28 janvier 2013

Sayed Nasrallah: "Les conflits dans la région sont d’ordre politique, et non pas confessionnel"
 
 
A l'occasion de la naissance du prophète de l'Islam Mohammad P.S.S.L. et de la semaine de l'unité islamique, le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a prononcé le discours suivant devant des dizaines de milliers de fidèles rassemblés au complexe du maitre des martyrs dans la banlieue Sud de Beyrouth:

"Mes frères et mes soeurs que la paix de Dieu soit sur vous. Je vous adresse mes meilleures salutations en cette occasion grandiose et glorieuse et je vous félicite tout comme je félicite tous les musulmans du monde à l'occasion de l'anniversaire du Messager de Dieu, le prophète Mohammad P.S.S.L. et je vous félicite à l'occasion de la semaine de l'unité entre les musulmans comme l'a décrétée l'imam Khomeiny. Dans mon discours d'aujourd'hui, je voudrais évoquer la situation en général , les élections israéliennes et la situation au Liban.

Malheureusement de nos jours nous assistons à une campagne bien étudiée pour offenser le prophète et mettre en doute son message et la religion islamique. C'est un important défi auquel il faut faire face. Lorsqu'on porte atteinte à notre religion et à notre prophète dans certains livres et films, nous devons exprimer notre colère, mais notre responsabilité est d'agir positivement pour informer le monde entier sur ce prophète, sa vie, ses caractéristiques, son message et ses propos. On attribue injustement plusieurs actes et comportements à notre prophète. Il faut mettre les points sur les i sur ce sujet et informer le monde sur cette personnalité excptionnelle.
Les mouvements islamiques et les dignitaires religieux ont toujours essayé de parler de leurs propres croyances et de leurs propres imams, considérant qu'il n'y a aucun problème au sujet du prophète. Mais aujourd'hui, il incombe à tous les musulmans et les dignitaires musulmans de donner la priorité à informer le monde entier sur leur prophète, et il faut faire des recherches scientifiques nécessaires à ce sujet. Tout laxisme sur ce point est interdit parce que les ennemis poursuivent leur bataille.

Des parties ayant pour objectif de semer la division entre les musulmans et les chrétiens ou encore entre les musulmans eux-mêmes sont derrière les diffamations contre le prophète. Ces parties savent bien ce qu'elles font. L'un des plus grands défis sur la scène régionale est la montée des conflits et des divisions dans la plupart des pays islamiques et arabes. Ceci se fait tant sur le plan confessionnel entre les musulmans et les chrétiens ou entre les chiites et les sunnites. La nature des conflits actuels dépasse le titre confessionnel ou sectaire. Certains pays arabes sont composés d'une seule communauté, mais malgré ceci on y trouve des troubles et des problèmes parce que dans tous les pays arabes et islamiques, il existe plusieurs courants et mouvements politiques, donc les défis dans la région ne peuvent être résumés sous le simple titre confessionnel ou sectaire.

La plupart des conflits historiques et actuels sont politiques et non pas confessionnels. le conflit entre les pays arabes et l'Iran n'est pas un conflit confessionnel. on essaie tout le temps de transformer un conflit politique en confessionnel. Aujourd'hui un simple discours confessionnel est capable de déclencher une guerre, pour cette raison il faut adopter un discours ouvert non confessionnel. Les gens doivent être patients, dialoguer ensemble, chercher une solution que ce soit en Syrie, à Bahrein, au Yémen, en Tunisie, en Irak.. Nous devons entendre les uns les autres, c'est mieux d'aller directement vers les guerres alors que les Américains et les sionistes regardent satisfaits. La responsabilité des élites de la nation est très grande parce que les gens les entendent.

Au Liban, nous devons adopter une approche équilibrée, compte tenu de la situation géographique de notre pays. Le Liban est très influencé par ce qui se passe dans son entourage. Le problème majeur est de ne pas savoir comment traiter les crises et de perdre toute initiative. Si on arrive à régler ces crises de façon responsable nous pourrons surmonter la majorités des problèmes.

Passons aux élections israéliennes, nous pouvons constater les points suivants:
Le recul des partis fondateurs de l'entité sioniste, l'absence de parti fort, l'absence de personnalités essentielles sur la scène israéliennes, l'absence de leaders. Netanyahu insistait que l'entité a besoin d'un leader fort. La crise de confiance en Netanyahu est claire. Sharon était le dernier roi d'Israël. Les partis extrémistes de droite ont maintenu leur place. La multiplication des partis politiques et ceci complique la fonction du gouvernement. tous ces facteurs sont une preuve sur la crise qui règne dans cette entité sioniste.

Toutefois, nous ne devons pas être leurrés par les propos sur la gauche, la droite, et les centristes. En ce qui concerne toutes les questions liées aux arabes, la cause palestinienne, l'affaire des réfugiés, les frontières... et aux ambitions israéliennes dans notre région, tous les partis israéliens ont la même logique. La plupart des guerres contre les Arabes ont été menées par des gouvernements de gauche. Nous ne devons miser sur aucun parti. Aujourd'hui, l'attachement à la résistance à Gaza et au Liban est la garantie pour nous. La réconciliation palestinienne est la garantie des droits des Palestiniens. La force nationale protège le Liban et constitue sa force de dissuasion. L'équation du peuple-armée-résistance protège le Liban quel que soit le dirigeant israélien. C'est ainsi que nous pourrons entamer des projets vitaux et exploiter le pétrole. Nous devons tous collaborer pour que les Palestiniens restent forts et pour que les Libanais restent forts.
Passons au dossier libanais. Malheureusement le discours des injures et l'absence de dialogue sérieux prévalent au Liban. Le dossier des élections occupe la Une de la scène politique libanaise. Tous les partis libanais abordent la loi électorale de façon sensible à cause de la situation dans la région. Il est normal que les craintes des chrétiens sont grandes aujourd'hui surtout lorsqu'ils voient ce qui se passe pour leurs homologues en Syrie et en Irak. les développements dans la région ont compliqué l'accord sur une loi électorale. Pour eux, il s'agit de la reconstitution du Liban. et c'est de leur droit. A cause du danger de la situation dans la région, les Libanais doivent être plus patients pour calmer les esprits de ceux qui ont peur le plus. Mais certains ont dit que le projet orthodoxe est le projet du Hezbollah ou même de Bachar elAssad. Ce n'est pas de cette façon et par cette rancune qu'on aborde de telles questions. Ils accusent le Hezbollah d'avoir obligé les partis chrétiens alliés d'accepter cette loi. Ce ne sont que des mensonges et des exagérations. Si vous croyez vraiment que le Hezbollah est aussi influent, donnez-nous alors le pays et c'est fini.

Deuxièmement, concernant les intentions des partis qui cherchent une loi électorale selon leurs intérêts. Il est de droit de chacun de nous de rechercher ses propres intérêts. Mais ne jugez pas les intentions. Certains accusent le Hezbollah et le mouvement Amal de vouloir saboter les élections. Ce n'est pas logique. Pour le Hezbollah, le principe de la proportionnalité est celui qui doit régir toute loi électorale. Une bonne représentation parlementaire de tous les partis libanais passe par le principe de la proportionnalité quelle que soit la loi électorale adoptée.
Selon mes informations, la seule problématique chez l'autre camp est la question des armes. Pourrons-nous dialoguer ensemble pour parvenir à un consensus? Depuis 1992, citez-moi une circonscription électorale dans laquelle les armes ont été utilisées. Allons-nous utiliser une roquette de type Zelzal ou Fajr-5 pour imposer notre choix électoral? Bien sûr que non, alors que par le kalachinkov qui se trouve dans les mains de tout le monde, on peut terroriser les électeurs pour les obliger à choisir ceux qu'ils veulent.

Mais ce qui est le plus dangereux que les armes est l'arme de l'argent. Un des leaders de l'autre camp m'a dit un jour qu'ils ont dépensé 3 milliards de dollars pour gagner le scrutin. Les médias aussi sont plus influents dans les élections que les armes. Ceux qui refusent le choix de proportionnalité ont peur en réalité d'avoir une représentation normale. Nous devons toutefois prendre en compte toutes les inquiétudes et les craintes.

Les chrétiens considèrent qu'une bonne représentation peut constituer une chance qui calme leurs craintes. Un parlement ayant une bonne représentation des forces libanaises peut constituer une occasion historique pour développer le régime. J'appelle les Libanais à s'entendre sur une loi juste et laissez le dossier syrien de côté. les développements sur le terrain ont déçu beaucoup de gens qui s'attendaient à des changements dramatiques sur la scène syrienne.
Le gouvernement ne doit pas négliger les demandes vitales du peuple, ni la situation sécuritaire, ni le dossier des réfugiés, ni le dossier des prisonniers islamistes. Il est injuste de laisser les prisonniers islamistes dans les prisons pendant de longues années tout comme les autres prisonniers sans jugement. Le gouvernement libanais doit traiter tous ces dossiers et il ne faut pas que la loi électorale fasse obstacle à ces questions vitales et essentielles. 

 
Source: moqawama.org

24 janvier 2013


DIEU NE REPASSE PAS À BETHLÉEM

Roman

Jacob COHEN
LITTÉRATURE ROMANS, NOUVELLES MAGHREB, MONDE ARABE, MOYEN ORIENT Israël Palestine


On a inventé les accords d'Oslo en 1993 pour accorder aux Palestiniens un semblant d'État, une espèce de Bantoustan sous la stricte surveillance de l'occupant sioniste. 

La zone industrielle de Bethléem, lancée conjointement en 2009 par la France et Israël, deux alliés indéfectibles, avait pour objectif d'alléger les souffrances économiques des Palestiniens, et ainsi renvoyer aux calendes grecques la création d'un véritable État palestinien. 

C'est l'objet de ce roman.
ISBN : 978-2-336-00656-7 • janvier 2013 • 214 pages

Prix éditeur : 21 € 19,95 € / 131 FF


23 janvier 2013

Livre: témoignage pour الرائد المتقاعد عبدالله عبعابl’histoire

abdallah abaab
كتاب « شهادة للتاريخ » الجزء الأول

المؤلف: الرائد المتقاعد عبدالله عبعاب
كتاب « شهادة للتاريخ » للرائد المتقاعد عبدالله عبعاب الصادر بتونس سنة 2010:
تضمن عدة فصول من تاريخ البلاد من سنة 1948 الى سنة 1961 في لغة واضحة و سلسة، فقد فصّل المؤلف حيث يجب التفصيل و اختصر حيث يجب الاختصار و ربما تجاوز حين لم يمتلك دليلا.
يتكون هذا الكتاب من 440 صفحة منها حوالي مائة صفحة خصصها المؤلف للوثائق التاريخية والقوائم الاسمية للمتطوعين للعمل المسلح بالجنوب الشرقي لمقاومة الاستعمار الفرنسي للبلاد، و كذلك أسماء شهداء معركة ناظور233، بأقصى الجنوب التونسي، سنة
1961.
كتاب « شهادة للتاريخ » الجزء الأول
المؤلف: الرائد المتقاعد عبدالله عبعاب


كتاب « شهادة للتاريخ » للرائد المتقاعد عبدالله عبعاب الصادر بتونس سنة 2010:
تضمن عدة فصول من تاريخ البلاد من سنة 1948 الى سنة 1961 في لغة واضحة و سلسة، فقد فصّل المؤلف حيث يجب التفصيل و اختصر حيث يجب الاختصار و ربما تجاوز حين لم يمتلك دليلا.
يتكون هذا الكتاب من 440 صفحة منها حوالي مائة صفحة خصصها المؤلف للوثائق التاريخية والقوائم الاسمية للمتطوعين للعمل المسلح بالجنوب الشرقي لمقاومة الاستعمار الفرنسي للبلاد، و كذلك أسماء شهداء معركة ناظور233، بأقصى الجنوب التونسي،  سنة 1961.
الكتاب اضافة قيمة للمكتبة الوطنية لما يحتويه من وثائق نادرة، هذا فضلا عن أنه سيكون مادة دسمة للباحثين في تاريخ تونس المعاصر.
الرائد المتقاعد عبد الله عبعاب أصيل مدينة بن قردان بالجنوب الشرقي للبلاد التونسية. ولد سنة 1917. و كان من الضباط القلائل، المؤسسين للجيش التونسي، الذين لم يتكونوا في المدرسة العسكرية الفرنسية، إذ كان تكوينه في الكلية الحربية في العراق. كان المؤلف من المؤسسين للجيش الليبي قبل رجوعه الى تونس. تقلد مسؤوليات عدة في الجيش الليبي و التونسي.
بداية الأمر كانت في سنة 1948 حين قرّر المؤلف و هو شاب يافع، الالتحاق بالمقاومة في فلسطين للدفاع عن الأرض المقدّسة. و تسلل إلى التراب الليبي حيث وجد الدعم اللازم لرحلته الطويلة إلى الشرق، مع حذر الوقوع في كمائن المخابرات الفرنسية و الإنجليزية آنذاك، التي كانت تقاوم بحزم التطوع للقضية الفلسطينية.
عند وصوله مدينة السلوم المصرية رفقة مئات المتطوعين من المغرب العربي فوجئ بحدثين هامين: الأول هو توقف الحرب بفلسطين و قبول الدول العربية بالهدنة و إنهاء القتال. و الثاني هو قرار السلطات المصرية إرجاع كل المتطوعين إلى بلدانهم… ولاستحالة الرجوع إلى تونس بحكم انه محاكم غيابيا من قبل المحكمة العسكرية الفرنسية بعشرة أعوام سجنا لفراره من مركز عمله كحرس حدودي، فقد قرر المؤلف الفرار من المعسكر بمدينة السلوم، و التوجه إلى القاهرة قصد الاتصال بمكتب المغرب العربي و زعماء الحركة الوطنية التونسية و على رأسهم الزعيمين بورقيبة و الحبيب ثامر. و بعد جهد، استطاع لقاء هؤلاء الزعماء و تنقل مع بورقيبة لمقابلة الملك إدريس السنوسي قصد مساعدتهم في فتح معسكرات تدريب للتونسيين و التحضير للمقاومة المسلحة بتونس.
لقد كان السيد عبدالله عبعاب سنة 1950 ضمن البعثة العربية بوساطة الأمير عبد الكريم الخطابي لدى دولة العراق للدخول إلى الكلية العسكرية. و بعد تكوين دام ثلاث سنوات، تخرج ضابط خيالة وتحصل على جائزة الدورة من الملك العراقي فيصل. وعند رجوعه إلى مصر ثم ليبيا سنة 1953 كلف من طرف قيادة الحركة الوطنية بالإشراف على انتداب و تدريب المقاومة بدول المغرب العربي على ارض مصر. و من موقعه هذا، تسنى له الاتصال و التنسيق مع قيادات المقاومة بالقطر التونسي كمصباح الجربوع وزايد الهداجي و الساسي لسود و غيرهم. و بتكليف من الملك إدريس نفسه، سنة 1954، انخرط الضابط عبد الله عبعاب في الجيش الليبي في كتيبة الخيالة ثم المدرعات إلى سنة 1956 حين قرر الرجوع إلى الوطن بعد إعلان الاستقلال و المشاركة في تكوين النواة الأولى للجيش التونسي.
يروي المؤلف تفاصيل هامة عن المأمورية التي كلفه بها الديوان السياسي للحزب الحر الدستوري التونسي بالجنوب الشرقي للبلاد ، والتي تتمثل في العمل على إقناع المنشقين عن الحزب من أتباع الأمانة العامة الموالين للزعيم صالح بن يوسف، بالعودة إلى الحزب و إنهاء الانشقاق و دعوتهم لتسليم أسلحتهم باعتبار أن البلاد قد أحرزت استقلالها التام. وبحكم معرفته بقيادات هذه المجموعات و العلاقة المميزة إلي كانت تربطه بهم باعتباره من اشرف على تدريبهم في مصر، استطاع إقناع عدد لابأس به منهم، كما فشل مع آخرين وخاصة مجموعة تطاوين المنحازة انحيازا تاما للأمانة العامة.
خصص المؤلف جزءا هاما من شهادته في هذا الكتاب لمعركة من معارك الجلاء  قادها بنفسه ميدانيا، و هي لا تقل أهمية عن معركة بنزرت.. لقد قرر من خطط لها ان تكون في نفس اليوم والشهر و السنة من معركة بنزرت الشهيرة، و لعلها لنفس الأهداف. دارت هذه المعركة من 19 إلى 22 جويلية 1961.، ولكن للأسف بقيت مجهولة لدى عموم التونسيين. انها معركة ناظور 233  أو  Fort Saint وهو موقع يعرف اليوم ببرج الخضراء. لم يُخف المؤلف أسفه على أن تفاصيل هذه المعركة بقيت مجهولة لدى عموم التونسيين وهو ما يراه تقصيرا لا مبرر له من قبل دولة الاستقلال.  فرغم الإمكانيات المتواضعة، و الحرارة الحارقة، خاض هؤلاء الإبطال من الجيش الوطني ومتطوعين مدنيّين ـ من بينهم معتمد رمادة آنذاك الذي ظل مرابطا معهم في الخطوط الأمامية كامل مدة القتال ـ معركة شرسة مع جيش المستعمر الفرنسي المتفوق في العدد و العدة؛ فقد استطاعوا دحره وإلحاق الهزيمة به وتكبيده خسائر مادية هامة بشهادة الصحافة الفرنسية نفسها.
كما لم يُخف المؤلف في هذا الصدد امتعاضه من تضارب بعض الأوامر من القيادة العامة أثناء المعركة، مما أحدث لديهم المرارة و الحيرة وإثارة عدة تساؤلات.
ويؤكد السيد عبدالله عبعاب في الخاتمة بأن الهدف من هذا العمل في جزءه الأول، هو ذكر بعض الحقائق وإماطة اللثام عن بعض الجوانب التي لا يعرفها الكثيرون من أبناء هذا الوطن عن تاريخ مناضلين معروفين أو مغمورين استشهدوا خلال معارك الجلاء..  فهي شهادة للتاريخ حتى يعلم شباب اليوم و الأجيال القادمة بأن استقلال تونس وجلاء جيش المحتل عنها، كان معمّدا بتضحية و دم الآباء و الأجداد. و أن المقاومة المسلحة  لم تكن جملة اعتراضية في تاريخ الحركة الوطنية في بلادنا.
محمد العماري

21 janvier 2013

Louisa Hanoune accuse Hollande


Louisa Hanoune accuse Hollande d'être à l'origine de l'attaque terroriste d’In Amenas  19/01/2013

Louisa Hanoune accuse Hollande d'être à l'origine de l'attaque terroriste d’In Amenas

Très critique quant à l'évolution de la situation au nord du Mali depuis l'intervention militaire française, Louisa Hanoune vient de réagir à l'attaque terroriste d'In Amenas.

Saluant la décision des autorités algériennes d'y faire face sans aucune aide étrangère, elle fait porter le chapeau de ce «crime» à François Hollande. Selon la secrétaire générale du Parti des travailleurs, qui intervenait, hier, à l'ouverture de la réunion de ses cadres, «le groupe terroriste d'Abou El Bara n'a pas réagi au fait que l'Algérie ait donné son autorisation à la France pour que ses avions puissent survoler notre territoire, mais il a réagi à l'attaque militaire française dans la région tout simplement». Elle souligne que cet assaut était tout à fait prévisible, mais «l'Algérie a réagi positivement en décidant de refuser toute aide américaine ou française».

L'Algérie, estime Mme Hanoune, est la mieux placée dans la lutte contre le terrorisme et n'a pas de leçon à recevoir dans ce domaine d'aucun pays. Elle ajoute fièrement que l'Algérie est souveraine et n'a pas «à demander l'autorisation des Etats-Unis ou de la France pour intervenir pour la libération des otages».

Louiza Hanoune se dit convaincue que la démarche de François Hollande n'est que la deuxième étape de l'opération enclenchée par l'Otan, notamment en Irak, en Libye ou encore en Afghanistan, qui s'appuie dans son opération sur le conflit ethnique, notamment pour spolier les richesses de ces régions. «L'impérialisme français est en train de réveiller les vieux démons», tonne-t-elle, ajoutant que «l'intervention militaire est source de chaos, de dislocation et de pillage». Plus explicite, elle avance que la France qui traverse une crise économique œuvre pour y faire face, en justifiant son attaque par la lutte contre le terrorisme au nord du Mali. Selon elle, «le coup a été prémédité» et tous les acteurs principaux, entre autres, les groupes terroristes, les Etats de la Cédéao et les autorités maliennes sont à «la solde de la France». Et de s'interroger «sur le revirement d'Ançar Eddine qui a signé récemment un accord de principe en Algérie avec le Mouvement national de libération de l'Azawad».

D'ailleurs, les prémices de cette situation ont débuté avec le pourrissement de la situation en Libye, ce qui a permis l'introduction d'armes à In Amenas, via les frontières. «Le tracé sahélien est devenu un véritable dépôt d'armes, grâce à la France et l'Otan», poursuit la chef de file du PT. A cet effet, elle avertit encore une fois contre le danger qui vise l'Algérie. «Cette guerre est dangereuse et vise en premier lieu l'Algérie en manipulant la question du terrorisme et celle de l'identité dans la région du Sahel», ajoutant que c'est «un complot qui vise à provoquer l'implosion des pays de la région, en première ligne l'Algérie».

Louisa Hanoune appelle à la vigilance afin de faire face aux multiples pressions étrangères visant à impliquer directement l'Algérie dans cette «sale guerre». Selon la conférencière, «il y a des pressions sur l'Algérie pour l'impliquer dans cette guerre, dont le seul bénéficiaire sera l'impérialisme américain qui viendrait récolter les dividendes à la fin de l'intervention», renchérit-elle. Pour conclure, Louisa Hanoune appelle l'Etat à se démarquer clairement de cette guerre.

http://www.letempsdz.com//content/view/83546/1/

17 janvier 2013

Algérie: l’armée ouvre le feu sur le site où sont retenus des otages (islamiste)

Mokhtar Belmokhtar
L'armée algérienne "bombardait" jeudi le site gazier du centre-est de l'Algérie où un groupe islamiste retient de nombreux otages, parmi lesquels des dizaines d'Occidentaux, a annoncé une source de ce groupe à l'agence mauritanienne en ligne Nouakchott information (ANI).
Des hélicoptères de l'armée algérienne ont ouvert le feu sur le complexe où sont détenus les otages, dont au moins deux ont été blessés, selon cette source citée par l'ANI, agence généralement très bien informée sur les groupes islamistes armés.
L’arrêt de l’agression au Mali
Le groupe armé ayant revendiqué mercredi la prise d'otages en Algérie  réclame "l'arrêt de l'agression" au Mali, dans un communiqué publié par le site mauritanien Alakhbar.
"Nous annonçons avoir réussi une attaque de taille en réaction à (...) la croisade menée par les forces françaises au Mali", indique le communiqué rédigé par un groupe intitulé les "Signataires par le sang".
C'est le nom que l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, récemment destitué d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a donné à sa katiba (unité combattante).
Cette prise d'otages est une "réaction à l'ingérence flagrante de l'Algérie autorisant l'usage de son espace aérien par l'aviation française pour mener des raids contre le nord du Mali". "Nous affirmons que les otages sont plus de 40 Croisés, dont 7 Américains et 2 Britanniques, parmi d'autres nationalités", poursuit l'organisation.
"Nous rendons l'Algérie et les pays des otages responsables de tout retard dans l'accomplissement de nos conditions, dont la première est l'arrêt de cette agression contre les nôtres au Mali", souligne le groupe.
Des soldats français à BamakoRappelons que les troupes françaises progressaient mercredi vers le nord du Mali, avec des combats au sol qui constituent une nouvelle étape dans l’intervention militaire de Paris, après des raids aériens menés depuis le 11 janvier contre le centre et le nord du pays.
2 morts
Des combattants liés à Al-Qaïda ont attaqué  à l'aube le site d'In Amenas, dans le centre-est de l'Algérie, près de la frontière libyenne, à environ 1.300 kilomètres d'Alger, exploité par le groupe britannique BP, le norvégien Statoil et l'algérien Sonatrach.
Les autorités algériennes ont fait état de deux morts, un Algérien et un Britannique, au cours de l'attaque.
Trente otages algériens échappent à leurs ravisseurs
Ce jeudim trente otages algériens ont réussi à s'échapper du site gazier où ils étaient retenus en otage depuis mercredi à l'aube, a annoncé la Wilaya (préfecture) d'Illizi.
Des otages algériens avaient déjà été libérés mercredi par petits groupes mais leur nombre n'avait pas été précisé.
15 étrangers dont des français s'évadent
Quinze étrangers, dont un couple de Français, qui étaient retenus en otages auraient réussi à s'échapper, a rapporté jeudi la chaîne privée algérienne Ennahar.
Or, des sources gouvernementales algériennes ont indiqué qu'il était impossible dans l'état actuel des choses de pouvoir confirmer une telle information.
Des Américains et japonais parmi les otages
Entre-temps, Washington et Tokyo ont confirmé que des américains et japonais se trouvaient parmi les otages, alors que le président français François Hollande a dit ne pas avoir la certitude que des Français étaient retenus.
Cent cinquante employés algériens du groupe français CIS Catering sont également retenus sur le site, mais peuvent y circuler librement, selon le PDG de la société.
Un responsable de Statoil a pour sa part affirmé que 12 employés de la compagnie, neuf Norvégiens et trois locaux, étaient "impliqués" dans la prise d'otages, sans préciser s'ils étaient effectivement otages.
France 24 dit avoir parlé avec un otage français
Algérie/Site gazierDe son côté, la chaîne France 24 a affirmé mercredi avoir eu une conversation téléphonique avec un otage français détenu sur un site gazier en Algérie, qui a assuré que des Malaisiens et des Philippins figuraient également parmi les personnes retenues.
Hollande confirme la présence de Français
Le président français François Hollande a confirmé jeudi la présence de ressortissants français parmi les otages.
  Hollande a indiqué qu'il ne donnerait "aucune précision sur le nombre" de Français "éventuellement" retenus dans la prise d'otages en Algérie car, dans cette situation "confuse", le mieux est d'en dire "le moins".
Alger refuse de négocier avec les ravisseurs
Côté officiel, le ministre algérien de l'Intérieur Dahou Ould Kablia, soulignant que les autorités ne négocieront pas avec les "terroristes", a indiqué que les ravisseurs avaient demandé à quitter le pays avec leurs otages, ce qu'Alger refuse.
Le ministre a indiqué qu'ils étaient "encerclés" par l'armée et les services de sécurité dans le complexe gazier d'In Aménas.
Selon Ould Kablia, "le groupe terroriste qui a attaqué la base de vie n'est entré ni du Mali, ni de Libye", a souligné le ministre algérien, précisant qu'il s'agissait d'un groupe d'"une vingtaine d'hommes issus de la région".

sur Manar

L'OTAN appuie et combat simultanément Al-Qaïda du Mali à la Syrie

Redessiner l’Afrique : Les États-Unis appuient Al-Qaïda au Mali, la France « vient à sa rescousse »

Par Tony Cartalucci
Un déluge d’articles a été mis en circulation très rapidement afin de défendre l’intervention militaire de la France au Mali, « The Crisis in Mali: Will French Intervention Stop the Islamist Advance? » décide par exemple que les vieux trucs sont toujours les meilleurs trucs et élit le narratif éculé de la « guerre contre la terreur » comme fil directeur.

Le « Time » clame que l’intervention cherche à arrêter les « terroristes islamistes » de renverser l’Afrique et l’Europe. L’article stipule spécifiquement que :
« … Il y a une peur, probablement fondée en France, pour que l’islamisme radical du Mali menace la France, car la plupart de ces islamistes parlent français et ont des membres de leur famille en France. (Des sources émanant du renseignement à Paris ont dit au “Time” qu’ils ont identifié des aspirants djihadistes quittant la France à destination du nord du Mali pour s’y entrainer et y combattre), Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), un des trois groupes formant l’alliance islamiste malienne et qui lui procure la plupart de ses chefs a aussi désigné la France, le représentant des puissances occidentales dans la région, comme cible principale d’attaques à venir. »
Ce que par contre le « Time ” décide de ne pas dire à ses lecteurs est qu’AQMI est très étroitement lié au Groupe Libyen Combattant Islamiste au nom duquel la France est intervenue dans l’invasion par procuration de la Libye en 2011, donnant des armes, de l’entrainement, des forces spéciales et un soutien aérien important pour les aider à renverser le gouvernement libyen.

En remontant à août 2011, Bruce Riedel, du think tank de la Brookings Institution, financé par le cartel des entreprises monopolistes, écrivit « Algeria will be next to fall, » où il dépeignait que le succès prévu en Libye renchérirait les éléments radicaux en Algérie, particulièrement ceux de l’AQMI. Entre la violence extrémiste et l’anticipation de frappes aériennes françaises, Riedel espérait voir la chute du gouvernement algérien. De manière ironique Riedel notait : « L’Algérie a exprimé ses préoccupations en ce qui concerne les troubles en Libye et que ceux-ci pourraient bien mener au développement d’un nouveau havre de sécurité et un sanctuaire pour Al Qaeda et d’autres extrémistes djihadistes. »
Document PDF ICI

Nous pouvons donc remercier l’OTAN, car c’est exactement ce que la Libye est devenue, un sanctuaire pour Al-Qaïda sponsorisé par l’Occident (- A Western sponsored sanctuary for Al-Qaeda.). La tête de pont de l’AQMI dans le nord du Mali et maintenant l’implication directe de la France qui va voir le conflit déborder inévitablement sur le sol algérien. Il doit ici être noté que Riedel est un des auteurs du texte de commande du think tank » Which Path to Persia? qui conspire ouvertement pour armer une autre organisation listée terroriste par le département d’état américain : le Mujahedin-e Khalq (MEK), qui sème les troubles en Iran et aide à renverser le gouvernement là-bas. Ceci illustre bien le canevas pour l’utilisation d’organisations clairement terroristes, même celles listées par le ministère des affaires étrangères américain, afin d’aider à réaliser l’agenda de la politique étrangère américaine.

L’analyste en géopolitique Pepe Escobar a noté une relation même plus directe entre le groupe islamiste combattant libyen et AQMI dans un article publié dans Asia Times titré : « How al-Qaeda got to rule in Tripoli :»
« Crucialement, et toujours en 2007, le No2 d’Al Qaïda d’alors,  Zawahiri, avait annoncé officiellement la fusion entre le groupe libyen islamiste et Al Qaïda dans la mouvance AQMI. Ainsi pour toute application pratique depuis lors, le Groupe Islamiste Combattant Libyen et AQMI ont été un et un seul et Belhaj était/est son émir.»
« Belhaj, référence à Hakim Abdul Belhaj, leader du groupe islamiste de Libye, mena le renversement de Mouamar el-Kadhafi avec le soutien sans conteste de l’OTAN, des armes, du financement et une reconnaissance diplomatique par les mêmes, ce qui eut pour effet de plonger la nation dans une guerre civile incessante entre factions tribales. Cette intervention a également vu l’épicentre de la rébellion, la ville de Benghazi, se séparer de Tripoli pour devenir un émirat semi-autonome.” La dernière campagne de Belhaj l’a vu bouger en Syrie où il réside de manière admise à la frontière turco-syrienne, demandant plus d’armement, d’argent et de combattants pour la soi-disant « Armée syrienne libre » (ASL) et ce, toujours sous les bons auspices et le soutien inconditionnel de l’OTAN.

L’intervention de l’OTAN en Libye a ranimé l’organisation listée comme terroriste et affiliée d’Al-Qaïda le Groupe Islamiste Combattant Libyen. Il s’est battu auparavant en Irak, en Afghanistan et a maintenant des combattants, de l’argent et des armes provenant de l’OTAN et qui s’étend au Mali à l’ouest et en Syrie à l’Est. Le « califat mondial » avec lequel les néo-conservateurs ont fait peur aux petits enfants occidentaux depuis plus de 10 ans est maintenant en train de prendre forme au travers des machinations émanant de l’alliance US-Arabie Saoudite et d’Israël ainsi que du Qatar et non pas de « l’Islam ». En fait, les véritables musulmans ont payé un lourd tribut en luttant dans cette « guerre contre le terrorisme financé par l’Occident ».

Le Groupe Islamiste Combattant Libyen, qui est en train d’envahir maintenant la Syrie du Nord avec des armes, de l’argent et un support diplomatique français le tout pour le compte de la tentative de changement de régime de l’OTAN dans ce pays, a officiellement fusionné avec Al-Qaïda en 2007 dans le centre de combat contre le terrorisme de l’académie militaire de West Point (Combating Terrorism Center (CTC).

D’après le CTC, AQMI et le GICL ne partagent pas seulement des buts idéologiques, mais des buts stratégiques et tactiques. Les armes reçues par le groupe libyen ont certainement été transférées aux mains d’AQMI par les frontières sahariennes si poreuses et sont maintenant au nord du Mali.

En fait, ABC news a rapporté dans un article: En fait, ABC news a rapporté dans un article: « Al Qaeda Terror Group: We ‘Benefit From’ Libyan Weapons, » that :

Qu’un membre important d’un groupe terroriste affilié infiltré par Al-Qaïda a indiqué que l’organisation pourrait avoir acquis quelques-unes des milliers d’armes puissantes portées manquantes à l’issue du chaos général en Libye, ce qui confirme les craintes de longue date de certains officiels occidentaux.

« Nous avons été un des principaux bénéficiaires des révolutions dans le monde arabe », a dit Mercredi Mokhtar Belmohktar, un des chefs d’AQMI, à l’agence de presse mauritanienne ANI. « En ce qui concerne les armes libyennes, ceci est une chose naturelle en de telles circonstances ».

Ce n’est pas du tout une coïncidence que le conflit tirant à sa fin en Libye, un autre conflit émergea dans le nord du Mali. Ceci fait partie d’un réagencement géopolitique prémédité qui a commencé avec le renversement de la Libye et depuis lors, l’utilisant comme tremplin pour cibler l’invasion d’autres nations, incluant le Mali, l’Algérie et la Syrie, au moyen de terroristes lourdement armés, entrainés et financés par l’OTAN.

L’implication de la France va peut-être faire sortir AQMI et ses affiliés du nord du Mali, mais il est presque certain qu’ils se retireront en Algérie, et ce, de manière planifiée. L’Algérie a été capable de stopper la subversion durant les phases de départ du « Printemps arabe, créé par les États-Unis » (US-engineered « Arab Spring) en 2011, mais elle n’a sûrement pas échappé à l’attention de l’Occident qui est en train de complètement transformer la région s’étalant de l’Afrique aux pas de porte de Pékin et de Moscou, utilisant un réseau géopolitique schizophrénique, mettant en œuvre des terroristes pour à la fois provoquer un casus belli et avoir ainsi un prétexte à l’invasion et également avoir à sa disposition une source mercenaire quasi inépuisable pour pouvoir le faire.

Landestroyer.blogspot

Article original en anglais :

The Geopolitical Reordering of Africa: US Covert Support to Al Qaeda in Northern Mali, France “Comes to the Rescue”, NATO funding, arming, while simultaneously fighting Al Qaeda from Mali to Syria, le 15 janvier 2013.

Traduit de l’anglais par Résistance 71

France : L'Etat guerrier




France,Mali
                                    L'Etat guerrier

Par Djamel LABIDI
Une intervention militaire française en chasse une autre: Côte d'ivoire, puis Libye, puis Mali, sans parler de la volonté appuyée d'intervenir en Syrie. Les troupes françaises ont à peine commencé à quitter l'Afghanistan qu'elles interviennent de nouveau au Mali.
La France apparait ainsi, actuellement,  comme le pays  le plus agressif de la planète. Même les USA paraissent, en comparaison, plus réservés, dans le rôle de gendarme. Et  s'il y a une distribution des tâches dans ce rôle, on peut dire  que la France fait preuve dans le sien  d'un zèle particulier.
C'est inquiétant. Car cet Etat  par deux fois, en Libye et maintenant au Mali, est venu, avec ses armées, aux  frontières de l'Algérie et des pays du Maghreb. Chaque Algérien, chaque Nord-Africain, ressent cette inquiétude, celle d'avoir en face, de l'autre côté de la méditerranée, un Etat guerrier.
François Hollande est célébré en France comme "un chef de guerre". Sur tous les médias français, journaux, radios, télés, on proclame qu'il "est vraiment devenu président de la république maintenant qu'il a déclenché une guerre".  Comme le président Bush après la guerre contre l'Irak, et comme le président Obama, sacré "chef de guerre" après avoir fait tuer Ben Laden, ou comme le président Sarkozy après l'attaque contre la Libye. Non pas Président de la république respecté parce qu'il a réglé des problèmes économiques, des problèmes sociaux, parce qu'il est un homme de paix, mais parce qu'il a déclenché une guerre.
On reste songeur devant une telle vision, devant cette culture belliqueuse, devant "cette civilisation" qui nous ramène aux temps où les Consuls et Césars ne  devenaient légitimes et populaires, à Rome,   qu'au retour d'une expédition victorieuse, à l'époque où les rois ne le devenaient  réellement qu'après avoir conquis de nouveaux territoires, et où ils demandaient à leurs vassaux d'envoyer des contingents pour la guerre, comme l'injonction en est faite aujourd'hui par la France  au Tchad, au Niger, au Sénégal, au Togo, au Benin, à la Côte d'Ivoire, et à d'autres pays africains.
C'est l'union sacrée autour du nouveau "chef de guerre", François Hollande. C'est, de la gauche jusqu' à l'extrême droite française, l'unanimité de la classe politique française pour l'intervention militaire. Un tel unanimisme,  une démocratie aussi verrouillée, a des allures de  totalitarisme. Les socialistes français retrouvent leurs premiers amours, et les parfums  enivrants du chauvinisme de gauche et des expéditions vers des lieux aux noms exotiques: Tombouctou, Gao, le Sahara. Beaucoup d'intellectuels français les suivent. Comme cela avait été le cas pour la Libye, ils sont pris d'excitation guerrière, d'émotion et de fierté patriotiques devant le spectacle des avions "Rafale" qui décollent et celui du déploiement martial de leurs forces armées. De joie, l'un d'eux s'écrie: " Pour tous ceux qui parlaient de décadence française,  c'est la preuve que nous sommes toujours un grand pays car nous sommes capables d'intervenir."(Nicolas Domenach, Chaîne ITélé, émission "ça se dispute", 12 janvier2013). La communauté malienne en France se voit soudain entourée de sollicitude. Elle en est  étonnée et même gênée. Pourvu que ça dure. Les médias français découvrent avec tendresse que la ville française de Montreuil est, après Bamako, la seconde ville malienne par sa population originaire de ce pays.  Le parti français, le "Front National", juge cette intervention légitime, d'autant plus « qu'elle concerne, dit-il,  un pays francophone ». Les émigrés maliens ne sont plus donc, pour le moment, des " émigrés qui envahissent la France et viennent manger le pain des français". On pressent déjà des tentatives pour opposer Arabes et Africains dans l'immigration française, Afrique du Nord et Afrique noire, mais ce sera difficile tant la solidarité maghrebo-africaine est grande.
Bref, peu de voix se font entendre, en France,  pour  dénoncer l'intervention militaire, ou alors elles sont difficilement audibles. Aujourd'hui, pour l'instant, le principal reproche  fait au Président  François Hollande par le leader du Front de gauche, J.F. Mélenchon, ainsi que par les représentants du parti communiste français et de la gauche écologique c'est de…ne pas avoir convoqué le parlement avant d'avoir décidé de la guerre. A quoi le gouvernement français répond superbement qu'il n'en avait pas le temps et qu'il "fallait agir vite".
Cet argument, "qu'il fallait agir vite"  est trop souvent répété, assené, sur tous les médias français pour ne pas en devenir suspect. Il rappelle, le même, utilisé pour la Libye, lorsqu'on criait qu'il fallait vite intervenir à Benghazi, pour éviter un massacre. On sait comment cette justification s'est avérée mensongère et d'où est finalement venu  le massacre. Il semble, en réalité, que l'armée malienne avaient lancé des opérations sur la route menant à la ville de Mobti et en direction de la ville de Douentza, dés la journée de Lundi 7 Janvier (cf"le Quotidien d'Oran, 9 janvier 2013, p 6). Ces opérations, organisées en coordination avec le commandement français, avaient pour but, selon des experts occidentaux, de faire sortir les colonnes de pick-up des groupes rebelles de leurs bases et des villes afin de les bombarder en rase campagne et de permettre ainsi à l'aviation française d'intervenir. La version officielle française vise donc à justifier la précipitation de l'intervention française et à en  cacher les véritables raisons. Affaire donc à suivre, tant la gestion de ces interventions militaires par le mensonge est devenue coutumière.
                                                                      LA LEGITIMATION
Il est remarquable de voir comment chaque intervention militaire s'entoure d'un discours de légitimation. Chaque fois qu'elle a eu lieu, l'intervention militaire a été proclamée légitime, qu'il s'agisse de défendre un pouvoir contre des groupes armés rebelles comme c'est le cas au Mali, ou, au contraire,  de soutenir des groupes armés rebelles contre un pouvoir comme cela a été le cas en Libye ou c'est le cas en Syrie. Le droit d'ingérence n'est en fait que le droit du plus fort. Il ne s'embarrasse pas de cohérence. Mais  en aucun cas, les puissances occidentales qui  s'en réclament et interviennent, ne mettront leur influence, pourtant grande, au service d'une solution politique, pacifique. L'intervention est toujours violente et elle laisse toujours le pays dévasté, exsangue, meurtri  physiquement et moralement, fragile pour longtemps.
Dans le registre de la légitimation, il y a aussi l'argumentaire de la "menace terroriste islamiste".  Depuis que le Président Bush a trouvé et désigné  ainsi le nouvel ennemi global de l'Occident,  l'argument sert " à toutes les sauces", y compris d'ailleurs à des alliances avec ceux désignés auparavant comme "terroristes" lorsque la "realpolitik"  l'exige. La référence à la "menace terroriste" offre l'avantage à la fois de n'avoir rien à justifier et de donner une justification à n'importe quoi. Le président de la République française, François Hollande, et son ministre des affaires étrangères n'ont cessé de répéter, de marteler, qu'il s'agissait, au Mali, de lutter contre " des groupes terroristes criminels". On aura remarqué le pléonasme. Il a pour fonction d'accroître la tension. C'est ainsi qu'un amalgame est fait entre les différents groupes armés "rebelles", et que se trouvent obscurcies les véritables raisons de la crise malienne, et du même coup celles véritables de l'intervention française. Elles sont, ici comme ailleurs, à  chercher, banalement hélas, dans le pillage des richesses de la région et dans le maintien de l'influence nécessaire à cet effet.
L’Histoire se répète sur le continent africain..Entre l’an 397 et 398, Gildon,  prince Amazigh, se révolta contre la domination romaine et s'allia avec  les rebelles donatistes et circoncellions. Il arrêta les exportations de blé d'Afrique du Nord  vers Rome. Celle-ci utilisa contre lui, le fameux poète romain Claudien (un media de l'époque) qui mobilisa, à travers notamment un long poème propagandiste, l'opinion romaine, et déclencha la peur dans l'Empire en  faisant croire à la population qu'elle allait connaître la famine. Les méthodes sont les mêmes. Seule la technologie a changé.
La "menace terroriste islamiste" est brandie, comme à la plus belle époque du Président Bush junior. Le thème est repris en boucle par tous les hommes politiques et les médias français ce qui permet, collatéralement, de différer, au nom de "l'union sacrée", les échéances de la grave crise économique, sociale et morale actuelle de la société française ou d'y faire diversion. Mais le thème comporte néanmoins un inconvénient, puisque, depuis, il y a eu le Président Obama et sa nouvelle stratégie envers le monde arabe et musulman, qui consiste à ne plus se contenter de brandir l'épouvantail de l'islamisme. Là se trouve une contradiction et une gêne, qu'on perçoit chez bien des  commentateurs français  lorsqu'il s'agit de passer du discours sur "le printemps arabe" et de la prise en compte de l'Islam politique à celui de la "menace islamiste".
Dans le registre de la légitimation de l'intervention au Mali, il faut parler, enfin, de la référence à la décision du Conseil de sécurité de l'ONU à ce sujet. Les responsables français s'enveloppent dans celle-ci  comme si la France ne faisait que se mettre,  par altruisme,  au service du droit international. Mais c'est précisément la France qui a  fait le siège du Conseil de sécurité pour obtenir une résolution autorisant l'intervention au Mali. Encore que cette intervention prévoyait d'abord de s'efforcer de trouver une solution politique aussi bien aux revendications légitimes des Touaregs du Nord Mali, qu'à la question de la légitimité du pouvoir politique malien,  mise à mal par le coup d'Etat récent. Et à ce propos, d'ailleurs, quelle  légitimité peut bien avoir un pouvoir qui ne peut se maintenir que par une intervention armée étrangère, laquelle, par ricochet, révèle d'ailleurs, par là même, sa propre illégitimité. Là est la faiblesse originelle de cette intervention militaire française. On peut s’attendre à la voir se révéler de plus en plus au fur et à mesure du développement de la situation.
       
         paru dans le Quotidien d'Oran du Jeudi  17 Janvier 2013