère juif de l'Etat se confronte à son caractère démocratique," et il appelle à retirer l'Arabe en tant qu'une des langues nationales israéliennes (20% de la population d'Israël sont les Palestiniens indigènes qui sont restés chez eux après que l'Etat d'Israël ait été créé sur leurs terres en 1948).

Le projet demande également que l'Etat prenne des mesures "pour faire revenir les exilés en Israël, appelle à davantage de colonies juives en son sein et que demande que des fonds soient alloués dans ce but." Israël a déjà des lois pour encourager l'immigration de juifs venant du monde entier en Israël, dont des aides au logement, des cours de langue gratuits et une aide à l'emploi.

L'Institut de stratégies sionistes a participé à la rédaction de ce projet de loi. Parmi les objectifs affichés de l'Institut : empêcher les Palestiniens de construire de nouvelles maisons et mettre fin à la "menace démographique" posée par les Palestiniens - terme par lequel les sionistes de droite font référence au fait que le taux de natalité des 20% de la population israélienne qui est palestinienne est supérieur à celui de la population juive majoritaire.

Les membres de la Knesset qui ont proposé cette loi, Zeev Elkin et David Rotem, sont ceux qui avaient proposé la loi qui a été votée le mois dernier qui interdit aux Israéliens de soutenir le boycott des produits et des pratiques israéliens.


Source : IMEMC