30 septembre 2011

Rapport sur les violations israéliennes des droits humains

jeudi 29 septembre 2011 - 17h:57
PCHR du 22 au 28 septembre 2011




Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) poursuivent leurs agressions méthodiques contre les Palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO). 
 
Durant cette semaine du 22 au 28 septembre 2011 :
  • un civil palestinien a été tué et 7 autres blessés, dont un mineur, par les FOI à Qasra, au sud-est de Naplouse ;
  • les FOI ont poursuivi leurs agressions contre les pêcheurs palestiniens dans la bande de Gaza ;
  • les FOI ont continué d’user de la violence contre les manifestations pacifiques en Cisjordanie :
    • 18 civils palestiniens, dont 6 mineurs, et un militant français pour les droits humains ont été blessés ;
  • les FOI ont mené 36 incursions dans les communautés palestiniennes en Cisjordanie :
    • elles ont arrêté 4 Palestiniens, dont un député du Conseil législatif palestinien ;
  • Israël a maintenu un siège total sur les TPO et l’isolement de la bande de Gaza du monde extérieur ;
  • les FOI ont poursuivi leurs activités de colonisation de la Cisjordanie et les colons israéliens leurs agressions contre les civils palestiniens et leurs biens :
    • les FOI ont approuvé la construction de 1100 logements dans la colonie Gilo, au sud de Jérusalem occupée ;
    • elles ont confisqué 148 dunums (14,8 ha) de terres à Battir, à l’ouest de Bethléhem ;
    • les colons israéliens ont brûlé 590 arbres ;
    • et posé des banderoles racistes antipalestiniennes sur les principales routes de Cisjordanie.
(JPG)
Un civil palestinien agressé par des colons israéliens à Qasra, au sud-est de Jénine.

Violations israéliennes recensées durant la semaine du 22 au 28 septembre 2011

1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs biens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza
Jeudi 22 septembre
7 h 45, des canonnières israéliennes stationnées en face de la plage de Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza, ont ouvert le feu sur des bateaux en pêche près de la rive. À environ 8 h, les vedettes se sont échouées et ont détruit les filets de pêche appartenant à des pêcheurs. Quelques filets de pêche ont été tirés dans la mer. A leur approche les pêcheurs ont fui la zone de crainte pour leur vie en laissant leur matériel de pêche. Aucune victime n’a été signalée.
Les pêcheurs qui ont perdu leurs filets de pêche sont :
  • Mohammed Abed Qussai al-Sultan, 33 ans ;
  • Ramadan Ramadan Ghaleb al-Sultan, 36 ans ;
  • Mou’nis Abed Ramadan Zayed, 34 ans ;
  • Ahed Ziad Mahmoud Zayed, 34 ans, et
  • Subuh Mohammed Hassan al-Sultan, 50 ans,
qui vivent tous à Beit Lahia.
Il convient de noter que ces canonnières israéliennes ont effectué une attaque similaire le mardi matin, 20 septembre 2011, quand elles ont tiré sur des pêcheurs palestiniens et leurs bateaux, détruisant ainsi plusieurs filets de pêche en les tirant à la mer. Ces attaques provoquent une perte de ressources pour les pêcheurs et mettent leur vie en danger.
19 h, les FOI entrent dans Tulkarem. Elles patrouillent dans les rues quelques temps avant de se retirer.
20 h 40, incursion dans al-Hfaira, au sud-est de Jénine.
21 h, dans Ya’bad, au sud-ouest de Jénine.
22 h 30, dans Toura al-Gharbiya et al-Khiljan, même secteur.
23 h 15, les FOI pénètrent sur la zone de Sanour al-Zawia, au sud de Jénine. Selon les témoins, des tirs ont été entendus dans le secteur. Puis, les FOI se sont retirées.
Vendredi 23 septembre
1 h 30, les FOI entrent dans Bir Zeit, au nord de Ramallah.
9 h 30, dans Beit Siera, à l’ouest de Ramallah.
12 h, dans Deir Ballout, à l’ouest de Salfit, l’occupant se retirant vers 13 h.
Dans l’après-midi, les FOI tuent un civil palestinien et en blessent 7 autres alors qu’elles font irruption dans le village de Qasra, au sud-est de Naplouse, pour assurer la protection d’un groupe de colons israéliens qui mènent une opération sur les terres du village.
Selon l’enquête conduite par le PCHR, vers 13 h 10, après les prières du vendredi, des Palestiniens de Qasra remarquent qu’un groupe de colons israéliens de la colonie Yish Kodish pénètre dans le secteur d’al-We’ar (Al-Marah 2) dans le sud du village. Les colons qui tiennent des drapeaux israéliens se rassemblent sur un terrain appartenant au Dr Samir Mustafa Ibrahim Hassan, originaire de Qasra mais qui vit actuellement à Jérusalem occupée. Les Palestiniens se regroupent et marchent en leur direction. Quand les Israéliens qui sont à l’intérieur d’une tente - montée sur une colline (à Al-Marah 2) à près de 100/120 mètres des colons - voient les Palestiniens se regrouper, 7 soldats sortent de la tente et installent un check-point. Les colons se rassemblent à 40 mètres derrière les soldats.
Les soldats ordonnent aux Palestiniens de retourner au village, mais ceux-ci refusent et exigent que les colons quittent leurs terres. Une dispute éclate entre les soldats et les Palestiniens. Quelques minutes plus tard, arrivent des renforts. Un officier descend de l’un des véhicules et demandent aux soldats de laisser deux minutes aux Palestiniens pour quitter le secteur. Il donne comme instruction aux soldats de tirer des lacrymogènes sur les Palestiniens s’ils n’obéissent pas. Les Palestiniens refusent d’obéir aux ordres de l’occupant. Aussitôt, les FOI les attaquent et lancent plus de 50 grenades lacrymogènes sur eux. Les Palestiniens se retranchent alors vers la maison la plus proche du village. De nouveaux renforts israéliens arrivent et s’affrontent aux Palestiniens qui lancent des pierres sur l’occupant. Il en advient un sérieux accrochage près d’al-Dowwar et al-Khazan, dans le sud de Qasra. L’affrontement se poursuit pendant trois heures, les FOI tirant à balles caoutchouc sur les civils palestiniens. Vers 16 h 20, les FOI lancent un grand nombre de lacrymogènes sur les manifestants près d’al-Khazan, une est lancée à tir tendu directement sur un manifestant qui est blessé.
Le Palestinien blessé est Isam Kamal Abed Badran, 37 ans. Il est touché d’une balle qui pénètre dans son côté droit et ressort par l’épaule gauche. Il est emmené à l’hôpital Rafidya à Naplouse où il décède en dépit des tentatives des médecins pour lui sauver la vie.
7 autres civils, dont un mineur, sont blessés dans les affrontements :
  • Hamza Yousef Hassan, 25 ans, blessé d’une balle caoutchouc reçue dans l’oreille gauche ;
  • Sadiq Mohammed Farah, 21 ans, blessé d’une balle dans le cou ;
  • Mohammed Ammar Oudeh, 16 ans, qui souffre de brûlures au ventre, touché directement par une grenade lacrymogène ;
  • Jawad Shaher Hassan, 18 ans, blessé d’une balle dans une main ;
  • Rami Yousef Fayez, 38 ans, également blessé dans une main ;
  • Samer Mohammed Kharyoush, 22 ans, blessé d’une balle dans le bassin, et
  • Yousef Mohammed Misbah, 20 ans, blessé de deux balles dans les jambes.
Alors que se déroule l’attaque des colons israéliens à Qasra, les soldats torturent deux jeunes hommes, et laissent les colons leur lancer des pierres.
Dans son témoignage au PCHR, ‘Ammar Samer Masammer, 18 ans, déclare :
« Après la prière du vendredi 23 septembre, alors que je me trouve à la maison, dans le secteur d’al-Kazan, dans le sud de Qasra, au sud de Naplouse, j’entends les haut-parleurs des mosquées du village appeler la population à se rendre à al-We’ar et Bassilta, des zones dans le sud du village, des colons israéliens s’en prenant à des cultures. Immédiatement, je me dirige vers les zones indiquées avec d’autres hommes. Quand j’y arrive, je vois 17 à 20 colons en train d’arracher des arbres qui appartiennent à Bahjat Fawzi Hassan. Quand ils nous aperçoivent, les colons nous lancent des pierres, et nous, nous répondons. Bientôt, 2 soldats arrivent et s’arrêtent derrière nous. Les soldats descendent et nous encerclent. Ils m’attrapent, avec Fat’hi Fayez Hassan, 14 ans. Ils me forcent à m’asseoir à terre et me passent les menottes. Immédiatement, je vois un colon arriver sur moi et ramasser une pierre. Je me rends compte qu’il a l’intention de me la jeter. J’essaie de me lever, mais un soldat me frappe à la tête avec la crosse de son fusil. Le colon s’approche de moi et me frappe à l’œil droit avec la pierre. Du sang me couvre le visage. Les soldats me repoussent vers le sol et se mettent à me taper violemment. Bientôt, un soldat me pousse vers une jeep et me pousse à l’intérieur.
Les soldats alors amènent l’autre jeune dans la jeep et le frappent avec violence lui aussi. Ils nous emmènent vers les collines. Là, ils nous sortent de la jeep. Et nous frappent. »
18 h 30, les FOI entrent dans Jéricho.
21 h, dans al-Zawia, à l’ouest de Salfit.
22 h, dans Zeita, au nord de Tulkarem, où les FOI patrouillent et montent un check-point à l’entrée du village, arrêtant et fouillant tous les véhicules palestiniens. Puis elles se retirent.
22 h 30, dans la zone située entre Brouqin et Kufor al-Dik, à l’ouest de Salfit. Les FOI ratissent le secteur pendant quelques temps et se retirent.
Samedi 24 septembre
Minuit, les FOI entrent dans al-Bireh.
8 h, dans le camp de réfugiés d’‘Ein al-Sultan, au nord-ouest de Jéricho.
10 h, dans Qarawat Bani Zaid, au nord-ouest de Ramallah.
14 h 25, dans Hijja, à l’est de Qalqilya.
17 h 30, dans Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah.
22 h, dans Zeita, au nord de Tulkarem.
Dimanche 25 septembre
Une heure, incursion des FOI dans Jaba’, au sud de Jénine.
19 h 45, dans ‘Izbat al-Tabib, à l’est de Qalqilya.
20 h, dans le secteur situé entre la banlieue Thinnaba et Kufor al-Labad, à l’est de Tulkarem. Les FOI ratissent la zone et partent.
21 h 10, dans Beit Liqya, à l’ouest de Ramallah.
Lundi 26 septembre
3 h, les FOI entrent dans le camp de réfugiés de Nour Shams, à l’est de Tulkarem.
11 h 30, des véhicules civils israéliens s’arrêtent près du bureau du CICR à Sheikh Jarrah, un quartier de Jérusalem occupée. Des gens en descendent et provoquent une dispute avec des agents de la Croix-Rouge et un certain nombre de Palestiniens rassemblés dans une tente de sit-in, montée par des députés du Conseil législatif palestinien menacés d’être expulsés de Jérusalem. Ahmed Mohammed ‘Attoun, député au CLP, qui se prépare pour une conférence de presse, se tient devant la tente. Bientôt, les querelleurs se dirigent vers la cour de la Croix-Rouge et arrêtent ‘Atwan. Ces querelleurs sont des soldats déguisés en civil, d’un détachement d’infiltration. D’autres membres du Conseil législatif palestinien échappent à l’opération du fait qu’ils se trouvent loin de la tente.
14 h 30, les FOI entrent dans Faqqouo’a, au nord-est de Jénine.
19 h 20, dans ‘Azzoun, à l’est de Qalqilya.
22 h 55, dans Bidya, à l’ouest de Salfit.
Mardi 27 septembre
2 h, incursion des FOI dans Brouqin, à l’ouest de Salfit, où elles arrêtent 2 Palestiniens :
  • Ussama Jamal al-Shua’ibi, 25 ans, et
  • ‘Othman Jamal al-Shu’aibi, 20 ans.
10 h 30, dans ‘Izbat Shoufa, au sud-est de Tulkarem.
14 h 45, dans Seer, au sud de Jénine et dans al-Jdaida, au sud-est.
20 h 30, dans Seer à nouveau, au sud de Jénine.
Mercredi 28 septembre
2 h, incursion dans al-Jdaida, au sud-est de Jénine.
4 h 30, des canonnières israéliennes stationnées en face de la plage de Beit Lahia au nord de la bande de Gaza ont ouvert le feu sur des bateaux de pêche. Les pêcheurs ont été contraints de rentrer à terre. Aucune victime n’a été signalée.

2 - Usage d’une force démesurée contre les manifestations non violentes protestant contre la colonisation et la construction du mur d’annexion
« La 194 est l’État de Palestine »
Durant la dernière semaine, les FOI ont continué d’user de violence contre les Palestiniens, militants internationaux et israéliens des droits de l’homme, qui organisent des manifestations non violentes en Cisjordanie, contre la colonisation et la construction du mur d’annexion.
18 Palestiniens (dont 6 mineurs) et militant français, ont été blessés. De plus, des dizaines de manifestants ont subi l’inhalation des lacrymogènes ou pris des coups par les soldats de l’occupation.
Bi’lin, à l’ouest de Ramallah : le vendredi 23 septembre après la prière, Palestiniens, militants internationaux et israéliens organisent la manifestation hebdomadaire non violente contre le mur d’annexion. Ils lèvent des drapeaux palestiniens et scandent des slogans appelant à la fin de l’occupation et du mur d’annexion, et à la libération de tous les prisonniers palestiniens. De plus, les manifestants chantent « La 194 est l’État de Palestine » et lâchent des ballons et des cerfs-volants aux couleurs du drapeau palestinien. Ils brandissent des banderoles appelant le monde à reconnaitre l’État de Palestine et des drapeaux du soulèvement libyen, de même qu’un drapeau américain sur lequel le mot VETO est écrit. Ils se dirigent tous vers la terre palestinienne dont la Haute Cour israélienne a ordonné le retour à ses propriétaires palestiniens. Quand ils arrivent à la réserve naturelle (Abu Lemon), les manifestants longent le mur et lâchent des ballons et des cerfs-volants. Ils se servent aussi de mégaphones pour demander aux colons israéliens de la colonie Mitiyaho Mizrach d’en partir. Les soldats israéliens postés dans le secteur tirent sur les manifestants, à balles caoutchouc, lancent des grenades lacrymogènes et assourdissantes. De nombreux manifestants inhalent les lacrymogènes.
Ni’lin, à l’ouest de Ramallah : vendredi 23 septembre, après la prière, les Palestiniens avec des internationaux se dirigent en manifestation non violente vers le mur en construction sur les terres du village. Ils scandent des slogans appelant les Palestiniens à la réconciliation, à s’engager pour les droits inaliénables des Palestiniens et dans la résistance à l’occupation. De plus, ils chantent, « La 194 est l’État de Palestine » et d’autres slogans contre le président américain et son discours aux Nations-Unis qui défend l’occupation israélienne. Les manifestants sont agressés par les troupes israéliennes postées près du mur. Les soldats tirent à balles caoutchouc, lancent des bombes sonores et des lacrymogènes, que de nombreux manifestants respirent.
Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah : vendredi 23 septembre, après la prière, même manifestation contre la confiscation de terres palestiniennes et la colonisation. Palestiniens, militants internationaux et israéliens lèvent des drapeaux palestiniens, scandent des slogans contre les USA, appellent à la fin de l’occupation et chantent, « La 194 est l’État de Palestine ». Alors qu’ils arrivent sur les terres convoitées par les colons de la colonie Halmish, l’armée attaque.
Jihad Mohammed Tamimi, 22 ans, est blessé d’une balle dans la tête, et un militant français, Chris Hoppy, 38 ans, reçoit une grenade lacrymogène dans la jambe droite. Tous les deux sont transportés au centre médical Palestine à Ramallah pour y recevoir des soins. Beaucoup de manifestants inhalent les lacrymogènes ou reçoivent des coups par l’occupant.
Camp de réfugiés de Qalandya, au nord de Jérusalem : vendredi 23 septembre, après la prière, des Palestiniens de Ramallah et al-Bireh, avec des défenseurs des droits humains, organisent une manifestation non violente à l’entrée du camp de réfugiés de Qalandya pour soutenir la démarche de la direction palestinienne pour la reconnaissance de l’État palestinien par les Nations-Unies. Ils se dirigent vers le check-point de Qalandya. Là ils font brûler des pneus, et lancent des pierres et des bouteilles vides sur les soldats de l’occupation.
17 Palestiniens, dont 6 mineurs, sont blessés et transportés au centre médical Palestine à Ramallah. En outre, de nombreux manifestants respirent les lacrymogènes.
Kufor Qaddoum, au nord-est de Qalqilya : vendredi 23 septembre, après la prière, Palestiniens et internationaux organisent une manifestation pacifique dans le centre du village. Ils se dirigent vers l’entrée est du village pour protester contre sa fermeture depuis le début de l’Intifada al-Aqsa (octobre 2000). Les soldats tirent sur les manifestants dont beaucoup vont inhaler les gaz.

3 - Bouclage maintenu des TPO
Israël a maintenu un bouclage serré des TPO et les restrictions sévères aux déplacements des Palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.
Bande de Gaza
Mouvements des personnes et des biens aux postes frontière
Rafah International
Date  :
 :
Palestiniens
sortant
 :
 :
Palestiniens
entrant
 :
 :
Palestiniens refoulés
dans Gaza
21 sept.  : 802  : 313  : 15
22 sept.  : 856  : 557  : 20
23 sept.  : "  : "  : "
24 sept.  : 813  : 458  : 20
25 sept.  : 696  : 377  : 12
26 sept.  : 701  : 362  : 22
27 sept.  : 552  : 272  : 15
 :  :  :
Karm Abu Salem (Kerem Shalom)
Importations
Date  : Désignations  : Tonnes - Quantités - Litres
 :
21 sept.  : Denrées alimentaires  : 624
 :
 : Matériels agricoles  : 1963
 :
 : Marchandises diverses  : 697
 : Cartons de vêtements  : 324
 : Cartons de chaussures  : 900
 : Réservoirs d’eau  : 88
 : Planches de verre  : 520
 : Silos à grains  : 2
 : Machines à imprimer 12
 :
 : Aide humanitaire  : 3392
 :  :
 : Gaz domestique  : 112,100
 :  :
22 sept.  : Denrées alimentaires  : 866
 :  :
 : Matériels agricoles  : 1659
 :  :
 : Marchandises diverses  : 1135
 : Cartons de vêtements  : 268
 : Voitures  : 20
 : Réfrigérateurs  : 70
 :  :
 : Aide humanitaire  : 3272
 :  :
 : Gaz domestique  : 112,100
 :  :
25 sept.  : Denrées alimentaires  : 1281
 :  :
 : Matériels agricoles  : 1526
 :  :
 : Marchandises diverses  : 1461
 : Cartons de vêtements  : 2234
 : Cartons de chaussures  : 1228
 : Pneus de voiture  : 857
 : Panneaux de verre  : 520
 : Réfrigérateurs  : 439
 : Vaches  : 309
 : Citernes à eau  : 218
 :  :
 : Aide humanitaire  : 3325
 :  :
 : Gaz domestique  : 141,600
 :  :
26 sept.  : Denrées alimentaires  : 808
 :  :
 : Matériels agricoles  : 1251
 :  :
 : Marchandises diverses  : 641
 : Cartons de vêtements  : 1392
 : Cartons de chaussures  : 1346
 : Machines à laver  : 144
 : Réfrigérateurs  : 167
 : Voitures  : 30
 : Panneaux de verre  : 520
 : Citernes à eau  : 180
 : Vaches  : 360
 :  :
 : Aide humanitaire  : 2922
 :  :
 : Gaz domestique  : 82,470
 :  :
27 sept.  : Denrées alimentaires  : 1042
 :  :
 : Matériels agricoles  : 1529
 :  :
 : Marchandises diverses  : 1120
 : Cartons de vêtements  : 230
 : Cartons de chaussures  : 496
 : Réfrigérateurs  : 68
 : Panneaux de verre  : 520
 : Vaches  : 310
 : Pneus de voiture  : 678
 :  :
 : Aide humanitaire  : 1709
 :  :
 : Gaz domestique  : 112,020
 :  :
Notes :
-  Le mercredi 21 septembre 2011, les FOI ont autorisé l’entrée de 200 tonnes de ciment, de 3220 tonnes de granulats de construction, 116 tonnes d’acier de construction et de 7 tonnes de goudron pour l’UNRWA. Elles ont également permis l’entrée de 1131 tonnes de blé.
-  Le jeudi 22 septembre 2011, les FOI ont autorisé l’entrée de 120 tonnes de ciment, 2800 tonnes de granulats de construction pour l’UNRWA, et 101 tonnes d’acier de construction pour l’Autorité palestinienne de l’eau. Elles ont également autorisé l’entrée de 1170 tonnes de fourrages.
-  Le dimanche 25 septembre 2011, les FOI ont autorisé l’entrée de 680 tonnes de ciment, de 2250 tonnes de granulats de construction et 45 tonnes d’acier de construction pour l’UNRWA. Elles ont également permis l’entrée de 1209 tonnes de blé.
-  Le lundi 26 septembre 2011, les FOI ont autorisé l’entrée de 733 tonnes de ciment, 2030 tonnes de granulats de construction et 17 tonnes d’acier de construction de l’UNRWA, 480 tonnes de ciment pour l’Autorité palestinienne de l’eau et 910 tonnes de granulats de construction pour le PNUD. Elles ont également permis l’entrée de 1 014 tonnes de fourrage.
Beit Hanoun (Erez)
Population  : 21 sept. - 22 sept. - 23 sept. - 24 sept. - 25 sept. - 26 sept. - 27 sept.
Patients  : 20 26 2 0 41 40 29
Accompagnateurs  : 22 25 3 51 42 42 31
Palestiniens venant d’Israël  : 1 10 5 0 12 0 2
Diplomates  : 5 7 0 0 1 10 12
Presse internationale  : 3 8 0 0 1 1 8
Salariés internationaux  : 58 63 17 0 21 18 66
Voyageurs à l’étranger  : 0 0 0 0 3 1 14
Gens d’affaires  : 88 48 0 0 86 80 93
Réunions d’affaires  : 0 0 0 0 0 9 0
Entretiens sécurité  : 4 0 0 0 1 4 3
Personnalités  : 0 1 0 0 0 0 0
Ambulances vers Israël  : 3 2 2 1 3 5 1
Ambulances venant d’Israël  : 2 2 1 0 2 2 3
 :
Cisjordanie
Toute la Cisjordanie est toujours bouclée.
Jérusalem : les FOI maintiennent les restrictions aux entrées et sorties des Palestiniens de la cité. Des milliers ne peuvent toujours y accéder, de Cisjordanie comme de la bande de Gaza. De nombreux check-points sont posés dans et autour de la ville et les restrictions sont encore plus dures les vendredis, jours de prières.
Ramallah :
  • vendredi 23 septembre, 11 h 40, les FOI posent un check-point à l’entrée de Rantis, à l’ouest de Ramallah ;
    • 17 h 30, elles reprennent position sur le check-point d’‘Attara, au nord ;
    • 17 h 50, elles posent un check-point au carrefour de Beit ‘Aur al-Fouqa, au sud-ouest ;
  • samedi 24 septembre, 9 h 30, pose d’un check-point sous le pond de Kharabtha al-Misbah, même secteur ;
    • 11 h, les FOI reviennent sur ‘Attara, et
    • posent un check-point au carrefour d’‘Oyoun al-Hramiya, sur la route de Ramallah à Naplouse.
Hébron :
  • vendredi 23 septembre, les FOI posent un certain nombre de check-points à l’intérieur et autour d’Hébron ;
  • dimanche 25, 14 h, les FOI ferment les routes dans le sud et le sud-est d’Hébron pour assurer la sécurité d’un cortège pour la mort de 2 colons tués dans un accident de voiture ; les FOI obligent les Palestiniens à fermer leurs magasins et transforment un certain nombre de maisons en postes d’observation ; et
  • mardi 27, les FOI ordonnent la fermeture de la mosquée Ibrahimi aux Palestiniens pour les jeudi et vendredi 29 et 30 septembre, pour la célébration du nouvel an juif.
Qalqilya :
  • vendredi 23 septembre, les FOI posent 9 check-points autour de la ville ;
  • dimanche 26, 9 h 20, un check-point à l’entrée de Jainsafout, à l’est de Qalqilya, et
    • 15 h 30, un autre au carrefour de Jeet, au nord-est.
Tulkarem :
  • jeudi 22 septembre, 14 h 30, les FOI posent un check-point sur la route de Tulkaram à Qalqilya ;
  • vendredi 23, 8 h 30, elles imposent des restrictions renforcées sur le check-point d’Ennab, à l’est ;
    • 14 h 15, elles posent un check-point au carrefour de Far’oun, au sud ;
  • samedi 24, 10 h, nouvelles restrictions renforcées à Ennab ;
  • dimanche 25, 11 h 45, idem ;
    • 21 h, elles posent un check-pont au carrefour d’al-Ras, au sud ;
  • lundi 26 septembre, 18 h, à nouveau des restrictions renforcées sur Ennab, et
  • mardi 27 septembre, elles posent un check-point entre les villages de Jour et Beit Leed, au sud-est.
Jénine :
  • vendredi 23 septembre, 18 h, les FOI posent un check-point à l’entrée d’al-‘Araqa, à l’ouest de Jénine ;
  • samedi 24, 10 h, un autre à l’entrée d’‘Arraba, au sud ;
    • 12 h 30, un à l’entrée de Jaba’, même secteur ;
    • 20 h, un à l’entrée de Kfiret, même secteur, et
  • mardi 27, 14 h, un entre SAnour et al-Jarba, également au sud.
Jéricho :
  • samedi 24 septembre, 9 h 30, pose d’un check-point à l’entrée d’al-Jiftlek, au nord de la ville, et
  • dimanche, 10 h, un à l’entrée sud de Jéricho.
Salfit :
  • vendredi 23 septembre, les FOI posent 10 check-points autour de la ville ;
  • samedi 24, 5 check-points, et
  • lundi 26, 6 h 25, elles en posent un à l’entrée de Brouqin, à l’ouest.
4 - Colonisation et agressions des colons contre les civils palestiniens et leurs biens
La colonisation israélienne se poursuit dans les TPO en violation du droit humanitaire international, de même que les agressions des colons contre les Palestiniens.
-  Jeudi 22 septembre, 15 h 30, une dizaine de colons de la colonie Oufra, au nord-est de Ramallah, incendie des oliviers et des figuiers dans le secteur de Wad Zaghoura, dans l’ouest de Deir Jarir. Au moins 40 dunums (4 ha) de cultures, avec 100 oliviers et 40 figuiers, brûlent avant que les villageois ne réussissent à éteindre l’incendie.
-  Samedi 24 septembre, près de certains check-points, carrefours et entrées de communautés palestiniennes, des colons brandissent des banderoles portant des slogans racistes anti-arabes.
-  17 h 30, une vingtaine de colons de la colonie Gilad, au nord-est de Qalqilya, entrent dans Far’ata, village au nord-est de la ville. Ils se mettent à lancer des pierres sur les maisons de la famille al-Tawil. Les FOI arrivent et font partir les colons.
-  Dimanche 25 septembre, des agriculteurs palestiniens de Qasra, au sud-est de Naplouse, constatent que des colons ont arraché 400 arbres dans le secteur de Shu’ab al-Kharab, situé à près de 1500 m de la colonie Yish Kodish.
-  Également dimanche, dans la matinée, des agriculteurs palestiniens de Douma, au sud-est de Naplouse, font le même constat. 150 arbres leur ont été arrachés par les colons et dans le même secteur de Shu’ab al-Kharab.
-  10 h 05, les FOI entrent dans Magharat al-Dab’a, au sud de Qalqilya. Elles remettent un avis à Hani Manasra lui ordonnant d’arrêter son installation d’une serre dans le village.
-  Dans la soirée de dimanche, des colons installés dans les colonies à l’intérieur et autour d’Hébron, lancent toute une série d’agressions contre les civils palestiniens.
Dans ce contexte, Ra’ed Jihad Abu Ermaila, 28 ans, reçoit des brûlures aux yeux, sur une épaule et dans le cou, et prend des coups sur tout le corps. Les colons arrêtent également Abu Ermaila et son fils, Ussama, de 7 ans, près de la mosquée Ibrahimi et leur lancent des pierres. Les colons frappent violemment le père et l’aspergent avec un gaz inflammable. Des parents d’Abu Ermaila réussissent à l’évacuer à l’hôpital. Il faut indiquer que l’armée israélienne était présente.
-  Dimanche soir, un cortège funéraire de deux colons décédés dans un accident de voiture pendant le week-end se dirige vers le cimetière juif près du quartier de Tal Rumaida, dans le centre d’Hébron. Des dizaines de colons attaquent des maisons palestiniennes à coups de pierres et de bouteilles vides. Les portes et fenêtres de deux maisons sont endommagées. Les FOI sont présentes, mais n’interviennent pas.
-  Mardi 27 septembre, des colons brandissent des banderolles avec des slogans racistes antipalestiniens sur la route de Tulkarem à Naplouse, et près du check-point d’Ennab, à l’est de Tulkarem.
Ce même jour, la Commission urbanisme et construction israélienne du district approuve un projet de constructions pour 1100 logements dans la colonie Gilo, au sud de Jérusalem. Le projet inclut la pose d’un trottoir, la construction d’une école, de bâtiments publics, et d’une zone industrielle. Le ministre israélien de l’Intérieur a publié un communiqué de presse ce mardi 27 septembre déclarant que la Commission avait approuvé le projet, soumis à avis pendant 60 jours. Selon Ahmed Sab Laban, chercheur sur les questions de la colonisation, les logements seront montés sur une surface de 620 dunums (62 ha), et ils ne constituent que la première étape d’un plan plus vaste, avec lequel s’ajouteront ultérieurement 600 autres logements. Il faut indiquer que la construction de 942 logements a déjà été approuvée en août dernier.
-  Mercredi 28 septembre, les FOI remettent des avis à des Palestiniens de Battir, à l’ouest de Bethléhem, les informant que 148 dunums (14,8 ha) de vergers, d’oliveraies et cultures, sont saisis, à au moins 40 familles palestiniennes.

(JPG) Document public
Pour plus d’informations, merci de vous rendre sur le site du PCHR, ou de le contacter à son bureau à Gaza ville par courriel : pchr@pchrgaza.org, ou par téléphone : (+972 (0)8 2824776 - 2825893).
Rapport hebdomadaire pour la période du 22 au 28 septembre 2011 : PCHR
traduction pour ce qui concerne Gaza : Jacques Salles, et la Cisjordanie : JPP
Lorsque les Arabes entravent l’Etat palestinien !    



     

Une nouvelle preuve vient confirmer les doutes qui ont toujours plané  sur certains régimes arabes, d’être de mèche avec les Occidentaux, contre l’état palestinien. 
Ces jours-ci, au moment où l’Autorité palestinienne s’acharne corps et âme dans l’instance internationale, pour obtenir l’adhésion d’un état palestinien, et au lieu de lui apporter leur appui total, certains pays arabes s’attellent pour sauver la face de leur allié américain, qui rejette la requête palestinienne et menace de lui brandir son veto si elle obtient les 9 voix nécessaires au Conseil de sécurité.
Les pays concernés ne sont autre que les monarchies et émirats du Golfe. En particulier, les qataris et les émiratis s’activent.
 En épargnant à Barak Obama l’embarras du veto, les dirigeants golfiques s’épargnent une situation similaire, laquelle dévoile leur impuissance. Etant les alliés inaliénables de Washington,  le veto américain est plus que jamais un revers qui leur est infligé. A défaut de pouvoir dissuader les Américains, les plus forts, ils s’acharnent sur les plus faibles, les Palestiniens.

Selon le quotidien AsSafir, le ministre des affaires étrangères émiraties, Abdallah Ben Zayed AlNahyane exerce toutes les pressions possibles sur l’AP pour la persuader de retirer sa demande d’adhésion au Conseil de sécurité et de se contenter de l’Assemblée générale. Le Qatar dont le numéro un a pourtant prononcé un discours retentissant en faveur de l’état palestinien, semble lui aussi  mettre du sien pour influencer la décision palestinienne, lui suggérant de reporter la demande.
Pis encore, au sein de l’instance onusienne, un climat malsain règne : celui de faire adosser aux Palestiniens la responsabilité du rejet américain de la requête d’état.
Nourri par les milieux occidentaux, et repris par les Arabes, il propage la thèse selon laquelle les Palestiniens ont eu tort de recourir au Conseil de sécurité. Tout en disant que les palestiniens ont droit à un état palestinien, ces milieux expliquent que même si le conseil de sécurité vote en faveur d’un état palestinien, rien ne changera sur le terrain. Ils donnent en exemple la 1559, laquelle exige le désarmement du Hezbollah et qui est restée lettre morte.

« Les Palestiniens devraient adresser leur demande d’état à l’Assemblée générale d’abord, pour qu’elle donne sa décision. Et lorsque l’état de la Palestine obtiendra le statut d’état observateur, à ce moment-là, il faut passer à l’étape de demande d’adhésion totale en tant qu’état indépendant, au Conseil de sécurité », avancent des sources proches de l’administration américaine, et selon lesquelles l’AP est en train de bruler les étapes.
Force est de constater que les Américains se sont alignés à la version française du rejet de l’état palestinien, sournoise dans la forme, mais au contenu similaire, en disant que la requête palestinienne devrait passer d’abord par l’étape d’observateur dans l’AG.
Des sources palestiniennes ont dit avoir particulièrement surprises par la position française. Un de leur responsable se souvient amèrement d’une rencontre organisée depuis six mois, avec le président français Nicolas Sarkozy, en marge de la conférence des donateurs, au cours de laquelle ce dernier avait assuré aux palestiniens que Paris soutiendra leur demande d’adhésion totale à l’ONU.
Plus que vexante pour les Palestiniens decrait être la position des arabes. D’autant plus qu’elle survient de la part de leurs frères de sang et que la procédure suivie avait été adopté par le comité suivi de la Ligue arabe.
 

Les Palestiniens devraient se rendre compte une fois de plus qu’ils sont abandonnés à leur sort, à mi-chemin. Et de se désoler que cela perdure depuis 63 ans!  


29 septembre 2011

 
WSWS : Nouvelles et analyses : Afrique et Moyen-Orient

La Palestine et l'ONU : l'impasse du « processus de paix »

Par Bill Van Auken
29 septembre 2011


L'assemblée générale des Nations unies s'est levée vendredi pour applaudir le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, après un discours où celui-ci annonçait qu'il déposait une demande pour la reconnaissance de l'Etat palestinien par l'ONU.
Ce discours comprenait des passages détaillants la mort, la destruction et les humiliations imposées par l'occupation israélienne, soixante ans de souffrances que le public d'Abbas, composé de ministres des affaires étrangères, de chefs d'Etat et de délégués aux Nations unies, ne pouvait ignorer. Un grand nombre des gouvernements représentés, notamment ceux du monde arabe, ont été complices de tout cela.
La réaction enthousiaste a pu être motivée par l'hostilité envers Washington, qui avait annoncé à l'avance qu'il utiliserait son veto au Conseil de sécurité pour tuer dans l'ouf le processus de reconnaissance d'un Etat palestinien.
Les représentants des États-Unis ont mené une campagne éhontée de menaces et d'intimidations pour forcer les pays siégeant au Conseil de sécurité à s'abstenir ou à voter non. Le Portugal, par exemple, aurait été averti que les États-Unis retireraient leur aide économique à ce pays perclus par la crise s'il votait en faveur de la demande.
Cet étalage d'hypocrisie et d'intimidation de la part des États-Unis a servi à miner le message que Washington avait voulu délivrer à l'ONU. Son objectif était de brandir la guerre de l'OTAN-ONU pour un changement de régime en Libye à la fois comme une victoire du multilatéralisme onusien et une extension des révoltes populaires du "printemps arabe".
Si Obama a inclus ces points de vue dans son discours à l'Assemblée générale, il a dû admettre avec une résignation amère qu'ils passent au second plan derrière la controverse sur la Palestine.
En réalité, le soutien inconditionnel de Washington pour l'oppression par Israël du peuple Palestinien est parfaitement cohérent avec sa politique impérialiste prédatrice dans la région, laquelle a trouvé son expression la plus achevée dans la guerre pour un changement de régime en Libye. Quant au "printemps arabe", le gouvernement d'Obama a lutté, aux côtés Israël, jusqu'au dernier moment pour maintenir leurs proches alliés, Moubarak en Égypte et Ben Ali en Tunisie, au pouvoir. Ils oeuvrent maintenant à consolider des régimes dans ces deux pays qui défendront les intérêts de l'impérialisme et pourront dévier les efforts révolutionnaires des travailleurs et des jeunes.
Pourquoi le gouvernement d'Obama se sent-il obligé de bloquer la demande de l'Autorité palestinienne d'une reconnaissance par l'ONU ? La thèse officielle est que cette action « unilatérale » va saper le « processus de paix, » brouillant les négociations « bilatérales » qui seraient la seule voie permettant de parvenir à un accord.
Le prétendu « processus de paix » est une promesse en l'air qui perdure depuis vingt ans, ne produisant ni paix, ni aucune réalisation des espoirs du peuple Palestinien. Il a surtout servi à couvrir les actions unilatérales d'Israël, qui a consolidé son contrôle sur des parties de plus en plus importantes de la Cisjordanie et de Jérusalem Est, le nombre de colons sionistes a doublé au cours des 10 dernières années. Cela s'est accompagné par la prolifération des points de contrôle militaires et des routes de sécurité « réservées aux juifs » qui rendent impossibles non seulement l'existence d'une nation, mais la vie même pour les Palestiniens occupés.
Si l'appel à l'ONU est une admission tacite de la faillite du « processus de paix » organisé par les États-Unis, Abbas et la direction bourgeoise de l'Autorité palestinienne (AP) n'ont rien d'autre à proposer. Ils ont exprimé des espoirs assez illusoires que cette tentative désespérée à l'ONU puisse en quelque sorte réanimer les négociations.
Si l'ONU devait admettre la Palestine comme Etat membre, cela ne contribuerait pas plus à changer les conditions de vie des masses palestiniennes que toutes les autres résolutions adoptées par les Nations unies sur la question Israélo-palestinienne au cours des 50 dernières années. Cela ne mettrait pas fin à l'occupation et aux attaques militaires israéliennes. Cela ne garantirait pas aux millions de palestiniens en exil le droit au retour. Et cela ne donnerait pas des droits égaux au 1,5 million de Palestiniens arabes vivant en Israël.
Abbas et la direction de l'AP se sont tournés vers l'ONU dans une tentative désespérée de regagner de la crédibilité dans la population palestinienne qu'ils affirment représenter. Dans une certaine mesure, l'AP n'est pas sans ressemblances avec les régimes qu'ont fait tomber les masses en Égypte et Tunisie. Non élus, gouvernant par décrets, tout en maintenant un important appareil policier financé par les États-Unis et qui travaille en collaboration avec l'occupant Israélien. L'AP ne représente pas les intérêts des travailleurs et des opprimés palestiniens, mais une fine couche de haut fonctionnaires et d'hommes d'affaires qui se sont enrichis par les subventions étrangères et la corruption.
Comme le démontrent les « documents palestiniens » publiés par Al-Jezzira au début de l'année, documentant une décennie de négociations israélo-palestiniennes, la direction de l'AP a capitulé sur toute la ligne, renonçant effectivement au droit au retour de la diaspora palestinienne, abandonnant quasiment tout Jérusalem-Est, et acceptant de participer au nettoyage ethnique qui vise à garantir le statut d'"Etat juif" Israël.
L'intransigeance de Washington s'explique dans l'ensemble en référence aux élections de 2012 et à ce que l'on appelle « le vote juif, » un euphémisme pour le riche et puissant lobby sioniste qui ne représente pas la majorité des juifs américains - ni d'ailleurs la majorité des juifs d'Israël - mais plutôt les éléments les plus à droite du monde politique israélien. Il ne fait aucun doute que des organisations comme l'American Israeli Political Action Committee (AIPAC - Comité américain des affaires publiques d'Israël) exercent une influence monstrueusement disproportionnée sur la politique des deux partis capitalistes américains.
Il existe cependant des intérêts encore plus fondamentaux. Israël a servi durant un demi-siècle de bastion aux interventions de l'impérialisme américain dans la région. De plus, remontant aux accords de Camp David en 1978, la prétention de Washington à un rôle en quelque sorte de "marchand honnête" dans les négociations de "paix" a donné à l'impérialisme américain un instrument pour faire avancer ses intérêts dans la région.
L'hostilité des États-Unis à un vote à l'ONU sur la création d'un Etat est alimentée en grande partie par sa détermination à maintenir son monopole sur ce prétendu « processus de paix ». Il est remarquable que le Président français Nicolas Sarkozy, qui vient tout juste d'utiliser ses avions de guerre et des mercenaires pour faire avancer les intérêts de l'impérialisme français et de la compagnie pétrolière Total en Libye, a profité du débat sur la création d'un Etat palestinien pour affirmer que les négociations de paix sous l'égide des États-Unis avaient échoué et mettre en avant sa propre solution française.
Motivé par les intérêts de la clique au pouvoir dans l'AP d'un côté, et les machinations impérialistes de l'autre, le débat à l'ONU sur la création d'un Etat palestinien ne fera rien pour garantir aux masses palestiniennes l'obtention de leurs demandes démocratiques et sociales. En fin de compte, elles ne peuvent être réalisées que par le recours à la lutte révolutionnaire.
La crise insoluble du capitalisme mondial qui a produit les soulèvements massifs en Tunisie et en Égypte alimente également des soulèvements de plus en plus importants en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés aussi, ce qui s'est exprimé récemment dans les grandes manifestations nationales contre les conditions sociales en Israël même. La question décisive est celle de l'unité des travailleurs arabes et juifs sur la base d'un programme socialiste et internationaliste commun dans la lutte pour une fédération socialiste du Moyen-Orient qui ferait partie de la lutte pour mettre fin au capitalisme à l'échelle internationale. 

(Article original paru le 24 septembre 2011)

toute l'équipe de Moqawama tient à remercier Monique Beauchamp qui a laissé cet article sur Facebook. Nous vaincrons ensemble, et la solidarité et le partage sont, chez nous, des armes redoutablement efficaces.
PALESTINE : Les pleureuses onusiennes

Mondialisation.ca, Le 28 septembre 2011








Assurément, il y aura un jour un État palestinien souverain mais ce ne sera jamais ce bantoustan croupion que quémandent les collabos de l’Organisation de « Libération » de la Palestine, du Fatah et de l’Autorité palestinienne de Ramallah, ainsi que les États-Unis, l’Union européenne et les gouvernements occidentaux pro-sionistes.
Ils sont venus du monde entier par centaines de milliers signer la pétition de la capitulation, sans y être autorisés, sans même le demander (1). Ils espéraient de l’ONU  réparation pour l’injustice que cet organisme avait commise en 1947 ; et ce que l’ONU leur proposa c’est de consacrer définitivement par une seconde Résolution inique, pilotée cette fois par les soi-disant représentants des sacrifiés de Palestine, le déni du droit palestinien. Imaginez, des renégats arabes proposant de dépouiller définitivement le peuple palestinien de ses droits légitimes, sans l’avoir consulté évidemment, et avec le soutien de millions de personnes venues de partout à travers le monde, quelle aubaine pour les sionistes et pour leurs maîtres impérialistes !
Ils étaient si nombreux à trahir les intérêts du peuple palestinien au cri de « Vive l’État palestinien fantoche » que les voix discordantes ne pouvaient se faire entendre, même si ces voix, autorisées, fusaient de partout en Palestine et au cœur du monde arabe.
Un héros de la résistance arabe le disait encore récemment : « Personne n’a reçu mandat des peuples palestinien et arabes de renoncer à 80 % de la terre de Palestine, à Al Quod et au droit de retour des millions de réfugiés palestiniens. », personne, et surtout pas la coterie de Ramallah. C’est le rôle joué par l’Autorité palestinienne, par ceux qui vivent du racket des frauduleux « pourparlers de paix » – lesquels ne peuvent que stagner puisque la puissance coloniale israélienne ne peut rien céder de ce qu’elle a spolié – que d’accréditer cette Résolution, trahison des droits des Palestiniens, dans laquelle se complaisent ces États dupés par cette Autorité illégitime.
Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers, nus et maigres tremblant dans leur bagne enflammé sous la pluie des bombes au phosphore qui déchiraient la nuit de leurs ombres battantes pendant que l’hydre israélien brûlait leur cité ravagée, et que s’affairaient les « négociateurs profiteurs » de l’Autorité sans autorité – dont le mandat du Président potiche (Mahmoud Abbas) est échu depuis plus de deux ans sans que les justiciers de la pseudo « démocratie » occidentale et onusienne ne trouvent à redire à propos de l’illégitimité et de l’indécence du polichinelle de Ramallah.
LE CAMP SIONISTE DES « MOUS »
Le camp sioniste et pro-sioniste est divisé en deux factions sur cette question de la reconnaissance d’un État palestinien croupion et de son éventuelle admission à l’Assemblée générale de l’ONU à titre d’État participant – demande du 23.09.2011 (2).
Une faction du camp pro-sioniste souhaite, en entérinant cette Résolution bidon à l’Assemblée générale de l’ONU, renoncer à 80 % de la terre de la Palestine de 1947 ; renoncer à Al Quod (Jérusalem) et renoncer définitivement au droit de retour sur leur terre pour les millions de réfugiés de 1948, 1967 et 1973. Ceux-là mystifient des millions des gens sincères – signataires de pétitions – en laissant croire qu’une telle résolution sans signification, sans effet pratique sur le terrain de l’occupation, forcera l’envahisseur et occupant sioniste à un jour reconnaître l’État fiction, le bantoustan palestinien, sur environ 20 % restant de la terre colonisée de la Palestine historique.
Cette faction du camp pro-sioniste est formée des représentants de l’OLP illégitime, de plusieurs pays arabes soi-disant pro-palestiniens à l’exemple de l’Égypte post Moubarak. Rappelez-vous de cette « Révolution » qui a abouti à la non ouverture du terminal de Rafah et à la poursuite du blocus de Gaza par les généraux arabes de la sanguinaire armée-égyptienne-sans-Moubarak (3). Enfin, plusieurs troublions occidentaux et tiers-mondistes font également la promotion de cette résolution de capitulation et ils voudraient culpabiliser les États-uniens qui n’ont jamais caché leur préférence pour leurs affidés israéliens (4).
LE CAMP SIONISTE DES « IRRÉDUCTIBLES »
La faction « dure » du camp sioniste et pro-sioniste refuse obstinément cette Résolution « anti-palestinienne » à l’ONU car ses tenants sont convaincus que de recevoir ainsi, de la part des traîtres de Ramallah, la cession officielle de 80 % des terres palestiniennes ; la renonciation à Al Quod  et au droit de retour ce n’est pas suffisant; ils estiment en effet qu’il sera possible d’obtenir encore davantage des collabos de Ramallah aux abois. Rien ne presse, pensent Netanyahu, Obama, Harper, une centaine de députés français etc. (5).
Ceux-là se disent : « Laissons cette bande de traîtres mijoter dans leur jus désespéré, d’autant que tôt ou tard le « Président » fantoche Abbas devra se présenter devant son électorat aigri sans rien dans les mains, si ce n’est la fumisterie d’un État bantoustan à autoproclamer, un État sans droit, sans pouvoir, sans réalité concrète si ce n’est l’aumône reçue d’Occident. Sans même avoir obtenu de l’occupant qu’il lève le siège de Gaza emmuré. Il se présentera devant son peuple non consulté et enragé sans que le Mur de la honte ne soit tombé en Cisjordanie, sans que la colonisation n’ait cessé ni l’épuration ethnique diminué, ni que les milliers de prisonniers soient libérés, alors que Jérusalem sera totalement judaïsée, sans que l’eau ne soit assurée, avec tout juste un drapeau et un chiffon de papier sans dignité entériné par l’Assemblée générale de l’ONU disant que le peuple palestinien peut encore espérer s’accrocher aux 20 % de terres « concédées » par l’ONU sans autorité.
Il est assuré que, désespérés devant cette perspective humiliante, les « éternels négociateurs de Ramallah » capituleront à nouveau et rouvriront d’autres « négociations de trahison nationale » ; et que les sionistes obtiendront davantage que 80 % des terres palestiniennes.
Ce n’est pas pour 20 % de sa terre ancestrale, sans Al Quod et sans le retour des réfugiés, ni libération des prisonniers, que le peuple palestinien résiste et verse son sang depuis soixante quatre ans. C’est pour la libération totale de la terre palestinienne, toute la terre de Palestine usurpée suite précisément à une précédente Résolution illégitime de l’ONU (Résolution 181 – 1947).
UN ÉTAT PALESTINIEN MAIS LEQUEL ?
Un spécialiste du « processus de paix » se demandait récemment quel sera l’État qui pourrait surgir de ces décennies d’agressions meurtrières et d’occupation sanguinaire, et il résumait ainsi son propos « Un État palestinien mais lequel ? Un État ou deux États ? » (6). Un journaliste réputé proclamait quant à lui, pour la dixième fois en carrière, que le « Moyen-Orient ne serait plus jamais pareil » car, pontifiait l’éditorialiste : « plus jamais les États-Unis et Israël ne pourront espérer qu’au simple claquement de leurs doigts, les Arabes obéiront à leurs ordres. » (7). Foutaise monsieur le thuriféraire, jamais les sultans (Qatar, Oman), les émirs (Émirats arabes), les princes et les rois (Arabie, Koweït, Bahreïn, Maroc, Jordanie), le rais (Égypte), les présidents d’opérette (le maire de Ramallah, Tunisie, Algérie, Yémen) n’ont été aussi soumis et foulés au pied par leur maître américain pour ne pas avoir su maintenir leur peuple sous le joug et résigné. Croyez-vous que ce pauvre Abbas avec son chiffon de papier obtenu de l’ONU changera la donne dans cette partie du monde en révolte ?
Contrairement aux spécialistes, aux éditorialistes, aux experts et aux « négociateurs professionnels » défaitistes qui ont pendant des décennies tenté d’accréditer l’idée mensongère que des négociations avaient lieu entre le peuple palestinien occupé, tué, emprisonné, assoiffé, humilié, exploité, sous blocus et emmuré ; et le gouvernement sioniste israélien occupant, fasciste et génocidaire (8), nous croyons qu’il y aura un jour un État palestinien souverain sur la totalité de la terre palestinienne de 1947. Mais cet État national indépendant ne sera jamais obtenu en « pourparlant » avec les sionistes menteurs, leur puissance de tutelle américaine, les occupants hypocrites et les criminels de guerre repentis. Il sera obtenu de la même manière que le peuple libanais assure aujourd’hui son indépendance vis-à-vis l’impérialisme israélien et étatsunien, par la puissance des armes qui tiendront leurs ennemis en respect.
Nous savons que les conditions d’une telle solution véritablement arrachée puis négociée, mais sous un rapport de force bien différent que présentement (un peuple occupé ne peut négocier à son avantage qu’au moment où, comme les Vietnamiens l’ont démontré, ce peuple a inversé le rapport de force militaire en sa faveur) ; ces conditions disions-nous ne sont pas réunies pour le moment (9). Dans ce cas, inutile de s’agiter à l’ONU pour quémander un bantoustan à administrer pour quelques paumés de Ramallah; il suffit de patienter, d’attendre que la conjoncture évolue en faveur du peuple palestinien.
La crise économique mondiale à laquelle est confrontée la puissance de tutelle américaine, et son satellite impérialiste israélien, les troubles à l’intérieur même de l’État israélien où les grèves et les manifestations contre les ajustements structurels se radicalisent ; les révoltes multiples et pas du tout terminées des peuples arabes partout en Afrique du Nord et au Proche-Orient ; les défaites américaines et françaises en Afghanistan, en Irak, au Liban, en Somalie et bientôt en Libye ; l’ensemble de la conjoncture incendiaire du baril de poudre du Proche Orient milite en faveur de la retenue et de l’expectative. D’ici là personne ne doit compromettre par des résolutions saugrenues le droit inaliénable du peuple palestinien sur la totalité de sa terre.
Il aura fallu 190 ans à leurs ancêtres arabes pour chasser l’occupant – Croisé – des terres arabes de l’Est de la Méditerranée et pour démanteler le dernier Royaume chrétien d’Orient (Saint-Jean d’Acre, 1291).
Le peuple palestinien a déjà parcouru 64 ans de son « chemin de Damas ». Laissons-lui encore cinquante ans. Quand les arabes seront plus de quatre cent millions à encercler le dernier Royaume judaïque au Levant, nous verrons bien ce qu’il adviendra du « Reich » israélien de mille ans, comme le proclamait récemment le prétentieux Benjamin Netanyahu (10).
D’ici là soutenons la résistance et poursuivons le  boycott – BDS contre l’État sioniste.
_____________________________________
(1)  Avaz. Palestine : le moment est venu.19.09.2011 https://secure.avaaz.org/fr/time_for_palestine/?vl
(2)  Le Devoir http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/332177/demande-historique-des-palestiniens?utm_source=infolettre-2011-09-24&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne .
(3)  Sortir de Gaza par l’Égypte reste un calvaire. Aloufok. 13.09.2011.   http://www.aloufok.net/spip.php?article5313  et  Robert Bibeau. La « révolution » démocratique égyptienne. L’armée va trancher. 5.02.2011 http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4956
(4) Hugo Chavez. Lettre de Hugo Chavez. 17.09.2011. http://cbparis.over-blog.com/article-creation-de-l-etat-palestinien-lettre-de-hugo-chavez-a-l-onu-84853591.html
(5) Cent députés français opposéshttp://www.alterinfo.net/notes/100-parlementaires-Francais-opposes-a-la-demande-d-un-Etat-palestinien-a-l-ONU_b3286862.html.
(6)  Dominique Vidal. Un État palestinien mais lequel ? 14.09.2011. http://www.michelcollon.info/Un-Etat-palestinien-mais-lequel.html
(7) Robert Fisk.  Le Moyen-Orient ne sera jamais plus pareil. http://www.independent.co.uk/opinion/commentators/fisk/robert-fisk-why-the-middle-east-will-never-be-the-same-again-2357514.html
(8)  Silvia Cattori, Ziyad Clot. Journal d’un négociateur en Palestine. 18.09.2011 http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26634.
(9) Robert Bibeau. Négocier ou ne pas négocier avec Israël ? 24.08.2010. http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=20756
(10) Robert Bibeau. Travailleurs, libérez la Palestinehttp://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8638

28 septembre 2011

Le martyre de Sayed Hadi, signe de la miséricorde divine pour Sayed Hassan Nasrallah

Sanaa Mazbouh

C'était le 4 avril 1997, Hadi se fiança avec Batoul Khatoune. Malgré son jeune âge qui ne lui permettait pas d'assumer les responsabilités familiales, Batoul était très fière de son fiancé pour sa maturité intellectuelle. En effet, la première phrase que Hadi a dit à Batoul au moment de leur liaison fut: "peut-être que je serais tué, ou détenu, ou blessé un jour". Et Batoul se sentait alors plus attaché à son choix.

Un jour, Hadi était invité au déjeuner chez son oncle paternel cheikh Ali, et alors qu'il était occupé à préparer le repas, on l'informa que son ami le combattant Mohammad alJawhari est tombé en martyre. Il pleura beaucoup et sentit une grande impatience pour réaliser également ce rêve tant attendu.

Hadi et Batoul commencèrent à préparer leur maison conjugale. Tout allait bon train, mais l'arrivée du mois\ septembre a dû tout changer. Il fit les adieux à sa fiancée, et alla à sa maison pour préparer ses affaires. Il attendit le retour de sa mère à la maison. D'habitude, lorsqu'il s'apprêtait à participer à une opération militaire, il se contentait de lui écrire une lettre, mais cette fois, il lui faisait des adieux chaleureux.

En cette journée, les détonations de bombes et les sifflements de balles retentirent partout à Iqlim Toffah, au Sud du pays. En effet, de violents affrontements opposaient les combattants de la résistance et les soldats de l'occupation israélienne sur les fronts avancés. Une force israélienne en direction du village d'Arabsalim pour frapper des cibles civiles a été visée par la résistance islamique. Pendant ce temps, les batteries de défense de l'armée libanaise dans le village sont entrées en action. Six soldats de l'armée libanaise sont tombés en martyr et sept autres ont été blessés.

A 5h45minutes, le groupe de la résistance baptisé "le maitre des martyrs de la résistance islamique Sayed Abbas Moussaoui" a tendu une embuscade à une force sioniste en train de pénétrer dans les localités du Sud Liban. Le groupe des deux martyr "Rabih Wehbé" et "Hassan Mreich" a de son côté assiégé la zone de combat. Au moment où l'ennemi sioniste dépêchait des renforts supplémentaires vers 6h40minutes, le groupe du martyr Rida Yassin a attaqué la force sioniste. La radio israélienne a reconnu que quatre de ses soldats ont été tués lors de ces affrontements.

Hadi, surnommé également "Yasser", fut parmi la première force d'assistance, avec le commandant de son groupe "ZoulFikar", le seul membre du groupe à survivre à ces affrontements.

Les deux autres combattants Haytham Moghniyé (Jalal) et Ali Kawsarani (Komeil) ainsi que leur collègue Hadi attendaient les ordres pour passer à l'acte. Quelques instants plus tard, les trois combattants furent chargés d'attaquer la force sioniste de l'autre côté. Les affrontements eurent lieu à un mètre de distance seulement. Hadi, tellement enthousiaste à tomber en martyr, ouvrit le feu en direction des soldats sionistes aux cris d'Allah Akbar (Dieu est le plus Grand). Il fut atteint d'une balle à sa taille du côté gauche, et ensuite d'un éclat d'obus à sa nuque. Hadi tomba par terre et succomba immédiatement à ses blessures.

Son ami Ali tomba ensuite lui aussi en martyr, alors que ZoulFikar et Haytham continuèrent le combat après avoir perdu tout contact avec le premier groupe. Ils commencèrent à se retirer parce que les munitions étaient sur le point de terminer. A la fin des affrontements, Haytham rejoignit ses amis martyrs, et ZoulFikar le porta à son dos et poursuivit son retrait. Pendant ce temps, les sionistes capturèrent les corps des deux martyrs Hadi et Ali et les emmenèrent à l'intérieur des territoires occupés.

Le 3 septembre 1997, c'était un samedi matin, le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah informa sa femme que quatre combattants sont portés disparus depuis les affrontements de la veille (vendredi), et que Sayed Hadi figurait parmi eux.

Sa mère, affligée par cette nouvelle, demanda à son mari d'appeler les commandants de la résistance sur place pour s'enquérir sur leur fils, mais Sayed Nasrallah refusa catégoriquement de le faire, lui répondant: "J'ai honte de s'enquérir sur mon fils, lorsqu'ils auront des nouvelles sur les frères combattants, ils m'informeront tout de suite".

Pendant de longues heures, Sayed Hassan attendait les nouvelles, alors que sa femme portait dans ses mains les photos de son fils, en treillis militaire.

Vers l'après-midi, le commandement de la résistance s'assura que trois des quatre combattants sont tombés en martyr. L'un de ces commandants contacta Sayed Hassan Nasrallah pour l'informer mais il ne trouva pas ses mots. Alors Sayed Nasrallah lui demanda: "Mon fils Hadi figure-t-il parmi les martyrs?". Le commandant répondit par l'affirmation. Sayed Hassan reçut cette nouvelle avec une patience sans égale.


Sa mère aussi ne versa aucune larme à cette nouvelle. Elle leva ses mains vers le ciel et implora Dieu d'accepter ce sacrifice de leur part.

A 20h30 du soir, les Libanais, surtout les partisans du Hezbollah, se postèrent devant la chaine Al Manar pour suivre le discours du secrétaire général du Hezbollah. "Je remercie Dieu le Tout Elevé pour ses grâces immenses, pour sa miséricorde d'avoir choisi un martyr de ma propre famille", entama ses propos, avec une ténacité et une force inouïes.






Proclamer l’Etat Palestinien et œuvrer par tous les moyens à sa libération



Le Bureau politique du Parti Communiste libanais trouve dans le conflit concernant la proclamation de l’Etat palestinien, tant à l’ONU qu’au Conseil de sécurité, une partie intégrante du combat mené par le peuple palestinien et tous les peuples arabes contre les projets d’agression, de partition et de mainmise perpétrées par l’impérialisme étasunien avec l’aide de l’Union européenne et du mouvement sioniste mondial.

L’impérialisme étasunien, appui inconditionnel d’Israël, a tenté de liquider par tous les moyens le problème palestinien, tantôt à travers les Accords d’Oslo, tantôt en camouflant les crimes commis par Israël en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ou, encore, à travers les facilités accordées au projet du gouvernement de Netanyahu, ou d’Olmert avant lui, visant à élargir la colonisation et à construire le mur de séparation, ce qui permettrait de chasser tous les Palestiniens hors de leur pays et de Réaliser le rêve sioniste dans la proclamation d’Israël “Etat des Juifs du monde”.

Pour contrecarrer ce projet Impérialiste, le Bureau politique du PCL voit que le peuple palestinien doit insister sur son droit au retour et à proclamer son Etat national sur la terre de ses ancêtres, ayant Al Quds pour capitale, mais aussi sur son droit de libérer le territoire national de l’occupation israélienne, et ce, par tous les moyens de lutte dont, en premier lieu, la lutte armée.

Beyrouth, le 26 septembre 2011
Le Bureau politique
du Parti Communiste libanais

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الحزب الشيوعي اللبناني : إعلان دولة فلسطين والعمل على تحريرها بكافة الوسائل
يرى المكتب السياسي للحزب الشيوعي اللبناني في الصراع الدائر داخل الأمم المتحدة ومجلس الأمن الدولي حول إعلان دولة فلسطين جزءاً من المواجهة العامة التي يخوضها الشعب الفلسطيني وكل الشعوب العربية ضد مشاريع العدوان والتقسيم والهيمنة التي وضعتها الإمبريالية الأميركية والتي تتعاون اليوم لتنفيذها مع الإتحاد الأوروبي والحركة الصهيونية العالمية.

لقد سعت الإمبريالية الأميركية، الداعمة الأساسية للصهيونية، الى تصفية القضية الفلسطينية بكل الوسائل وعبر كل الأشكال، بدءاً من اتفاق أوسلو مروراً بالتغطية عن الجرائم التي ارتكبها العدو الإسرائيلي في الضفة الغربية وغزة ووصولاً الى تقديم كل التسهيلات لحكومة نتنياهو، وقبلها حكومة أولمرت، من أجل تشريد شعب فلسطين وتوسيع رقعة الإستيطان وبناء جدار الفصل العنصري ... كل ذلك من أجل قيام ما يسمى إسرائيل الجديدة "دولة اليهود في العالم".

لذا، يرى المكتب السيسي للحزب الشيوعي اللبناني أن لا مناص من إصرار شعب فلسطين على حقه في العودة الى إرض وطنه وعلى إعلان دولته الوطنية على أرض أجداده، وعاصمتها القدس، والعمل على تحرير هذه الدولة من رجس الإحتلال، من خلال كافة أشكال النضال وفي مقدمتها المقاومة المسلحة.

بيروت في 26 أيلول 2011 المكتب السياسي
للحزب الشيوعي اللبناني