28 février 2011

Libye : le Conseil de sécurité adopte des sanctions

Le Conseil de sécurité de l'ONU.

26 février 2011 – Se disant gravement préoccupé par la situation en Libye et condamnant la violence et l''usage de la force contre des civils, le Conseil de sécurité de l''ONU a adopté samedi des sanctions contre les autorités libyennes, incluant la saisine de la Cour pénale internationale, un embargo sur les armes, une interdiction de voyager et un gel des avoirs.
Dans une résolution adoptée à l''unanimité, les membres du Conseil de sécurité regrettent vivement "les violations flagrantes et systématiques des droits de l''homme, notamment la répression exercée contre des manifestants pacifiques" et considèrent que "les attaques systématiques et généralisées qui se commettent en Jamahiriya arabe libyenne contre la population civile pourraient constituer des crimes contre l''humanité."

"Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies", le Conseil de sécurité exige "qu''il soit immédiatement mis fin à la violence et demande que des mesures soient prises pour satisfaire les revendications légitimes de la population". Il exhorte également les autorités libyennes "à faire preuve de la plus grande retenue, à respecter les droits de l''homme et le droit international humanitaire", "à garantir la sécurité de tous les étrangers", "à veiller à ce que les fournitures médicales et humanitaires et les organismes et travailleurs humanitaires puissent entrer dans le pays en toute sécurité", et "à lever immédiatement les restrictions imposées aux médias".

Parmi une série de sanctions, le Conseil "décide de saisir le Procureur de la Cour pénale internationale de la situation dont la Jamahiriya arabe libyenne est le théâtre depuis le 15 février 2011".

Il décide également que "tous les Etats membres doivent prendre immédiatement les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à la Jamahiriya libyenne, à partir de leur territoire ou par leurs nationaux, ou au moyen de navires ou d''aéronefs battant leur pavillon, d''armements et de matériel connexe de tous types - armes et munitions, véhicules et matériels militaires, équipements paramilitaires et pièces détachées correspondantes -, ainsi que toute assistance technique ou formation".

Le Conseil engage les Etats membres "à prendre des mesures en vue de dissuader fermement leurs nationaux de se rendre en Jamahiriya arabe libyenne pour participer, pour le compte des autorités libyennes, à des activités susceptibles de contribuer à la violation des droits de l''homme."

Dans leur résolution, les membres du Conseil de sécurité décident aussi que "tous les Etats membres doivent prendre les mesures nécessaires pour empêcher l''entrée ou le passage en transit sur leur territoire des individus désignés dans l''annexe I à la présente résolution". Cette annexe I cite notamment le dirigeant libyen Mouammar Qadhafi, le responsable de la sécurité du régime, Abdulqader Yusef, le chef de l''organisme de renseignement extérieur, Abu Zayd Umar Dorda, le ministre de la défense, le général Abu Bakr Yunis Jabir, le directeur du renseignement militaire, le colonel Abdullah Al-Senussi, et plusieurs enfants de Mouammar Qadhafi.

Le Conseil de sécurité décide également que "tous les Etats membres doivent geler immédiatement tous les fonds, autres avoirs financiers et ressources économiques se trouvant sur leur territoire qui sont en la possession ou sous le contrôle direct ou indirect des individus ou entités désignés dans l''annexe II à la présente résolution". Cette annexe II cite Mouammar Qadhafi, quatre de ses fils et une de ses filles.
Après l''adoption de cette résolution, le Secrétaire général de l''ONU, Ban Ki-moon, a salué "l''action décisive" du Conseil. "Les mesures d''aujourd''hui sont dures. Dans les jours à venir, s''il le faut, des mesures encore plus fortes pourraient être nécessaires", a-t-il ajouté dans un discours devant le Conseil.
La résolution "envoie un message ferme selon lequel des violations graves des droits de l''homme ne seront pas tolérées et que ceux qui en sont responsables devront rendre des comptes. J''espère que ce message est entendu, et pris en compte, par le régime en Libye", a-t-il ajouté. "Les sanctions que vous avez imposées sont une étape nécessaire pour accélérer la transition vers un nouveau système de gouvernance qui aura l''assentiment et auquel participera le peuple".
Plus tôt samedi, le Secrétaire général a eu des entretiens téléphoniques avec le Roi Abdallah d''Arabie Saoudite et le Premier ministre italien Silvio Berlusconi au cours desquels il a demandé leur aide pour que des mesures internationales concrètes soient prises rapidement, a indiqué son porte-parole.
Dans sa conversation avec le Roi d''Arabie Saoudite, il a fait le point sur les efforts des Nations Unies pour mettre fin aux violences en Libye et pour que les responsables de ces violences rendent des comptes. Il a souligné le rôle politique et religieux clé de l''Arabie Saoudite dans la région.
Lors de son entretien avec Silvio Berlusconi, il a discuté des options disponibles pour faire face à la crise et a demandé le soutien renouvelé de l''Italie pour faire en sorte que des mesures rapides soient prises.
De son côté, le Fonds des Nations Unies pour l''enfance (UNICEF)) s''est déclaré profondément préoccupé par les informations selon lesquelles des enfants et des adolescents ont été tués et blessés dans l''escalade de violence qui affecte un certain nombre de pays du Moyen-Orient et d''Afrique du Nord, dont la Libye.
"Aucun enfant ne devrait être exposé à de quelconques formes de danger, qui pourraient avoir un effet sur le long terme sur leur survie et leur état de santé psychologique", a déclaré le Directeur exécutif de l''UNICEF, Anthony Lake
Retranscription de l’interview accordée par Ahmed Manaï à Pierre Ganz de RFI, le 3 mai 2000 à 8h30

P.Ganz : Ahmed Manaï, vous êtes cofondateur du Comité Tunisien d’Appel à la Démission de Ben Ali, auteur du livre « Supplice tunisien, candidat indépendant aux élections législatives de 1989 et élément actif dans l’opposition tunisienne, que pensez-vous de ce bras de fer entre le journaliste Tawfik Ben Brik, en grève de la faim depuis un mois et le régime tunisien ?

Ahmed Manai.
D’abord un mot sur Tawfik Ben Brik et son combat. Tawfik Ben Brik est un journaliste courageux qui lutte depuis longtemps et dans des conditions difficiles pour exercer librement son métier. Il a mis maintenant sa vie en danger mais en choisissant son moment, il a prouvé aussi qu’il était intelligent. Son combat vient de révéler au monde la véritable nature du régime et l’extrême misère de l’état des libertés et des droits de l’homme en Tunisie. Le bras de fer entre lui et le régime tunisien connaîtra bientôt sa fin, mais celui de la société tunisienne avec ce régime va continuer jusqu’à ce que ce dernier renonce à ses choix politiques.

P.Ganz : Mais on ne voit pas cette opposition qui pourrait constituer un jour une alternative à ce régime ?

Ahmed .Manai.
C’est vrai qu’il n’y a pas actuellement une alternative très crédible avec une opposition organisée et un programme politique. Il ne faut pas oublier que le régime a pratiqué une politique de la terre brûlée et qu’il a démantelé toutes les institutions et les structures de la société civile. Malgré cela l’opposition a travaillé et combattu et, si aujourd’hui, en l’an 2000, personne ne peut plus parler du régime dans les mêmes termes qu’en 1990, c’est parce que l’opposition n’est pas restée inactive et les bras croisées. Le régime a perdu beaucoup de sa légitimité dans le pays et beaucoup de crédit à l’étranger.

P. Ganz : L’affaire ben Brik a été un révélateur de la nature du régime, mais ne croyez- vous pas que les funérailles de Bourguiba ont constitué la goutte qui a fait déborder le vase ?
Ahmed.Manai.
Bien sûr, j’y reviens, mais il y a autre chose avant. Il y a eu les élections d’octobre 99 au cours desquelles Ben Ali s’est attribué 99, 4% des voix, alors qu’il avait deux concurrents choisis par lui. Je crois que c’est la goutte qui a fait déborder le vase parce que les tunisiens ont vu dans cette farce électorale une grande humiliation.

P.Ganz : Et les funérailles de Bourguiba, qui ne fut pas un grand démocrate, vous n’y voyez pas aussi une humiliation pour vous- même ?

Ahmed.Manai.
Tout à fait. Et c’est ainsi que les tunisiens l’ont ressenti. Bourguiba n’était pas un grand démocrate, c’est vrai, mais il demeure le leader politique qui a conduit une lutte de libération à son terme et au moindre coût. On oublie souvent de le signaler. C’est lui aussi qui réhabilité l’Etat tunisien. Les tunisiens, les jeunes surtout, ont le droit de connaître Bourguiba parce qu’il représente un pan important de notre histoire. Ma génération connaît Bourguiba mais pas celle de mes enfants. Mais on essaie d’occulter des pans entiers de notre histoire et c’est là une grande humiliation collective, en plus d’autres plus nombreuses, vécues au quotidien par les citoyens tunisiens.

P.Ganz : Ne croyez-vous pas que le régime soit un peu fragilisé par tout cela et surtout par l’affaire Ben Brik ?

Ahmed.Manai.
Le régime est plus que fragilisé et l’affaire Ben Brik est un grand révélateur. Il y en a d’autres comme les hésitations de la police à réprimer comme à son habitude, les manifestations des étudiants et des lycéens de ces derniers mois ou les émeutes survenues dans le sud tunisien. Les villes et villages du sud avaient échappé durant vingt quatre heures en février, à tout contrôle alors qu’il y a en Tunisie entre 130.000 et 150.000 policiers. Mais le révélateur de cette fragilité réside surtout au niveau des organes centraux du dispositif policier : une quinzaine de ses officiers supérieurs viennent d’être arrêtés pour avoir émis de critiques. La crise est maintenant au sein des organes dirigeants du régime et il incombe à ses amis de le conseiller et de l’aider à en sortir.

P. Ganz : Comment l’aider et que pensez-vous des propos de H.Védrine ?

Ahmed.Manai.
Le devoir de tous les amis de Ben Ali, ceux qui l’ont soutenu durant ces nombreuses années, est de lui conseiller de préparer son départ. Je n’appelle pas à l’ingérence dans les affaires intérieures de la Tunisie, mais j’appelle les gouvernements et les amis de Ben Ali à profiter de ce qu’il ait un premier ministre respecté dans le pays et à l’étranger, pour le nommer à la tête d’un gouvernement provisoire et de lui céder le pouvoir. M. Mohamed Ghannouchi peut très bien assurer une transition de deux ans et engager le pays dans un processus de réconciliation et de démocratisation. Cela doit se faire rapidement, parce que le pays ne peut plus souffrir ce régime et risque l’explosion à tout moment.

P.Ganz : Est-ce à dire que vous appelez les tunisiens à manifester ?

Ahmed.Manaï :
Les tunisiens n’ont pas besoin d’être appelés à manifester. Ils le font tous les jours pour protester contre les injustices et les humiliations. Ils ont inventé des formes de résistance inédites et c’est tant mieux ainsi. J’appelle simplement chaque citoyen à prendre ses responsabilités, en son âme et conscience et à continuer le combat.

P.Ganz : Ne croyez-vous pas que cette situation profiterait aux islamistes et risquerait d’engager la Tunisie dans une tragédie comparable à celle de l’Algérie ?

Ahmed.Manai.
La Tunisie et l’Algérie sont des pays voisins et leurs peuples des peuples frères. Mais la Tunisie n’est pas l’Algérie, elle ne le fut jamais et ne le sera pas non plus. Notre peuple est pacifique et a toujours combattu par des moyens pacifiques. T. Ben Brik disait récemment que les islamistes tunisiens ont résisté par le stylo Bic alors que leurs confrères algériens l’ont fait par la Kalach !
Quant à savoir si cette situation profiterait ou non aux islamistes, honnêtement je n’en sais rien. Personne ne sait ce que vaut actuellement tel parti ou mouvement politique. Le RCD au pouvoir qui se targue d’avoir 1,5 millions d’adhérents, risque de ne pas en compter un seul le jour où il n’a plus le pouvoir !

N.B.Le Comité tunisien d’appel à la démission du président Ben Ali, a été fondé par Mondher Sfar et Ahmed Manaï, à la fin de 1992, suite au procès et à la condamnation par un tribunal Parisien de Moncef Ben Ali, le frère du président, pour trafic de stupéfiants. L’Etat tunisien avait pris la défense du condamné et engagé l’honneur de la Tunisie.
http://www.tunisitri.net/interview/interv3.htm/


26 février 2011

OTAN : La danse macabre du cynisme
 
Réflexions du compañero Fidel

Mondialisation.ca, Le 25 février 2011
Cuba Debate - 2011-02-23







 

La politique de pillage imposée par les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN au Moyen-Orient est entrée en crise. Et cette crise est due, forcément, à la hausse des cours des céréales dont les retombées ont été plus fortes dans les pays arabes où la rareté de l’eau, les zones désertiques et la pauvreté du peuple généralisée contrastent avec les revenus très élevés des secteurs privilégiés liés aux énormes ressources pétrolières.
Alors que les prix des aliments ont triplé, les fortunes immobilières et les trésors de la minorité aristocratique se chiffrent à des billions de dollars.
Le monde arabe, de culture et de religion majoritairment musulmane, s’est en plus senti humilié par la mise en place, à feu et à sang, d’un État qui n’a respecté aucune des obligations élémentaires ayant présidé à sa création dans le cadre de l’ordre colonial qui existait à la fin de la Deuxième Guerre mondiale et qui permit aux puissances victorieuses de fonder l’ONU et d’imposer les règles du jeu régissant le commerce et l’économie mondiaux.
La trahison de Anwar El-Sadat à Camp David a empêché l’existence de l’État arabe palestinien visé dans les accords de l’ONU de novembre 1947, si bien qu’Israël est devenu une forte puissance nucléaire alliée des États-Unis et de l’OTAN.
Le complexe militaro-industriel étatsunien a livré des dizaines de milliards de dollars tous les ans à Israël et même aux États arabes que celui-ci soumettait et humiliait.
Le génie s’est échappé de la bouteille, et l’OTAN ne sait pas comment le contrôler.
Il va s’efforcer de tirer le plus gros profit des regrettables événements libyens. Nul n’est capable de savoir actuellement ce qu’il se passe dans ce pays. L’Empire a fait publier par ses médias toutes sortes de chiffres et de versions, jusqu’aux plus saugrenus, afin de semer le chaos et la désinformation.
De toute évidence, une guerre civile se déroule en Libye. Pourquoi et comment a-t-elle éclaté ? Qui en paiera les conséquences ? L’agence Reuters, se faisant l’écho d’une banque japonaise bien connue, la Nomura, a signalé que les cours du pétrole pourraient battre tous les records :
« "Si la Libye et l’Algérie arrêtaient leur production pétrolière, les cours pourraient dépasser 220 dollars le baril, et l’OPEP verrait réduite sa capacité inutilisée à 2,1 millions de barils par jour, similaire aux niveaux de la guerre du Golfe, et au record de 147 dollars le baril établi en 2008", a affirmé la banque dans une note. »
Qui pourrait payer des prix pareils? Quelles en seraient les conséquences en pleine crise alimentaire ?
Les principaux leaders de l’OTAN jubilent. Le Premier ministre britannique, David Cameron – selon ANSA – « …a admis dans un discours au Koweït que les pays occidentaux avaient fait erreur d’avoir soutenu des gouvernements non démocratiques dans le monde arabe. » Félicitons-le du moins pour sa franchise.
Son collègue français Nicolas Sarkozy a déclaré : « La poursuite de la répression brutale et sanglante contre la population civile libyenne est répugnante. »
Le ministre italien des affaires étrangères, Franco Frattini, a jugé « crédible » la quantité de mille morts à Tripoli, et a parlé de "chiffres tragiques" et de "bain de sang".
Selon Hillary Clinton, le « bain de sang » est « absolument inacceptable » et « doit cesser ».
Pour Ban Ki-moon, « le recours à la violence dans ce pays est absolument inacceptable… le Conseil de sécurité agira en accord avec les décisions de la communauté internationale… nous envisageons une série de variantes. »
En fait, ce qu’attend Ban Ki-moon, c’est qu’Obama dise le dernier mot.
Le président étatsunien a parlé ce mercredi après-midi. Il a fait savoir que sa secrétaire d’Etat partirait en Europe afin de décider avec les alliés de l’OTAN des mesures à prendre. À le voir, on constatait qu’il ne voulait pas laisser filer l’occasion de se colleter avec le sénateur républicain d’extrême droite, John McCain, avec le sénateur pro-israélien du Connecticut, Joseph Lieberman, et avec les dirigeants du Tea Party, et de garantir son investiture par le Parti démocrate.
Les médias de l’Empire ont préparé le terrain en vue d’une action. Une intervention militaire en Libye n’aurait rien de surprenant, ce qui garantirait par ailleurs à l’Europe les presque deux millions de barils par jour de pétrole léger qu’elle importe, si des événements qui mettraient fin au leadership ou à la vie de Kadhafi n’intervenaient pas avant.
De toute façon, le rôle d’Obama est plutôt compliqué. Comment réagira le monde arabe et musulman si une telle équipée faisait couler à flot le sang libyen ? La vague révolutionnaire déclenchée en Égypte freinera-t-elle une intervention de l’OTAN en Libye ?
L’invasion de l’Iraq déclenchée par Bush sous de faux prétexte – mission remplie ! s’était-il exclamé – a coûté la vie à plus d’un million d’Arabes innocents.
Nul dans le monde n’acceptera jamais la mort de civils innocents, en Libye ou ailleurs. Je me demande : les États-Unis et l’OTAN appliqueront-ils un jour ce même principe aux civils désarmés que leurs drones et leurs soldats tuent tous les jours en Afghanistan et au Pakistan ?
C’est vraiment la danse macabre du cynisme !

Fidel Castro Ruz
Le 23 février 2011
19 h 42

Libye : Kadhafi maintient le calme par la peur à Tripoli

LEMONDE.FR
 

 
 
Un habitant de Tripoli fait des stocks de pain, samedi 26 février.
Un habitant de Tripoli fait des stocks de pain, samedi 26 février.AP/Ben Curtis

La situation restait très confuse en Libye, samedi 26 février, au douxième jour de la contestation inédite du régime de Mouammar Kadhafi. A Tripoli, la capitale du pays, les rues étaient quasi-désertes. Seuls des 4X4 des forces loyales circulaient par intermittence au lendemain des tirs contre des manifestants dont six au moins ont été tués.
Pas de manifestations à Tripoli. Des tirs ont été entendus dans la nuit et dans la matinée à Tripoli où l'électricité a été coupée dans certains quartiers. Selon plusieurs témoins, le régime de Kadhafi aurait armé les personnes le soutenant pour qu'ils s'en prennent aux manifestants qui contrôlent désormais la majeure partie du pays. Il n'y a pas eu de manifestations anti-régime dans la journée à Tripoli, aucun appel à descendre dans la rue n'ayant été relayé par SMS ou le site Facebook, a précisé un témoin sous couvert de l'anonymat, joint par l'AFP au téléphone. Les habitants s'aventurent le matin dans les rues pour aller acheter du pain ou se rendre dans les stations d'essence. "Ici, les files sont interminables et l'attente peut durer quatre heures", dit-il. A part cela, les gens sont généralement terrés chez eux.
Après le discours de M. Kadhafi la veille à Tripoli appelant ses partisans à s'armer pour attaquer les opposants, "des rumeurs avaient circulé sur une attaque des hommes du leader libyen". "Mais la nuit a été calme, des partisans armés du guide tapant dans certains quartiers sur les portes pour dire aux gens de rester chez eux", a-t-il ajouté. Le régime de Kadhafi "contrôle toujours Tripoli", a-t-il poursuivi.  Mais il a dit que les "mercenaires" combattant auprès des forces du régime, dont il a été fait état par des témoins depuis le début de la contestation, ont disparu. "Il n'y a plus de mercenaires, et c'est grave car maintenant ce sont les Libyens qui vont se faire face avec un risque de guerre civile".
Dans la ville de Zouara, à 120 km à l'ouest de Tripoli, la situation est toujours tendue, les forces pro-Kadhafi encerclant toujours la cité après avoir disparu des rues, selon un témoin. "La situation est calme mais la ville reste sous contrôle du régime dont les hommes assiègent la cité". Des témoins arrivés jeudi en Tunisie par la route avaient indiqué que Zouara avait été "désertée par la police et les militaires" et que le peuple tenait la ville.
Plus à l'Est, des "mercenaires" à la solde du régime ont été héliportés à Misrata, la 3e ville du pays, et ont ouvert le feu sur le bâtiment abritant la radio locale et sur des manifestants qui se rendaient aux funérailles de victimes des jours de combats de ces derniers jours. "Les mercenaires sont descendus de deux hélicoptères qui ont atterri dans la cité sportive en construction, dans le quartier de Merbat", a constaté un habitant, partisan de l'opposition, joint par téléphone.


Des Libyens prennent en photo une caricature anti-Kadhafi, à Benghazi, dans l'est du pays, samedi 26 février.
Des Libyens prennent en photo une caricature anti-Kadhafi, à Benghazi, dans l'est du pays, samedi 26 février.AP/Tara Todras-Whitehill

A Benghazi, fief de l'opposition à 1 000 km à l'est de la capitale, l'opposition continuait de s'organiser. "Nous coordonnons les comités des villes libérées et de Misrata. Nous attendons que Tripoli en finisse avec le régime de Kadhafi (...) et ensuite, nous travaillerons à un gouvernement de transition", a déclaré Abdelhafiz Ghoqa, le porte-parole de la "Coalition révolutionnaire du 17 février". "Il y a des volontaires qui partent tous les jours pour Tripoli" pour se battre, a-t-il ajouté, soulignant que de nouveaux officiers faisaient défection et rejoignaient les forces anti-Kadhafi.
Seif Al-Islam, fils de Mouammar Kadhafi, s'est exprimé en début de soirée sur la chaîne Al-Arabiya. "La situation dans les trois-quarts du pays, soit la moitié de la population, est normale (...) excellente", a-t-il assuré dans cette interview. Il a toutefois reconnu qu'il y avait une "volonté intérieure de changement", exprimée par l'opposition. "L'incitation vient de l'étranger même s'il y a une volonté intérieure de changement", a dit Seif Al-islam, souvent présenté jusqu'au début de la révolte comme le futur successeur de son père. Il a en outre affirmé que les manifestants étaient "manipulés par l'étranger". "Ce que la nation libyenne vit aujourd'hui a ouvert la porte à toutes les options, et les signes d'une guerre civile et d'ingérence étrangère sont désormais visibles", a-t-il déclaré.


Des Égyptiens réfugiés de Libye embarquent dans un bus, à la frontière tuniso-libyenne, samedi 26 février.
Des Égyptiens réfugiés de Libye embarquent dans un bus, à la frontière tuniso-libyenne, samedi 26 février.AP/Lefteris Pitarakis

Les évacuations continuent. Des milliers d'étrangers, dont une bonne partie travaille dans les activités liées au pétrole, ont été évacués. Parmi eux, 16 000 Chinois ont quitté le pays, notamment vers Malte. Un avion a décollé de Londres samedi matin pour rapatrier les derniers Britanniques sur place. Par ailleurs, à la frontière tunisienne, le flux des Egyptiens et Tunisiens quittant la Libye ne tarit pas.
15 000 Egyptiens qui ont fui les violences sont toujours bloqués en Tunisie, a annoncé l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Plus de 7 800 migrants de plus de 20 nationalités différentes ont franchi le poste frontière de Ras Adjir au cours de la seule journée de vendredi, selon l'OIM.
Sur le terrain diplomatique, la pression s'accentue. "Il semble que Kadhafi ne contrôle plus la situation", a estimé le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, critiqué dans le passé pour avoir reçu avec faste le dirigeant libyen. Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunissait pour la deuxième journée consécutive samedi pour tenter d'imposer des sanctions sévères.
Un projet de résolution évoque des sanctions telles qu'un embargo sur les armes, un autre embargo sur les voyages du colonel Kadhafi et un gel de ses avoirs, selon des diplomates. Il avertit en outre Mouammar Kadhafi que les violences pourraient être considérées comme des crimes contre l'humanité, selon des diplomates.
Le premier ministre britannique et la chancelière allemande Alngela Merkel ont convenu, samedi matin, que des sanctions devaient être prises à l'égard de la Libye et ce, sans tarder. Paris a mis sous surveillance les avoirs de Kadhafi et de ses proches. Vendredi, le président américain Barack Obama a signé un décret gelant les avoirs aux Etats-Unis du colonel Kadhafi et de ses quatre fils. "Le régime de Mouammar Kadhafi a bafoué les normes internationales et la morale élémentaire, il doit être tenu responsable", a-t-il estimé.
En revanche, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s'est prononcé contre toute sanction à l'encontre de la Libye, estimant que ce serait le peuple libyen qui en souffrirait et accusant les grandes puissances de "calculs" concernant les ressources pétrolières du pays. "Toute intervention rendra la situation encore plus difficile. Cela frapperait non pas le gouvernement mais le peuple libyen. Vous ne pouvez pas assurer la paix dans le monde en ayant recours à des sanctions à chaque incident", a-t-il déclaré.
On ira cracher sur vos tombes.
 
Par
Biju (Bilel junior)
 
 


 
Lorsqu’on examine les événements politiques de ces derniers jours, et même de l'après 14 janvier, en général , les choses en TUNISIE, ne différent en rien  des autres  révolutions que les réactionnaires avaient essayé, et  souvent réussi, d'avorter., bonjour  les tueurs patentés du RCD, bonjour  les imbéciles et lâches schizophrènes de TAKRIZ entre autres petits beaux matins .
Pour nous aujourd'hui, la majorité des tunisiens nous sommes appelés pour assumer l'attentisme des politiques de l'opposition démocratique qui hésitent encore à combler l'énorme fossé qui les sépare des tunisiens, putain d'amateurisme!!!! et pis,  d'assumer la trahison de ceux de ces politiques  qui dans ce gouvernement GANNOUSCHI/MABAZAA /ANCHABBI/BRAHIM, les deux derniers comme à leur habitude, ils servent juste de feuille de vigne et comptent pour du beurre.
Pour les tunisiens, aujourd'hui,  il importe d'être pragmatiques et, même de reconnaitre que BEN ALI gagne encore, grâce à ses affidés qui sont au gouvernement de transition, cette calamité d'un autre âge , au risque que les déceptions ne succèdent à nos attentes, il nous faut constater que les nervis du RCD font un travail de sape et de désinformation terrible , il n'y a pas de honte de regarder la vérité en face pour y faire face., nous  tous, les tunisiens démocrates,nous pourrons  remercier   les collabos comme ANCHABBI, BRAHIM, les cocottes de TAKRIZ et compagnie d'avoir sali et dégénéré cette révolution qui les dépasse en s'alliant politiquement et idéologiquement avec la contre révolution, faut-il le rappeler à ces moins que rien d'irresponsables, qu'à cet instant, le 26/2  à 15h, des tunisiens tombent encore, grâce à eux dans nos rues, triple buses d'enfoirés, ces gens là ont trop de chose à perdre  dans une véritable démocratie, je pense qu'ils ont peur   de la publication des archives et autres forfaitures où ils sont impliqués, ils ont peur aussi et c'est humain de leur face à face avec le peuple tunisien qui depuis longtemps méprise leurs horribles atermoiements; je ne fais aucune différence entre ces parvenus et les criminels mauves de la contre-révolution, ils ont le même objectif du pouvoir, du vandalisme et de la destruction, cela n'a rien de libertaire, c'est nihiliste et criminel,  coûte que coûte, ils savent que d'une façon démocratique, ils ne l'obtiendront jamais, alors, ils font dans l'épicerie et la spéculation des agressions sanglantes.
Notre  révolution est une révolution sans aucune  compromission, contre la dictature de ben ali et ses larbins d'hier, et ceux d'aujourd'hui, à fond la caisse, c'est une révolution pour l'honneur et la dignité, pas une branlette thérapeutique, or ceux qui sont encore aux commandes sont les mêmes crapules donneurs d'ordre aux nervis, miliciens, snipers provocateurs manipulés, TAKRIZ à la mords moi le nœud; qui saignent le pays en long et en large et surtout de travers, impunément.
La situation est bloquée, des tueurs sont dans la nature et mortellement actifs., je suggère aux paillassons de TAKRIZ d'aller les déloger, au lieu de casser du flic.
Cette situation dans ses uniques réalités historiques, le monde depuis toujours est rempli d'exemple, quoi que je considère que dans ses fondements la révolution tunisienne est unique; aujourd'hui chez nous en TUNISIE, nous n'avons que deux portes de sortie, ou bien le limogeage  direct de GANNOUSCHI , manu militari, avec un coup de pompe au cul, lui et ses larbins, aussi ,  très vite, ou bien les militaires pour restaurer l'ordre seraient tentés de prendre le pouvoir, c'est aussi gros que le nez au milieu du visage,  dans le meilleur des cas, jusqu'à la tenue des élections, dans les pires des cas....et le goût du pouvoir aidant et enivrant,  à la manière algérienne, calamiteuse ad libitum ,  dans le second cas, les tunisiens perdraient tout et régresseraient d'une façon dramatique, dans le premier cas, c'est un moindre mal, il faut  que les militaires dégagent les RCEDISTES, mettent aux arrêts leurs chefs et veiller à la bonne marche des administrations.
Instaurer la démocratie , c'est être radicalement et sans hésitation pour renverser totalement et radicalement l'ordre ancien, notre soulèvement est  un soulèvement ayant pour but de détruire les bases d’un système politique et social, toujours  corrompu, pour le remplacer par un autre, habituellement très différent du précédent, plus clean.
Je pense comme beaucoup d'amis que malheureusement, la solution de l'armée germe dans beaucoup de têtes tunisiennes, logique, elle est la seule institution républicaine face aux nervis du RCD surarmés, et aux fascistes, les rouges-bruns de la réaction, les destructeurs nihilistes qui sont l'expression d'une autre forme de lâcheté, aussi malsaine que celle  des nervis de BEN ALI.Le problème majeur qui se pose pour les démocrates de toute évidence, c'est le degré de responsabilité républicaine de cette armée, qui est bien plus qu'une grande muette, mais aussi une grande inconnue.

(sur le blog el khadra) 
Tunisie : Reprise des manifestations et de la répression aussi  
 
Pour le deuxième jour consécutif, une nouvelle manifestation s’est tenue dans la capitale tunisienne pour exiger le départ du gouvernement de Mohammad Ghannouchi, jugé beaucoup trop proche du président déchu Ben Ali.

Et pour le deuxième jour,  les forces de l’ordre tentent de réprimer par la force le rassemblement. De violents affrontements ont opposé les  manifestants et les policiers dans le centre de Tunis, « théâtre d'une véritable bataille rangée et de courses poursuites tous azimut », ont constaté des journalistes de l'AFP.
  
Des policiers ont tiré de nombreuses grenades lacrymogènes et effectué des tirs de sommation, tandis que les manifestants les bombardaient de pierres, rapporte l’AFP.
  
Des policiers des unités anti-émeutes et d'autres en civil, la plupart cagoulés, ont tenté de faire barrage à des manifestants, qui continuaient de leur jeter des pierres à la hauteur de l'avenue de Paris, perpendiculaire à l'avenue centrale Habib Bourguiba et toute proche de l'ambassade de France, qui selon un responsable, "n'a enregistré aucun signe d'agressivité".
Plusieurs policiers en civil et portant des cagoules, avec des bâtons en bois, se sont lancés dans les rues perpendiculaires de l'avenue Habib Bourguiba où est situé le ministère de l'Intérieur, à la recherche de manifestants.
  
Des policiers procédaient à de nombreuses arrestations, parfois musclées, dans le centre-ville. Furieux, certains étaient armés de bâtons, de matraques, de bars de fer et pestaient contre les passants.
   "Rentrez chez vous, je vais vous apprendre ce que c'est la démocratie", s'écriait un des policiers, pris lui aussi dans un nuage de gaz lacrymogène.
  
Des manifestants ont de leur côté arraché des panneaux publicitaires et des bancs pour tenter de freiner la progression des fourgons de police.

   De jeunes femmes participaient également aux affrontements et jetaient des pierres sur les policiers qui, pour la plupart des Tunisiens, symbolisent  toujours la répression exercées sous le régime de Ben Ali, chassé du pouvoir le 14 janvier.
  
Or, malgré l’arrivée de soldats venus prêter main forte aux forces de police,  les manifestants demeuraient déterminés à pourchasser à leur tour les forces de police pour les pousser à se retrancher vers le ministère de l'Intérieur, à deux cent mètres environ de l'avenue de Paris.

Ce nouveau rassemblement survient au lendemain d’une manifestation géante à laquelle ont participé vendredi après-midi 100.000 Tunisiens  mobilisés via Facebook.

Selon une source tunisienne, les protestatires tunisiens craignent le plus la confiscation de leur révolution, en sacrifiant Ben Ali, tout en gardant son régime en place.

De violents affrontements ont alors éclaté entre les forces de l'ordre tunisiennes et des groupes de manifestants qui avaient tenté de pénétrer dans le ministère de l’intérieur et avaient incendié ou saccagé trois commissariats dans le centre, selon la version du ministère.

Toujours selon, la source tunisienne, elle-même ayant participé au rassemblement de vendredi, les manifestants scandaient pacifiquement des slogans contre le gouvernement en place qu’ils considèrent trop proche du président déchu, lorsque les membres des forces de l’ordre les ont pris d’assaut, à coup de balles réelles, de gaz lacrymogènes et d’eau brulante.
   

Selon le ministère, l'attaque du siège du ministère de l'Intérieur vendredi en fin d'après-midi est l'œuvre "de groupes de jeunes, en majorité des lycées et des étudiants".
  
"Nous appelons les parents à décourager leurs enfants de participer à ce genre de manifestations, à les inciter à reprendre les cours et à tout faire pour éviter qu'ils servent de boucliers humains à des groupes de malfaiteurs", conclut le communiqué.
  
  
S’exprimant sur cette manifestation, deux journaux tunisiens ont averti que le pays risquait de s'enliser dans le chaos, si le gouvernement transitoire restait "insensible" au message du peuple.
  
Ignorant ces appels, le gouvernement transitoire, a annoncé la tenue d'"élections au plus tard mi-juillet" sans préciser s'il s'agissait d'un scrutin présidentiel ou législatif.
  

( AFP et autres sources)
  
sur le site MANAR