06 mai 2008

sami el Hajj attaque ses ravisseurs américains



Sami al-Hajj attaque ses ravisseurs américains
[ 04/05/2008 - 17:13 ]
Al Jazeera.net

Sami al-Hajj, le caméraman d’Al Jazeera, critique avec virulence le traitement infligé aux détenus de la prison militaire de Guantanamo Bay, prison dans laquelle il a été emprisonné pendant près de 6 ans et demi.

Sami al-Hajj raconte que « les rats sont traités avec plus d’humanité » que les prisonniers dont « la dignité humaine est violée ».

Sami Al-Hajj, arrivé au Soudan tôt vendredi, est sorti du jet des Forces de l’Air américain sur un brancard et envoyé immédiatement à l’hôpital.

Son frère, Asim al-Hajj, dit qu’il ne reconnaissait pas le caméraman qui avait l’air d’avoir 80 ans.

Mais dit Sami, « J’ai eu de la chance car Dieu a permis que je sois libéré ».

Ses préoccupations se sont bientôt revenues vers les 275 prisonniers laissés derrière lui dans la prison militaire de Guantanamo.

Dignité violée

« Je suis très heureux d’être au Soudan mais je suis très triste à cause de la situation de nos frères restés à Guantanamo. Les conditions y sont très très mauvaises et elles empirent chaque jour » raconte-t-il de son lit d’hôpital.

« Notre condition humaine, notre dignité humaine ont été violées et l’administration américaine a perdu toutes les valeurs humaines, toutes les valeurs morales, toutes les valeurs religieuses ».

« Les rats sont mieux traités que nous à Guantanamo. Il ya des gens de plus de 50 pays qui sont totalement privés de leurs droits et privilèges. Ils ne leur donnent même pas les droits qu’ils donnent aux animaux » dit-il.

Al-Hajj s’est plaint que durant plus de sept ans, les prisonniers n’ont même pas été amenés devant un tribunal civil afin de défendre leur cause.

Un homme libre

L’ambassade des Etats-Unis à Khartoum a délivré une brève déclaration confirmant qu’un « transfert de prisonnier » au Soudan avait eu lieu et ajoutant que la coopération du Soudan avait été appréciée.

Un officiel supérieur de la défense américaine à Washington parlant sous condition d’anonymat a dit à Reuters qu’al-Hajj « n’était pas libéré mais simplement transféré au gouvernement soudanais ».

Mais le ministre de la justice du Soudan a dit à Al Jazeera qu’al-Hajj était un homme libre et qu’il ne serait ni arrêté ni mis en accusation.

Deux autres détenus soudanais de Guantanamo, Amir Yacoub al-Amir et Walid Ali, ont été libérés en même temps que Sami al-Hajj.

Ils racontent qu’ils ont eu les yeux bandés, qu’ils étaient menottés et enchaînés à leurs fauteuils pendant leur vol de retour.

L’organisation Reprieve qui représente certains prisonniers de Guantanamo, raconte que le prisonnier marocain Said Boujaadia avait également été libéré et qu’il a pris le même vol que les trois soudanais.

Sami al-Hajj était le seul journaliste appartenant à une grande organisation d’information internationale détenu à Guantanamo et beaucoup de personnes qui le soutenaient voyaient dans sa détention une forme de punition par rapport aux contenus des émissions diffusées.

Capturé en 2001

Il a été capturé par des officiers de renseignement pakistanais alors qu’il voyageait près de la frontière afghane en décembre 2001.

Malgré le fait qu’il détenait un visa légal pour travailler pour la chaîne en arabe d’Al Jazeera en Afghanistan, il a été remis à l’armée américaine en janvier 2002 et envoyé à Guantanamo Bay.

Al-Hajj qui est soudanais a été détenu en tant que « combattant ennemi » et ce, sans jamais avoir été mis en accusation ni été passé en jugement.

Al-Hajj n’a jamais été poursuivi à Guantanamo ce qui fait que les Etats-Unis n’ont pas rendu publique toutes les allégations contre lui.

Audition qui a déterminé qu’il était bien un combattant ennemi, des officiels américains ont prétendu que dans les années 90, al-Hajj avait été cadre supérieur d’une compagnie de boissons basée au Qatar qui apportait un soutien aux combattants musulmans en Bosnie et en Tchétchénie.

Les Etats-Unis prétendaient aussi qu’il était allé au moins huit fois en Azerbaïdjan pour apporter de l’argent de la part de ses employés à la Fondation Islamique al-Haramain, une organisation aujourd’hui disparue qui selon les Etats-Unis finançaient des groupes armés.

Les Etats-Unis ont également prétendu qu’il avait rencontré Mamdouh Mahmud Salim, un prétendu lieutenant supérieur d’Osama Ben Laden qui avait été arrêté en Allemagne en 1998 puis extradé aux Etats-Unis.

Les avocats de Sami al-Hajj ont toujours nié ces allégations.

Un élément de racisme

Sami al-Hajj était en grève de la faim depuis le 7 janvier 2007.

David Remes, un avocat pour 17 prisonniers de Guantanamo Bay, a raconté à Al Jazeera que le traitement appliqué à Sami al-Hajj « était plus terrible que pour la plupart des autres et qu’il y avait un élément de racisme dans la façon avec laquelle il avait été traité.

Il dit qu’il avait été en contact avec l’avocat d’al-Hajj et qu’il semblait que le caméraman a été « détérioré psychologiquement ».

« Les européens n’auraient jamais été traités de la sorte » dit Remes.

Environ 275 prisonniers sont encore à Guantanamo et l’avocat dit que les prisonniers européens étaient tous retournés dans leurs pays, laissant derrière eux des détenus de nationalité telles les Yéménites qui constituent un tiers de la population des prisonniers.

Remes raconte qu’al-Hajj avait été libéré parce que l’administration Bush « veut vider autant d’hommes que possible hors de Guantanamo aussi rapidement que possible...étant donné que Guantanamo est devenu un tel symbole international de honte ».

« Quand la Cour Suprême a dit que les hommes pouvaient avoir des avocats, la pression sur les Etats-Unis a augmenté et la condamnation a isolé l’administration américaine. Guantanamo a été un désastre pour les relations publiques » dit-il.

« Malheureusement, les Américains sont sensibles aux violations des droits mais n’ont aucune sympathie pour les hommes détenus à Guantanamo étant donné que l’administration Bush a réussi à les dépeindre comme étant les pires des pires personnes malfaisantes ».

« J’ai rencontré beaucoup de prisonniers et ai été amené à reconnaitre leurs souffrances...nous les reconnaissons en tant qu’êtres humains, pas les pires des pires et nous avons rencontré leurs familles. J’ai été à Guantanamo et la dimension humaine de Guantanamo est une histoire qui reste encore à être racontée » dit Remes.

Inquiétudes et sollicitude d’Al Jazeera

Al Jazeera a fait campagne pour la libération de Sami al-Hajj et ce, depuis sa capture il y a près de six ans et demi.

Wadah Khanfar, le directeur-général de la chaîne qui était à Khartoum pour souhaiter la bienvenue à Sami, a dit : « nous sommes fou de joie ».

Mais il a critiqué l’armée américaine qui fait pression sur al-Hajj afin qu’il espionne ses employés.

« La façon avec laquelle les Américains ont traité Sami al-Hajj nous préoccupe ainsi que la façon avec laquelle ils pourraient aussi traiter tous les autres » dit-il.

« Sami continuera avec Al Jazeera, il continuera comme un professionnel qui a fait de formidables boulots durant son travail à Al Jazeera. Nous félicitons sa famille et tous ceux qui connaissaient et aimaient Sami et qui ont travaillé pour ce grand moment ».

Sur le même thème :

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Jumblatt Played a Role in Moghniyeh Assassination ?


Jumblatt Played a Role in Moghniyeh Assassination?
Mohamad Shmaysani Readers Number : 1405

02/05/2008 What's the link between the special large operation unveiled by the Filka-Israel internet site and Lebanese MP Walid Jumblatt's claims that Hezbollah is monitoring runway 17 at the Beirut international airport, not to forget his aim at Hezbollah's security measures?

According to the Israeli site, the large operation was supposed to deal a severe blow to Hezbollah by targeting one of cadres in the southern suburb of Beirut, but it was called off at the last minute. This comes in light of a statement made by an Israeli general who spoke on condition of anonymity, saying that a joint effort between international and Lebanese special services would have dealt a lethal strike to Hezbollah and changed everything for Israel. The general added that the services were commissioned with tracking and directing aerial fire at the "significant" target.
A senior officer in the Israeli Air Force confirmed that pilots and aerial defense forces as well as anti-sea missiles units had received orders on the 25th of April to be on a maximum state of alert. This information crossed with what Israeli channel 10 has revealed. It said that Israel had aborted an extremely secret operation of which very few people in the army and intelligence services knew about. Israeli expert in military affairs, Shai Hazkani told Israeli Channel 10 that Hezbollah had discovered the operation while tapping a telephone call, which was the reason why a decision was taken to ban the use of mobile phones by Israeli officers and soldiers.

Giving more credibility to this information, Israeli monitors and analysts spoke about a role Jumblatt had played in the assassination of top resistance commander Imad Moghniyeh, saying that he had provided Israel with information about his (Moghniyeh) movement via a Lebanese officer loyal to the Druz leader serving in a security service.

Israeli commentator and expert on Middle Eastern issues Ehud Yaari said that "the word is that a Lebanese anti-Hezbollah party including the head of the security body of Walid Jumblatt, Hisham Nasreddine, has played a role in the assassination of Imad Moghniyeh, after Jumblatt assailed Moghniyeh three days before his assassination."

Israeli expert in Middle Eastern affairs, Benhas Anbar confirmed that "beyond doubt, the Mossad assassinated Moghniyeh thanks to the wide cooperation of some Lebanese sides which have interests intersecting with Israeli interests, including Walid Jumblatt, who rigorously assailed Moghniyeh."

Jumblatt has opened fire recently at the measures adopted by Hezbollah to protect its cadres and this intersects with what Israeli media outlets had revealed about secret meetings Jumblatt had held in Washington with Israeli Defense Minister Ehud Barak and his deputy chief of staff Moshe Kaplinski. During those meetings, Jumblatt blamed the Israelis for failing to crush Hezbollah during the July 2006 war.


Jumblatt warned Thursday against what he claimed to be a possible attack on Beirut airport's runway used by executive jets, saying it is subject to monitoring by a Hezbollah-operated camera. Jumblatt claimed Hezbollah has placed a container on a side road in the Ouzai district overlooking Beirut airport's western runway and placed a camera in it to monitor aircraft traffic along the facility. The Progressive Socialist Party leader attributed the information to what he referred to as a "secret document by a side, I won't name, on a scheme by Hezbollah."

Hezbollah retorted to Jumblatt and said that "he has translated his nightmares and tension into a play that includes targeting personalities or planes; something closer to action and horror movies than his own imagination. The main goal is to meet US accusations to resistance movements across the Arab world including Hezbollah, of terrorism. So Jumblatt has transformed into a propaganda mouthpiece that echoes the words of George W. Bush and the US State Department report on terrorism. What's eye-catching in Jumblatt's statement, and before him Sami Geagea, are predictions of serious security incidents and assassinations. This points the finger to the real sides that are planning to perpetrate suspected acts to serve their political project that is linked to the foreigner and to preset charges to others in the framework of the project of sedition directed by Washington."

02 mai 2008

Sami El Hajj freed form Guantanamo !

Sami al-Hajj freed from Guantanamo




Sami al-Hajj is expected to be greeted by his family
at the airport in Khartoum
Al Jazeera cameraman Sami al-Hajj has been released from the US military prison at Guantanamo Bay and is being flown to Sudan, according to sources.

Al-Hajj's family is expected to greet him when he lands in the capital Khartoum late on Thursday.

Once he arrives, al-Hajj will undergo a series of medical checks.




Al-Hajj was seized by Pakistani intelligence officers while travelling near the Afghan border in December 2001.

Despite holding a legitimate visa to work for Al Jazeera's Arabic channel in Afghanistan, he was handed to the US military in January 2002 and sent to Guantanamo Bay.







Al-Hajj, who is originally from Sudan, was held as an "enemy combatant" without ever facing a trial or charges.

In video


Former Guantanamo detainee on al-Hajj

He has been on hunger strike since January 7, 2007.

Al-Hajj's wife, Asma Ismailov, spoke to Al Jazeera before she travelled to Sudan.

"Now I can think differently, now I can plan my life differently, everything will be fine, God willing," she said.

Force fed

Zachary Katznelson, a lawyer from the Reprieve organisation has worked on al-Hajj's case since August 2005 and has visited him 10 times in Guantanamo Bay, the last time just three weeks ago.
"Al-Hajj is remarkably thin, he has been on hunger strike and forcibly fed through his nose while being strapped down, twice a day, for 16 months," he said.

"He looks like an ill man, he has problems with his kidneys, liver, blood in his urine and there are concerns that he may have cancer."

Katznelson said that the cameraman's release was probably motivated by political concerns.

"I think this is part of a larger picture between the United States and Sudan, that they are trying to bring those countries closer together," he said.

"Sudan, one of the primary demands they made to the United States, is if you want to normalise relations with us you have to give something back, and one of the things is the prisoners in Guantanamo Bay."

'Telling the truth'

Martin Mubanga, a former Guantanamo detainee, told Al Jazeera that al-Hajj had refused to be broken by his experience in Guantanamo Bay.

"When I saw him in the last years [of my captivity] he became stronger as he took a stance against the American authorities," he said.

"He looks like an ill man, he has problems with his kidneys, liver, blood in his urine and there are concerns that he may have cancer"

Zachary Katznelson, Reprieve lawyer
"Basically he was a man of resolve, he refused to be broken because at the end of the day he was telling the truth, he was not a member of al-Qaeda."

Mubanga said that al-Hajj would not believe he was free until he was back on the ground with his son.

"Only then will it probably begin to sink in that he is free, on the plane he'll probably still be thinking he is in a dream, that it is not really happening."

Al Jazeera has been campaigning for al-Hajj's release since his capture more than six years ago.

Al Jazeera concerns

Wadah Khanfar, Al Jazeera's director-general who is in Khartoum to welcome al-Hajj, criticised the US military for urging him to spy on the operations at the channel.

"We are concerned about the way the Americans dealt with Sami, and we are concerned about the way they could deal with others as well," he said.

"Sami will continue with Al Jazeera, he will continue as a professional person who has done great jobs during his work with Al Jazeera.

"We congratulate his family and all those who knew Sami and loved Sami and worked for this moment."


Source: Al Jazeera and agencies

1° mai au Liban, regardez les photos des gens DEBOUT

http://libanresistance.blogspot.com/2008/05/1er-mai-beyrouth.html

merci aux Libanais pour avoir divulgué ces photos !

la manif donne l'Espoir, et ouvre l'appétit

regardez la dame qui vous prépare les galettes !
et nos belles jeunes filles ...

Grève générale au Liban le 7 mai



GREVE GENERALE AU LIBAN

Un gouvernement qui ne soucie guère des revendications sociales de son peuple

Un gouvernement qui se soumet au diktat du F.M.I. et aux exigences du Capitalisme Mondial, dilapidant à la fois les secteurs d’activités créateurs d’emplois et le Service Public

Un gouvernement qui interdit un salaire digne de ce nom à tous nos travailleurs, le pain et le lait à nos enfants, la santé à toutes et à tous, une vraie sécurité sociale à nos grands parents retraités

Un gouvernement qui ne soucie guère da la famine et de la pauvreté qui s’acharnent sur la famille et qui détruisent les foyers

Un gouvernement qui interdit l’accès de nos écoliers et de nos étudiants au livre, au crayon et aux multimédias de l’éducation

Un gouvernement qui bafoue la dignité humaine de nos chômeurs et de nos handicapés

Un gouvernement qui dilapide le denier public recueilli de la sueur des travailleurs, l’injectant dans la spéculation de toutes les sortes et dans la rémunération de la corruption

Un gouvernement qui utilise les fonds publics pour rémunérer toutes les logiques renforçant son pouvoir autoritaire qui n’a comme souci que celui de se soumettre au diktat du pétrodollar

Un gouvernement qui rémunère le réarmement des milices fascistes, l’implantation sur notre territoire de groupuscules de la terreur et leur renforcement, sans doute avec en appoint les fonds de solidarité qui devaient être destinés à toutes les victimes de l’agression de juillet 2006

Un gouvernement qui ignore les exigences environnementales et patrimoniales de notre Pays, ne souciant guère ni de la dévastation de nos forêts par une urbanisation sauvage pratiquée par la spéculation et la promotion immobilière, ni de la protection de notre or bleu et ni de la sauvegarde de nos patrimoines naturel, architectural et archéologique

Enfin, comme tout cela ne suffisait pas, un gouvernement froid comme le marbre face au viol israélien répété de notre espace et chaud comme le fer rouge quand il s’agit de satisfaire ses maîtres à Tel Aviv, à la Maison Blanche et à Paris

Ce gouvernement là devra se soumettre ou se démettre

7 Mai 2008 le criera fort, très fort

01 mai 2008

trois textes superbes à ne pas manquer.

http://libanresistance.blogspot.com/2008/05/celle-que-jaime-et-qui-ne-maime-pas.html

http://libanresistance.blogspot.com/2008/04/et-le-massacre-continue.html

http://libanresistance.blogspot.com/2008/05/hier-goebbelsaujourdhui-prez.html

en ce 1° mai, pour mémoire, paroles du sous-commandant Marcos


La lutte contre la globalisation est une question de survie
par le sous-commandant insurgé Marcos , EZLN, Chiapas, octobre 2003
Nous publions ci-dessous l'un des textes les plus récents de Marcos, le porte-parole masqué des zapatistes mexicains. Porteur d'une expérience de lutte de plus de 20 ans, Marocs était un intellectuel urbain blanc. Il s'est installé parmi les communautés indiennes du Chiapas, avec cinq autres camarades, en 1983. Dix ans plus tard, l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), créée par la population du Chiapas, se faisait connaître au monde entier le 1er janvier 1994. En dix ans, les zapatistes sont parvenus non seulement à tenir tête à l'armée mexicaine mais à organiser des structures politiques et économiques autogérées. Leur message est universel. Écoutons-le. Durito est un scarabée qui apparaît souvent dans les textes de Marcos, qui a horreur des monologues.

Mon nom est Marcos, sous-commandant insurgé Marcos.
J'ai été invité au Forum pour la défense de l'humanité pour dire quelques mots.
Je vous remercie pour l'invitation, mais je dois vous avertir que je suis un soldat, un soldat de l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN, sigles en espagnol). Je vous avertis parce que, d'après ce qu'on m'a dit, j'interviendrai avec des intellectuels et des leaders socio-politiques. Ma voix pourra peut-être donc apparaître discordante (je veux dire, en plus de l'enregistrement) et hors de propos.
Discordante ou non, il y aura peut-être dans ce que je vais dire des ponts et des coïncidences. Il arrive que parfois la plume et l'épée coïncident. Nous coïncidons parfois dans la recherche d'un débat nécessaire et d'un échange d'idées qui aident à éclaircir un peu cet horizon confus et désordonné que certains appellent histoire contemporaine et qui, par moments, fait du trivial et du grotesque un sujet d'intérêt mondial et qui, d'autre fois, fait du terrible et de l'aberrant quelque chose qui, à force de se répéter, devient un air monotone et inaperçu.
Je mentionnerai rapidement quelques aspects de la globalisation et du néolibéralisme ou, plutôt, ce que nous parvenons à percevoir (et à souffrir) de ces aspects, et sur les résistances en général et notre résistance en particulier.
Comme on peut s'y attendre, le schématisme et la réduction y dominent, mais je crois qu'ils parviennent à dessiner une ou beaucoup de lignes de discussion, de dialogue, de réflexion. Ou, mieux encore, de mémoire et de honte.
« La honte, c'est ce que tu devrais avoir, pour m'avoir exclu » dit Durito qui est venu se mettre à l'abri de la pluie.
« Je ne t'ai pas exclu. Ce qui se passe, c'est qu'on ne t'a pas invité mais moi, si » lui dis-je en cachant le tabac discrètement.
« L'un va avec l'autre. Dans le cas présent, un nez avec une carapace. Ou bien mon écuyer grippé prétend-il priver ces bonnes personnes du délice d'entendre mes sages paroles, de s'illuminer de ma sagesse et de s'éveiller de la léthargie dans laquelle tes paroles commencent à les plonger ? » demande Durito en me piquant le nez avec Excalibur, l'épée légendaire.
« Cette épée ressemble étrangement à une plume que j'ai perdue l'autre jour » lui dis-je, changeant de conversation. Comme si de rien n'était, Durito répond :
« Ne change pas de thème ! Tu peux choisir : ou tu me donnes un espace pour mes sages exposés, ou tu péris sous ma plume, je veux dire, sous mon épée » dit Durito d'un ton que lui envierait n'importe quel fonctionnaire du Fonds monétaire international parlant à un gouvernement latino-américain quelconque.
Alors, appliquant ce que j'ai appris des gouvernements « nationaux », j'ai cédé. Voici donc la partie que Don Durito de La Lacandona, la fine fleur de la chevalerie, a envoyée à ce forum.
Elle s'intitule :


Ballons ou boutiques.


Le monde est comme un ballon gonflé. Ou plutôt, comme une vessie gonflée. Autrement dit, quand on dit qu'il y a globalisation, c'est qu'il y a la mondialisation des parties du monde. Mais il y a, comme dirait l'autre, une mondialisation de ceux qui ont beaucoup d'argent. Et il y a aussi, comme dirait l'autre, la mondialisation de la lutte, ou plutôt de la résistance.
Dans la mondialisation de l'argent, ou plutôt, dans la globalisation des puissants, il y a beaucoup de méchanceté, mais la méchanceté ne reste pas tranquille à l'intérieur d'un pays, elle se met dans tous les pays. Et cette méchanceté se met dans d'autres pays parfois par la guerre, parfois par l'argent, parfois par l'idée, parfois par la politique.
Autrement dit, ce qui se passe avec la mondialisation de la méchanceté, c'est que ceux qui sont beaucoup très riches ne sont plus contents d'être de riches exploiteurs dans un pays, ou plutôt, de leur peuple, mais ils veulent plus d'argent et ils se mettent dans d'autres pays pour gagner plus d'argent, et alors, ils ne respectent rien parce qu'ils aiment seulement leur habileté d'exploiteurs et tout ce qu'ils veulent, c'est gagner de l'argent bien qu'ils en aient déjà beaucoup, ça ne leur suffit pas, ils en veulent plus.
Et alors l'argent se met dans un autre pays et ne respecte pas ce pays à cause de la globalisation de l'argent qui ne respecte ni les pays ni les gens.
Autrement dit, chaque pays est comme un ballon qui crève et il en sort tout ce qui le faisait spécial, disons, comme sa coutume, sa parole, sa culture, son économie, sa politique, ses gens, sa manière, quoi.
Et alors le pays, il faut voir comme il se casse, et le monde entier se met dans ce pays, et ce pays n'est déjà plus ce pays, mais le monde entier. Mais pas le monde des gens, mais le monde de l'argent où les gens ne comptent pas.
C'est comme si quelqu'un se cassait, comme ça, et qu'il ne serait plus une personne, mais que toutes les méchancetés se mettent dans cette personne et la mangent, et lors il n'y a plus de personne, il y a seulement ce qui a mangé la personne.
Et c'est pourquoi nous disons, nous, que la globalisation des puissants, ou plutôt, de l'argent, mange les pays et mange les gens qui vivent dans ces pays. Parce qu'un pays, c'est comme une maison où vivent les gens du pays. Et l'argent mondial détruit la maison, ou plutôt, le pays, et les gens restent sans maison et sans âme parce qu'ils ne se connaissent plus entre eux et ils sont comme des inconnus, avec la méfiance dans les yeux et dans les paroles, tristes, quoi. Et alors, quand un pays reste sans âme, l'âme de l'argent s'y met.
Et ce pays qui s'est cassé n'est plus la maison où vivent les gens de ce pays, mais c'est une petite boutique où on vend et où on achète des choses et des gens.
Parce que, dans la globalisation, l'argent met des boutiques là où il y avait avant des pays. Et alors, comme le pays n'est plus un pays mais une boutique, les gens ne sont donc plus des gens, mais seulement des acheteurs et des vendeurs.
Et les gens ne sont pas propriétaires de la boutique, c'est l'argent mondial qui commande. Et alors, donc, comme nous disons, la pensée qui commande est la pensée de l'argent. Et, par exemple, quelqu'un pense à un nuage et c'est quelqu'un pensant à un nuage et qui peint sa pensée en bleu par exemple, et voilà, et ce quelqu'un va avec sa pensée d'un nuage bleu et il est content avec sa pensée de nuage bleu, et s'il trouve un ballon, il le gonfle et il le peint en bleu et il le donne à un petit garçon ou à une fillette, et la fillette, ou bien le garçon, joue avec le ballon bleu qui était une pensée d'un nuage bleu. Parce que les gens, quand ils pensent comme des gens, ils pensent des pensées pour les gens.
Mais l'argent ne pense pas aux gens, il pense à plus d'argent. Autrement dit, l'argent n'en a jamais assez, il mange tout pour faire plus d'argent.
Autrement dit, l'argent ne pense pas à un nuage, il pense à une marchandise qu'il va vendre et à tirer plus d'argent.
Plutôt : dans la globalisation de l'argent, se mondialise aussi la pensée de l'argent. Et cette pensée de l'argent est comme une religion qui adore le dieu de l'argent et les temples de cette religion, ce sont les banques et les boutiques, et les prières, ce sont les comptes qu'on fait avec l'argent quand on vend, quand on gagne.
Cette religion de l'argent s'appelle « néolibéralisme », ce qui veut dire qu'il y a une nouvelle liberté pour l'argent. Ou plutôt que l'argent est libre de faire ce qu'il a envie. Et les gens n'ont plus alors de liberté, mais l'argent, si.
Et dans la globalisation de l'argent, le monde mondial se détruit, ou plutôt, le ballon du monde se casse, la vessie mondiale crève, et alors l'argent met une boutique là où il y avait avant un pays, autrement dit, là où il y avait avant une maison avec des gens, il y a maintenant une boutique.
Onc, la globalisation du pouvoir détruit les pays pour faire des boutiques. Et les boutiques, c'est alors pour vendre et acheter.
Et si quelqu'un, par exemple, n'a pas les sous, ou ne veut pas acheter, il ne compte pas, autrement dit, il faut le détruire.
La globalisation du pouvoir, c'est comme une guerre contre les gens et leurs maisons, autrement dit, c'est une guerre contre l'humanité.
La globalisation du pouvoir détruit les maisons des gens, disons, les pays et, parfois, elle vient détruire par une guerre. D'autres fois, elle entre parce que quelqu'un de l'intérieur lui ouvre la porte pour qu'elle entre détruire.
Et ceux qui ouvrent la porte, ce sont les politiques, disons, ceux qui commandent dans les pays, autrement dit, dans les maisons des gens. Et alors, les politiques ne servent plus à commander parce qu'ils ne commandent plus par eux-mêmes parce que celui qui commande, c'est l'argent mondial.
Et alors, les politiques deviennent des boutiquiers ou, plutôt, ceux qui ont la charge de la boutique qui était auparavant un pays ou, autrement dit, une maison de gens. Et les politiques ne sont plus bons pour tenir la boutique et il vaut mieux en mettre d'autres qui, bien sûr, étudient et apprennent à être chargés de boutique. Ceux-là sont les nouveaux politiques, autrement dit, les boutiquiers.
Et peu importe s'ils ne savent rien de ce que c'est gouverner mais ce qui importe, c'est qu'ils sachent tenir la boutique et rendent de bons comptes à leur patron qui est l'argent mondial. Alors, dans les pays détruits par la globalisation du pouvoir, il n'y a plus de politiques, il y a des boutiquiers.
Et là, dans les boutiques qui étaient des pays avant, les élections ne sont pas pour mettre un gouvernement, mais pour mettre un boutiquier.
Et alors, ils se mettent à être candidats, autrement dit à se battre entre eux, les gros, les maigres, les grands, les pots à tabac, de couleurs différentes, qui commencent à parler et à parler, et vas-y que je te parle, mais ils ne disent rien du plus important, autrement dit, ils sont tous différents de visage mais ils sont tous pareils parce qu'ils vont être boutiquiers. La globalisation du pouvoir s'en moque alors, si le boutiquier est vert, bleu, rouge ou jaune. Ce qu'il faut, c'est que le boutiquier remette de bons comptes.
Les boutiquiers changent, mais il continue à y avoir un boutiquier.
Et là, dans la globalisation du pouvoir, le monde n'est plus rond comme un ballon gonflé, il crève et à sa place il reste une très grande boutique.
Et les boutiques, comme chacun sait, sont carrées, pas rondes.
C'est comme ça, plus ou moins, que fonctionne la globalisation qui est, si l'on peut dire, comme la « ballonisation ».
(Fin de l'exposé de Durito)

« Ballonisation » ? Je reviens enfin au sérieux et au formel.
En plus de ce que Durito a exprimé de façon si particulière, nous pensons aussi ce qui suit :
PREMIEREMENT. Si dans la politique « ancienne » (c'est-à-dire depuis l'Athènes grecque jusqu'aux républiques modernes), l'État était la « mère » de l'individu et le sein dans lequel la société prenait racine, croissait et se reproduisait, dans le monde globalisé, l'État ne peut plus remplir cette fonction. L'individu n'a plus de raison de se référer à une patrie, une culture, une race ou une langue. Le ventre maternel est maintenant une méga-sphère que certains appellent encore « planète terre ». Le citoyen n'est plus le membre de la polis, mais le navigant de la méga-polis, et il a donc besoin d' « autres » connaissances et moyens que l'État national ne peut lui offrir.
DEUXIEMEMENT. De la même façon, les « hommes d'État », ces super-hommes auteurs de citations classiques, de guerres, d'empires, de lois et de répressions n'existent plus en tant que tels. Ce vieil « entraînement » interne qui existait dans les classes politiques pour préparer leurs membres à se révéler les uns aux autres, est obsolète. Les moyens de la politique classique (art oratoire, habileté à diriger, sensibilité, modération, connaissance historique, philosophie, jurisprudence, relation adaptée) relèvent aujourd'hui de la nostalgie du cirque. Le protocole du pouvoir, ce mélange complexe de signaux et d'attitudes ne s'apprend ni ne s'exerce plus à l'intérieur de l'état
TROISIEMEMENT. L'État national tend à ne plus être le chargé de la reproduction des hommes (j'emploie « reproduction » dans son sens le plus large, c'est-à-dire les conditions économiques, politiques, culturelles et sociales en vue de la reproduction sociale), mais l'administrateur qui contient les désordres de cette reproduction. Le méga-pouvoir dont on ne sait pas grand chose, impose maintenant une reproduction plus importante, celle de l'argent.
QUATRIEMEMENT. La lutte contre la globalisation du pouvoir (et contre son soutien idéologique : le néolibéralisme) n'est pas l'apanage d'une pensée, d'une famille politique ou d'un territoire géographique, c'est une question de survie humaine. De même que pendant la Seconde guerre mondiale une multitude de forces ont résisté et lutté contre le fascisme, aujourd'hui, les forces qui résistent et luttent contre le néolibéralisme sont nombreuses.
CINQUIEMEMENT. Dans les États nationaux, le processus du couple globalisation - néolibéralisme produit un phénomène de résistance qui incorpore de façon toujours plus accentuée de vastes secteurs de la population, SANS QUE LEUR CLASSE SOCIALE OU LE LIEU QU'ILS OCCUPENT DANS LE PROCESSUS DE REPRODUCTION DU CAPITAL SOIT PRIMORDIAL.
SIXIEMEMENT. Par exemple, il apparaît des groupes déconcertants (de fait, la théorie avait décidé leur disparition ou leur « absorption » par ceux d'en haut) : d'un côté les indigènes qui parlent des langues incompréhensibles (c'est-à-dire inutilisables pour l'échange des marchandises) et qui défient avec des armes en bois des hélicoptères, des tanks, des avions, des mitrailleuses, des bombes, et d'un autre côté des jeunes chômeurs (le « lumpen » qui, théorie oblige, devrait être en train de grossir les rangs des appareils répressifs de l'État) qui se mobilisent contre le gouvernement et exigent le respect ou, au-delà, les homosexuels, les lesbiennes et les transsexuels qui demandent la reconnaissance de leur différence.
SEPTIEMEMENT. Ces phénomènes de résistance (« bourses de résistance » comme nous les appelons pour les opposer aux « autres » bourses, celles des valeurs) essaient de trouver un lien avec des phénomènes semblables dans d'autres parties du monde. Les super-autoroutes de l'information conçues pour faciliter le flux des marchandises et de l'argent commencent à voir (non sans frayeur) qu'elles sont empruntées par des vieilles charrettes, des bêtes de somme et des piétons qui n'échangent ni marchandises ni capitaux, mais quelque chose de très dangereux : des expériences, des soutiens mutuels, des HISTOIRES.
Je parle évidemment de ce qui est à portée de main : notre guerre, nos armes, notre histoire.
Mais il y a d'autres exemples qui nous parlent d'une nouvelle émergence, de quelque chose de nouveau qui surgit ça et là et que nous n'arrivons pas à diriger et à comprendre, en partie parce que les évènements se précipitent, en partie parce que le présent est le pire endroit pour penser le présent, en partie parce qu'il y a encore beaucoup de choses qui doivent se définir.
Mais quelque chose commence à se faire de plus en plus clair : il n'est pas sûr que nous ayons perdu et, surtout, il n'est pas sûr qu'ils aient gagné. L'histoire qui compte, celle que nous faisons, hommes et femmes, a encore beaucoup de fils à tisser, et on n'a pas fini de deviner ni le dessin ni la couleur de cette gigantesque tapisserie que l'humanité devra avoir. Nous, et avec nous beaucoup comme nous, nous savons déjà que, en tous cas, la couleur n'en est pas le gris qu'on impose actuellement, ni le dessin qui n'est que douleur et mort. Il y a aussi beaucoup d'autres couleurs. Et il y a aussi beaucoup d'espoir.
Il est certain que si la planète a des blessures ouvertes et sanglantes en sa ronde géographie, nous ne les soignons pas en les nommant, mais nous faisons un geste d'humanité qui par moments paraît perdu.
Nommons, donc, la Palestine, et que la honte nous recouvre.
Nommons les Balkans et que la mémoire s'actualise.
Nommons Euskal Erria et admirons la résistance silencieuse et incomprise d'un peuple qui, depuis des siècles, refuse d'être conquis. Là-bas, de l'autre côté de l'Atlantique, un peuple est encerclé dans une classique man¦uvre de pince : d'un côté la superbe d'un pouvoir qui, derrière le parapet de juges éblouis par les flashes des caméras, dirige une authentique guerre d'extermination, et d'un autre côté, la lâcheté d'un secteur qui se dit progressiste et qui, plus attaché au politiquement correct, garde un silence complice alors que la culture basque est traitée de « terroriste ».
Nommons Cuba et que le sang latino-américain cherche les ponts où nous nous sommes rencontrés hier et où nous nous rencontrerons demain. Dans les Caraïbes, un peuple fait face à un encerclement qui n'a rien d'une figure littéraire. Ce peuple a fait que son seul nom convoque une histoire de lutte et de résistance, de générosité et de courage, de noblesse et de fraternité. On dit « Cuba » comme on dit « dignité ».
Nommons la Bolivie et saluons la marche héroïque des Quechuas et des Aymaras qui défendent la terre. Saluons ceux qui font qu'être indigène est une fierté et qui, par leur révolte, font trembler tous les boutiquiers de l'Amérique.
Nommons le Chiapas et découvrons dans les pieds des plus petits l'avenir du « tout pour tous ».
Nommons quelque recoin que ce soit de la planète et soyons poursuivis avec les homosexuels, les lesbiennes et les transsexuels, résistons avec les femmes au destin de décoration idiote qu'on leur impose, résistons avec les jeunes à la machine broyeuse des non-conformismes et des révoltes, résistons avec les ouvriers et les paysans à la saignée qui, dans l'alchimie néolibérale, change la mort en dollars, marchons le pas des indigènes de l'Amérique Latine et, avec leurs pieds, faisons le monde rond pour qu'il roule.
Nommons ceux qui n'ont pas de nom. Regardons ceux qui n'ont pas de visage.
Nommons et regardons le monde qui n'existe pas encore, mais qui commencera à exister dans nos paroles et dans nos regards.
Nommons, donc, les douleurs de l'humanité. Pas seulement parce qu'elles sont nos douleurs. Aussi parce qu'en les nommant, nous nous faisons un peu plus humains. Parce que, face à ces blessures, le silence est renoncement, reddition, claudication, mort.
Si quelqu'un a fait de la plume une épée, qu'elle illumine l'air de son éclat, qu'en montrant nos blessures elle s'ennoblisse, qu'en nous nommant elle nous fasse partie prenante d'un casse-tête que sera demain un monde non exempt de mémoire et de honte.


Parce que, toutes deux, la mémoire et la honte, sont ce qui nous fait des êtres humains. Ne soyons pas les moutons de notre histoire, de notre conscience, les traîtres à la parole que nous avons élevée hier et qui nous convoque aujourd'hui pour être affilée et unie dans la mémoire et dans la honte.
Voilà. Salut et que la plume soit aussi une épée et son fil coupe le mur sombre par lequel l'avenir devra se faufiler.
Depuis les montagnes du sud-est mexicain, sous-commandant insurgé Marcos, Mexique, octobre 2003.
Traduction de l'espagnol : MF Ressouches. Texte original en espagnol : "La lucha contra la globalización es cuestión de supervivencia", La Jornada 26-10-03.