08 août 2011

par Gilles Munier
 
   Depuis l’assassinat du général Abdel Fatah Younès et deux de ses aides (deux colonels), le 28 juillet dernier, la suspicion règne au sein du Conseil national de transition (CNT) et entre les différents groupes rebelles. Les premiers visés sont les proches du général, soupçonnés par certains de faire partie d’une « cinquième colonne kadhafiste ». Les rumeurs les plus folles circulent à ce sujet dans Benghazi. «Younès était un agent double », entend-on, « il sabotait les efforts des rebelles ». D'autres affirment, au contraire, que le général a été assassiné par des agents kadhafistes infiltrés. D’autres encore disent que le meurtre est l’oeuvre d’« islamistes » se vengeant de tortures infligées lorsqu’il était ministre de l’Intérieur à Tripoli (1).
Des instructeurs de l’OTAN enlevés ?
   Les circonstances de la mort de Younès demeurent mystérieuses. Il aurait été arrêté dans son quartier général à Brega pour « interrogatoire », puis abattu et peut-être torturé au cours de son transfert à Benghazi. Son corps et ceux de ses assistants ont  été trouvés, en partie brûlés, dans la banlieue de Benghazi. Les déclarations contradictoires de Mustapha Abdeljelil ont accentué le malaise, d’autant qu’une méchante rumeur accuse ce dernier d’être le véritable commanditaire du meurtre. Le charisme du général lui faisait de l’ombre… dans la perspective de négociations avec le gouvernement libyen, le président du CNT se verrait diriger la Libye avec… Seif al-Islam Kadhafi (2) ! Pour calmer le jeu et de peur d’être la prochaine victime des tueurs, Abdeljalil a promis une enquête, mais la lenteur et le manque d'informations sur ses progrès exaspèrent la puissante tribu Al-Obeidi (400 000 personnes, majoritairement en Cyrénaïque) dont faisait partie le général. Ses membres demandent que justice soit faite – à Benghazi ou devant une cour internationale - ou jurent de venger sa mort eux-même. A titre d’avertissement, ils ont mitraillé l’immeuble où Abdeljalil avait tenu sa conférence de presse et auraient enlevé 15 instructeurs de l’OTAN, parmi lesquels des Français. Lors des obsèques d’Abdel Fateh Younès, un de ses fils, a crié à l’assistance médusée : « Nous voulons le retour de Mouammar. Nous voulons le retour du drapeau vert », en référence au drapeau de la Jamahiriya (3).
Des djihadistes dissidents
   La Coalition du 17 février, regroupement de courants ayant participé au soulèvement de Benghazi, exige la démission ou le limogeage de trois membres du Conseil national de transition (CNT). Il s’agit de Ali al-Essaoui, responsable des relations internationales - reçu à plusieurs reprises à l’Elysée par Nicolas Sarkozy avec BHL - qui a paraphé une demande d’arrestation du général Younès, de Jalal al-Digheily, chargé de la Défense, et de Faouzi Aboukatif, son adjoint. Ils seraient, tous les deux, en fuite. En conséquence, des membres de la Coalition du 17 février réclament des explications sur les charges pesant sur le général Younès et la démission d’Al-Digheily.
   L’annonce qu’Abdel Fatah Younès aurait été assassiné par la Katiba Youcef Shaker - ou al- Nida'a -  une unité spéciale de la Brigade Obeida Ibn Jarrah (4), formée de djihadistes du Groupe islamique libyen de combat ou de la branche locale d’Al-Qaïda, confirme ce que radio Tripoli avait révélé dès la fin juillet, mais ne lève pas le voile sur les véritables commanditaires du meurtre. Selon le Financial Times (31/7/11), parallèlement à l’opération visant le général, deux prisons de Benghazi ont été attaquées et plusieurs djihadistes dissidents libérés. La principale force de sécurité rebelle, la Brigade des martyrs du 17 février, composée elle aussi  de djihadistes du Groupe islamique libyen de combat,  mène l’enquête…
Climat de méfiance et paranoïa
   Abdel Fatah Younès a été remplacé par un membre de sa tribu : le général Mahmoud Sulayman al-Obeidi, ancien commandant de la garnison de Tobrouk de l'armée libyenne. Mais, le « général » Khalifa Hifter, présenté en mars dernier par le quotidien britannique Daily Mail comme une des « deux étoiles militaires de la révolution » (4), attend son heure. Ce militaire manipulé par la CIA, qui a dirigé une organisation du type «contra» appelée « Armée Nationale Libyenne» (5), estime que le poste lui revenait de droit. Ennemi déclaré de Younès, il n’est peut-être pas totalement étranger à son meurtre.
   Pour la Fondation Jamestown, le climat de méfiance qui s’est instauré à Benghazi, la paranoïa, les querelles intestines et les purges à venir, pourraient conduire à l’effondrement du mouvement rebelle. L’interview accordée par Seif al-Islam Kadhafi au New York Times (3/8/11) va accentuer les divisions à Benghazi. Il a déclaré s’être entendu avec Ali al-Salabi qu’il présente comme le « vrai chef » des rebelles et le « guide spirituel » des djihadistes libyens pour former une alliance qui débarrasserait la Libye des libéraux et des pro-occidentaux ! Tout un programme…
(1) Hunt for the "Fifth Column" Could be the Beginning of the End for Libya's Rebels (Jamestown Foundation – 4/8/11)
http://www.unhcr.org/refworld/docid/4e3b9d8d2.html
(2) Rumeur reprise par Debka, site d’information et de désinformation israélien proche du Mossad
(3) Abdel Fatah Younis Assassinated By Rebels: Rebel Officer
http://www.huffingtonpost.com/2011/07/29/abdel-fatah-younis-assass_0_n_913634.html
(4) Daily Mail – 19/3/11
(5) Washington Post - 26/3/96
 
Par Gilles Munier

Lourdes pertes de l’OTAN en Afghanistan

dimanche 7 août 2011 - 07h:07
Al Jazeera




Les combattants Talibans disent avoir abattu un hélicoptère dans l’incident le plus meurtrier [pour l’OTAN] dans cette dernière décennie de guerre. 
(JPG)
Combattants de la résistance afghane - Photo : Saeed Ali Achakzai/Reuters
Un hélicoptère de l’OTAN s’est écrasé dans l’est de l’Afghanistan lors d’une bataille avec les Talibans, tuant au moins 31 américains et sept soldats afghans, selon un communiqué du bureau du président afghan.
Le communiqué annonce ce samedi qu’un hélicoptère Chinook s’est écrasé dans Syedabad dans le centre de la province de Maidan Wardak, à l’ouest de la capitale Kaboul. Il transportait des troupes des forces spéciales américaines [forces composées de tueurs assermentés et spécialisés dans les opérations d’assassinats ciblés, véritables escadrons de la mort - N.d.T].
Plus de 20 membres de l’US Navy appartenant à l’unité à l’origine de l’assassinat de Oussama ben Laden se trouvent parmi les morts, même si aucune des victimes n’aurait été directement impliquée dans cet assassinat, selon le New York Times.
Les troupes étaient transportées par un équipage du 160e régiment des opérations spéciales, selon un officiel américain parlant sous condition d’anonymat parce que les familles n’ont pas encore été contactées.
Une source déclare aussi que l’équipe comprenait 22 soldats de l’unité SEAL, trois contrôleurs aériens des forces aériennes, sept soldats de l’armée afghane, un chien et son maître et un interprète civil, ainsi que l’équipage de l’hélicoptère.
Les Talibans ont rapidement revendiqué avoir abattu l’hélicoptère lors d’une fusillade. Ils ont également déclaré que huit de leurs combattants ont été tués dans les combats.
« Ils voulaient s’en prendre à nos muhahideen [combattants] qui se trouvaient dans une maison, mais ceux-ci ont résisté et ont détruit un hélicoptère avec un RPG (lance-grenade) », a annoncé par téléphone et depuis un lieu inconnu, le porte-parole taliban Zabihullah Mujahid.
Des sources sur le terrain ont déclaré à Al Jazeera « que l’hélicoptère était apparemment en train de décoller du toit d’un d’un immeuble lors de cette opération quand il s’est ensuite écrasé. »
« C’est certainement l’une des plus importantes pertes de vie humaines dans une seule opération pour les forces de la coalition en Afghanistan, dans ces 10 dernières années », a déclaré Bernard Smith, notre correspondant à Kaboul.
Enquête en cours
« Les forces conjointes [afghans et étrangères] ont mené une opération contre les Talibans dans le district de Syedabad la nuit dernière », a déclaré Shahidullah Shahid, porte-parole provincial.
« Huit insurgés ont été tués. Un hélicoptère de la coalition qui tirait sur les insurgés s’est écrasé. »
« Nous ne savons pas si cela est arrivé suite à un tir des d’insurgés ou non, mais il y a eu des pertes parmi les troupes étrangères suite à l’incident. »
Shahid a déclaré que des responsables de la coalition et des responsables afghans enquêtaient sur le site du crash de l’appareil, un hélicoptère Chinook à double rotor.
Un porte-parole de l’ISAF International Security Assistance Force [forces d’occupation dirigées par l’OTAN] en Afghanistan a dit être en train d’évaluer ce qui était arrivé.
Les écrasements d’engins volants sont relativement fréquents en Afghanistan, où l’insécurité et le terrain difficile font que le transport aérien est essentiel pour le transport de troupes et d’équipement des forces d’occupation.
En juin 2005, 16 soldats américains ont été tués lorsque leur hélicoptère s’est écrasé dans l’est de la province de Kunar, après avoir apparemment été touché par un tir de lance-roquette.
Il y a eu au moins 17 chutes d’appareils en Afghanistan rien que cette année.
Massacre de civils au Helmand
Ailleurs, dans le district de Nad Ali, dans la province de Helmand au sud de l’Afghanistan, au moins huit civils ont été massacrés par une frappe aérienne de l’OTAN ce vendredi, a déclaré le gouverneur Shadi Khan.
« Un groupe de Talibans a attaqué une patrouille à pied des forces de l’OTAN », a déclaré Khan.
« Par la suite, une frappe aérienne a pris pour cible la maison de l’imam d’une mosquée dans la région. En plus de l’imam lui-même, l’épouse de celui-ci et six de ses enfants ont été tués. »
Daud Ahmadi, porte-parole dans la province de Helmand, a déclaré qu’il « savait qu’il y a eu des victimes civiles à la suite d’une frappe aérienne de l’OTAN dans le district de Nad Ali » et qu’une délégation officielle avait été dépêchée sur place pour enquêter.
L’incident semble être le plus récent dans lequel des civils afghans ont été massacrés par une opération militaire de l’OTAN.
Il intervient alors que les supplétifs de l’armée et de la police afghanes se préparent à prendre totalement en charge le contrôle du pays tandis que l’OTAN commence à retirer ses troupes dès cette année.





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6 août 2011 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.aljazeera.net/news/a...
Traduction : Info-Palestine.net
ZEID: POURQUOI TU TUES?
JURGEN TODENHOFER-

L'auteur, Jürgen Todenhôfer, n'est pas un inconnu en Allemagne. C'est avant tout un homme politique qui a été député au Bundestag de 1972 à 1990 où il était porte parole du Parti Démocrate Chrétien, chargé des questions du développement et du contrôle de l'armement. En 1987, il entame une carrière dans l'édition à la maison d'édition Burda dont il est actuellement directeur général adjoint.
Dans son ouvrage, l'auteur rompant avec le style traditionnel des chercheurs qui appréhendent l'objet de leur étude de loin et souvent à travers le prisme de la politique de leur pays, se transforme en journaliste d'investigation qui va sur le terrain partager le quotidien de ceux qu'il entend connaître.



Zeid : Pourquoi tu tues ?
Auteur : Jürgen Todenhôfer
Editions : Birtalsman, Munich, 2008.

Compte rendu de lecture par Nabil Chabib

Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï



Ainsi, il n'a pas hésité à se déplacer dans les zones de conflit et à approcher « l'autre », que les médias occidentaux caricaturent et même ternissent l'image. Son premier voyage a été en Afghanistan, en 1980, pendant l'occupation soviétique, qu'il a revisité, ainsi que l'Irak, après l'occupation américaine.

Le livre, « Zeid : pourquoi tu tues ? », est le fruit d'un séjour de l'auteur dans la ville de Ramadi, à l'ouest de l'Irak, ainsi que de ses longs entretiens avec un grand nombre de résistants et d'une parfaite connaissance de la réalité de la guerre en cours. Son verdict, clair et net, est qu'il faut en finir avec les guerres américaines.

Un livre d'un autre genre :
A sa sortie, au début de mars 2008, ce livre a été au top des ventes, selon les deux journaux Der Spiegel et Stern et il n'est pas étonnant que les prochaines semaines améliorent cette position après que l'auteur ait été invité sur de nombreux plateaux de télévision, y compris le journal télévisé du matin, commun aux chaînes I et II.

Le titre « Zeid : pourquoi tu tues ? », a été développé sur 1/3 (124 sur 336) des pages du livre et dans lesquelles l'auteur analyse l'état des lieux de la résistance irakienne.
Avec son introduction de près de trente pages, « une introduction d'un autre genre, à la recherche de la vérité » selon l'auteur, le livre apparaît dès le début comme étant d'une grande originalité.
Il y développe succinctement le contexte historique, culturel et religieux de cette région, le précédent colonial occidental et enfin ses propres voyages à travers tous ces pays et notamment son séjour à Ramadi en Irak.
Dans son introduction et dans un style plus proche du conteur que de l'analyste, l'auteur se dresse en pourfendeur de tous les préjugés véhiculés en occident contre l'islam et les musulmans et rappelle que tout cela n'est que le résultat d'une grande ignorance des occidentaux de l'islam et des musulmans, alors que ces derniers et jusques dans les couches populaires, connaissent largement l'occident.

Un voyage initiatique et avec la résistance irakienne :

Le voyage de l'auteur en Irak a été précédé par un autre, plus beau encore selon lui, à travers une traduction du Saint Coran, dont il dit « n'avoir jamais lu un livre plus imbu d'esprit de justice», et dont il souligne la beauté du texte, malgré les obstacles dressés à sa bonne compréhension par les mauvaises traductions! Rappelant les occidentaux à l'occasion qu'ils auraient bien besoin de réviser leurs préjugés sur les musulmans et l'islam.


L'auteur n'hésite pas afficher ses positions, principalement concernant la résistance contre l'occupation américaine qu'il considère parfaitement légitime et qu'il lave des accusations de terrorisme dont on l'affuble. En exergue à cette partie du livre ce verset Coranique qui inspire, selon l'auteur, les combattants dans leurs moindres gestes et avant chaque opération : « C'est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d'Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes… », (Sourate Al Ma'idah 32).

Dans cette tâche de réhabilitation d'une résistance malmenée et dénigrée, autant par l'occupant que par les médias, l'auteur utilise le style du récit, des séries de contes attachants avec parfois de brèves analyses, qui doit enchanter ses lecteurs et emporter leur adhésion. C'est d'ailleurs son style dans toutes les rencontres télévisées auxquelles il a participé et qui lui ont toujours valu un succès immense.

La terreur qu'inspire les exactions des forces d'occupation américaines, se traduit, entre autres, par le refus initial du jeune Zeid de répondre aux questions de l'auteur sur les raisons de son engagement dans la résistance. Au début, sa réponse tenait en ces quelques mots : « je ne vous dirai rien. Voulez-vous que je condamne ma famille à Abou Ghrib et moi-même à Guantanamo » ?
Les opérations terroristes qui visent des civils représentent à peine 5% de la centaine d'opérations exécutées quotidiennement, mais les médias ne parlent que de ces dernières et occultent les 95%. D'autre part, 95% des victimes de la centaine d'opérations menées chaque jour par les américains sont des civils et 5% sont des combattants. Les médias n'informent que de celles qui visent les combattants.

L'auteur rappelle les mille précautions prises par les combattants pour épargner la vie des civils et cite à ce propos les confidences du père de Zeid. « Ce dernier avait placé une charge explosive et attendu deux heures avant qu'un blindé américain ne s'approche des lieux. Au même moment, un vieil homme surgit, ce qui dissuada le jeune Zeid de faire exploser sa charge. Le sentant dépité, ses compagnons sont venus aussitôt le soutenir dans son choix, et l'assurer que c'était le meilleur » !

Au début, Zeid n'était pas partisan de la lutte armée et il a même hésité pendant deux ans avant de s'engager dans la résistance. Par des mots simples, il raconte sa détresse devant le bombardement des fidèles dans les mosquées de Fallouja et Ramadi par les hélicoptères américains. La goutte qui a fait déborder le vase est venue avec la mort de ses deux frères et de son oncle sous les bombes américaines. Depuis, Zeid vit chacune de ses opérations de résistance avec les images des corps déchiquetés et des mosquées en ruines.

L'auteur traite aussi de la guerre et du déroulement des opérations sur le terrain. Il récuse le discours officiel américain accusant la Syrie de faciliter l'entrée des armes et des combattants à travers ses frontières, lui-même étant arrivé à Ramadi à travers ces frontières.
De même qu'il récuse que « la discorde entre les chiites et les sunnites soit un produit local ». Elle est simplement le résultat d'opérations ciblées, visant les civils dans les rues, les mosquées, les marchés et lors des festivités religieuses et dont les auteurs attendaient justement qu'elles creusent le fossé entre les deux communautés. D'autre part, ces opérations représentent à peine 5% de l'ensemble des opérations menées chaque jour par la résistance.

Al Quaida :

L'auteur interroge Aba Bassem, un combattant irakien, sur l'avenir d'Al Quaida en Irak après le retrait américain du pays. La réponse est claire et nette : « le désordre est arrivé avec les américains et il finira avec eux. Le retrait rapide pourrait nuire aux américains mais sûrement pas à l'Irak ».
Sur la base des déclarations de jeunes résistants chrétiens, l'auteur dément aussi ce qui semble constituer une vérité absolue pour les médias occidentaux, à savoir la menace permanente contre les chrétiens irakiens. Le jeune Youssef, qui lui a longuement parlé de son combat et celui de ses coreligionnaires aux côtés de leurs concitoyens musulmans, le charge même de transmettre à ses concitoyens allemands, « qu'il n'y a pas que les musulmans qui combattent l'occupation américaine mais les chrétiens aussi. Nous aussi, les chrétiens, nous voulons nous débarrasser des forces d'occupation américaines et des groupes terroristes occidentaux » !

Les récits des combattants sur leur vie quotidienne, sur leur combat et leurs espoirs, donnent enfin une humanité à des gens sans voix et qu'on a toujours dénigrés.

Ce livre est un nouveau témoignage, un de plus dans une série qui s'allonge chaque jour en occident, sur un crime contre l'humanité, perpétré contre un peuple, un pays et une civilisation. Le lecteur ne sort pas indemne de ce livre et, s'il se souvient du président Bush déclarer « que les objectifs américains sont en train de se réaliser en Irak», il conclura sûrement que « ce sont l'homme et l'Irak qu'on est en train d'assassiner ».

http://www.tunisitri.net/

http://www.aljazeera.net/NR/exeres/0FC4B1C4-42BA-4181-B80C-17B7C2F96CAE.htm/

07 août 2011

يا شــــعـــب العــــراق الشقـــيـــق

في الثامن والعشرين من شهر جوان (حزيران) المنصرم، صادق السيد طارق الهاشمي نائب رئيس جمهورية العراق الشقيق على حكم الإعدام الذي صدر في بداية السنة(1) ضد الشاب التونسي يسري الطريقي. وكان لهذا الخبر الوقع السيء لدى كل من تابع أطوار القضية في تونس وبالخصوص اهل المتهم واقاربه. وفي الواقع، الصدمة كانت أكبر مما يحتمل سيما وأن الحكم صدر إثر محاكمة كان يترجى منها هؤلاء الأهل والأقارب أن تسعف يسري بتخفيف العقوبة السابقة، ولما لا، تطلق سراحه وتعيده لوطنه، خصوصا وأنها تزامنت مع ميلاد الثورة في تونس وبداية ربيع الشعوب في الوطن العربي، بحيث لم يكن ممنوعا على الشعب الذي تخلص من أغلال الظلم والدكتاتورية وبدأ يؤسس لمرحلة سياسية جديدة أن يضع خلاص واحد من أفراده المعتقلين بالخارج ضمن الأمال والأماني المشروعة.

ولكن، وللأسف الشديد، لا الحكم الذي صدر بعكس كل التوقعات ولا المحاكمة التي شابتها أكثر من شائبة أنصفا المتهم أو استجابا لأحلام التونسيين ولأمل العائلة بدرجة أولى وهي التي فارقها ابنها دون وداع او سابق إعلام منذ ما يزيد عن ثماني سنوات وعانت الأمرين منذ علمت في أواخر جوان(حزيران) 2006 نبأ اعتقاله في العراق ولم تكن حالها وهي في تونس أفضل من حال ابنها الأسير والجريح في بغداد، إذ عاشت الصدمة تلو الصدمة حتى سنة 2008 التي أعادت إليها الأمل في رؤية ابنها حيا بعد سقوط التهم الموجهة إليه في الحكم السابق، وما راعها إلا أن يأتي حكم التعقيب(التمييز) ليسلب منها الأمل من جديد ويضعها أمام شبح الموت في محاكمة أقل ما يقال فيها أنها تمت بشكل صوري، لا غير، وافتقرت لأدنى قواعد الإنصاف واتسمت بعديد المخالفات الإجرائية ولم تستند لأي إثبات يدعمه اعتراف المتهم.
وهذه العناصرمجتمعة تجعل من حكم الإعدام الصادر ضد ييسري الطريقي مظلمة لا جدال فيها، كما أن المصادقة على هذا الحكم من السيد طارق الهاشمي، مع احترامنا وتقديرنا لدولة نائب رئيس جمهورية العراق الشقيق، ما كان لها أن تتم في فترة شهدت فيها بغداد سلسلة من المظاهرات اليومية تنادي بتنفيذ العقوبة في المحكوم عليهم بالإعدام. لأن القرار الرصين يقتضي ألا يخضع مسؤول في مرتبة نائب رئيس الجمهورية لضغط الشارع أيا كان مدعاه، سيما وأن الأمر يتعلق بمسألة حياة أو موت والمتهم ما انفك يصرخ، منذ 2006 وليومنا هذا، ببراءته من تهم الإرهاب المنسوبة إليه.

للتذكير، حوكم يسري الطريقي مرة أولى سنة 2006 بعد القبض عليه جريحا في محاولة عبور نقطة تفتيش تبعد حوالي 30 كلم شمال بغداد. وكان يسري يصارع حينذاك الموت بعد إصابته بما لا يقل عن سبع رصاصات استقرت في أجزاء عدة من جسده. ولشهور طويلة كان في شبه غيبوبة تامة ومع ذلك خضع للتعذيب على أيدي الأمريكيين أثناء التحقيق معه والإعترافات التي انتزعت منه في تلك الظروف نسبت إليه جورا تهمتي تفجير المرقدين الشيعيين بسامراء (2) وقتل الصحفية اطوار بهجت بعد اختطافها، وحكم الإعدام الذي صدر ضده كان يرتكز بالأساس على مبدإ الإدانة في هاتين الجريمتين. لكن التهمة شيء والإدانة وفق ثبوت التهمة شيء آخر، فلا دليل يدين المتهم سوى اعترافات انتزعت منه تحت التعذيب وهو أصلا في حالة لا تحتمل مجرد الإستنطاق.

بعد صدور الحكم بثلاث سنوات، وتحديدا بتاريخ 4 أوت 2009، ثبتت براءة يسري الطريقي من التهمة الثانية إذ تم القبض على المسمى ياسر علي وهو ينتمي لقوات الكومندوس العراقية، الذي اعترف باختطافه الصحفية أطوار بهجت.وقتلها. وهذا الإعتراف وظروف القبض على الجاني موثقة بالصوت والصورة في أرشيف العربية. أما في خصوص التهمة الأولى فقد أجمع العديد من الشهود بما فيهم محافظ سامراء على توجيه الإتهام لوزارة الداخلية العراقية (3).

ويجدر التنبيه أن يسري الطريقي كان لغاية 2009 معتقلا بمخيم كروبر تحت إشراف الإدارة الأمريكية وقبل تسليمه للسلط العراقية أشرفت هذه الإدارة على حكم الإستئناف الذي أسقط كل التهم المنسوبة سابقا ليسري ولم يبق إلا على تهمة الدخول خلسة للتراب العراقي، وهذه التهمة وإن لم تكن على درجة تذكر من الخطورة ، بحكم سريان القانون الأمريكي لمكافحة الإرهاب دفعت المحكمة لتسليط عقوبة بالسجن على يسري لمدة 15 سنة، ولكن الحكم على قساوته بدا رحيما لأنه برأ المتهم من جرائم الإرهاب وأسقط عقوبة الإعدام.

لسائل أن يسأل كيف يعاود التعقيب (التمييز) سنة 2011 الإستناد لمحاضر التحقيق التي سجلت سنة 2006، والحال أن المتهم في ذلك التاريخ كان أقرب للموت منه للحياة وبأي حق يحكم عليه مجددا بالإعدام؟ لماذا لم يأخذ القضاء بالإعتبار ما صدر في حكم الإستئناف؟ ولماذا يحاكم المتهم غيابيا والحال أنه معتقل وبيد السلطات القضائية ؟ ولماذا يحرم من حق الدفاع إذ منع محاميه ايضا من حضور المحاكمة؟ ولماذا لا يتم إعلام المتهم بصدور الحكم ضده إلا بعد أسابيع عدة وبواسطة رسالة من وزارة العدل؟ ولماذا منع المتهم منذ 2006 وليومنا هذا من الإطلاع على ملفه القضائي؟ إن كل هذه المخالفات الجائرة في حق المتهم لا يمكن تبريرها إلا بقضاء تعسفي غيب أبسط حقوق الدفاع وقواعد القانون ولم يراع المستجدات التي طرأت بين صدورالحكم الإبتدائي وحكم الإستئناف، وتحديدا سقوط أبرز التهمتين الرئيسيتين اللتين رجحتا حكم الإعدام الأول. وبالتالي لا يمكن لحكم الإعدام الذي صدر عن محكمة التمييز إلا أن يكون جائرا، شكلا ومضمونا، وفق القوانين الدولية ومنطق الإنصاف.

وإذ يتفهم شعب تونس غضب الأشقاء العراقيين تجاه من أجرموا في حقهم ومشروعية تمسكهم بحق القصاص، فإن بعض ردود الفعل (4) التي صدرت من أشقائنا تجاه طلب العفو الذي تقدم به وزير العدل التونسي لنظيره العراقي لا مبرر لها. فبقدر ما نحرص على قدسية الحياة للعراقي البريء نعتبر أن حياة شقيقه التونسي والبريء مثله لا تقل قدسية. الغضب المشروع الذي يثيره قتل الأبرياء هو إحساس نتقاسمه بصدق مع إخوتنا العراقيين ولا نقبل تنازلا فيه ولكن الإنفعال الجائر ضد من نعتبره ضحية مظلمة قضائية وبريئا من دم أشقائه حتى تثبت إدانته لا يليق بشعب العراق في ظرف كهذا بالخصوص. فلسنا ممن يشرعون للإرهاب حين ندافع عن حق مواطن عربي في القضاء العادل، لأننا لا نطالب بالعفو عن يسري حتى وإن قدم وزير العدل التونسي لنظيره العراقي طلب عفو، بل نلتمس إعادة المحاكمة وفق الشروط الدنيا للعدل والإنصاف ورد الإعتبار للمتهم استنادا لكل ما أشرنا إليه سابقا، سواء في هذا النداء أو غيره. وبالتالي ندعو الشعب العراقي الشقيق لمؤازرتنا في هذا الظرف العسير حتى لا يكون يسري الطريقي كبش فداء و يدفع بدمه ثمن جرائم ما فتئ يكرر براءته منها ودعمه في ذلك حكم الإستئناف لسنة 2008.

نتمنى من شعب العراق الشقيق ومن رئيسه وحكومته أن ينصتوا لعائلة يسري التي تناشد ضميرهم حتى يضعوا العدل فوق كل اعتبار آخر في هذه القضية. وفيما يلي مقتطف من نداء السيد فاخر الطريقي (5) والد المتهم، الذي يتوجه به للأشقاء العراقيين : "أيها الشعب العراقي العزيز على قلوبنا، التونسييون يسألونكم هل ترضيكم هذه المظالم و التجاوزات؟ وهل التونسييون مخطؤون اذ يطلبون إعادة التحقيق مع يسري وإعادة مقاضاته في محاكمة تتوفر فيها كل شروط النزاهة والشفافية والعدل؟
أيها الشعب العراقي الكريم، إن التونسيين لا يطلبون إلا العدل، ولا يرضينا أن نتسلم يسري وعليه حق لعراقي واحد، فنحن احرص على القسط والعدل".




أحمد العامري
2011.08.04


1-
لا عائلة المتهم ولا المتهم نفسه قادران على تحديد التاريخ الحقيقي لصدور هذا الحكم. كل ما نعرفه أن يسري أعلم عائلته يوم 2 فيفري (فبراير) بأنه تلقى رسالة من وزارة العدل تخبره بصدور حكم الإعدام ضده. والأرجح ان هذا الحكم قد صدر في شهر جانفي كانون الثاني.

2- حين نذكر تفجير المرقدين غالبا ما تختلط الصورة في أذهاننا فلا نميز بين تفجير فيفري (فبراير) 2006 وتفجير جوان(حزيران) 2007. وبالتالي يجدر التذكير أن التفجير المنسوب ليسري الطريقي هو الذي الحق أضرارا بقبة المسجد الذهبي دون أن تسجل فيه إصابات بشرية مباشرة. وهذا لا يعني انتقاصا من حجم الجريمة التي كانت سببا في تأجيج الإقتتال الطائفي بين الشيعة والسنة، ولكن فقط حتى لا يذهب في ظن من تختلط الصورة بذهنه أن ياسر الطريقي متهم بارتكاب مجزرة في سامراء.

3- وهذه عينة من تلك الشهادات

4- في الواقع هذه الإنفعالات سجلت في بعض المواقع والمنتديات العراقية

5- فاخر الطريقي هو مربي في المجال الرياضي يشغل خطتي أستاذ أول للتربية البدنية بالمعاهد التونسية ومدرب المنتخب الوطني التونسي لكرة القدم لمن دون 17 سنة

Zaied: pourquoi tu tues? Jürgen Todenhôfer



merci à Ahmed AMRI

Ramadhan selon Malek Bennabi

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Le mois du Ramadhan est un battement du temps, sa systole ou sa diastole’ comme l’on voudra, mais le battement qui marque dans l’année le rappel cyclique du sacré.
La vie est sacrée. Elle doit l’être constamment pour donner un sens à l’épopée de l’homme sur la terre, pour tendre son âme comme une voile où soufflent les vents qui font les grandes tempêtes de l’histoire.
Dès que la vie perd ce caractère, les vents cessent de souffler, la voile se distend sur une mer paresseuse où rien de grand ne peut plus advenir.
Malek Bennabi: octobre 1971

Ramadhan / Malek Bennabi
الاثنين, 25 يوليو 2011 21:32 |
Le mois du Ramadhan est un battement du temps, sa systole ou sa diastole’ comme l’on voudra, mais le battement qui marque dans l’année le rappel cyclique du sacré.
La vie est sacrée. Elle doit l’être constamment pour donner un sens à l’épopée de l’homme sur la terre, pour tendre son âme comme une voile où soufflent les vents qui font les grandes tempêtes de l’histoire.
Dès que la vie perd ce caractère, les vents cessent de souffler, la voile se distend sur une mer paresseuse où rien de grand ne peut plus advenir.
Il faut relancer les vents, il faut de nouveau tendre la voile distendue. De même la Djahilia païenne avait à sa manière le sens du sacré qu’elle rappelait chaque année en observant les trois mois de la «non-profanation»: les mois qui commençaient par celui que l’Islam allait consacrer au jeûne sous le nom de Ramadban.
La civilisation actuelle tend sciemment, systématiquement, à désacraliser la vie, à semer la profanation dans le monde sous prétexte de libération, de désaliénation des esprits. Nous savons le prix que payent les pays les plus civilisés pour cette désacra­lisation. La technologie actuelle chante à la gloire de la déesse Matière le chant barbare qui désacralise le monde en prétendant en donner une interprétation objective.
En sorte que Ramadhan, en cette fin du XXème siècle est d’abord comme une invitation discrète de huit cent millions de musulmans au reste de l’humanité à remonter la pente sur laquelle elle s’est engagée avec la technologie, à se reprendre, à s’arracher à cette fureur de profanation qui met en danger même l’environnement biophysique dans lequel s’est produit le germe de vie.
Et par cela, l’invitation devient un rappel indirect du sacré sur toute la terre, un moment de régénération de la conscience originelle de l’humanité avant qu’elle n’ait été souillée par toutes les philosophies nihilistes.
Mais avant tout, le Ramadhan c’est le mois de régénération du Musulman lui-même, de sa régénération au double sens du mot.
Physiquement d’abord parce qu’il recueillera l’effet bénéfique de cette double révolution de son système glandulaire, le premier jour du jeun et le premier jour de l’Aïd- Mais sur ce point laissons la parole aux médecins.
Enfin, moralement parce qu’il revivra dans l’abstinence des et le recueillement des mosquées, le moment grandiose de Ghar Hira, à l’instant où avait jailli le premier verset du Coran.

Que sais-je de l’Islam /numéro 5 octobre 1971

http://www.assala-dz.net/ar/index.php?option=com_content&view=article&id=1076%3Aramadhan–malek-bennabi&catid=12%3A2010-08-15-10-18-46&Itemid=21

sur le site
http://tunisitri.wordpress.com/2011/08/06/ramadhan-selon-malek-bennabi/#more-3491/

Libye : Sarkozy sur le point de capituler

Par Mohamed Touati (revue de presse : L’Expression - Algérie – 6/8/11)*
 
Paris, qui a piloté l'opération militaire menée sous la bannière de l'Otan et qui ne jurait que par le départ d'El Gueddafi, a fini par reconnaître qu'il a sous-estimé la résistance que lui a opposé le colonel libyen.
 
   La position défendue par l'Algérie pour une sortie de crise dans le conflit libyen semble désormais incontournable. Un probable ballet diplomatique pourrait se jouer, à cet effet, à Alger. La diplomatie algérienne n'a pas cessé d'appeler à appuyer les différentes initiatives et efforts pour une «solution pacifique de la crise libyenne» et, pour ce faire, appliquer la «feuille de route de l'Union africaine (UA)». Un appel qui a trouvé un large écho et qui semble avoir résonné favorablement du côté de l'Elysée. La France, qui ne veut pas reconnaître qu'elle a mis les pieds dans des sables mouvants en intervenant militairement en Libye, a toutefois pris acte que la résistance farouche que lui a promise le guide de la Jamahiriya n'est pas un vain mot comme elle ne relève pas non plus de la fanfaronnade et de la simple gesticulation. Tripoli s'est-elle érigée en citadelle imprenable? En tous les cas, l'exhibition de muscles ne l'a pas fait plier et a montré ses limites. Les canonnades et les bombardements n'ont pas eu raison de la capitale libyenne. Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères, le reconnaît à demi-mot. «On ne peut pas parler d'enlisement. Ça fait cinq mois que nous intervenons, personne n'a jamais parlé de guerre éclair... Sans doute avons-nous sous-estimé la résistance des forces d'El Gueddafi, mais il n'y a pas enlisement», a déclaré, jeudi, le chef de la diplomatie française sur la chaîne de télévision publique France 2. La France en a plein les bottes du bourbier libyen. Quand bien même n'ose-t-elle pas le reconnaître, elle ne verrait pas d'un mauvais oeil une issue politique à ce conflit. Ce qui lui réserverait une porte de sortie honorable. «Nous travaillons aussi à chercher une solution politique parce qu'il est évident que la solution ne sera pas en définitive militaire. Il faut simplement, et c'est pour nous la ligne rouge, qu'El Gueddafi comprenne qu'il n'a plus vocation à exercer le pouvoir en Libye», a ajouté Alain Juppé. La solution politique, l'Hexagone y songeait déjà. Il avait évoqué cette option à travers les déclarations de son ministre de la Défense. «Nous leur demandons (aux Libyens Ndlr) de parler entre eux, de se mettre autour d'une table...Il n'y a pas de solution de force», a déclaré le 10 juillet 2011 sur BFM TV, Gérard Longuet, dont le pays a été le fer de lance de l'opération militaire menée par l'Otan. Le patron du Quai d'Orsay, qui a renouvelé sa confiance au Conseil National de transition, a toutefois nié l'existence de dissensions, en son sein, qui le menaceraient d'implosion. Une guerre fratricide s'est pourtant affichée pratiquement au grand jour après l'élimination physique du chef de l'insurrection libyenne. Une hypothèse renforcée par l'analyse de certains experts. La mort du général Younès, «est révélatrice de schismes qui apparaissent ces derniers mois au sein du CNT (...) On pourrait assister aux exemples les plus extrêmes de ces divisions entre les anciens membres du régime et les pionniers de la rébellion», a estimé Geoff Porter, du cabinet de consultants North Africa Risk. Le général Abdelfatah Younès a été abattu par des assaillants après avoir été rappelé, du front Est à Brega, pour un interrogatoire à Benghazi sur ses prétendues relations avec le régime de Mouamar El Gueddafi. Sa mort a été annoncée le 28 juillet. Aucune information n'a filtré depuis sur les véritables motifs de cette liquidation ni sur l'identité de ses assassins. Pourtant des membres de sa tribu, celle des Obeidis considérée comme la plus importante de Libye, n'ont pas hésité à désigner certains responsables de l'insurrection. Le Conseil tribal libyen (représenté par 2000 tribus) qui soutient la feuille de route de l'UA pour une sortie de crise, avait adressé un message déterminé à l'Otan à travers un manifeste publié le 26 juillet. «Les tribus de Libye ne se sont pas encore complètement réunies pour repousser les agresseurs de l'Otan. Alors que nous nous y préparons nous avertissons l'Otan que nous ne nous arrêterons pas avant qu'ils n'aient quitté notre pays et nous ferons en sorte qu'ils ne reviennent jamais», soulignait le communiqué. L'armada des pays occidentaux, Paris à leur tête, qui ne semble plus avoir le choix des armes, donne l'impression de vouloir mettre un peu plus d'eau dans son vin et affiche des intentions moins belliqueuses. Le CNT a-t-il reçu le feu vert pour négocier? Ses dispositions affichées en faveur de la feuille de route de l'UA est une indication sérieuse...
 
* http://www.lexpressiondz.com/internationale/136848-sarkozy-sur-le-point-de-capituler.html
 
Par Gilles Munier