02 mars 2012

Rapport sur les violations israéliennes des droits humains

vendredi 2 mars 2012 - 11h:49
PCHR du 23 au 29 février 2012

Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) continuent leurs attaques systématiques contre les civils palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés. 
 
Durant cette semaine du 23 au 29 février 2012 :
  • les FOI ont continué leurs violences contre les manifestations pacifiques en Cisjordanie :
    • un civil palestinien a été tué lors d’une manifestation non violente à al-Ram, au nord de Jérusalem, protestant contre les tentatives des FOI d’envahir la mosquée al-Aqsa ;
    • 5 manifestants, dont un député israélien arabe de la Knesset et un député du Conseil législatif palestinien ont été blessés dans 2 manifestations dans le centre d’Hébron ;
  • les FOI ont poursuivi leurs bombardements et leurs tirs dans la bande de Gaza :
    • un militant de la résistance palestinienne a été blessé à l’est de Gaza ville ;
    • un tunnel et un conteneur ont été détruits à Rafah et des dommages ont été causés sur 3 maisons et les bureaux de la Fédération internationale de Football dans le nord de la bande de Gaza ;
    • les FOI ont tiré sur des pêcheurs palestiniens et leurs bateaux ;
  • les FOI ont mené 58 incursions dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie :
    • elles ont investi les bureaux des chaînes locales de télévision Watan et Al-Quds, et se sont emparées de matériels de diffusions, parmi d’autres matériels ;
    • elles ont arrêté 40 Palestiniens, dont 2 mineurs ;
  • Israël a poursuivi ses démarches pour créer une majorité juive à Jérusalem-Est :
    • la municipalité israélienne de Jérusalem a enregistré les terres de l’aéroport de Qalandya au nom du « Département des terres d’Israël » ;
    • la fermeture du club Silwan Charity et Silwan Islamic est prolongée d’un an ;
  • les FOI ont poursuivi leurs activités de colonisation en Cisjordanie et les colons israéliens leurs agressions contre les civils palestiniens et leurs biens :
    • les FOI ont rasé aux bulldozers un puits, une citerne d’eau et un hangar agricole et saccagé 22 dunums (2,2 ha) de terres, et arraché 960 arbres fruitiers à Hébron ;
    • elles se sont emparées de 21 dunums de terres à Salfit ;
    • les colons israéliens ont porté deux attaques dans Hébron ;
    • ils ont organisé des défilés provocateurs dans Hébron, sous la protection des FOI ;
    • les colons israéliens ont investi des villages palestiniens et tagué des slogans racistes anti-arabes, offensant le prophète Mahomet ;
  • les FOI ont continué leurs attaques contre les pêcheurs palestiniens en mer :
    • elles ont ouvert le feu sur des pêcheurs palestiniens au large de Deir al-Balah et ont saisi leurs filets de pêche ;
  • Israël a maintenu un bouclage total sur les TPO et l’isolement de la bande de Gaza du monde extérieur :
    • 9 Palestiniens, dont 3 mineurs, ont été arrêtés sur des check-points en Cisjordanie ;
    • un élève a été maltraité à Hébron.
(JPG)
Des dizaines de policiers israéliens ont essayé de pénétrer de force dans la mosquée al-Aqsa à Jérusalem, alors que les fidèles palestiniens se trouvaient à l’intérieur
vendredi 24 février 2012

Violations israéliennes recensées durant la période du 23 au 29 février 2012

1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza
Jeudi 23 février
Minuit trente, les FOI investissent le camp de réfugiés d’‘Ein Beit al-Ma’a, à l’ouest de Naplouse, patrouillent dans les rues et forcent un certain nombre de maisons. Elles se retirent vers 5 h, après avoir arrêté 7 Palestiniens et les avoir transférés au centre de détention d’Huwara, au sud de Naplouse :
  • Fawzi Issa al-Hersh, 25 ans ;
  • Ali Yousef Mahmoud Ma’arouf, 26 ans ;
  • Asad Abdul Karim Said, 19 ans ;
  • Ayman Naser Ma’arouf, 20 ans ;
  • Mohammed Khaled al-Bouhi, 20 ans ;
  • Salah Suleiman Abu al-Rish, 20 ans, et
  • Imad Ramadan Ahmed Shahin, 19 ans, qui a de nombreux problèmes de santé.
Minuit quarante, les FOI entrent dans ‘Azzoun, à l’est de Qalqilya. Elles patrouillent quelques temps dans les rues et pénètrent dans un certain nombre de maisons pour les fouiller. Avant de se retirer vers 6 h, elles arrêtent 7 Palestiniens, dont 2 mineurs :
  • Ja’afar Ahmed Hussein, 21 ans ;
  • Mohammed Samir Hassan Abu Haneya, 20 ans ;
  • Udai Mohammed Said Salama, 20 ans ;
  • Talal Taher Salim, 21 ans ;
  • Ihab Taleb Mahmoud Masha’al, 17 ans ;
  • Uthman Salim Samir, 12 ans, et
  • Ahmed Yousef Salama Salim, 19 ans.
Aux premières heures de la journée, les FOI entrent avec des véhicules et un gros bulldozer dans Fahma, au sud-ouest de Jénine. Alors qu’elles patrouillent, le bulldozer se retrouve coincé dans une ruelle de 3 mètres dans le centre du village. Quand le conducteur bulldozer essaie de dégager le bulldozer de la ruelle, il démolit en même temps le mur extérieur d’une maison appartenant à Ahmed Sedqi Ahmed Ali Nawasra, 50 ans, ainsi qu’un vieux mur et un puits appartenant à Adnan Yousef Hassan Mara’aba, 46 ans. Les FOI se retirent plus tard sans autres incidents.
8 h 50, incursion des FOI dans Kafr Ne’ma, à l’ouest de Ramallah.
9 h 30, dans Ramon, au nord-est de Ramallah.
10 h, dans ‘Abween, au nord-ouest de Ramallah.
10 h 30, dans al-Janya, même secteur.
11 h, dans Shweika, au nord de Tulkarem.
13 h 30, dans Qalqilya, où l’armée remet au cours de ses patrouilles des avis à des Palestiniens exigeant la démolition de leurss serres, pour lesquelles ils n’ont pas obtenu de permis de construire.
17 h, dans Beit Leed, à l’est de Tulkarem.
Vers 17 h 15, les FOI positionnées à la frontière à l’est de Khan Younis, au sud de la bande de Gaza, ont ouvert le feu dans des élevages de al-Sreij, quartier al-Qarara village, au nord-est de Khan Younis. Dans le même temps, l’aviation des FOI a ouvert le feu dans la zone. Aucune victime n’a été signalée.
19 h, incursion dans Shweika, banlieue nord de Tulkarem, et dans Safarin, à l’est.
19 h 30, dans ‘Anabta, même secteur.
19 h 45, dans ‘Azzoun, à l’est de Qalqilya. Les FOI patrouillent dans les rues, montent un check-point et ferment la porte métallique à l’entrée du village. Elles limitent la circulation et imposent un couvre-feu aux habitants. Pendant ce temps, elles patrouillent dans les rues, en tirant en l’air.
20 h 50, incursion des FOI entrent dans al-Zawya.
Vendredi 24 février
Minuit et quart, incursion dans Kafr Thulth, à l’est de Qalqilya.
A environ 00 h 30, l’aviation tire 2 missiles sur un groupe de membres palestiniens de la résistance à l’est d’al-Zaytoon quartier Est de la ville de Gaza. L’un d’eux contracte des blessures par les éclats.
Vers 3 h 25, l’aviation tire un missile sur un site de formation utilisé par le Addin Izz al-Qassam, la branche armée du Hamas, dans l’est du village bédouin dans le nord de la bande de Gaza. Les fenêtres de deux maisons dans le sud-ouest du site ont implosé à la suite de l’explosion. Idem pour les fenêtres de la Fédération internationale de football, au sud du site. En outre, les habitants, surtout des femmes et des enfants, ont été pris de panique en raison de la forte explosion. Aucune victime n’a été signalée. Le missile a creusé un gros cratère dans le site de formation.
8 h 20 incursion dans Hableh, au sud de Qalqilya.
9 h 15, dans Sonjol, au nord de Ramallah.
10 h dans Deir Qeddis, à l’ouest de Ramallah.
11 h, dans Deir Jareer, au nord-est de Ramallah.
11 h 30, dans Beit ‘Aor al-Tahta, à l’ouest de Ramallah.
16 h, dans Deir al-Ghsoun, au nord de Tulkarem.
18 h 40, dans ‘Azzoun, à l’est de Qalqilya.
20 h 50, dans Bedia, au nord-ouest de Salfit.
21 h 20, dans al-Zawya, même secteur.
Vers 21 h 30, les FOI positionnées à la frontière Est d’al-Shejaiya à l’est de la ville de Gaza, tirent un obus sur une maison appartenant à Maher al-Darwish Ateya Zaq, 48 ans. Il n’explose pas mais il a causé un trou de 1 mètre carré dans une des pièces. Aucune victime n’a été signalée. La maison qui mesure 280 mètres carrés, est située près d’al-Ménar à l’est d’al-Shejaiya. Elle est habitée par une famille de 12 membres, dont 8 enfants. Les services de déminage ont déclaré qu’il s’agit d’un un obus de mortier.
22 h 30, incursion dans Snira et dans Beit Amin, au sud-est de Qalqilya.
23 h, incursion dans Alar, au nord-est de Tulkarem.
23 h 30, dans ‘Arraba et Fahma, au sud-ouest de Jénine.
Samedi 25 février
Minuit, les FOI entrent dans Beit Qabatya, patrouillent quelques temps et se retirent du village.
Minuit et demi, incursion dans la ville et le camp de réfugiés de Jénine.
Vers 6 h, les FOI positionnées à la frontière à l’est de Khan Younis, au sud de la bande de Gaza, ont ouvert le feu dans des élevages de al-Sreij quartier al-Qarara village, au nord-est de Khan Younis.
9 h 30 incursion dans Kober, au nord-ouest de Ramallah.
10 h, dans Kafr ‘Ein, même secteur.
10 h 30, dans al-Nabi Saleh, au sud-ouest de Ramallah.
11 h 30, dans Beitin, au nord-est de Ramallah.
19 h 30, dans Kafr Malek, même secteur.
A environ 23 h 20, l’aviation tire un missile sur une usine de ciment à Tal al-Sultan, au sud-ouest de Rafah. En conséquence, une cuve à l’intérieur de l’usine a été détruite. Aucune victime n’a été signalée.
Dimanche 26 février
Vers 00 h 20, l’aviation tire au moins un missile sur un tunnel dans al-Salam, quartier sud de Rafah, à la frontière entre l’Égypte et la bande de Gaza. Le tunnel a été détruit mais aucune victime n’a été signalée.
1 h, les FOI entrent dans al-Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah, investissent de nombreuses maisons, tirent des grenades à percussion traumatisantes dans le ciel et se déploient dans les rues et aux entrées du village. Elles se retirent vers 2 h 30.
9 h, dans Deir ‘Ammar, même secteur.
11 h, dans Beit ‘Aor al-Tahta, à l’ouest de Ramallah.
A environ 18 h, les gardes côte ouvrent le feu sur un certain nombre de pêcheurs palestiniens qui pêchent à 2000 mètres au large de Deir al-Balah. Ils doivent se déplacer à environ 450 mètres à l’est dans la crainte pour leurs vies, mais l’IOF en profite pour confisquer les filets appartenant à Samir Nustafa Suleiman al-Aqraa, 42 ans, originaire de Deir al-Balah, et Yousef Mohammed Musa al-Aqraa, 52, de Deir al-Balah.
Lundi 27 février
Minuit dix, les FOI entrent dans ‘Azzoun, à l’est de Qalqilya, patrouillent dans les rues, forcent et fouillent de nombreuses maisons. Elles détiennent ‘Adli Zaki Abdul Razzaq Radwan, 34 ans, pendant environ 2 heures. Elles le libèrent après lui avoir remis une convocation pour se présenter devant les Renseignements israéliens.
1 h, incursion dans Kafr Qalil, au sud-est de Naplouse. L’armée patrouille, fouille des maisons et arrête 10 Palestiniens et les emmène au centre de détention d’Huwara, au sud de Naplouse :
  • Saqer Khaled Mansour Abu al-Sa’ud, 19 ans ;
  • Jaber Hekmat ‘Amer, 21 ans ;
  • Bahaa Mufid ‘Amer, 23 ans ;
  • ‘Inad Samer ‘Amer, 23 ans ;
  • Nasir Bassam ‘Amer, 22 ans ;
  • Deyaa Ra’ed Mansour, 24 ans ;
  • Mustafa ‘Ali ‘Amer, 22 ans ;
  • Abdullah Hassan ‘Amer, 23 ans ;
  • Temer Mereb ‘Amer, 22 ans, et
  • Shalabi Mereb ‘Amer, 19 ans.
1 h, incursion dans Naplouse ; dans al-Nabi Elias, à l’est de Qalqilya.
A environ 18 h, les canonnières FOI ont ouvert le feu sur des pêcheurs palestiniens qui pêchaient 2.000 mètres au large de la côte de Deir al-Balah. Les pêcheurs ont regagné le rivage dans la crainte pour leurs vies.
19 h 15, incursion dans ‘Azzoun, à l’est de Qalqilya, pour la deuxième fois de la journée. L’armée patrouille, monte un check-point à l’entrée de la ville. Elle investit des boutiques et retient Abdul Rahman Yousef Hussein Shbeita, 25 ans. Les soldats l’interrogent et le relâchent.
21 h 30, dans Kafr Qaddoum, au nord-est de Qalqilya.
22 h 30, dans ‘Azzoun, pour la troisième fois de la journée.
Mardi 28 février
2 h, les FOI entrent dans le secteur d’al-Jabryat, qui domine le camp de réfugiés de Jénine, à l’ouest de Jénine. Elles y stationnent et des dizaines de soldats s’infiltrent discrètement de nuit dans le camp de réfugiés. Elles forcent la maison de Mahmoud Said Suleiman Sa’adi, 32 ans, un dirigeant du Jihad islamique, dans le centre du camp, et la fouillent. Sa’adi est arrêté.
Puis elles investissent la maison d’Ali Qassem Ali Sa’adi, membre du Jihad islamique, arrêté également. Les soldats s’en vont ensuite stationner dans le quartier d’al-Hawashin, dans le centre du camp de Jénine. Ils opèrent cette fois sur le domicile de Khaled Saleh Hussein Abu Zeina, 53 ans, qui est arrêté.
Puis chez Munir Faysal Ersan al-Qreini, 24 ans, et Ghassan Ragheb Abdul Rahman Sa’adi, 50 ans, tous deux membres du Jihad islamique. Al-Qreini et Sa’adi ne sont pas chez à ce moment-là.
Les FOI vont également chez Mohammed Ali Barakat Dabaya, 28 ans, membre du Fatah, dans le secteur de Talaat al-Ghubs, au sud du camp, lui aussi arrêté.
Vers 5 h, l’occupant se retire du camp de Jénine, emmène les 4 Palestiniens arrêtés au centre de détention de Salem, au nord-ouest de Jénine, où ils sont interrogés, puis relâchés vers 10 h 30, à l’exception de Dabay.
13 h, incursion dans Zabouba, au nord-ouest de Jénine, où l’armée patrouille dans les rues tout en tirant. Pendant ce temps, des jeunes Palestiniens se regroupent, puis se mettent lancer des pierres sur l’occupant qui réplique en lançant des lacrymogènes sur les garçons.
Mercredi 29 février
1 h 30, incursion dans Naplouse. L’armée patrouille dans la ville, fouille un certain nombre de maisons et se retire ves 5 h, après avoir arrêté 3 Palestiniens qui sont transférés au centre d’Huwara :
  • ‘Awni Mazen al-Shakhshir, 27 ans ;
  • Sabri Umar Sabri al-Zammar, 25 ans, et
  • ‘Amer Abu Za’arour, 24 ans.
A l’aube de ce mercredi, les FOI entrent aussi dans Ramallah et dans al-Bireh. Elles investissent les bureaux de la chaîne de télévision Watan. Avant de se retirer, elles s’emparent du matériel de diffusion, l’empêchant ainsi d’émettre.
D’après les investigations conduites par le PCHR :
« Vers 2 h, mercredi 29 février, les FOI opèrent au 4è et 5è étage de l’immeuble du PARC, dans le camp de réfugiés de Qaddoura, dans le centre de Ramallah. Les bureaux de la télévision locale Watan se trouvent dans ces étages. Au moment de l’opération, 4 personnes sont présentes : le directeur de production Abdul Rahman Asaad Aref Thaher, le directeur des programmes Ahmed Zaki, et les journalistes Hamza Salayma et Ibrahim Melhem. Traher et Melhem se trouvent au 4è étage et sont prêts à partir quand ils sont surpris par 7 soldats à l’entrée du 4è étage. Les soldats les arrêtent à la sortie de leurs bureaux et leur ordonnent de s’asseoir et de ne pas bouger. Ils investissent alors les bureaux du 4è étage sans autre explication. Zaki et Salayma, qui sont au 5è étage, entendent tirer dans le quartier. Ils pensent que les FOI sont en train de mener un nouveau raid dans le camp de réfugiés et décident de filmer le raid. Alors qu’ils arrivent à l’entrée au rez-de-chaussée, ils sont surpris par plusieurs soldats. Salayma les filment mais un officier lui ordonne d’arrêter sa caméra et de lui remettre la cassette. Salayma arrête de filmer mais il remet à l’officier une autre cassette, pas celle qui contient le film. Les soldats investissent alors les bureaux et les fouillent. Avant de se retirer, ils confisquent le gros matériel de diffusion, puis 9 ordinateurs du département des informations, 2 ordinateurs du département informatique, un ordinateur du directeur des ressources humaines, 2 ordinateurs de l’unité de production, un ordinateur de la secrétaire, un ordinateur du département financier, un ordinateur portable, des cassettes et des documents. »
3 h, les FOI opèrent maintenant sur les bureaux de la télévision al-Quds, rue al-Quds, en face l’hôtel de tourisme d’al-Bireh.
« Les soldats frappent à la porte extérieure mais l’agent à l’intérieur n’ouvre pas, pensant qu’ils allaient partir s’il n’y avait personne à l’intérieur. Des soldats escaladent alors le mur qui entoure l’immeuble où se trouvent les bureaux de la chaîne TV locale al-Quds et pénètrent dans la cour. Ils se servent d’outils pour défoncer la grande porte. Puis, l’agent de la TV al-Quds s’approche des soldats car il craint qu’ils ne détruisent complètement la porte. Il les introduit et leur demande l’autorisation d’appeler son patron pour l’informer. A ce moment, les soldats lui saisissent son téléphone portable, et un autre qu’il a pour son travail. Il leur demande alors de le laisser ouvrir la porte pour qu’ils ne la démolissent pas. Il ouvre la porte et les soldats pénètrent complètement à l’intérieur de l’immeuble. Ils défoncent la porte de la pièce où se trouvent les matériels internet et le serveur et entrent. L’officier israélien demande à l’agent de la TV al-Quds de l’emmener dans la pièce où se trouve le gros matériel de diffusion, l’agent lui répond qu’il n’a aucune idée de l’endroit où se trouve ce matériel. Les soldats montent sur la terrasse pour fouiller. Ils trouvent le matériel, et le confisquent. »
2 h, les FOI entrent dans Beit Furik, au nord-est de Naplouse, patrouillent dans les rues, fouillent un certain nombre de maisons, dont celles de Muhsen Abdul Jabbar Nasasra, Nazir Aref Aref Hanani, Mohammed Shehada Nasasra, Lino Hamdan Mleitat, Ahmed Mahmoud Hanani, Kamel Mahmoud Hanani et Mohammed Suleiman Nasasra. Avant de se retirer, vers 5 h, les FOI arrêtent 3 Palestiniens qui sont emmenés au centre d’Huwara :
  • Fadi Ahmed Mahmoud Hanani, 28 ans ;
  • Adli Kamel Mahmoud Hanani, 34 ans, et
  • Maysara Mohammed Suleiman Nasasra.
2 h également, incursion dans Hares, au nord de Salfit, où l’armée investit le domicile de Nadi Itimad Ahmed Souf, 20 ans, qui est arrêté et transféré au centre d’Huwara.
2 h toujours, incursion dans Kafl Hares, au nord de Salfit, avec fouille du domicile d’Ahmed Mahmoud Abdul Rahim Bouzeyeh, 19 ans, qui est arrêté et transféré à Huwara.
3 h, dans Deir Estaya, à l’ouest de Salfit, même opération chez Kifah Abdul Fattah Mohammed Zidan, 20 ans, arrêté et emmené à Huwara.
3 h également, dans Fara’ata, à l’est de Qalqilya ; même opération chez Kawwad Abdul Khaleq Tawil, où l’armée arrête Fadi, 25 ans, et Tawfiq, 23 ans, tous deux fils de Tawil, qui sont transférés à Huwara.

2 - Usage d’une force démesurée contre les manifestations non violentes protestant contre la colonisation et la construction du mur d’annexion
Bil’in, à l’ouest de Ramallah : après la prière du vendredi, 24 février, Palestiniens, militants des droits de l’homme internationaux et israéliens organisent la manifestation non violente hebdomadaire dans le village, protestant contre le mur d’annexion. Ils brandissent un drapeau palestinien, appellent à la fin de la division politique et à la libération de tous les prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes. Alors qu’ils arrivent à la réserve Abu Leimoun, les soldats postés dans le secteur tirent des balles caoutchouc sur les manifestants, lancent des bombes assourdissantes et des grenades lacrymogènes. De nombreux Palestiniens, dont Haroun ‘Amayra, cameraman de Palestine TV, souffrent de l’inhalation des gaz.
Ni’lin, à l’ouest de Ramallah : vendredi 24 février, après la prière, Palestiniens et internationaux manifestent, comme chaque semaine, pacifiquement pour protester contre la construction du mur. Ils scandent des slogans appelant à la réconciliation paletinienne, à l’adhésion aux droits inaliénables palestiniens et à la résistance contre l’occupation. Les soldats les agressent près du mur, tirant à balles caoutchouc, lançant des bombes assourdissantes et des lacrymogènes sur les manifestants. Nombre d’entre eux respirent les lacrymogènes.
Al-Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah : vendredi 24 février, après la prière, la manifestation des Palestiniens avec des militants israéliens et internationaux est organisée contre la construction du mur d’annexion et la colonisation, de même pour protester contre les violations israéliennes contre les lieux saints islamiques et chrétiens à Jérusalem. Ils lèvent le drapeau palestinien, scandent des slogans condamnant les actions arbitraires de l’occupant. Les manifestants se dirigent vers la porte érigée par les FOI près de l’entrée du village, et qui conduit à des terres palestiniennes dont les colons israéliens de la colonie Halmish veulent s’emparer. Les soldats israéliens, qui se sont déployés largement dans le secteur et près de toutes les entrées du village depuis le matin, commencent à agresser les manifestants qui veulent se rendre sur les terres qu’ils défendent. Les soldats tirent et lancent des grenades. De nombreux manifestants inhalent les lacrymogènes. En outre, les FOI occupent les terrasses de nombreuses maisons d’al-Nabi Saleh, les transformant en postes militaires. Les FOI se retirent vers 16 h.
Hébron : vendredi 24 février après la prière, les FOI ont multiplié les violences pour disperser deux manifestations non violentes organisées dans le centre d’Hébron, pour commémorer le 18è anniversaire du massacre du Tombeau des Patriarches, protester contre la fermeture de la rue al-Shuhada dans le centre d’Hébron, appeler à sa réouverture et au retrait des restrictions imposées à la liberté de déplacement des Palestiniens.
Les FOI ont fermé toutes les routes qui conduisent à la rue al-Shuahada et à la vieille ville d’Hébron. Ils affrontent violemment les manifestants pendant plusieurs heures. Ils tirent, lancent des grenades et aspergent de produits chimiques toxiques les manifestants. Ils s’en prennent aussi intentionnellement aux équipes de secourites qui évacuent et soignent les blessés. Autour de 40 manifestants sont blessés, souffrent de l’inhalation des lacrymogènes ou des coups portés par les FOI. En outre, l’occupant arrête 2 Palestiniens et un international.
Les manifestations sont organisées par le Comité pour la défense d’Hébron, le Comité populaire contre le Mur et les colonies, et la Jeunesse contre les colonies à Hébron. Différentes délégations de la solidarité, personnalités de l’opinion publique (des députés du Conseil législatif palestinien, le président du Front démocratique pour la Paix et l’Égalité, le député de la Knesset - parti Hadash - Mohammed Barakeh, le professeur Ghadi al-Ghazi, membre du parti Hadash, Mahmoud al-‘Aloul, membre du Comité central du Fatah, l’ancienne députée du Parlement européen, Luisa Morgantini, et le dirigeant du mouvement Abnaa Elbalad, Raja Eghbareyeh), participent à ces manifestations.
D’après les investigations conduites par le PCHR :
« Après la prière du vendredi, le 24 février, des centaines de Palestiniens et des dizaines de militants internationaux participent à une manifestation non violente organisée par le Comité pour la défense d’Hébron et le Comité populaire contre le Mur et les colonies. Les manifestants viennent des fermes du sud-est de Tal Rmeida, dans le centre d’Hébron et se dirigent vers la rue al-Karantina qui conduit à l’une des principales entrées dans la rue al-Shuhada. Quand ils arrivent à près de 120 mètres de l’entrée de la rue al-Shuhada, les soldats de l’occupation qui se sont largement déployés dans le secteur lancent des bombes assourdissantes et des lacrymogènes, à distance de 5 à 15 mètres, et en tirs directs, sur les manifestants qui ne peuvent plus arriver jusqu’à la rue al-Shuhada.
« Intentionnellement, des soldats tirent des bombes assourdissantes dans les jambes de Mohammed Barakah et du député au CLP, Mohammed Amin al-Jaabari. Barekeh et d’autres manifestants sont blessés. Les soldats bousculent Barakeh et al-Jaabari tout en les menaçant. Les FOI font venir alors des véhicules blindés équipés de pulvérisateurs qu’ils utilisent pour asperger les manifestants de produits chimiques toxiques, ce qui provoque suffocations, incapacités respiratoires et pertes de conscience. Ceci se passe dans la rue al-Karantina et aux environs du cimetière islamique.
« Pendant ce temps, des dizaines de civils palestiniens accompagnent une personne décédée pour ses funérailles au cimetière islamique. Les manifestants ouvrent le chemin au cortège funéraire. Mais les FOI continuent de lances les bombes assourdissantes et les lacrymogènes. C’est délibérément qu’ils aspergent le cortège funéraire de produits toxiques, et le corps du défunt.
« Dans le même temps, une autre manifestation non violente part de la mosquée des Commandements du Prophète, dans le sud d’Hébron. Les manifestants défilent dans la rue Tareq Bin Zeyad, dans le sud de la ville. Alors qu’ils se trouvent à 150 mètres environ du check-point militaire permanent, monté près de la mosquée Abu al-Rish, et qu’il faut passer pour aller à la mosquée Ibrahimi et rue al-Shuhada, les FOI qui se sont déjà déployées dans le quartier tirent, empêchant les maniffestants d’aller plus loin. Elles les pourchassent dans la rue. Délibérément, elles pulvérisent des produits chimiques toxiques sur une ambulance du Comité palestinien de secours médicaux, pendant que les équipes de secours évacuent et soignent les blessés dans le quartier. C’est délibérément aussi, qu’elles aspergent de leurs produits les maisons palestiniennes voisines, repoussant les manifestations vers les environs de l’école Tareq Bin Zeyad et dans les rues voisines. »
L’usage de la violence par l’occupant contre ces manifestations fait 40 blessés chez les Palestiniens et les militants internationaux de la solidarité. 13 blessés sont hospitalisés à l’hôpital public d’Hébron et à l’hôpital Mohammed Ali al-Muhtaseb. Les autres blessés sont soignés sur place. Parmi eux, 5 sont blessés par des éclats :
  • Mohammed Barakeh, député israélien à la Knesset, blessé par une bombe assourdissante à la jambe gauche ;
  • Mohammed Amin al-Jaabari, 66 ans, membre du Conseil national palestinien, a pris un éclat de bombe assourdissante et souffre de l’inhalation des lacrymogènes ;
  • Manal Ne’man al-Ja’abari, 35 ans, souffre de brûlures légères et a pris un éclat de bombe assourdissante dans le dos et la main gauche ;
  • Rami Mahmoud ‘Atawna, 33 ans, a pris un éclat de bombe assourdissante dans la main droite, et
  • Mu’tasem al-Rajabi, 22 ans, blessé aussi par un éclat dans le genou droit et a perdu conscience à cause de l’inhalation des lacrymogènes.
En outre, les FOI arrêtent un international et 2 Palestiniens :
  • Badi’ Adib al-Dweik, 39 ans, et
  • Fadi Hazem Quraan, 25 ans.
Al-Dweik et l’international sont relâchés le jour même tandis que Quraan est conduit au centre de détention d’Ofer, au sud-ouest de Ramallah.
Beit Ummar, au nord d’Hébron : samedi après-midi, 25 février, les FOI agressent des dizaines de Palestiniens et internationaux qui manifestent de façon non violente à Beit Ummar, contre l’expansion de la colonie Karmi Tsur, au sud de Beit Ummar, et empêchent des agriculteurs palestiniens d’arriver jusqu’à leurs exploitations à proximité de la colonie.
Yousef Abu Mareya, militant du Comité populaire contre le Mur et les colonies, rapporte que les FOI ont encerclé les manifestants dans le secteur de Khellet al-Kutla, à 150 mètres de la clôture qui entoure la colonie Karmi Tsur. Elles ont agressé certains manifestants et les ont pourchassés dans les terres. Le frère d’Abu Mareya, Musa, 26 ans, souffre de contusions dans les jambes.
Al-Ram, au nord de Jérusalem occupée : dimanche 26 février, vers 18 h, les FOI tirent des balles caoutchouc, lancent des grenades assourdissantes et lacrymogènes sur des Palestiniens dans al-Ram. Nader Ahmed Abdul Rahman Abu Ezreiq, membre du Service de la Défense civile palestinienne, de Rafat, village à l’ouest de Salfit, est blessé par une balle dans la main droite, alors qu’il était de service.
Abu Ezreiq témoigne au PCHR :
« Vers 18 h 15, dimanche 26 février, nous recevons un appel téléphonique. La personne nous dit qu’il y a un certain nombre de civils bloqués dans une maison à al-Ram, à cause des confrontations avec les forces d’occupation israéliennes, et qu’ils ont besoin d’aide. Immédiatement, nous nous rendons sur les lieux. Nous garons notre véhicule à distance des confrontations entre les civils et l’occupant. Nous commençons à porter secours aux civils coincés dans la maison. Alors qu’on quitte la maison après avoir donné les soins, nous croisons des civils qui courent dans notre direction avec les forces israéliennes derrière qui tirent à feu nourri des lacrymogènes et des bombes sonores sur eux. Je vois des civils qui souffrent des gaz. Alors que je me dirige vers eux pour les secourir, les Israéliens nous tirent aussitôt dessus avec des balles caoutchouc. Une balle me blesse à la main droite. Une autre touche le véhicule de la Défense civile. Je quitte les lieux ensuite à cause de ma blessure. »

3 - Usage d’une force démesurée contre d’autres manifestations non violentes
Durant la dernière période, de nombreuses manifestations non violentes ont été organisées pour protester contre le raid des FOI contre la mosquée al-Aqsa dans Jérusalem occupée et contre l’emploi de la violence à l’encontre des Palestiniens qui étaient à l’intérieur de la mosquée, essayant de bloquer les colons israéliens qui tentaient d’y pénétrer pour y célébrer des rites religieux.
Un civil palestinien a été tué et un membre du Service de la Défense civile palestinienne a été blessé. En outre de nombreux manifestants, et passants, ont inhalé les lacrymogènes.
Check-point de Qalandya, au nord de Jérusalem occupée : vendredi 24 février, 13 h 30, des garçons palestiniens se rassemblent près du check-point, pour protester contre les tentatives de raid par les FOI contre la mosquée al-Aqsa. Ils scandent des slogans appelant à la fin de l’occupation israélienne et à la suppression de toutes les prisons israéliennes, et d’autres slogans condamnant la politique de répression contre les prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes et les attaques contre la mosquée al-Aqsa.
Puis ils se dirigent vers le check-point de Qalandya. Avant d’y parvenir, les FOI tirent sur les manifestants qui répondent en lançant des pierres sur l’occupant. Nombre de manifestants et de passants subissent les lacrymogènes, dont deux bébés, Maya Musa Rebhi et Nebel Ishaq, respectivement 14 et 18 mois, qui sont conduits au Centre médical Palestine à Ramallah pour des soins.
Al-Ram au nord de Jérusalem occupée : vendredi 24 février, la manifestation non violente organisée à al-Ram pour protester contre les tentatives des FOI de pénétrer dans la mosquée al-Aqsa subit les violences des FOI. Un Palestinien est tué.
Enquête du PCHR :
« Vers 15 h, vendredi 24 février, des dizaines de Palestiniens se rassemblent près de l’entrée Est d’al-Ram, au nord de Jérusalem, pour manifester de façon non violente, contre les tentatives des FOI et des colons d’investir la mosquée al-Aqsa. Certains des manifestants se dirigent vers la porte d’un camp des FDI, à 200 mètres de l’entrée d’al-Ram. Quelques-uns réussissent à mettre le feu à des pneus à l’intérieur du camp. Dans le même temps, un car sort du camp, et environ 20 soldats en descendent. Les Palestiniens qui étaient entrés dans le camp reviennent précipitamment vers l’entrée d’al-Ram. Les soldats qui se déploient près de la porte du camp FOI tirent des grenades, et s’avancent vers l’entrée d’al-Ram, les manifestants palestiniens leur lançant des pierres.
« Dans le même temps, l’un des manifestants, Tala’t Abdul Rahman Diab Ramiya, 24 ans, lance des pétards sur les soldats qui se trouvent près de l’entrée d’al-Ram. Les soldats répliquent à balles caoutchouc. Environ 20 minutes plus tard, Ramiya relance des pétards sur une quinzaine de soldats qui se trouvent à l’entrée d’al-Ram, à environ 50 mètres de lui. Il est environ 16 h 18, quand un officier des FOI, qui s’est placé derrière les soldats, tire sur Ramiya, le blessant d’une balle qui le pénètre par l’aisselle droite et ressort dans le dos. Ramiya tombe au sol et est emmené, dans une voiture palestinienne, au Centre médical al-Salam, à al-Ram. Le Centre est fermé, Ramiya est alors repris par une voiture du Gouvernorat de Jérusalem. Très peu de temps après, une ambulance d’une équipe médicale palestinienne arrive et l’emmène au Centre médical Palestine à Ramallah. Vers 20 h, le décès de Ramiya est constaté. »
Des témoins ont déclaré au représentant local du PCHR qu’un soldat israélien, qui portait un gilet pare-balles noir, a tiré sur Ramiya avec l’intention de le tuer. L’officier israélien était à 50 mètres de Ramiya. Les témoins rapportent que Ramiya ne présentait aucun danger pour les soldats et que les soldats auraient pu utiliser une force moins définitive ou même l’arrêter.
Beit Hanoun : vers 11 h 50, les FOI positionnées dans des tours de guet à la frontière près de Beit Hanoun (Erez), au nord de la bande de Gaza, tirent sur un groupe de manifestants et des militants palestiniens et internationaux dans le voisinage du poste frontière. La manifestation était composée d’environ 50 manifestants, dont 5 activistes internationaux et 6 journalistes. Quand ils approchèrent à une distance de 150 mètres de la frontière, les FOI ont tiré des balles et des bombes lacrymogènes, mais aucun blessé n’a été signalé.
Saber al-Za’neen, coordonnateur de l’Initiative locale de Beit Hanoun et responsable de la manifestation, a déclaré que, vers 11h15 la manifestation se dirigeait vers la zone nord. Quand les manifestants étaient environ 150 mètres de la clôture, les FOI ont tiré des balles de façon sporadique sur eux. Puis ils ont tiré des dizaines de grenades lacrymogènes, tout en tirant des balles. Les FOI ont continué à tirer jusqu’à environ 12h30. Les manifestants ont été terrorisés et ont fui hors de la zone, mais aucune blessure n’a été signalé.


4 - Maintien du bouclage des TPO
Israël maintient un bouclage hermétique sur les TPO et les restrictions aux mouvements des civils palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.
Bande de Gaza
Mouvements des personnes et des biens aux postes frontière
Rafah International
Date  :
 :
Partant à
l’étranger
 :
 :
Entrant dans la
bande de Gaza
 :
 :
Refoulés dans la
bande de Gaza
22 février  : 782  : 407  : 40
23 février  : 734  : 560  : 99
24 février  : "  : "  : "
25 février  : 593  : 638  : 49
26 février  : 600  : 589  : 28
27 février  : 532  : 473  : 61
28 février  : 591  : 866  : 58
 :  :  :
Karm Abu Salem (Kerem Shalom)
Importations
Date  : Désignations  : Tonnes - Quantités - Litres
 :
22 février  : Denrées alimentaires  : 498
 :
 : Matériels agricoles  : 1006
 :
 : Marchandises diverses  : 1250
 : Cartons de vêtements  : 532
 : Machines à laver  : 408
 : Réfrigérateurs  : 154
 : Panneaux de verre  : 1040
 : Gazinières  : 160
 : Réservoirs pour l’eau  : 56
 : Boeufs  : 381
 : Cartons de chaussures  : 3167
 :  :
 : Aide humanitaire  : 91
 :  :
 : Gaz domestique  : 184,710
 :  :
23 février  : Denrées alimentaires  : 554
 :  :
 : Matériels agricoles  : 1102
 :  :
 : Marchandises diverses  : 923
 : Cartons de vêtements  : 1206
 : Machines à laver  : 238
 : Réfrigérateurs  : 60
 : Cartons de chaussures  : 2167
 : Voitures  : 20
 : Boeufs  : 200
 : Panneaux de verre  : 1040
 : Groupes électrogènes  : 33
 : Pylônes électriques  : 44
 : Pneus de voitures  : 898
 :  :
 :  :
 : Aide humanitaire  : 3600
 :  :
 : Gaz domestique  : 115,800
 :  :
26 février  : Denrées alimentaires  : 678
 :  :
 : Matériels agricoles  : 723
 :  :
 : Marchandises diverses  : 781
 : Cartons de vêtements  : 420
 : Réfrigérateurs  : 105
 : Panneaux de verre  : 1040
 : Pylônes électriques  : 200
 : Groupes électrogènes  : 13
 :  :
 : Aide humanitaire  : 4344
 :  :
 : Gaz domestique  : 70,820
 :  :
27 février  : Denrées alimentaires  : 594
 :  :
 : Matériels agricoles  : 884
 :  :
 : Marchandises diverses  : 1251
 : Cartons de vêtements  : 960
 : Voitures  : 20
 : Panneaux de verre  : 520
 : Pylônes électriques  : 156
 : Groupes électrogènes  : 12
 : Réservoirs pour l’eau  : 106
 :  :
 : Aide humanitaire  : 3930
 :  :
 : Gaz domestique  : 70,770
 :  :
Exportations :
-  le jeudi 23 février 2012, les FOI ont autorisé l’exportation de 250 000 fleurs ;
-  le dimanche 26 février 2012, les FOI ont autorisé l’exportation de 378 000 fleurs ;
-  le lundi 27 février 2012, les FOI ont autorisé l’exportation de 7,6 tonnes de tomates cerise, et
-  le mardi 14 février 2012, les FOI ont autorisé l’exportation de 124 000 fleurs.
Notes :
-  le mercredi 22 février 2012, les FOI ont autorisé l’entrée de 40 tonnes d’acier de construction pour le Consulat français ; elles ont également permis l’entrée de 936 tonnes de blé ;
-  le jeudi 23 février 2012, les FOI ont autorisé l’entrée de 2800 tonnes de granulats de construction, 404 tonnes de ciment et 38 tonnes d’acier de construction pour l’UNRWA ; elles ont également permis l’entrée de 858 tonnes de fourrages ;
-  le dimanche 26 février 2012, les FOI ont autorisé l’entrée de 3780 tonnes de granulats de construction et 564 tonnes de ciment pour l’UNRWA ; elles ont également permis l’entrée de 546 tonnes de fourrages, et
-  le lundi 27 février 2012, les FOI ont autorisé l’entrée de 3500 tonnes de granulats de construction et 280 tonnes de ciment pour l’UNRWA ; elles ont également permis l’entrée de 780 tonnes de blé.
Beit Hanoun (Erez)
Population  : 21 fév. - 22 fév. - 23 fév. - 24 fév. - 25 fév. - 26 fév. - 27 fév. 28 fév.
Patients  : 43 32 26 2 0 42 14 43
Accompagnateurs  : 38 31 24 2 0 39 14 43
Palestiniens venant d’Israël  : 7 0 14 3 0 25 6 14
Diplomates  : 8 7 13 0 0 0 10 12
Presse  : 2 0 3 1 0 0 0 2
Internationaux  : 41 44 75 10 0 4 28 31
Gazaouis  : 0 0 0 0 0 0 0 0
Gens d’affaires  : 100 96 90 44 0 90 87 96
Réunions d’affaires  : 4 0 5 0 0 0 0 0
Entretiens sécurisés  : 0 0 0 0 0 2 0 3
Personnalités  : 0 1 0 0 0 0 1 0
Ambulances vers Israël  : 0 1 2 0 0 1 3 2
Ambulances venant d’Israël  : 1 1 1 0 0 1 0 0
 :

Cisjordanie
Jérusalem
Les restrictions pour entrer ou sortir de la ville sont maintenues pour les Palestiniens, dont des milliers, de Cisjordanie et de la bande de Gaza, n’ont toujours pas accès à Jérusalem. De nombreux check-points, dans et autour de la ville, ont été posés par l’occupant.
-  Vendredi matin, 24 février, les FOI durcissent les restrictions et posent des check-points sur la route qui conduit à la mosquée al-Aqsa. Selon des témoins, des unités d’infiltration israéliennes (en civil) et des policiers ont posé des check-points dans le centre de Jérusalem et aux entrées de la vieille ville et de la mosquée al-Aqsa.
-  Dimanche matin, 26 février, idem. Les FOI patrouillent en outre dans la vieille ville et dans les quartiers limitrophes. Le porte-parole israélien prétend que ces mesures sont prises dans « la crainte d’une éruption d’affrontements avec les Palestiniens autour de Jérusalem ».
Hébron
-  Mardi matin, 28 février, la Brigade israélienne Golani qui patrouille dans Hébron depuis le la veille arrête 2 éboueurs de la ville, qui sont à leur travail dans le sud du quartier Tal al-Rumaidi, dans le centre d’Hébron.
Selon les informations recueillies par le PCHR, et les témoignages de personnes de ce quartier dont l’une s’appelle Khaled Basayta :
« Ils sont arrivés dans le secteur vers 8 h 30 et ont commencé à travailler. Vers 10 h 50, des membres de la Brigade Golani arrivent et obligent les deux éboueurs à cesser leur travail et à remettre une partie des ordures près de la maison de la famille d’Abu Haikal. Lina Jameel Rateb Abu Haikal, 42 ans, intervient auprès des FOI leur disant qu’il est illégal d’empêcher les éboueurs d’enlever les ordures et de les retenir sous leur garde. Alors un officier israélien envoie Abu Haikal avec les deux éboueurs dans une oliveraie qui touche aux maisons d’Abu Haikal et d’al-Haddad. Ils sont détenus de 11 h à 13 h et relâchés, après que les FOI aient menacé les deux éboueurs de sanctions, et les ont mis en garde de ne plus entrer dans le secteur.
« Lina Abu Haikal indique aussi que les ordures qui étaient enlevées dans le quartier, sont des ordures des colons qui les jettent délibérément sur l’entrée de sa maison, et d’autres maisons. Elle souligne que les FOI avaient appelé la police israélienne et un officier qui s’est présenté, après leur détention, comme appartenant à l’Administration civile.  »
Deux militants de B’Tselem, le Centre d’information israélien pour les droits de l’homme, arrivent sur le secteur : Mosa Mahmoud Abu Hashhash et Manal No’man al-Ja’bari. Ils veulent enquêter sur l’incident, mais les FOI les interpellent et les retiennent environ 30 minutes avant de les relâcher.
-  Dans l’après-midi du même jour, les FOI montent un site militaire dans la partie sud du quartier Tal al-Rumaida, dans le centre d’Hébron. D’après l’enquête du PCHR, et des témoignages, vers 13 h, des soldats israéliens de la Brigade Golani qui patrouillent dans le coin ont monté une tente militaire au milieu d’un chemin de terre où ils empêchent les Palestiniens des secteurs sud et est du quartier de rentrer chez eux en voiture. En outre, les Palestiniens subissent de nouvelles restrictions. Il faut indiquer que les FOI ont déjà fermé un autre chemin, le mois dernier, en posant d’énormes blocs se béton.
Qalqilya
  • jeudi 23 février : les FOI posent 5 check-points à travers Qalqilya ;
  • vendredi 24 février, 12 h 30, les FOI posent un check-point entre Jayyous et Kafr, au nord-est de Qalqilya ; elles arrêtent Morad Salah Nofal et Salah Salah Nofal, pour les relâcher à 12 h 45, après l’intervention de la Liaison militaire ;
    • 15 h, pose d’un check-point à l’entrée Est de Qalqilya, et
  • samedi 25 février, poses de 4 check-points dans Qalqilya.
Tulkarem
  • jeudi 23 février, 10 h 30, pose d’un check-point à l’entrée de Beit Leed, à l’est de Tulkarem ;
    • 18 h, les FOI postées au check-point d’‘Ennab sur la route de Tulkarem à Naplouse, à l’est de Tulkarem, durcissent les restrictions aux passages des Palestiniens ;
  • vendredi 24 février, 14 h, même opération sur ‘Ennab, et
    • 18 h, pose d’un check-point à l’entrée de Far’oun, au sud.
Jénine
  • jeudi 23 février, 9 h 30, pose d’un check-point à l’entrée d’‘Arraba, au sud de Jénine, et un autre à l’entrée de Sanour, au sud-est, et
  • lundi 27 février, 15 h, un autre check-point à l’entrée de Zabbouba, au nord-ouest.
5 - Efforts pour créer une majorité juive à Jérusalem-Est
Les autorités d’occupation israéliennes poursuivent la judaïsation de Jérusalem et les expulsions des Palestiniens de la ville.
-  Le jeudi 23 février, le journal israélien Ma’ariv publie que le Comité de district de la municipalité israélienne pour l’Urbanisme et la Construction à Jérusalem a récemment enregistré le terrain de l’aéroport de Qalandya au nom de la municipalité israélienne à Jérusalem, et au nom de l’État d’Israël. Le Ma’ariv révèle que ledit terrain n’était précédemment enregistré au nom d’aucune autorité israélienne. Le département des Aéroports civils a confisqué le terrain et déposé une demande auprès de la municipalité pour qu’elle enregistre ces terres au nom de la municipalité et à celui de l’État d’Israël. Il faut noter que les autorités israéliennes ont fermé l’aéroport de Qalandya après le soulèvement de la Première Intifada en 1987.
Le quotidien ajoute que le ministre des Transports, Yezrael Katz, avait créé une commission pour étudier le dossier de l’aéroport de Qalandya. La commission a décidé de transférer les terres de l’aéroport à la municipalité israélienne, qui à son tour a décidé d’y monter une zone industrielle et d’y installer l’équipement de la municipalité. Selon Hagit Ofran, observateur des colonies pour le mouvement israélien la Paix Maintenant, la conversion d’un terrain pour le transport en zone industrielle va anéantir toutes les possibilités d’instauration de deux États, et d’ajouter : « Ce qui m’inquiète ce n’est pas à quel nom la terre sera enregistrée. Ce qu’il faut, c’est qu’elle soit transférée à l’Autorité palestinienne ».
-  Le mardi 28 février, la police israélienne prolonge la fermeture du Club Silwan Charity et Silwan Islamic pour un an.

6 - Colonisation et agressions des colons contre les civils palestiniens et leurs biens
La colonisation des TPO se poursuit, ainsi que les agressions des colons contre les Palestiniens pour leur voler leurs terres.
-  Jeudi 23 février, les FOI pénètrent dans Soreef, un village au nord-ouest d’Hébron, et démolissent un puits et des champs. Elles arrachent également des centaines d’arbres sous le prétexte que ces terres sont des « terres publiques ».
Témoignages des propriétaires et du responsable de la municipalité de Soreef au PCHR :
« Vers 2 h, (23 février), les FOI accompagnées de véhicules militaires et de bulldozers sont entrées dans les secteurs de Deir Mosa et d’Heelet al-Wahadeen, au nord-ouest de Soreef. Vers 4 h, elles ont commencé la démolition et l’arrachage des arbres sur de nombreux champs appartenant à 4 familles du village. Elles se retirées vers 8 h 30 ».
Résultat : un puits est détruit, 690 arbres sont arrachés, 22 dunums (2,2 ha) de terres sont saccagés, et 800 mètres de clôtures entourant les terrains doivent être remplacés.
Les terres et biens concernés appartiennent à :
  • Mohammed Ahmed Abdullah al-Qadi :
  • Mohammed Lafi Ahmed Ghneimat ;
  • Ishaq Abdul Fattah Abdullah al-Qadi, et
  • Suliman Mosa Othman Ghneimat.
Dans son témoignage, Mohammed Ghneimat indique les FOI l’ont empêché de s’approcher des terres pendant que les FOI les saccageaient. Elles ont aussi pulvérisé des substances toxiques sur le tronc des arbres. Ghneimat souligne que les terrains ciblés sont à 3 km du mur d’annexion.
Il faut préciser que les FOI avaient fait remettre 8 avis à des Palestiniens du village par un agent de l’Administration civile. Les avis indiquaient qu’il fallait arrêter des travaux de constructions dans leurs maisons au motif qu’ils n’avaient pas le permis de construire des autorités israéliennes. Ces maisons appartiennent à :
  • Yusef Mohammed Abdul Latif Ghneimat ;
  • Abdullah Hussein Ghneimat ;
  • Mahmoud Ahmed al-Hour ;
  • Ibrahim Mohammed Attallah al-Hour ;
  • Hussein Suliman Na’em, et
  • Mohammed Mahmoud Ghneimat.
-  Même jour, vers 7 h, les FOI pénètrent sur le secteur d’al-Njasat, au nord-ouest d’Hébron. Elles démolissent un bâtiment agricole de 29 m² et une citerne d’eau pour l’agriculture, les deux appartenaient à Ahmed Mosa Othman Danbabsah, du village de Noba.
-  Même jour encore, les FOI remettent des avis pour la démolition :
  • d’une mosquée ;
  • d’une école et,
  • des 19 abris des Bédouins de Kherbet Janba, au sud d’Hébron.
Selon les informations recueillies par le PCHR, et le témoignage d’Othman Jabareen, membre de la Commission nationale pour le secteur de Msafer Yatta, les avis israéliens annoncent la démolition d’une école de 3 classes, d’une mosquée construite en 1999, et de 19 abris de tôle et de toile. Les abris et les tentes appartiennent :
  • Khaled Hussein Jebreel ;
  • No’man Mohammed Mahmoud Jebreel ;
  • Isam Isa Yunis ;
  • Ibrahim Isa Rab’i, et
  • d’autres.
-  Dimanche 26 février, vers 9 h 30, les FOI envoient des avis pour la confiscation de 21 dunums de terres à Sartah, Hares et Qarawet Bani Hassan, au nord de Salfit.
Dans son témoignage au PCHR, Abdul Aziz ‘Assi, responsable de la municipalité de Qarawet Bani Hassan, indique que ces terres entourent la colonie Burkan, à l’ouest de Salfit. Elles ont été confisquées il y a un an, quand les FOI les ont entourées d’une clôture de barbelés pour empêcher les Palestiniens d’y pénétrer, ouvrant la voie à leur confiscation pour des raisons de sécurité. Les FOI ont empêché les gens d’y entrer depuis ce temps-là.
Il faut préciser que d’après les avis, aucune terre ne devait être confisquée à Qarawet Bani Hassan, mais ces terres ont été touchées car elles avaient été précédemment enregistrées dans le dossier financier.
Le conseil de village de Hares confirme qu’un dunum a été confisqué par les FOI dans le village pour y poser des barbelés autour de la colonie Burkan. Ce dunum de terre appartient aux héritiers d’‘Azzam Abed Dawood.
Le conseil du village de Sartah souligne que, selon cet ordre militaire, 20 dunums devraient être confisqués.
Ces terres appartiennent à :
  • Mohammed Hussein Salah ;
  • Tayseer Mostafa Hamed Salah ;
  • Hamed Hussein Hamed Salah ;
  • Mahmoud Yusef Abu Zahra, et
  • Wa’el ‘Abbas Sa’eed.
-  Lundi 27 février, un colon tire sur des bergers qui se trouvent sur leurs terres, au sud d’Hébron.
Selon les informations remises au PCHR, un colon israélien armé a essayé de s’emparer d’un mouton par la force. Les bergers se sont mis à courir après lui ; il a alors tiré sur le mouton et sur le berger. Pas de blessés.
-  Mardi matin, 28 février, un groupe de colons des colonies d’Hébron entrent sur le secteur d’al-Nabi Yunis, au nord d’Hébron. Ils passent par l’entrée Est avec 7 véhicules, mais la police et l’armée les font partir. Sans autres incidents.

Arrestations sur les check-points militaires
-  Jeudi 23 février, les FOI reprennent position sur un check-point à l’entrée Nord de Naplouse (Check-point 17) et arrêtent Baha’ Salama Mahmoud ‘Awad, 27 ans, de Jénine. Des témoins indiquent que les FOI arrêtaient les véhicules et contrôlaient les identités des Palestiniens qui voulaient passer le check-point. C’est là qu’‘Awad a été arrêté. Il faut préciser qu’‘ Awad est policier palestinien à Naplouse.
-  Même jour, vers 18 h, les FOI postées dans la zone zud d’Hébron arrêtent Sa’di Nafez Sa’di al-Atrash, 21 ans, d’Hébron. Al-Atrash est arrêté après avoir été mis sous la garde d’un soldat israélien au check-point qui conduit à le mosquée Ibrahimi. Il est arrêté parce qu’il est recherché par les FOI. Al-Atrash est emmené au poste de police israélien près de la colonie Kyriat Arba, au sud-est d’Hébron, avant d’être transféré au centre de détention de Kfar Etzion.
-  Vers 19 h, les FOI sur le check-point à l’entrée d’al-Tabaqa, au sud d’Hébron, arrêtent Ezz Eddin Salama Salama Hreibat et Ra’ed Mohammed Shnan, tous deux de 20 ans, d’al-Tabaqa. Ils sont interpellés sur l’accusation de « jets de pierres » sur des soldats israéliens et sont emmenés à Kfar Etzion.
Le PCHR a été informé que Hreibat avait été victime de coups de la part de 5 soldats pendant qu’il était sous leur garde. Les soldats l’ont mis dans une jeep et l’ont cogné sur tout le corps, spécialement à la tête et aux jambes. Quand son avocat l’a vu, il a remarqué des traces évidentes de coups, surtout à la main droite qui saignait encore. Hreibat a demandé à l’administration du centre de détention d’être soigné, ce qui lui a été refusé.
-  Vendredi 24 février, vers 14 h, les FOI qui patrouillent rue Tareq Ben Zeyad, au sud d’Hébron, arrêtent Tayseeer Taleb Othman Abu Sneina, 20 ans, d’Hébron. Abu Sneina est interpellé sour l’accusation de « jets de pierres » après que les FOI aient pourchassé des Palestiniens à la suite d’une dispersion d’une manifestation non violente. Il est transporté au poste de police près de la colonie Kyriat Arba, puis transféré à Kfar Etzion.
-  Samedi 25 février, vers 18 h, les FOI qui patrouillent à proximité de la colonie Ma’on, au sud d’Hébron, arrêtent Tareq Ibrahim Abu Jundiya et Yusef Omar Abu Jundiya, tous deux de 16 ans. Ils les ont interpellés pendant qu’ils faisaient paître leurs moutons sur des terres familiales. Ils sont emmenés au poste de police près de Kyriat Arba. Un militant du Comité contre les Colonies, à l’est de Yatta, Naser al-Nawaj’a, indique que la détention de ces deux enfants fait partie de toute une série d’agressions contre les bergers, pour les empêcher d’amener leurs bêtes à proximité de la colonie.
-  Lundi 27 février, les FOI sur un check-point permanent au sud d’Hébron arrêtent Mohanned Ameen Ali al-Bakri, 13 ans, élève à l’école d’al-Mutanabbi. Al-Bakri est interpellé alors qu’il est sur le chemin de l’école. Il est frappé et harcelé. Deux heures après son interpellation, les FOI l’emmènent au bureau de police, au sud-est d’Hébron, où il est interrogé. Après l’intervention de la Croix-Rouge internationale, Al-Bakri est relâché, le même jour.
Enquête du PCHR et témoignages :
« Vers 7 h 30 ce lundi 27, al-Bakri se rend à l’école, il doit passer par un check-point israélien. 2 soldats le suivent et l’arrêtent à 45 mètres de l’école. L’un des soldats l’attrape et le frappe aux jambes. Al-Bakri tombe à terre, le soldat se jette sur lui, le menotte et le harcèle pendant deux heures. Il est transporté ensuite au bureau de police pour y être détenu au motif qu’il "avait ramassé une balle avec l’intention de la jeter sur les soldats" ».
Dans son témoignage au PCHR, le directeur de l’école, Akram Khalil Suliman Zama’ra, 48 ans, déclare :
« Mohanned al-Bakri est élève en 8è année. Après avoir passé le check-point israélien, comme d’habitude, pour venir à l’école, deux soldats israéliens postés sur le check-point le suivent dès alors qu’il a fait 5 mètres après le check-point. Ils crient et pointent leurs armes sur lui. Ils l’arrêtent d’une manière atroce et provocatrice. C’est pendant ce temps-là que j’apprends son interpellation, et aussitôt, je sors de l’école.
« Je vois un soldat qui attrape le garçon et le frappe sur les jambes jusqu’à ce qu’il tombe au sol. Le soldat met un pied sur al-Bakri avant de lui prendre son sac, éparpillant tout son contenu sur le sol et déchiquetant le sac. J’interviens pour arrêter cette torture du garçon puis son père arrive, mais les soldats me repoussent et m’ordonnent de rentrer dans l’école, le fusil pointé sur moi.
« Dans le même temps, 6 autres soldats arrivent et remmènent le garçon au check-point, où il est menotté et forcé à s’asseoir à terre. Vers 9 h 30, arrive une jeep israélienne qui emmène al-Bakri au poste de police israélien près de Kiryat Arba. Il est détenu au motif, "avoir ramassé une balle pour la jeter sur les soldats". Le garçon m’a dit, après qu’il ait été relâché, qu’il avait été interrogé sur ce qu’ils lui reprochaient à propos de la balle. Il a totalement nié l’accusation, mais il a été mis sous forte pression pour qu’il fasse un aveu.
« Après qu’on l’ait appelé, le représentant de la Croix-Rouge internationale à Hébron intervient et se rend au poste de police. Al-Bakri est libéré vers midi et demi, le même jour. J’ai rencontré alors le garçon, et j’ai senti à quel point il avait été choqué par cette agression. »
D’après son enquête et le témoignage de l’école, les FOI qui sont postées à ce check-point depuis 9 ans, ont l’habitude d’arrêter les enseignants et les élèves de cette école. Ils les frappent et les harcèlent alors qu’ils se rendent à l’école ou qu’ils rentrent chez eux. Dans ce contexte, 112 élèves sur les 268 de l’école doivent passer, deux fois par jour, à ce check-point. Les élèves sont soumis à détentions, fouilles et insultes verbales quotidiennement. Au cours des dernières semaines, 27 élèves de première et deuxième années ont été victimes de coups en passant le check-point. En outre, les 14 enseignants et employés de l’école sont soumis à des fouilles et des détentions de plusieurs heures, avec comme résultat que le processus d’éducation en est sérieusement affecté. Lors de l’attaque la plus récente contre les enseignants, les FOI ont détenu 4 enseignants vers midi et demi, le jeudi 23 février. Ces enseignants sont :
  • Bashar al-Natsha ;
  • Ibrahim Zahda ;
  • Safwat Tneina et
  • Mohanned al-Za’tary.
Les FOI prétendaient que leur détention faisait partie des « contrôles sécurité ».
-  Mardi 28 février, les FOI posent un check-point à l’entrée de Qalqilya. Elles contrôlent les identités des Palestiniens qui passent au check-point. Elles arrêtent Ma’zouz Abdul Rahman Mohammed Kleib, 20 ans, de Hares, au nord de Salfit. Il est tansporté à la prison d’Huwara, au sud de Naplouse. Il faut noter que Kleib est membre du Service de la Sécurité nationale palestinienne.


Recommandations du PCHR à la communauté internationale

(JPG) Document public
Pour plus d’informations, merci de vous rendre sur le site du PCHR, ou de le contacter à son bureau à Gaza ville par courriel : pchr@pchrgaza.org, ou par téléphone : (+972 (0)8 2824776 - 2825893).
Rapport hebdomadaire pour la période du 23 au 29 février 2012 : PCHR
sur Info-Palestine.net - traduction : JPP pour la Cisjordanie et Jacques Salles pour la bande de Gaza




01 mars 2012

Mikis Theodorakis pendant une manifestation contre les nouvelles mesures d’ajustement structurel, devant l’Université d’Athènes.



Un appel de Mikis Theodorakis à l’opinion publique internationale

 
La vérité sur la Grèce

(par Míkis Theodorákis)



Un complot international est en cours, visant à mener à terme la destruction de mon pays.


Les assaillants ont commencé en 1975, avec comme cible la culture grecque moderne, puis ils ont poursuivi par la dissolution de notre histoire récente et de notre identité nationale, et aujourd’hui ils essaient de nous exterminer physiquement par le chômage, la famine et la misère. Si le peuple grec ne se soulève pas pour les arrêter, le risque de disparition de la Grèce est bien réel. Je la vois arriver dans les dix prochaines années. Le seul élément qui va survivre de notre pays sera la mémoire de notre civilisation et de nos luttes pour la liberté.


Jusqu’en 2009, la situation économique de la Grèce n’avait rien de très grave. Les grandes plaies de notre économie étaient les dépenses immodérées pour l’achat du matériel de guerre et la corruption d’une partie du monde politique, financier et médiatique. Mais une part de responsabilité appartient aussi aux États étrangers, parmi eux l’Allemagne, la France, l’Angleterre et les États-Unis, qui gagnaient des milliards d’euros au dépens de notre richesse nationale par la vente annuelle de matériel de guerre. Ce saignement constant nous a écrasés et ne nous permettait plus d’aller de l’avant, alors qu’il était la source d’enrichissement d’autres pays. On peut dire la même chose pour le problème de la corruption. Par exemple, l’entreprise allemande Siemens avait une branche spéciale pour corrompre des Grecs, afin de mieux placer ses produits sur le marché national. Ainsi le peuple grec a été victime de ce duo des prédateurs allemands et grecs qui s’enrichissaient au dépens de la Grèce.


Il est évident que ces deux grandes plaies auraient pu être évitées si les dirigeants des deux parties politiques pro-américains n’avaient pas été infiltrés par la corruption. Cette richesse, produit du travail du peuple grec, était ainsi drainée vers les coffres-forts de pays étrangers. Les politiciens ont essayé de compenser cette fuite d’argent par un recours à des emprunts excessifs qui résultaient en une dette publique de 300 milliards d’euros, soit 130% du PNB (Produit National Brut).


Par cette arnaque, les étrangers gagnaient doublement : d’une part, par la vente d’armes et de leurs produits, et d’autre part, par les intérêts sur l’argent prêté au gouvernement (et non pas au peuple). Comme nous l’avons vu, le peuple grec était la principale victime dans les deux cas. Un seul exemple suffira pour vous convaincre : en 1986, Andreas Papandreou a emprunté un milliard de dollars à une banque d’un grand pays européen. Les intérêts de cet emprunt n’ont été remboursés qu’en 2010 et ils s’élevaient à 54 milliards d’euros.


L’année passée, M. Juncker a déclaré qu’il avait remarqué lui-même l’hémorragie financière massive de la Grèce qui était due aux dépenses excessives (et forcées) pour l’achat de matériel de guerre – de l’Allemagne et la France en particulier. Et il a conclu que ces vendeurs nous conduisaient à un désastre certain. Hélas, il a avoué qu’il n’a rien fait pour contrecarrer cela, afin de ne pas nuire aux intérêts des pays amis !


En 2008, la grande crise économique est arrivée en Europe. L’économie grecque n’a pas été épargnée. Cependant, le niveau de vie qui était jusque-là assez haut (la Grèce se classait parmi les 30 pays les plus riches du monde), est resté pratiquement inchangé, malgré une augmentation de la dette publique. La dette publique ne se traduit pas nécessairement par une crise économique. La dette des grands pays tels que les États-Unis et l’Allemagne sont estimées à des milliers de milliards d’euros. Les facteurs déterminants sont la croissance économique et la production. Si ces deux facteurs sont positifs, il est possible d’emprunter auprès des grandes banques à un taux d’intérêt inférieur à 5%, jusqu’à ce que la crise soit passée.


En 2009, (en novembre), au moment de l’arrivée de G. Papandréou au pouvoir, nous étions exactement dans cette position. Pour faire comprendre ce que le peuple grec pense aujourd’hui de sa politique désastreuse, je cite deux chiffres : aux élections de 2009 PASOK - le parti politique de G. Papandreou - a remporté 44% des voix. Aujourd’hui, les sondages ne lui donnent plus que 6%.


M. Papandréou aurait pu faire face à la crise économique (qui reflétait celle de l’Europe) avec des prêts de banques étrangères au taux habituel, c’est-à-dire inférieur à 5%. S’il l’avait fait, notre pays n’aurait pas eu de problème. Comme nous étions dans une phase de croissance économique, notre niveau de vie se serait amélioré.


Mais M. Papandréou avait déjà commencé sa conspiration contre le peuple grec en été 2009, lorsqu’il a rencontré secrètement M. Strauss-Kahn, dans le but de passer la Grèce sous la tutelle du FMI. Cette révélation a été divulguée par l’ancien président du FMI.


Pour y arriver, la situation économique de notre pays devait être déformée, afin que les banques étrangères aient peur et augmentent les taux d’intérêt de prêt à des montants prohibitifs. Cette opération onéreuse a commencé avec l’augmentation artificielle du déficit publique de 12% à 15% pour l’année 2009 (n.d.t : M. Andreas Georgiou, président du conseil d’administration de l’Institut National de Statistique, ELSTAT, a subitement décidé en 2009, sans demander l’accord, ni informer son conseil d’administration, de comptabiliser dans le calcul du déficit public certains organismes et entreprises publiques qui ne l’avaient jamais été auparavant dans aucun autre pays européen, excepté la Norvège. L’objectif était de faire passer le déficit de la Grèce au-dessus de celui de l’Irlande (14%), afin que ce soit elle qui joue le rôle de maillon faible de l’Europe.) Pour ce forfait, le procureur M. Pepònis a déféré M. Papandréou et M. Papakonstantinou (ministre des Finances) à la justice, il y a 20 jours.


Ensuite, M. Papandréou et le ministre des finances ont mené une campagne de discrédit pendant 5 mois, au cours de laquelle ils ont essayé de persuader les étrangers que la Grèce est, comme le Titanic, en train de couler, que les Grecs sont corrompus, paresseux et donc incapables de faire face aux besoins du pays. Après chacune de leurs déclarations, les taux d’intérêt montaient, afin que la Grèce ne puisse plus faire des emprunts et afin de donner un caractère de sauvetage à notre adhésion au FMI et à la Banque Centrale Européenne. En réalité, c’était le début de notre fin.


En mai 2010, un ministre, celui des finances, a signé le fameux Mémorandum (Mnimònio, en grec), c’est-à-dire notre soumission à nos prêteurs. D’après le Droit grec, l’adoption d’un tel accord nécessite d’être mis aux voix et d’être approuvé par les trois cinquièmes des députés. Donc, le Mémorandum et la Troïka qui nous gouvernent, fonctionnent illégalement - non seulement par rapport au Droit grec, mais aussi au Droit européen.


Depuis lors, en supposant que notre parcours vers la mort soit représenté par un escalier de 20 marches, nous avons déjà parcouru plus de la moitié du chemin. Imaginez que le Mémorandum accorde aux étrangers notre indépendance nationale et le trésor publique, à savoir : nos ports, nos aéroports, le réseau routier, l’électricité, l’eau, toute la richesse naturelle (souterraine et sous-marine) etc. Même nos monuments historiques, comme l’Acropole, Delphes, Olympie, Epidaure etc. après avoir renoncé à tous nos droits.


La production a été freinée, le taux de chômage a grimpé à 18%, 80 000 magasins ont fermé, tout comme des milliers d’usines et des centaines d’artisanats. Un total de 432 000 entreprises ont déposé leur bilan. Des dizaines de milliers de jeunes scientifiques quittent notre pays qui s’enfonce de plus en plus dans les ténèbres du Moyen Age. Des milliers de personnes qui étaient aisés jusqu’à un temps récent, sont maintenant à la recherche de nourriture dans les ordures et dorment sur le trottoir.


Entretemps, nous sommes censés vivre grâce à la générosité de nos prêteurs d’argent, les banques européennes et le FMI. En fait, l’intégralité du paquet de dizaines de milliards d’euros versé pour la Grèce, retourne à son expéditeur, tandis que nous sommes de plus en plus endettés à cause des intérêts insupportables. Et parce qu’il est nécessaire de maintenir en fonction l’État, les hôpitaux et les écoles, la Troïka charge la classe moyenne et inférieure de notre société de taxes exorbitantes qui mènent directement à la famine. La dernière fois que nous avons vécu une situation de famine généralisée dans notre pays était au début de l’occupation allemande, en 1941, avec près de 300 000 morts en six mois seulement. De nos jours, le spectre de la famine revient dans notre pays infortuné et calomnié.


Si vous pensez que l’occupation allemande nous a coûté un million de morts et la destruction complète de notre pays, comment pouvons-nous accepter, nous les Grecs, les menaces de Mme Merkel et l’intention des allemands de nous imposer un nouveau Gauleiter... mais cette fois-ci, il sera porteur d’une cravate...


La période de l’occupation allemande, de 1941 jusqu’à octobre 1944, prouve à quel point la Grèce est un pays riche, et à quel point les Grecs sont travailleurs et conscients (conscience du devoir de liberté et de l’amour pour la patrie).


Lorsque les SS et la famine tuaient un million de personnes et la Wehrmacht détruisait notre pays, confisquait toute la production agricole et l’or de nos banques, les Grecs ont pu survivre grâce à la création du Mouvement de Solidarité Nationale et d’une armée de partisans comptant 100 000 soldats, ce qui a retenu 20 divisions allemandes dans notre pays.


En même temps, non seulement les Grecs ont-ils survécu grâce à leur application au travail, mais il y a eu lieu, dans des conditions d’occupation, un grand développement de l’art grec moderne, en particulier dans le domaine de la littérature et de la musique.


La Grèce a choisi la voie du sacrifice pour la liberté et la survie en même temps.


Nous avons été attaqués, nous avons répondu avec Solidarité et Résistance et nous avons survécu. Nous faisons maintenant exactement la même chose, avec la certitude que le peuple grec sera finalement vainqueur. Ce message est envoyé à Mme Merkel et M. Schäuble, en soulignant que je reste un ami du peuple allemand et un admirateur de sa grande contribution à la science, la philosophie, l’art et la musique en particulier. La meilleure preuve de cela est le fait que j’ai confié l’intégralité de mon œuvre musicale à deux éditeurs allemands, Schott et Breitkopf, qui sont parmi les plus grands éditeurs dans le monde, et ma collaboration avec eux est très amicale.


Ils menacent de nous expulser de l’Europe. S’ils ne veulent une fois pas de nous, c’est dix fois que nous ne voulons pas faire partie de l’Europe de Merkel et Sarkozy.


Aujourd’hui, dimanche 12 février, moi et Manolis Glezos – le héros qui a arraché la croix gammée de l’Acropole, donnant ainsi le signal du début, non seulement de la résistance grecque, mais aussi de la résistance européenne contre Hitler – nous nous préparons à participer à une manifestation à Athènes. Nos rues et nos places vont être remplies de centaines de milliers de personnes qui manifesteront leur colère contre le gouvernement et la Troïka.


J’ai entendu hier le premier ministre-banquier dire, en s’adressant au peuple grec, que nous avons presque touché le fond. Mais qui nous a amené à ce point en deux ans ? Ce sont les mêmes qui, au lieu d’être en prison, menacent les députés, afin qu’ils votent pour le nouveau Mémorandum pire que le premier, qui sera appliqué par les mêmes personnes qui nous ont amenés là où nous sommes. Pourquoi ? Parce que c’est ce que le FMI et l’Eurogroup nous obligent à faire, en nous menaçant que, si nous n’obéissons pas, c’est la faillite... Ici l’on joue du théâtre de l’absurde. Les cercles qui nous haïssent (grecs et étrangers) et qui sont les seuls responsables de la situation dramatique de notre pays, nous menacent et nous font du chantage, afin de pouvoir poursuivre leur œuvre destructrice, jusqu’à notre extinction définitive.


Au cours des siècles, nous avons survécu dans des conditions très difficiles. Il est certain que, non seulement les grecs vont survivre, mais ils vont aussi revivre s’ils nous amènent de force à l’avant-dernière marche de l’escalier avant la mort.


A présent je consacre toutes mes forces à unir le peuple grec. J’essaie de le convaincre que la Troïka et le FMI ne sont pas une route à sens unique. Qu’il y a une autre solution : changer l’orientation de notre nation. Se tourner vers la Russie pour une coopération économique et la formation de partenariats qui nous aideront à mettre en valeur la richesse de notre pays en des termes favorables à notre intérêt national.


Je propose de ne plus acheter du matériel militaire des Allemands et des Français. Nous allons tout faire pour que l’Allemagne nous paie les réparations de guerre dues. Ces réparations s’élèvent, avec les intérêts, à 500 milliards d’euros.


La seule force capable de faire ces changements révolutionnaires, c’est le peuple grec uni en un Front de Résistance et de Solidarité pour que la Troïka (FMI et banques européennes) soit chassée du pays. En parallèle, il faut considérer comme nuls tous ses actes illégaux (prêts, dettes, intérêts, impôts, achats de la richesse publique). Bien sûr, leurs partenaires grecs – qui ont déjà été condamnés dans l’esprit de notre peuple en tant que traîtres – doivent être punis.


Je suis entièrement concentré sur ce but (l’Union du peuple en un Front) et je suis persuadé que nous l’atteindrons. Je me suis battu les armes à la main contre l’occupation hitlérienne. J’ai vu les cachots de la Gestapo. J’ai été condamné à mort par les Allemands et j’ai miraculeusement survécu. En 1967, j’ai fondé PAM (Patriotikò Mètopo - front patriotique), la première organisation de résistance contre la junte militaire. Je me suis battu dans la clandestinité. J’ai été arrêté et emprisonné dans « l’abattoir » de la police de la junte. Finalement, j’ai encore survécu.


Aujourd’hui, j’ai 87 ans, et il est très probable que je ne serai pas vivant le jour du sauvetage de ma patrie bien-aimée. Mais je vais mourir la conscience tranquille, parce que je continuerai jusqu’à la fin de faire mon Devoir envers les idéaux de Liberté et de Droit.




Athènes, 12.02.2012


Mikis Theodorakis



Traduit du grec par Georgios Sgourdos « Spitha »-Etincelle de Lausanne, Suisse. Relecture : Guy Wagner

http://libanresistance.blogspot.com/2012/03/mikis-theodorakis-pendant-une.html

Pas d’audition devant un juge pour Hana Shalabi, en grève de la faim depuis le 16 février

mercredi 29 février 2012 - 21h:22
Ma’an News




Le tribunal militaire d’Ofer a décidé de reporter l’audition de Hana Shalabi, une prisonnière en grève de la faim, jusqu’à ce que le juge examine le 3 mars avec les services israéliens de renseignement les accusations restés secrètes 
.
(JPG)

Jawad Boulos, avocat de la Société des Prisonniers, a déclaré que les fonctionnaires de la cour israélienne ont affirmé que la raison de la détention administrative était que Shalabi est considérée comme une menace pour la sécurité d’Israël et la sécurité de ses habitants.
Ils ont également affirmé qu’elle a prévu des actions militaires juste après qu’elle ait été libérée.
La défense s’oppose à la décision du tribunal et a appelé à la libération immédiate de la détenue, qui est en grève de la faim depuis son premier jour de détention. La défense tient Israël pleinement responsable de la santé de Hana Shalabi.
Un leader du Jihad islamique, quant à lui, a déclaré que la grève « des estomacs vides » a uni le peuple palestinien.
Ahmad al-Mudallal a déclaré : « la grève d’Hana, qui a commencé il y a 14 jours, et de Khader Adnan qui a duré 66 jours, ont réussi à unir les forces, factions et les institutions de notre peuple contre les politiques répressives de l’occupation ».
Il a déclaré à Ma’an qu’il n’y avait pas de doute que la bataille irait jusqu’à la victoire pour les prisonniers, et qu’elle raffermira leur détermination contre l’occupation. Il a appelé le mouvement « un saut quantique » [changement brusque] pour l’internationalisation de leur cause.
« Ce qu’elle a vécu n’est pas seulement une agression contre elle, c’est en fait une attaque contre tous les Musulmans du monde entier et, par conséquent, elle ne devrait être soutenue par seulement des déclarations, » a-t-il encore dit.
Ce mercredi, le ministère des prisonniers de l’Autorité palestinienne a déclaré que les détenus administratifs dans les prisons israéliennes boycotteraient les tribunaux de l’administration pénitentiaire à compter du 1e mars, en signe de protestation contre la politique répressive de l’occupation.
Les détenus dans les prisons d’Ofer, Magido et du Néguev ont annoncé leur refus de se présenter devant les tribunaux de détention administrative, car ceux-ci représentent l’injustice des politiques israéliennes contre les Palestiniens.
Ils ont appelé toutes les factions palestiniennes et les institutions des Droits de l’Homme à les soutenir.
Le ministère a organisé une réunion dans la municipalité al-Bire pour les organisations de défense des Droits de l’Homme et les dirigeants des différentes organisations pour appuyer le mouvement des prisonniers qui a décidé de boycotter les tribunaux.
Le ministre des prisonniers, Issa Qaraqe, a déclaré que la réunion visait à définir un plan stratégique et une campagne internationale pour mettre fin à la politique de détention administrative dans les prisons israéliennes.
Pendant ce temps, le prisonnier Ameer Makhoul dans la prison de Gilboa, citoyen palestinien d’Israël et leader de la société civile, a fait savoir que les prisonniers palestiniens ont fait bon accueil à l’appel pour une journée internationale d’action le jour 17 avril en faveur des prisonniers palestiniens.
Il déclaré aussi que les prisonniers politiques palestiniens à Gilboa ont fait un jeûne d’une journée la semaine dernière pour lequel ils ont été punis par les autorités pénitentiaires.

Lire également :
29 février 2012 - Ma’an News - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.net/eng/ViewDet...
Traduction : Info-Palestine.net

Hana al-Shalabi on hunger strike against renewed administrative detention

Meanwhile, news emerged today that a Palestinian woman, Hana Yahya al-Shalabi is on hunger strike against her renewed "administrative detention" without charge or trial by Israel. Al-Shalabi spent more than two years in administrative detention, and had been freed last October as part of the prisoner exchange deal between Israel and Hamas.
Addameer –الضمير’s Twitter
Hana Al-Shalabi has been on hunger strike for 7 days in protest of her administrative detention #StopAD
Feb 23 via web Favorite Retweet Reply
On 17 February, al-Shalabi, who is 29, was once again arrested by Israeli occupation forces from her home near Jenin in the occupied West Bank and is again under detention without charge or trial.
According to an Addameer profile which refers to her earlier period of detention:
Shalabi was arrested from her family home on 14 September 2009. At approximately 1:30 a.m. that morning, Israeli soldiers in 12 military jeeps surrounded her house in Burqin village, near the West Bank town of Jenin. The soldiers ordered Hana’s entire family outside of the house and demanded Hana give them her identity card. They then proceeded to conduct a thorough search of the family’s home. During the search, one of the soldiers forcibly removed framed pictures of Hana’s brother Samer, who was killed by the Israeli army in 2005, tore them apart and walked over the pieces in front of the entire family.
Shalabi was subjected to solitary confinement, abuse and sexual harrassment during her interrogation and then ordered to be detained without charge or trial for six months.
That order was later renewed, however she was subsequently released as part of the prisoner deal in which Israel agreed to release 1,027 Palestinians in exchange for the return of an Israeli soldier who had been held in Gaza since 2006.

Text of Addameer and Phyiscians for Human Rights - Israel joint statement on Khader Adnan

Khader Adnan Begins His Slow Recovery While Israeli Court Issues a Decision to Remove His Shackles  
Ramallah, 23 February 2012—Following the cessation of his 66-day hunger strike on the evening of 21 February 2012, a Physicians for Human Rights-Israel (PHR-Israel)-affiliated doctor and Addameer lawyer Samer Sam’an visited Khader Adnan today, 23 February, to closely monitor his current condition.
According to the PHR-Israel-affiliated doctor, "Khader’s condition remains unstable. He will be facing a long, continuous recovery process." Khader is now eating three meals a day, but has been instructed to eat them slowly and in two different portions. Hospital personnel note that even if he seems as though he is recovering well, it is important to remain cautious; each day of recovery holds major risks due to the complexity of balancing all of his needs and the potential failure of his heart. He is still suffering from extremely weak muscles, preventing him from being able to walk. Khader has been given the impression that he will be moved out of the hospital and into prison too soon, a fear shared by PHR-Israel and Addameer.
Khader accounted that in the hours before the deal was negotiated with Israeli officials limiting his detention, he was threatened with being fed against his will—an action that would have immediately put his life at risk. Khader remained steadfast until he received his minimum conditions for release. He expressed his utmost gratitude for his fellow prisoners and individuals all over the world who have supported him, and reminded the local and international community that the real issue at hand is not his case but rather the case of all other prisoners and Palestinians living under Occupation.
In an unprecedented decision that has the potential to affect other Palestinian prisoners as well, an Israeli District Court reached the conclusion today, 23 February, to order the removal of Khader’s shackles in the hospital bed. In the court decision, Judge Avraham Tal stated his opinion on the case filed by PHR-Israel and Addameer: "In light of the petitioner’s medical condition, shortly after a hunger strike, shackling him to the bed during all hours of the day and night, even only by one limb, is not proportional."
Khader was shackled continuously throughout his stay at Zif Medical Center and the shackles were only removed briefly a few times. The IPS claimed that they removed his shackled during his last days of hunger strike, but PHR-Israel and Addameer do not believe this to be true. The IPS also noted that as soon as he ended his hunger strike, they decided to "reinstate" the shackling of Khader to the hospital bed. Today’s ruling allows for Khader to be shackled by only one limb when in the presence of visitors "who are not authorized by the IPS of the medical staff that treats him." However, during today’s visits from his lawyer and the PHR-Israel-affiliated doctor, both his legs were still shackled to his bed.
PHR-Israel and Addameer reiterate their fear that he will be moved too soon out of the hospital and call for the immediate end of his detention. Despite the increased international eye on Israel regarding administrative detention during Khader’s hunger strike and the notable victory in limiting Khader’s detention period, Addameer and PHR-Israel are dismayed that no effective change has been made for the more than 300 other Palestinians held in Israeli detention without charge or trial. As of 1 February, there were 309 administrative detainees, but even in the past few weeks this number has increased.* Hana al-Shalabi, who is a female administrative detainee released in the prisoner exchange deal in October 2011, was re-arrested on 17 February 2012 and given a new six-month administrative detention order. She has been on hunger strike for the past 7 days in protest of her administrative detention.
Addameer and PHR-Israel call for an end of Israel’s practice of arbitrary detention and for all administrative detainees to be released unconditionally. Administrative detention should never be used as a collective or punitive measure. As the most severe control measure permitted under international humanitarian law, administrative detention must only be used with the strict application of all necessary safeguards. Addameer and PHR-Israel therefore urge the international community to continue applying pressure on Israel to comply immediately with its legal obligations and to bring to an end the violations of international humanitarian law currently being committed with impunity against Palestinians.
Addameer and PHR-Israel would finally like to thank all of those who supported Khader and our teams during this strenuous period and hope that international pressure is maintained until our concerns regarding Khader’s life and wellbeing are diminished.


Source

:: Article nr. 85961 sent on 24-feb-2012 00:15 ECT www.uruknet.info?p=85961

La Tunisie des espions

Des espions en Tunisie selon Nawaat  01/03/2012

Bientôt la publication de documents concernant l'espionnage en Tunisie. D'après Nawaat, partenaire de Wikileaks dans cette opération, sur les cinq millions d'emails internes du cabinet de renseignement Startfor, cinq mille se rapportent à la Tunisie. Depuis le 27 février, Wikileaks a entamé une nouvelle opération de diffusion de documents confidentiels : Global Intelligence Files. Cette fois, c'est du cabinet de renseignement américain Stratfor qu'il s'agit. 25 médias et groupes d'activistes sont partenaires de cette opération dont Nawaat, qui affirme que sur les 5 millions de courriers électroniques couvrant une période allant de juillet 2004 à fin décembre 2011, 5 mille concernent la Tunisie.
Officiellement Stratfor propose à ses clients des renseignements stratégiques sur le commerce mondial, l'économie, la sécurité et les affaires géopolitiques. Mais selon le communiqué de Wikileaks, le cabinet américain, souvent surnommé the «Shadow CIA» ou la «CIA de l'ombre», emploi «des réseaux d'informateurs, de structures de versement de pots-de-vin, de techniques de blanchiment d'argent et de méthodes psychologiques» et « dispose à la fois d'informateurs déclarés et secrets, incluant notamment des employés gouvernementaux, du personnel travaillant dans les ambassades ainsi que des journalistes du monde entier.»


http://rsistancedespeuples.blogspot.com/2012/03/des-espions-en-tunisie-selon-nawaat.html?spref=fb

************************

Bientôt la Tunisie des espions!

Des espions en Tunisie selon Nawaat

01/03/2012

Bientôt la publication de documents concernant l’espionnage en Tunisie. D’après Nawaat, partenaire de Wikileaks dans cette opération, sur les cinq millions d’emails internes du cabinet de renseignement Startfor, cinq mille se rapportent à la Tunisie. Depuis le 27 février, Wikileaks a entamé une nouvelle opération de diffusion de documents confidentiels : Global Intelligence Files. Cette fois, c’est du cabinet de renseignement américain Stratfor qu’il s’agit. 25 médias et groupes d’activistes sont partenaires de cette opération dont Nawaat, qui affirme que sur les 5 millions de courriers électroniques couvrant une période allant de juillet 2004 à fin décembre 2011, 5 mille concernent la Tunisie.

Des espions en Tunisie selon Nawaat  01/03/2012

Bientôt la publication de documents concernant l’espionnage en Tunisie. D’après Nawaat, partenaire de Wikileaks dans cette opération, sur les cinq millions d’emails internes du cabinet de renseignement Startfor, cinq mille se rapportent à la Tunisie. Depuis le 27 février, Wikileaks a entamé une nouvelle opération de diffusion de documents confidentiels : Global Intelligence Files. Cette fois, c’est du cabinet de renseignement américain Stratfor qu’il s’agit. 25 médias et groupes d’activistes sont partenaires de cette opération dont Nawaat, qui affirme que sur les 5 millions de courriers électroniques couvrant une période allant de juillet 2004 à fin décembre 2011, 5 mille concernent la Tunisie.
Officiellement Stratfor propose à ses clients des renseignements stratégiques sur le commerce mondial, l’économie, la sécurité et les affaires géopolitiques. Mais selon le communiqué de Wikileaks, le cabinet américain, souvent surnommé the «Shadow CIA» ou la «CIA de l’ombre», emploie «des réseaux d’informateurs, de structures de versement de pots-de-vin, de techniques de blanchiment d’argent et de méthodes psychologiques» et « dispose à la fois d’informateurs déclarés et secrets, incluant notamment des employés gouvernementaux, du personnel travaillant dans les ambassades ainsi que des journalistes du monde entier.»
 
http://tunisitri.wordpress.com/2012/03/01/bientot-la-tunisie-des-espions/

C'EST A LIRE

Il est sorti en librairie !



“Ben Bella-Kafi-Bennabi contre Abane : les raisons occultes de la haine”

 
Par : Rubrique Radar

 
Attendu depuis des mois, le livre de Bélaïd Abane sortira en librairie aujourd’hui, 25 février 2012. Après les attaques de Ben Bella, Ali Kafi et Malek Bennabi contre Abane Ramdane, l’auteur répond aux détracteurs du défunt, sans haine, mais sans concession. Témoignages inédits ...et documents à l’appui, il révèle les dessous des agressions récurrentes qui poursuivent l’homme de la Soummam jusque dans sa tombe.

 L’auteur, Bélaïd Abane, proche parent d’Abane Ramdane, est diplômé en sciences politiques. Ancien professeur des universités en médecine, il consacre l’essentiel des carrières universitaires aux CHU d’Alger. Depuis la fin des années 1990, il vit en France, exerce et enseigne dans un hôpital parisien de l’AP-HP.
Combattants pour l’indépendance de l'Algérie : Ces Français injustement oubliés

Mondialisation.ca, Le 16 février 2012







Ces Français injustement oubliés « La vie d’un homme, la mienne, compte peu. Ce qui compte, c’est l’Algérie, son avenir. Et l’Algérie sera libre demain. Je suis persuadé que l'amitié entre Français et Algériens se ressoudera ». Fernand Iveton ( Déclaration peu avant d’être guillotiné)

Avec Fernand Iveton  l’Algérien de cœur et de naissance, il faudrait rendre justice à tous ceux qui – sans être des indigènes au sens de la colonisation- et dans l’ombre au péril de leur vie  ont cru à l’indépendance de l’Algérie. Leurs pays. Pour les milliers d’autres qui décident de mettre leur vie en danger notamment en France, ont-ils été des traitres à leur patrie ? Assurément non ! au contraire ils ont été pour reprendre l’élégante expression du philosophe Francis Jeanson, l’honneur de la France. 
Fernand Iveton, né le 12 juin 1926 au Clos-Salembier (Alger) et exécuté le 11 février 1957. C'était un Français d'Algérie militant anti-colonialiste pendant la guerre d'Algérie. Ouvrier tourneur, Fernand Iveton est délégué syndical CGT à l’usine de gaz du Hamma à Alger et membre des Combattants de la libération, l'organisation militaire du Parti communiste algérien (PCA) interdit. Il avait intégré le FLN à titre individuel avec un certain nombre des ses camarades en 1956. Le 14 novembre 1956 à 14h il dépose une bombe à l’intérieur de son casier de vestiaire de l’usine à gaz du Hamma où il travaille. Il est arrêté à 16h20. La bombe, qui était programmée pour exploser à 19h30, après le départ des ouvriers, est désamorcée par les militaires. Il n'y eut ni dégâts, ni victimes. Du mercredi 14 novembre au samedi 17 novembre 1956 Fernand Iveton est torturé au Commissariat central d'Alger. Le 24 novembre 1956 il est condamné à mort par le Tribunal militaire d'Alger à l'issue d'une journée d'audience. Son recours en grâce a été refusé le 10 février 1957 par le président de la République, René Coty, avec l’accord du garde des Sceaux de l’époque, François Mitterrand. Il est guillotiné le 11 février 1957, dans la cour de la prison de Barberousse, à Alger.(1) 
Une conférence-débat  a été organisée à ce sujet  le 18 mai 2010 à l’université des sciences humaines de Bouzaréah (Alger), en hommage à Fernand Yveton, le seul Algérien d’origine européenne guillotiné par l’armée française en février 1957, à la prison Serkadji. Animée par l’un de ses avocats à l’époque, Albert Smadja, François Marini, et Mohamed El Korso, cette conférence a été une nouvelle occasion pour rappeler la flagrante injustice dont a été victime Fernand Yveton.   « Son exécution n’était pas un acte judiciaire, mais un acte politique ». (…) Prenant la parole au début de la conférence, l’historien et universitaire, Mohamed El Korso, note l’existence de « zones d’ombre » dans certains chapitres de l’histoire de la guerre de Libération nationale. « Certains sujets qui concernent la guerre de Libération nationale ou le mouvement national contiennent encore des zones d’ombre, notamment ceux en rapport avec la contribution des Européens à la lutte, aux côtés du peuple algérien, contre la colonisation française », lance-t-il, en appelant les historiens à ne pas avoir peur de l’histoire de leur pays. Pour l’historien, le rôle des Européens dans la Révolution algérienne n’est pas abordé suffisamment par les historiens en termes d’écriture. « Il s’agit là d’une autocensure, dont l’origine est principalement liée à un manque de clairvoyance et d’objectivité », dit-il. (2)
Justement, le moment est venu – c’est une occasion exceptionnelle pour le pays à l’occasion de ses cinquante ans d’indépendance- de rendre justice à ces hommes de l’ombre  ces Français et ces Européens d’Algérie qui se sentent avant tout, Algériens et  à ce ont combattu sans état d’âme pour la dignité de leur peuple . La liste est longue. Les hommages sont tardifs parcimonieux et non dénués d’arrière pensée. Il faut faire apparaître tous les Français dans le cas adverse et les Algériens dans l’autre ce qui n’est pas vrai.  Il y eut des « Justes » qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes qui furent considérés eux même comme des traitres.
A titre d’exemple, Le nom de Francis Jeanson reste indéniablement lié au réseau de soutien au FLN, les « porteurs de valises », qu’il avait créé en 1957.  Là où Camus s’attaque au communisme et à l’URSS «sans faire de détail » et «avec une indifférence méditerranéenne »,  Jeanson n’oublie pas le sens que revêt, pour la classe ouvrière,  l’appartenance à cette mouvance. Là où Camus  choisit la distance de l’intellectuel, Jeanson choisit l’engagement concret et l’action. (…) En juin 1955, avec son épouse Colette, il publie un pamphlet qui fera date : « l’Algérie hors la loi ». Fin mars 1956, il sollicite les intellectuels, écrivains, artistes pour soutenir le FLN.  Le réseau de soutien qui portera son nom est officiellement créé en octobre 1957. Cela s’est fait en accord et en coordination  avec les responsables de la Fédération de France du FLN, Tayeb Boulahrouf puis Omar Boudaoud.(3)
Le comédien Jacques Charby – réalisateur du film « Une si jeune paix »-, disparu était chargé du recrutement. « Francis Jeanson était insatiable, avait-il raconté. « Recrute, me disait-il. Va vite !  » Le réseau se constitue peu à peu.    Combien étaient-ils ? Même Jeanson ne savait le dire précisément. « Environ 3000 personnes ont été recensées, dira-t-il. Les « porteurs de valise », transportent, hébergent et cachent les combattants. Ils transportent le matériel de propagande et… l’argent des cotisations de la communauté algérienne.   «Il fallait répondre à un défi essentiel de l’après Libération : celui de la décolonisation Ma vie n’aura été qu’une succession de hasard », se plaisait-il à dire. Une vie durant laquelle il n’a eu de cesse de se battre pour des valeurs fondamentales. Celles qui rendent à l’homme sa dignité.(3)
 « «...Je voudrais que tu retiennes que mes camarades et moi n’avons fait que notre devoir, car nous sommes l’autre face de la France. Nous sommes l’honneur de la France.» C´est par cette phrase que Francis Jeanson s’adressant au président Abdelaziz Bouteflika – en Juin 2000 a défini son rôle lors de l´aide qu´il a apportée à la Révolution algérienne: il n´a fait que son devoir et il n´en rougit pas, il se démarque des «autres» de tous les «nostalgériques» qui, au mieux, ont protesté mollement, notamment à propos de la torture, au pire, l´ont approuvée. L´Algérie d´aujourd´hui refuse de voir son histoire en face, sait-on que des Français se sont battus, se sont exposés et ont mis en jeu leur liberté et parfois leur vie pour l´indépendance du pays tout en étant fidèle à une certaine idée de la France? » (4)
Maurice Laban était un français né en Algérie qui rejoignit très jeune le parti communiste. Il a vécu tous les grands événements qui ont marqué la période : le Front populaire, la Guerre d’Espagne, la deuxième guerre mondiale, la Guerre d’Algérie.  Il finit par rejoindre les combattants algériens dans le maquis, où il est tué . Le 6 juin 1956, L’Écho d’Alger titre : « L’aspirant félon Maillot et Laban sont abattus près d’Orléansville ». En fait, la population européenne de Lamartine s’étant furieusement opposée à ce que les corps de Maurice et de ses camarades soient enterrés dans le cimetière, cinq fosses ont été creusées au-delà des murs, dans une clairière. C’est là qu’ils reposent. (…) » (5) 
« Né en 1928 en Algérie, fils d’un militant de la CGT, Henri Maillot avait été rappelé avec le grade d’aspirant dans une unité militaire. Jugeant qu’il ne pouvait porter les armes contre la liberté de son peuple, il quitta sa compagnie le 4 avril dernier et rejoignit le maquis.  Ce même jour, le Parti communiste algérien publie un tract clandestin qui ne retient que le seul nom d’Henri Maillot et pas celui de Maurice Laban lui aussi communiste « Gloire à Henri Maillot, héros de la cause nationale [...]» Pourquoi cette ultime occultation du nom de Maurice Laban ? (…) D’ailleurs, à la lecture de ce tract on peut remarquer la persistance de conceptions avec lesquelles Maurice était en total désaccord depuis fort longtemps. On y parle, en effet, d’« un combat juste et exaltant au cours duquel se forge aujourd’hui la jeune nation algérienne ». Il s’agit là d’une reprise actualisée de la théorie de Maurice Thorez sur « l’Algérie nation en formation ». Or, aux yeux de Maurice, l’Algérie était bel et bien une nation dominée par le colonialisme et maintenant engagée dans une guerre d’indépendance dans laquelle il avait voulu prendre part ».(5)
Dans son édition du 14 juin 1956, sous le titre « La mort de l’aspirant Maillot », l’hebdomadaire France Observateur publie une nouvelle version des faits, mêlant exactitudes et erreurs. Cette version de la mort d’Henri Maillot, exécuté froidement, sera confirmée par Marcel Montanié, communiste d’Orléansville, affirmant la tenir du docteur Bensouna, ami du bachagha Boualem. Des années plus tard, en 1989, un paysan algérien racontera que tandis qu’il faisait paître son troupeau non loin du lieu de l’accrochage, il entendit une voix qui ordonnait : « Crie "Vive la France !" Puis une autre voix répondre : "Vive l’Algérie indépendante !" »(5)
La liste est longue de ceux qui ont bravé les interdits, traversé les  barrières invisibles des communautés , l’exemple le plus frappant est celui du Docteur Daniel Timsit  qui  a participé activement à la guerre d’indépendance de  l’Algérie du « mauvais côté » pour les « nostalgériques » en fait du côté de la dignité et de l’honneur Daniel Timsit est né à Alger en 1928 dans une famille modeste de commerçants juifs. Descendant d’une longue lignée judéo-berbère, il a grandi tout naturellement dans ce pays où cohabitent Juifs, Arabes et Pieds-noirs, que le système colonial s’efforce de dresser les uns contre les autres. Il raconte avec une émotion qu’il contient à grand-peine, les raisons qui ont forgé sa détermination à se ranger du côté du peuple algérien dans son combat pour la dignité. L’évocation du spectacle quotidien des enfants jetés à la rue « comme des ordures » et livrés à une misère noire le bouleverse encore. (6)
Quarante ans après, il n’a pas oublié leurs visages. En 1955, il entame des études de médecine et devient un des responsables des étudiants communistes d’Alger. Il s’occupera plus particulièrement du laboratoire de fabrication d’explosifs, puis entrera dans la clandestinité en mai 1956. Arrêté en octobre de la même année, il sera détenu à El Harrach, puis à Lambèse et enfin transféré en France jusqu’à sa libération en 1962, date à laquelle il rentre à Alger. Son engagement pour l’indépendance, c’est à travers l’adhésion au PCA qu’il le concrétise, ce parti qui dit-il « m’a permis de rejoindre mon peuple ». Il s’explique longuement sur son identité algérienne, lui qu’on continue en France, à présenter comme un Européen. « Je n’ai jamais été un Européen » se défend-il. Il s’est toujours considéré comme Algérien, lui, dont la langue maternelle est l’arabe « derdja ». La langue et la culture françaises, qu’il ne renie pas, viennent au second plan. Il s’étonne devant le niveau d’incompréhension qu’il rencontre en France à l’endroit de l’Algérie. L’algérianité ne se définit pas en fonction d’une appartenance ethnique ou religieuse, mais par ce qu’il appelle « une communauté d’aspirations et de destin ».  (6) 
Daniel Timsit, s’exprimant sur les pages douloureuses de l’histoire algérienne, a une façon toute particulière de parler de ses frères de combat, du plus obscur au plus prestigieux, avec une attention pour chacun, dans leur simple évocation. Le récit des années de prison fait partie de cette expérience unique où il découvre la nation algérienne dans sa diversité et sa profonde solidarité. Là, se côtoient ceux qui ne parlent que l’arabe ou le berbère ou le français, frères pourtant, dans une même Algérie qui saigne. Les années de guerre, la prison, l’indépendance, les luttes fratricides qui l’ont suivie : il a vu l’Algérie évoluer et tourner le dos aux valeurs que proclamait le congrès de la Soummam. (6)
Il n’est pas possible dans le cadre de cette contribution de témoigner  et de rendre hommage dans le détail des milliers de personnes françaises de souche ou Algériens- européens, qu’il nous suffise de citer sans être exhaustif, Les avocats Jacques Verges, Gisèle Halimi, l’ancien directeur d’Alger Républicain qui écrivit un livre témoignage sur la torture : « La Question » ,   livre autobiographique d'Henri Alleg, publié   en 1958. Henri Alleg est arrêté le 12 juin 1957, soit le lendemain de l'arrestation du mathématicien  Maurice Audin- un autre juste- , par les hommes de la 10e division parachutiste. Il est séquestré un mois à El-Biar où il est torturé. A Barberousse, la prison civile d'Alger. Son témoignage commence par la formule : « En attaquant les Français corrompus, c’est la France que je défends. »
A  côté de la ligne officielle de l’Eglise,  de Monseigneur Feltin déclarant avec une charité toute chrétienne en bénissant les soldats allant porter la bonne parole dans les djebels et y apporter les lumières de la civilisation au besoin  en éclairant les indigènes au napalm : « La terreur doit changer de camp » ,  il nous faut citer, sans être exhaustif, tous les hommes de religions qui, dérogeant à ont témoigné notamment contre la torture, je veux citer Monseigneur Duval, l’abbé Bérenguer qui fut même ambassadeur du Gouvernement Provisoire de la Révolution Algérienne en Amérique du Sud, sans oublier l’immense Frantz Fanon qui combattit avec les armes de l’esprit et dont les écrits  -cinquante ans après- sont toujours d’actualité. 
50 ans après les Algériens ne connaissent pas leur révolution
La Révolution algérienne constamment démonétisée depuis cinquante ans est qu’on le veuille ou non une aventure humaine qui a droit de cité dans le panthéon de la lutte pour la dignité humaine. Comment le désamour des Algériens et notamment  des jeunes est venu ? C’est de notre point de vue un long délitement  qui fait  que les fondamentaux de la révolution ceux qui l’ont porté à bout de bras sont morts. Pendant longtemps on se glorifiait de combattre la quatrième armée au Monde aidée par l’Otan et  déployant dans le cadre de sa « pacification » 500000 soldats. En face un consensus admis était qu’il y avait 50.000 moudjahids . Comment se fait il alors que l’on se retrouve 50 ans plus tard avec 500.000 ayant droit ? Sont ce des immortels et des phénix ?
Tout ceci pour dire que pendant cinquante ans nous avons caché la vérité. Les jeunes ne doivent pas connaître la vraie histoire, mais celle concoctée par le ministère gardien de l’orthodoxie qui série, décide de tout des commémorations, des baptisations, -à titre d’exemple, le nom d universités, qui doit en principe de l’ancrage de notre pays dans l’universel est décidé sans aucune consultation- de la communauté  universitaire.
On comprend dans ces conditions que tout ce qui peut contribuer à restituer un pan de l’histoire est écarté . Comment se fait il qu’il n’y ait pas de films  à l’heure de l’internet des ITC- sur les bâtisseurs de la révolution ? Il a fallu près de cinquante ans pour qu’un film sur Benboulaid soit réalisé. On apprend que le ministère des moudjahidines a refusé le tournage d’un film sur Krim Belkacem.
Lisons cette contribution du journal l’Expression  «Aujourd´hui, quand on évoque un personnage historique, on reçoit des menaces de mort», nous confiait en juin 2011, le réalisateur Ahmed Rachedi dont le projet de réalisation de long métrage sur la figure emblématique de la révolution de Krim Belkacem a été rejeté. Nous avons eu la confirmation mardi par le consultant auprès du ministère de la Culture Ahmed Bejaoui lui-même, lors d'une rencontre avec la presse. «Le film sur Krim Belkacem a obtenu l'aval du ministère de la Culture, mais il été refusé par celui des Moudjahidine tandis que celui de Ben M'hidi dont le feu vert a également été donné par le ministère de la Culture, attend toujours la réponse de celui des Moudjahidine.»   Les premières recommandations transmises à Ahmed Rachedi, à l'époque, portaient l'une sur le changement du titre du film, «Darguez», («C'est un homme», en tamazight) et la seconde concernait l'espace, jugé «trop important», donné dans le scénario à Abane Ramdane, autre figure marquante de la guerre de Libération et concepteur du Congrès de la Soummam. «Il n'y a rien dans le contenu du film qui puisse conduire à son rejet», s'est défendu Ahmed Rachedi (…) » (7)
On le voit , on ne peut pas à demander à la France de se repentir si nous même nous n’avons pas mis notre histoire en ordre. Cette Histoire opposable à tous les nostalgériques doit rendre justice  aux oubliés qui font que  nous sommes là et que nous profitons ‘une indépendance chèrement acquise . 50 ans après les  martyrs BenMhidi, Krim, Amirouche  font encore peur et  le ministère a décidé que les Algériens ne doivent connaître qu’une version de l’histoire . Comment alors réconcilier les Algériens avec leur histoire si on considère l’histoire comme une grande surface où on ne prend que ce qui nous intéresse ?
A ce titre le visionnaire que fut de Gaulle décida après la guerre de « passer l’éponge » malheureusement d’une façon indiscriminée ce qui fait que des criminels comme Aussaresses , Bigeard et tant d’autres sont passés à travers les mailles de l’histoire et ne seront pas jugés. Cette amnistie décidée par de Gaulle, dans un souci d’apaisement, a contribué dans une certaine mesure a minimiser les antagonismes entre les « Français traitres, au yeux de la France ». et les autres Français. Pourquoi l’’Algérie, encore une fois et cinquante ans après ne devrait –elle avoir  un autre regard sur les harkis et sur les raisons profondes et multiples qui ont amené à combattre du côté de la France coloniale. L’Algérie ne peut pas continuer à s’alierner une partie d’elle-même qu’on le veuille ou non , d’autant que c’est un formidable relai pour porter sa voix dans les situations difficiles.
De ce fait, et pour n’avoir pas contribué à consolider les  espérances des Algériens  peuples, les dirigeants algériens depuis l’indépendance  ont une responsabilité historique devant ce délitement qui fait qu’il n’y a plus d’unité.  Il est à craindre qu’à l’instar du Soudan à Dieu ne plaise, une dislocation de ce pays qui n’a plus de repères à partager entre ses enfants.  Pourtant   la révolution est un immense dénominateur aurait pu servir de ciment A juste titre Daniel Timsit s’écriait : « Comme notre révolution fut grande ! » Pendant longtemps,  L’aura de la Révolution a été malmenée, salie, instrumentalisée au gré des connivences et combines et satrapies de tous genre.

L’Algérie actuelle est tout au plus,  une gestion du quotidien qui permet de voir passer les jours sans aucune stratégie. Il n’y a pas à mon sens d’hommes politiques capables de développer une vision sur les vingt prochaines années, date probable selon l’AIE de la fin du pétrole en Algérie Pour avoir des chances de durer, sans que cela ne soit garanti, il est nécessaire de réconcilier ce peuple avec son histoire. Des dirigeants fascinés par l’avenir auront à coeur de permettre à chacune et à chacun de s’exprimer, et d’être des acteurs de leurs destins et non des moutons. Cela ne suffira pas !  Avec le parler vrai, il faudra, toute affaire cessante, revoir de fond en comble le système éducatif – où l’histoire avec un grand H serait enseignée- qui est responsable à des degrés divers de cette débâcle. Seul le savoir sauvera l’Algérie qui doit impérativement tourner le dos à des réflexes et à une langue de bois qui n’ont plus cours.
L’agitation frénétique des aspirants au banquet de la députation de la république avec les deniers des contribuables  remet aux calendes grecques la remise en ordre de ce pays. Nulle part nous n’avons entendu ou lu comme programmes de ces partis autre chose que les 300 mots de la langue de bois. Pendant ce temps là le monde avance et nous installons confortablement dans les temps morts, croyant faire perdurer le farniente. Sommeil trompeur et fausse certitude !
Si nous ne mettons pas en ordre de bataille- notamment sur le plan de l’unité –, nous allons être broyés par le Nouvel Ordre qui fera fi de nos petites querelles d’autant que l’Algérie est un dernier gisement à conquérir… Nous irons inexorablement après avoir traversé l’irakisation la libysation, voire la syrisation  promise, vers une somalisation inéluctable. Ce que l’Occident dans son ivresse d’empire appelle les zones grises.
Au seuil de ce cinquantenaire j’en appelle à un aggiornamento multidimensionnel pour redonner  une nouvelle impulsion à ces  jeunes en panne d’espérance , leur offrir leur Histoire, toute leur Histoire, rien que leur Histoire et en faire des battants fascinés par l’avenir.

Professeur Chems Eddine Chitour      
Ecole Polytechnique enp-edu.dz

1. Fernand Iveton : Encyclopédie Libre Wikipédia
5. Un (communiste) algérien : Maurice Laban (1914-1956) http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1624