01 avril 2012

L´Otan a laissé mourir en mer 65 réfugiés africains fuyant la guerre en Libye

L´Otan a laissé mourir en mer 65 réfugiés africains fuyant la guerre en Libye

Jeudi, le Conseil européen a condamné l´Otan pour n´avoir pas prêté assistance, au printemps 2011, aux 72 africains qui fuyaient la guerre de Libye en direction de Lampedusa (Italie), pourchassés par la rébellion libyenne qui considérait tous les ressortissants des pays du Sahel comme des «mercenaires à la solde du régime de Kadhafi».

Sur les 72 occupants de la patera qui était alors en dérive depuis plusieurs jours à seulement 11 miles (une vingtaine de km) au large des côtes libyennes, 65  avaient été laissés mourir de faim, de soif et de déshydratation. L´embarcation de fortune avait pourtant bien été localisée par le Centre de coordination des secours maritimes italiens (CCSMI) qui avait alerté aussitôt le commandement militaire de l´Otan.
Des dizaines de navires de guerre se trouvaient en rade dans cette zone où un embargo maritime strict avait été décrété par le Conseil de sécurité afin de prévenir le trafic d´armes au profit de Tripoli. Les membres de la commission d´enquête ordonnée par le Parlement européen concluront néanmoins à l´absence de réaction des navires de l´Otan.

Des hélicoptères prenaient des photos souvenirs du naufrage

Or, sur place, il y avait pas moins de six navires de guerre surveillant en permanence cette zone d´exclusion maritime et aérienne, en majorité français et espagnols.
C´est le cas, notamment, de la frégate espagnole Méndez Múñez, dont l´équipage n´aurait pas exécuté l´ordre de sauvetage lancé par le commandement de l´Otan, alerté pourtant en temps réel par les autorités italiennes. Des pilotes des hélicoptères de retour des opérations en Libye auraient survolé la zone en se limitant à prendre des photos souvenirs de la tragique scène de naufrage en haute mer, avant de regagner leurs bases dans l´indifférence. 
Les autorités militaires espagnoles, elles, ont assuré n´avoir pas été alertées par SOS de la dérive de l´embarcation. Elles ont nié en bloc que la vedette Méndez Núñoz se trouvait dans la zone au moment de la tragédie. Cette explication n´a pas convaincu le Parlement européen dont les enquêteurs affirment avoir été bloqués dans leurs opérations d´investigation sur ce scandale par l´Espagne et l´Italie.
Madrid et Rome auraient refusé de coopérer avec eux. Malgré tout, le rapport des enquêteurs affirme que la flotte de guerre espagnole présente sur les lieux «n´est pas intervenue comme elle avait la responsabilité de le faire en engageant des opérations de secours pour sauver la vie des 65 réfugiés dont la mort pouvait être évitée».

«Nous avons bu notre urine et mangé du dentifrice»

Hier matin, la presse à grand tirage de la plupart des pays européens s´était montrée indignée par la passivité des forces alliées qui étaient, paradoxalement, là «pour protéger les populations civiles en danger de mort», en allusion à la résolution 1970 du Conseil de sécurité sur la création d´une zone d´exclusion aérienne en Libye).
Le quotidien espagnol El Mundo évoque dans le détail «le désarroi dans lequel se trouvaient les victimes qui ont dû boire leur urine et manger du dentifrice dans l´espoir de survivre au naufrage».
              
H. A

http://www.letempsdz.com//content/view/72162/1/


lu sur le blog :

http://rsistancedespeuples.blogspot.fr/2012/04/condamnation-de-lotan-pour-non.html?spref=fb
Les Palestiniens entre le marteau des crimes sionistes et l’enclume du «black-out» occidental 
 
« Les tueurs de mon fils seront-ils jugés ou vont-ils échapper à leur crime une fois de plus ? » ; une question qui, malgré sa simplicité, demeure sans réponse, reconnaît Om Mohamed Asaliyeh, la mère des martyrs : Mohamed, Imad, et Ayoub qui n’a pas dépassé ses 15 ans.

Affligée d’avoir perdu son troisième fils, tombé en martyre suite à un raid aérien israélien visant Jabalya au nord de la bande de Gaza, Om Mohamed dit qu’elle a mal au cœur comme toutes les mères palestiniennes ayant perdu leurs fils lors de la dernière agression contre la bande de Gaza. Le laxisme des institutions internationales et des organisations de droits de l’homme face aux crimes sionistes successifs contre les enfants, les vieillards et les femmes vient augmenter le sentiment de colère ".

Selon le Haut Comité de l'Ambulance et de l’Urgence au ministère de la Santé palestinien, le bilan de l'agression, qui a duré cinq jours, remonte à 26 martyrs, dont quatre personnes âgées, une fille, et environ une centaine de blessés.



Recours aux armes prohibées

Le porte-parole du comité Adham Abou Selmiya a signalé à « Alintiqad » que l’entité sioniste a utilisé, lors de sa dernière attaque sur Gaza, des armes prohibées, et cela apparaît au niveau de la nature des blessures subies par les victimes transférées aux hôpitaux et aux établissements de soins médicaux.
Selon Abou Selmiya, l’armée israélienne a utilisé de nouveaux types de bombes et de missiles qui nécessitent l'amputation de membres des blessés, et qui provoquent d’importants dégâts dans les régions visées à cause de la puissance de l'attentat, par rapport à ce qui a été documenté dans les agressions précédentes, y compris la guerre de l'année 2008.

Certaines organisations de droits de l’Homme attribuent la poursuite des assassinats contre les civils palestiniens à l’absence de mesures internationales qui garantissent leur protection. Selon le centre des droits de l’Homme « Almizan », « la politisation des questions des droits de l’Homme dans la cause palestinienne et le conflit israélo-arabe a directement contribué au renforcement du principe de l’impunité, ce qui a encouragé – et continue à encourager- les Israéliens à poursuivre les violations qui peuvent être prises pour des crimes de guerre. 

L’Organisation de gauche israélienne Betselim, qui s’occupe des questions des droits de l’Homme dans les territoires occupés s’accorde avec le constat du centre « Almizan ». Un rapport spécial publié par cette organisation israélienne a montré que la plupart des plaintes et des dossiers déposés depuis plus d’un an ont révélé l’absence de toute sanction contre les soldats israéliens.

Betselem dit dans son rapport que : « depuis le début de la deuxième Intifada en 2000 et jusqu'au mois d'Avril 2011, nos équipes ont déposé des plaintes auprès des procureurs militaires israéliens pour enquêter dans 304 cas de tuerie de Palestiniens par des soldats israéliens, négligés par la Cour israélienne. Cette dernière a ouvert une enquête spéciale pour seulement neuf cas sans adopter de mesures contre les soldats agresseurs ».

Evasion volontaire

L'organisation affirme que Tel-Aviv fuit de plus en plus à son obligation de sanctionner les graves violations des droits de l'Homme commises contre les Palestiniens de la Cisjordanie et de Gaza, à la base du principe qui stipule l’interdiction de toute enquête lorsque les soldats tuent des civils palestiniens non impliqués dans les combats. Il s’agit aussi de la violation de la législation spéciale qui permet aux personnes affectées d'obtenir des indemnisations ou autres par les tribunaux et les forums juridiques.

Les normes et les conventions mettent l'accent sur le « principe de proportionnalité » qui exige la suivie de tous les moyens possibles pour réduire les préjudices causés à des civils en cas de la présence de l’intention d'attaquer des sites ou des cibles militaires à proximité, en mettant l'accent sur le fait que la violation de ceci est une violation flagrante du droit international; qui est devenu sans valeur pour les Israéliens. 


Source : Alintiqad - Gaza, traduit par : moqawama.org

Rapport sur les violations israéliennes des droits humains

jeudi 29 mars 2012 - 17h:38
PCHR du 22 au 28 mars 2012




Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) continuent leurs attaques systématiques contre les civils palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés. 
 
Durant cette semaine du 22 au 28 mars 2012 :
  • les FOI ont continué d’user de la force contre les manifestations non violentes en Cisjordanie :
    • un civil palestinien a été blessé ;
    • des dizaines de manifestants et 3 diplomates ont inhalé les lacrymogènes ;
  • les FOI ont conduit 65 incursions dans les communautés palestiniennes en Cisjordanie et une limitée à l’intérieur de la bande de Gaza :
    • 3 civils palestiniens ont été blessés au cours d’une incursion dans Rammoun, au nord-est de Ramallah ;
    • 19 Palestiniens, dont un mineur, 2 femmes et un malade ont été arrêtés ;
    • un mineur palestinien a été blessé dans l’explosion d’un objet suspect laissé par les FOI près de Naplouse ;
  • Israël a maintenu un siège total sur les TPO et l’isolement de la bande de Gaza du monde extérieur ;
  • les FOI ont poursuivi leurs activités de colonisation de la Cisjordanie, et les colons israéliens leurs agressions contre les civils palestiniens et leurs biens :
    • des colons israéliens ont agressé 3 bergers palestiniens et blessé un civil palestinien à Ramallah ;
    • des colons israéliens ont arraché des dizaines d’arbres et volé des outils agricoles à Bethléhem ;
    • des colons israéliens ont agressé des agriculteurs palestiniens à Naplouse, et blessé l’un d’entre eux ;
    • les FOI ont démoli 4 tentes, 6 basses-cours et 3 hangars dans le nord de la vallée du Jourdain.
(JPG)
Les constructions se poursuivent dans la colonie Armon Hanatsin à Jérusalem.
Résumé
Les violations israéliennes du droit international et du droit humanitaire dans les TPO se sont poursuivies dans la semaine du 22 au 28 mars 2012

Tirs
-  Durant la semaine écoulée, les FOI ont blessé et arrêté 3 Palestiniens lors d’une incursion dans Rammoun, village au nord-est de Ramallah. Un enfant a été également blessé par l’explosion d’un mystérieux objet près de Naplouse.
-  Durant cette semaine, les FOI ont usé d’une force démesurée pour disperser les manifestations non violentes organisées en protestation des activités de colonisation israéliennes et de la construction du mur d’annexion en Cisjordanie.
Résultat : un Palestinien a été blessé et des dizaines de manifestants palestiniens et internationaux ont inhalé les lacrymogènes lancés sur eux par l’occupant israélien.
-  En outre, un civil palestinien a été blessé par des colons israéliens quand ceux-ci ont attaqué des bergers palestiniens près de Ramallah.

Incursions
Durant la semaine, les FOI ont conduit au moins 65 incursions militaires dans les communautés palestiniennes en Cisjordanie, au cours desquelles elles ont arrêté 19 Palestinien, dont un enfant, deux femmes et un malade.
Dans la bande de Gaza, les FOI ont mené une incursion limité.

Restrictions aux mouvements
Israël a maintenu un siège serré sur les TPO et imposé des restrictions graves aux mouvements des civils palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée.
Le bouclage illégal de la bande de Gaza imposé par les Israéliens, qui s’est renforcé énormément depuis juin 2007, a un impact désastreux sur la situation humanitaire et économique dans la bande de Gaza.
Ce bouclage illégal a provoqué non seulement une crise humanitaire mais encore une crise en matière de droits humains et de dignité humaine pour la population de la bande de Gaza. Les mesures annoncées récemment qui devaient alléger le blocus restent vagues, purement superficielles, et ne répondent en rien aux racines des crises, lesquelles ne peuvent être résolues que par une levée immédiate et totale du bouclage, et notamment la levée de l’interdiction de voyager à l’intérieur et à l’extérieur de la bande de Gaza, et l’interdiction des exportations.
Les Palestiniens de Gaza ne peuvent souffrir plus longtemps des carences actuelles en nourritures ; ils restent économiquement dépendants et incapables de répondre à leurs besoins, et se trouvent isolés socialement, culturellement et intellectuellement, du reste du monde.
Les FOI ont maintenu les restrictions graves qu’elles imposent sur les mouvements des civils palestiniens dans toute la Cisjordanie, dont Jérusalem-Est occupée. Des milliers de Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza se voient toujours interdire l’accès à la cité.

Activités de colonisation
Israël a poursuivi ses activités de colonisation des TPO, en violation du droit humanitaire international, et les colons leurs agressions contre les civils palestiniens et leurs biens.
-  Durant cette semaine, les FOI ont démoli 4 tentes, 6 basses-cours et 3 hangars dans le nord de la vallée du Jourdain.
-  Le 24 mars, des colons israéliens de la colonie Kfar Etzion, au sud-ouest de Bethléhem, ont arraché 85 oliviers et se sont emparés d’outils agricoles, dans l’ouest du village d’al-Khader.
-  Le même jour, d’autres colons, de la colonie Givad Assaf, un avant-poste colonial installé dans Burqa, village au nord-est de Ramallah, ont agressé 3 bergers palestiniens dans le nord-ouest du village. Les Palestiniens ont lancé des appels par les haut-parleurs des mosquées pour aller protéger les bergers. Des dizaines de Palestiniens se sont aussitôt réunis et se sont affrontés aux colons. Immédiatement, l’un des colons a fait feu sur ces civils palestiniens.
Hassan Balqawi Ma’tan, 40 ans, a été blessé d’une balle dans l’épaule droite.
-  Le 26 mars, après coordination avec les FOI, des Palestiniens de Bourin, village au sud-est de Naplouse, se sont dirigés vers leurs terres agricoles situées près de la colonie Brakha, pour y travailler. Une demi-heure plus tard, des dizaines de colons arrivaient sur place et commençaient à lancer des pierres sur les agriculteurs, en présence des FOI.
Ayman Lu’ai al-Najjar, 27 ans, a été blessé par une pierre reçue dans le front.

(JPG) Document public
Pour plus d’informations, merci de vous rendre sur le site du PCHR, ou de le contacter à son bureau à Gaza ville par courriel : pchr@pchrgaza.org, ou par téléphone : (+972 (0)8 2824776 - 2825893).
Rapport hebdomadaire pour la période du 15 au 21 mars 2012 : PCHR
sur Info-Palestine.net - traduction : JPP pour la Cisjordanie et Jacques Salles pour la bande de Gaza

30 mars 2012


Sayed Nasrallah: "Ce qui se passe à Bahreïn est une véritable tragédie et la solution en Syrie est politique".
 
A l'occasion de l'inauguration du complexe de Sayeda Zeinab à Haret Hreik dans la banlieue Sud de Beyrouth, le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a affirmé que le sang des Palestiniens a favorisé la poursuite de la cause palestinienne malgré les tentatives israéliennes et européennes de faire oublier cette cause à la nation arabo-islamique. S'attardant sur la journée de la terre, commémorée par des centaines de milliers de Palestiniens, d'Arabes et d'activistes occidentaux en Palestine et dans les pays arabes et européens, Sayed Nasrallah a dit que le peuple palestinien reste attaché au Vrai, à la terre, et aux lieux saints. 


Il a accusé les occupants de vouloir se débarrasser de la cause palestinienne, pour qu'elle ne reste plus une cause primordiale, et d'œuvrer pour pousser les Palestiniens au désespoir. Tout en promettant de poursuivre la lutte à tous les plans pour garder la cause palestinienne dans les esprits, notamment sur le plan médiatique, politique, social, il a insisté sur le rôle de la résistance et des souffrances des détenus dans la survie de la cause palestinienne.

S'adressant aux dirigeants, peuples et nation arabes, le chef de la résistance a appelé tout le monde à accomplir leurs devoirs envers cette cause sacrée. "Malheureusement, cette nation n'assume pas ses responsabilités. Pourtant elle est capable de réaliser facilement la victoire. L'imam Khomeiny avait dit si chaque musulman verse un sceau d'eau sur la Palestine, Israël sera tout noyé", a-t-il rappelé.

" On n'a pas besoin d'armes nucléaires, ni d'avions américains pour faire notre devoir, et voyons ce qui s'est passé au Liban et à Gaza. Quelques Libanais et Palestiniens, soutenus par l'Iran et la Syrie, ont réalisé une grande victoire au Liban et à Gaza. Donc la nation peut vaincre Israël", a-t-il assuré.
Sayed Hassan Nasrallah s'est dit certain que l'avenir des peuples arabes est celui de la résistance et que ceci sera prouvé après un certain temps.

S'exprimant sur la Syrie, Sayed Nasrallah a dit que seule la solution politique peut régler la crise dans ce pays. Il a expliqué que le dialogue entre le gouvernement et l'opposition et la mise en œuvre de réformes sérieuses sont capables d'aider la Syrie à recouvrer sa stabilité. Sayed Nasrallah a appelé tous ceux qui aiment la Syrie à porter leur aide de toute sorte pour la faire sortir de la crise. Rappelant que tout le monde est intéressé par la cause syrienne, et que seulement hier il y a eu trois sommets sur cette affaire: celle du BRICS, de la ligue arabe et le sommet irano-turc, le chef du Hezbollah a indiqué que toutes les options militaires contre Damas ont échoué: l'intervention étrangère, l'envoi de troupes arabes, l'armement de l'opposition, le renversement du régime par la force.
Selon lui, la communauté internationale a changé ses positions à l'ombre de la
situation sur le terrain. Tout ce qu'ils ont fait sur le terrain n'a eu aucun effet.
"Il faut qu'il y ait une solution politique en Syrie. D'aucuns ont mis comme condition à toute solution politique la chute du régime syrien. Toutefois, tous les sommets qui ont été tenus n'ont plus appelé à la chute du régime syrien vu les développements sur le terrain.
On parle aujourd'hui d'un dialogue entre le régime et l'opposition, et c'est ce qu'on l'avait dit justement dès le début. On aurait épargné toute cette effusion de sang. Ce choix était disponible dès le début. La solution politique se base sur le dialogue entre le gouvernement et l'opposition, et le début de réformes sérieuses", a-t-il dit.
Il a par ailleurs appelé à cesser les provocations médiatiques, et les tentatives de division.

Sur l'affaire bahreïnie, le secrétaire général du Hezbollah a dénoncé le meurtre quotidien des civils, et le recours des autorités aux gaz toxiques prohibées pour tuer la population.
" Il n'y a aucune différence entre le fait de mourir par les tirs de feu et les gaz toxiques. Ces gaz ne sont jamais utilisés dans les pays développés. Ils sont jetés sur les maisons, qui abritent des femmes, des vieux et des enfants confinés", a-t-il indiqué.
Il a également critiqué la ligue arabe qui évite de parler de la situation à Bahreïn pour ne pas irriter certains pays.
"C'est une vraie tragédie qui a lieu à Bahreïn. Un peuple opprimé, des milliers manifestent dans les rues et sont tués tous les jours. Donc, c'est un meurtre préparé à l'avance. Pourtant personne ne veut détruire le pays à Bahreïn".
Et d'ajouter: "La négligence arabe de la cause dans ce pays ne portera pas atteinte à la volonté du peuple bahreïni pacifique et courageux, et c'est Dieu Qui va les soutenir".

Concernant le Liban, il a appelé certains politiciens à revoir leurs évaluations sur la Syrie. "Il n'est pas nécessaire que certains partis au Liban perdent leur temps en misant sur de nouveaux changements en Syrie. Chacun a exprimé ses propres positions sur la situation en Syrie mais dans le cadre du maintien de la stabilité au Liban. On peut avoir des divergences de points de vue sur la Syrie tout en gardant le calme sur la scène libanaise. Cette réévaluation aura des résultats positifs sur le Liban à tous les plans".

Sayed Nasrallah a également parlé du gouvernement actuel au Liban. Pour lui, le maintien de ce dernier sert l'intérêt du pays. Mais il a appelé tous les partis au gouvernement à se mettre d'accord pour résoudre les problèmes vitaux de la population. "Nous appelons à ce que ce gouvernement soit sérieux. Nous tenons à ne pas critiquer souvent ce gouvernement puisque nous en faisons partie. L'intérêt du pays réside dans le maintien de ce gouvernement. Il faut travailler de concert pour combler les divergences et résoudre les problèmes sans provoquer des troubles. L'important est de parvenir à des résultats aux questions vitales, comme le dossier de l'électricité, il est important que les Libanais aient ce service".
Toutefois, il a qualifié le gouvernement actuel de "démocratique" puisque chacun s'exprime librement et les médias relatent tout ce qui s'y passe.
"Ce gouvernement ou tout autre gouvernement doivent assumer leurs responsabilités quel que soit leur sort. J'appelle les ministres, le chef d'Etat et tout le monde à faire plus d'efforts, à dialoguer pour parvenir à des résultats et subvenir aux besoins de la population parce que nous serons interrogés le jour du jugement dernier".

Au début de son allocution, Sayed Hassan Nasrallah s'est attardé sur le complexe de Sayeda Zeinab qui vient de l'inaugurer.
Il a dit que la construction des mosquées, la prière et les rencontres dans les mosquées sont d'une grande importance, et que Dieu y a insisté dans son Livre Sacré. Citant le prophète de l'islam qui considère même que le voisin de la mosquée ne doit prier que dans la mosquée, il a mentionné quelques versets sur l'importance de s'y rendre

Sayed Nasrallah a également dit que les circonstances de la construction de ce complexe sont exceptionnelles. "Cette terre se situe dans la banlieue sud, et elle fait partie de ce qu'on appelait jadis le bloc sécuritaire du Hezbollah.
Lors de la guerre de juillet, cette zone a été fortement bombardée. Les Israéliens ont détruit tous les bâtiments abritant ou non des sièges du Hezbollah. Le message des sionistes étaient de détruire la volonté, et le moral des habitants de cette région. Ils espéraient voir ces destructions dans les années à venir, mais les reconstructions des quartiers et des immeubles ont débuté au lendemain de la guerre et la société Waad a fini tout son projet de reconstruction. La semaine prochaine, la compagnie Waad livrera les derniers immeubles reconstruits aux propriétaires. Je prononcerai un discours en cette occasion et nous dirons ainsi au monde entier que c'est ici que nous menons une vraie vie et une vie digne".

Rappelant que l'ennemi a été vaincu dans cette guerre, il a indiqué que ce beau bâtiment montre aux Israéliens que nous avons bel et bien reconstruit des mosquées et immeubles plus beaux qu'auparavant.

Source: moqawama.org
Sayed Nasrallah: "La solution en Syrie est purement politique" 

Le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah s'est dit confiant que l'avenir de la nation arabe sera celui de la résistance et de la lutte contre les tyrans et les occupants. S'exprimant à l'occasion de l'inauguration du complexe de Sayeda Zeinab à Haret Hreik dans la banlieue Sud de Beyrouth, Sayed Nasrallah a indiqué que le choix de ce territoire pour y construire ce complexe religieux est symbolique, et vise entre autre à montrer à l'ennemi sioniste que la volonté de la vie chez le peuple de la résistance est plus forte que les bombardements. Il a par ailleurs affirmé que le sang qui coule en Palestine est la garantie de la survie de la cause palestinienne, ajoutant que la nation pourra facilement vaincre l'occupation sioniste si elle passe à l'acte. sur la Syrie, le numéro 1 de la résistance libanaise a réitéré que seule une solution politique est valable dans ce pays, appelant certains dirigeants libanais à revoir leurs positions sur cette affaire. Sur la situation à Bahreïn, Sayed Nasrallah a condamné le silence arabe face au meurtre quotidien du peuple pacifique dans ce pays.

Voici les idées principales du discours de Sayed Hassan Nasrallah: 

Chers oulémas, chers députés, chers frères et sœurs, je salue votre présence en cette occasion et je vous félicite pour l'occasion de l'anniversaire de Sayeda Zeinab, une femme de la descendance du Prophète, le Messager du Dieu, et la fille du prince des croyants l'Imam Ali ben Abi Taleb. J'implore Dieu en cette occasion de nous permette de suivre le même chemin et avoir les mêmes objectifs que cette famille bénie.
Aujourd'hui, nous inaugurons ce complexe béni qui regroupe une mosquée et d'autres installations, et qui porte le nom de Sayeda Zeinab. Nous remercions surtout l'un de nos frères qui fut le donateur principal pour la construction de cette mosquée. Il n'a pas voulu qu'on annonce publiquement son nom.
Je voudrais parler au début de cette occasion, de ce complexe, et d'aborder ensuite certaines questions politiques. S'agissant de ce complexe, nous considérons que la construction des mosquées, la prière et les rencontres dans les mosquées sont d'une grande importance, et Dieu y a insisté dans son Livre Sacré. Toutes les sectes islamiques croient à ceci. Prier, réciter le Coran, et marcher à pied vers les mosquées revêtent d'une importance majeure en Islam. Le prophète considère même que le voisin de la mosquée ne doit prier que dans la mosquée. Cette question est essentielle pour nous, et de nombreux versets et hadiths en parlent. J'en cite: "Ne peupleront les mosquées d'Allah que ceux qui croient en Allah et au Jour dernier, accomplissent la Salat, acquittent la Zakat et ne craignent qu'Allah. Il se peut que ceux- là soient du nombre des bien-guidés".
Toutefois, les circonstances de la construction de ce complexe sont exceptionnelles. Cette partie de terre se situe dans la banlieue sud, elle fait partie du territoire qu'on appelait jadis le bloc sécuritaire du Hezbollah.
Lors de la guerre de juillet, cette zone a été fortement bombardée et c'était prémédité. Les Israéliens ont détruit tous les bâtiments abritant des sièges du Hezbollah, mais d'autres bâtiments ne comprenaient que des unités résidentielles. Ils avaient pour objectif de détruire la vie, la volonté, et le moral des habitants de cette région. Ils voulaient faire payer cher à ces gens. Tel était le message israélien. Certains bâtiments ont été bombardés à plusieurs reprises. Le message était politique, moral et psychologique. L'ennemi espérait en effet que ces destructions durent des années et des années, vu la situation politique au Liban. Mais notre réponse fut claire dès le premier jour de la fin de la guerre: les reconstructions des quartiers et des immeubles ont débuté au lendemain de la guerre via la compagnie Waad. Quand nous avons pris la décision de construire ce complexe, nous avons voulu que sa construction prenne le plus de temps pour que personne ne dise que le Hezbollah donne la priorité à la construction du complexe et qu'il laisse de côté les immeubles résidentiels. La semaine prochaine, la compagnie Waad livrera les derniers immeubles reconstruits aux habitants sinistrés de la guerre. Je prononcerai un discours en cette occasion et nous dirons ainsi au monde entier que c'est ici que nous menons une vraie vie et une vie digne.
L'ennemi a été vaincu dans cette guerre, alors que nous avons triomphé. Nous avons remercié pleinement Dieu et selon les versets coraniques, nous devons face à cette grâce qui est celle  de la victoire, glorifier Dieu en effectuant la prière. Parmi ces versets : "Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués de se défendre - parce que vraiment ils sont lésés; et Allah est certes Capable de les secourir".
Donc, la mesure normale à prendre est de construire un lieu pour la prière. Telle est le symbolisme de cette mosquée exceptionnelle. Elle porte le message de l'adoration et de la gratitude envers Dieu. Ils ont voulu nous rayer de la carte lors de la guerre de juillet. Et nous disons à travers ce complexe: telle est notre vie, telles sont nos valeurs. Nous avons donné à cette mosquée le nom de Sayeda Zeinab qui a aussi une signification symbolique: la persévérance sur le chemin du Vrai, l'attachement au Vrai, l'endurance face aux souffrances, la croyance en Dieu, le mépris des tyrans. Le nom de Sayeda Zeinab est synonyme de vie, de défi, d'espoir. Nous leur disons à  travers notre adoration: nous resterons ici mais inchallah vous êtes sur la voie de la disparition. L'avenir sera décisif à cet égard entre nous et les sionistes.
Passons au ce sujet de la journée de la terre, qui est l'une des journées de la Palestine et d'alQods. Comme à l'accoutumée, nos frères palestiniens en Palestine ou dans la diaspora manifestent en ce jour avec de nombreux partisans et sympathisants pour exprimer leur attachement au Vrai, à la terre, aux lieux saints. Que veulent les occupants et derrière eux les comploteurs et les tyrans de cette nation et des palestiniens?  Ils veulent que la Palestine soit jetée aux oubliettes, qu'elle ne reste plus une cause primordiale, que ses habitants se désespèrent, qu'ils ne pensent plus à y retourner, et qu'ils se contentent des miettes israéliennes. Aujourd'hui encore, on vient d'annoncer qu'il y a aura plus de confiscations de terres en Cisjordanie.
Ils veulent que nous capitulions mais ceci n'aura pas lieu. Nous luttons à tous les plans, médiatique, politique, social mais aussi à travers la résistance, les sacrifices des détenus, les souffrances des gens assiégés. Ce sang qui coule a permis la survie à cette cause et toutes les tentatives de liquider la question palestinienne ont échoué bien qu'ils aient versé des milliards de dollars. Aujourd'hui, les Palestiniens expriment cet attachement à leur patrie, à leur terre et à leur cause.
Une fois de plus donc, la cause palestinienne frappe à la porte de tous les Arabes et les musulmans, la nation doit assumer ses responsabilités envers elle. Les peuples, les élites, on est tous responsable. Mais malheureusement, cette nation n'assume pas ses responsabilités. Pourtant elle est capable de réaliser facilement la victoire. L'imam Khomeiny avait dit pour simplifier les choses: si chaque musulman des 1 milliard verse un sceau d'eau sur la Palestine, on fera noyer Israël. On n'a pas besoin d'armes nucléaires, ni d'avions américains pour le faire. La preuve en est les événements qui ont eu lieu effectivement sur le terrain. Quelques Libanais et Palestiniens, avec le soutien limité de quelques pays comme l'Iran et la Syrie, ont réalisé une grande victoire au Liban et à Gaza. Nous parlons ici d'un petit groupe d'arabes.
Je m'exprime au lendemain du sommet arabe à Bagdad, chaque heure qui s'écoule et la Palestine sous occupation, les dirigeants arabes et en second lieu leurs armées et les peuples seront interrogés le jour du jugement dernier sur les raisons de leur laxisme. Toutefois, on est certain que l'avenir des peuples arabes est celui de la résistance. Ce n'est qu'une affaire de temps.
Sur la situation en Syrie, tout le monde porte son attention sur ce pays. Hier seulement il y a eu le sommet du BRICS, de la ligue arabe ainsi qu'un sommet irano-turc. Les événements en Syrie auront des répercussions décisives sur la région.
1-    L'intervention étrangère en Syrie constituait un vrai danger ces derniers mois.  En ce moment, nous pouvons dire que cette affaire a été tranchée. Le risque des interventions étrangères dans la région n'existe plus.
2-    L'envoi de troupes arabes en Syrie n'est plus discutable, même au sommet arabe.
3-    L'armement de l'opposition en Syrie est devenu du passé.
4-    Le renversement du régime par la force a également échoué.
En effet, la communauté internationale a changé ses positions à l'ombre de la situation sur le terrain. Tout ce qu'ils ont fait sur le terrain n'a eu aucun effet.
Il faut qu'il y ait une solution politique en Syrie. D'aucuns ont mis comme condition à toute solution politique la chute du régime syrien. Toutefois, tous les sommets qui ont été tenus n'ont plus appelé à la chute du régime syrien vu les développements sur le terrain.
On parle aujourd'hui d'un dialogue entre le régime et l'opposition, et c'est ce qu'on l'avait dit justement dès le début. On aurait épargné toute cette effusion de sang. Ce choix était disponible dès le début. La solution politique se base sur le dialogue entre le gouvernement et l'opposition, et le début de réformes sérieuses.
Si les pays de la région sont soucieux du peuple et de la stabilité en Syrie, la solution est claire: une solution politique basée sur le dialogue et les réformes. Celui qui était fidèle à la Syrie doit présenter son aide selon ses responsabilités pour permettre à ce pays de réinstaurer sa sécurité, autrement on est en train de servir les intérêts d'Israël et le chaos global dans la région. Fournir des aides en cessant les provocations médiatiques, en mettant fin aux tentatives de division, et en poussant toutes les parties à s'engager dans le dialogue.

Il est normal que la Syrie attire toute cette attention internationale, mais ce qui est anormal c'est que la cause de Bahreïn ne figure même pas à l'ordre du jour de la Ligue arabe. C'est une vraie tragédie qui a lieu à Bahreïn: Un peuple opprimé, des milliers manifestent dans les rues et sont tués tous les jours.
Il n'y a aucune différence entre le fait de mourir par les tirs de feu et les gaz toxiques. Ces gaz ne sont jamais utilisés dans les pays développés. Ils sont jetés sur les maisons, qui abritent des femmes, des vieux et des enfants confinés. Donc, c'est un meurtre prémédité.
Cette cause ne figure pas à l'ordre du jour de la ligue arabe. Il est interdit de reconnaitre la présence d'un problème à Bahreïn, parce que certains pays menacent ainsi de boycotter les réunions de cette ligue. Pourtant personne ne veut détruire le pays à  Bahreïn.
En tout cas, cette négligence ne portera pas atteinte à la volonté du peuple bahreïni pacifique, endurant, courageux et sincère. Dieu surement va les soutenir parce qu'ils respectent toutes les normes patriotiques et religieuses.
Concernant le Liban, je voudrai appeler certains politiciens qui attendent les résultats de la crise syrienne à revoir leurs évaluations. Il n'est pas nécessaire que certains partis au Liban perdent leur temps en misant sur de nouveaux changements en Syrie. Chacun a exprimé ses propres positions sur la situation en Syrie mais dans le cadre du maintien de la stabilité au Liban. On peut avoir des divergences de points de vue sur la Syrie tout en gardant le calme sur la scène libanaise. Cette réévaluation aura des résultats positifs sur le Liban à tous les plans.
S'agissant du gouvernement, nous considérons que la survie de ce dernier est dans l'intérêt du Liban, nous appelons toujours les parties au gouvernement à traiter les problèmes vitaux du pays et à répondre aux revendications du peuple. Nous appelons à que ce gouvernement soit sérieux. Nous tenons à ne pas critiquer souvent ce gouvernement puisque nous en faisons partie. L'intérêt du pays réside dans le maintien de ce gouvernement. Il faut travailler de concert pour combler les divergences et résoudre les problèmes sans provoquer des troubles. L'important est de parvenir à des résultats aux questions vitales. Sur l'électricité, l'important est que les Libanais jouissent de ce service.
Ce gouvernement renferme des positions distinctes et tout est relaté par les médias. Bon c'est excellent donc d'avoir un gouvernement démocratique dans le pays. Les ministres sont responsables des causes vitales dans le pays. Au Liban, les gouvernements changent selon la conjoncture politique et non selon le degré d'efficacité. Ce gouvernement ou tout autre gouvernement doivent assumer leurs responsabilités quel que soit leur sort. J'appelle les ministres, le chef d'Etat et tout le monde à faire plus d'efforts, à dialoguer pour parvenir à des résultats et subvenir aux besoins de la population parce que nous serons interrogés le jour du jugement dernier.
Du retour à cette mosquée, je voudrai dire à travers la beauté de cette construction et la décoration interne, je voudrais dire à l'ennemi que nous sommes capables de reconstruire des mosquées plus belles que celles qui existaient auparavant.

FIN

A Bagdad la Ligue arabe baisse le ton et sauve la face

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Changer son fusil d’épaule tout en s’efforçant de ne pas perdre la face, c’était le défi qui attendait la Ligue arabe réunie jeudi 29 mars en sommet à Bagdad : les dirigeants arabes ont donc exhorté le gouvernement syrien ET l’opposition à un « dialogue sérieux » . Comme le note l’AFP, à l’exception de la Tunisie « ennahdaïsée » , aucun des 21 pays représentés – pas même le Qatar et l’Arabie Séoudite – n’a appelé à un départ du président Bachar al-Assad, et tous ont rejeté l’idée d’une intervention militaire, quelle que soient ses couleurs, en Syrie. La déclaration finale du sommet proclame que la Ligue arabe est « en faveur de l’unité et la stabilité de la Syrie et contre toute intervention militaire ».
Par Louis Denghien, le 30 mars 2012

A Bagdad la Ligue arabe baisse le ton et sauve la face
Par Louis Denghien, le 30 mars 2012

A Bagdad, le drapeau syrien flottait, malgré l’absence de représentants de Damas : un geste irakien qui laisse bien augurer de la nouvelle présidence de la Ligue arabe
Changer son fusil d’épaule tout en s’efforçant de ne pas perdre la face, c’était le défi qui attendait la Ligue arabe réunie jeudi 29 mars en sommet à Bagdad : les dirigeants arabes ont donc exhorté le gouvernement syrien ET l’opposition à un « dialogue sérieux » . Comme le note l’AFP, à l’exception de la Tunisie « ennahdaïsée » , aucun  des 21 pays représentés – pas même le Qatar et l’Arabie Séoudite – n’a appelé à un départ du président Bachar al-Assad, et tous ont rejeté l’idée d’une intervention militaire, quelle que soient ses couleurs, en Syrie. La déclaration finale du sommet proclame que la Ligue arabe est « en faveur de l’unité et la stabilité de la Syrie et contre toute intervention militaire ».
Des résidus de « qatarisation »
Évidemment, la Ligue arabe ne pouvait se déjuger totalement par rapport à son attitude anti-Bachar récente : la déclaration condamne aussi « les violations des droits de l’homme contre les civils » et les dirigeants arabes considèrent que « le massacre de Bab Amr commis par les forces militaires et de sécurité syriennes comme des crimes contre l’humanité« , reprenant ainsi la terminologie du Haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Navi Pillay. On peut penser qu’il s’agit là d’un lot de consolation pour le Qatar et l’Arabie Séoudite, mais les termes demeurent quand même pour le moins polémiques. Et injustes dans la mesure où le gouvernement syrien s’est efforcé, à Bab Amr, de faciliter l’évacuation des non combattants, et que ses forces ont pilonné et combattu, non pas des femmes et des enfants, mais des combattants utilisant la population comme un bouclier humain.
Pour le reste, les mots et les principes contenus dans la déclaration finale nous semblent sceller la défaite du Qatar et du CNS, autrement dit des radicaux qui ne sont vraiment plus, tant dans l’espace arabo-musulman que dans le reste du monde, les arbitres et les incontournables qu’ils pouvaient paraître être, ne serait-ce que deux mois plus tôt. C’est tellement vrai que Doha et Ryad avaient ostensiblement pris leur distance avec la sommet de Bagdad, n’ y envoyant que des subalternes et non les chefs de leur diplomatie. C’est aussi que ce sommet marquait symboliquement le début de la présidence irakienne de la Ligue arabe, après un an de leadership qatari. Et l’Irak n’a pas, c’est le moins qu’on puisse dire, le même regard sur la crise syrienne que l’émirat et le royaume wahhabites. La défaite de l’ASL et des groupes armés, encore meurtriers mais plus en situation de faire basculer le cours des événements, le double véto russe et chinois et aussi, il faut le souligner ici, la résistance de Bachar, de son régime et d’une majorité des Syriens ont eu raison, au bout d’une année terrible, de la formidable coalition géostratégique et médiatique qui pensait pouvoir casser la Syrie telle qu’elle est. Certes, l’axe occidental ne renoncera pas facilement à son rêve de « remodelage » du monde arabe et d’isolement de l’Iran, mais une phase s’est incontestablement achevée, sur la défaire des Clinton/Cameron/Juppé/Erdogan/Séoud/al-Thani.
La nouvelle approche irakienne

Le défi posé à Nouri al-Maliki : réintégrer la Syrie sans perdre le Qatar et l’Arabie Séoudite
Bachar al-Assad, justement, dans un message adressé jeudi aux dirigeants du groupe des BRICS à New Delhi, a rappelé à ses alliés que la Syrie a répondu favorablement au plan de paix arabe et à la mission de Kofi Annan et qu’elle « n’épargnera aucun effort » pour assurer le succès de celle-ci. Toutefois, précise Bachar, « pour faire réussir la mission d’Annan, il faut faire tarir les sources de terrorisme visant la Syrie et en provenance de pays qui ont annoncé avoir financé et armé les groupes terroristes« . Tout le monde aura reconnu le Qatar et l’Arabie Séoudite qui ont crié leur volonté d’armer – ou plutôt de continuer à armer – l’ASL et les divers groupes activistes encore à l’oeuvre en Syrie. Là encore, on notera qu’à l’occasion du sommet de Bagdad le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a fermement condamné cette position qataro-séoudienne : « D’après notre expérience en Irak, armer les deux camps en conflit va conduire à une guerre régionale et internationale par procuration en Syrie« . En outre, ajoute al-Maliki, une telle initiative « préparera le terrain pour une intervention armée étrangère en Syrie, ce qui porterait atteinte à la souveraineté d’un pays arabe frère« . Et certes, en tant qu’Irakien Nouri al-Maliki sait de quoi il parle. Son argumentation annonce sans doute l’approche du dossier syrien que l’Irak entend privilégier à la tête de la Ligue arabe : ne pas heurter de front les extrémistes pro-islamistes et pro-atlantistes que sont le Qatar et l’Arabie Séoudite, mais opposer à leurs menées les arguments de la modération, du réalisme et de l’indépendance arabe. C’est sans doute en effet, la meilleure façon de les marginaliser au sein du monde et de la Ligue arabes.
« Brillant second » des pétro-monarques, le président tunisien sous influence islamiste Moncef Marzouki  s’est singularisé à Bagdad par sa très vive condamnation du régime syrien – « on doit y mettre fin » -, demandant le départ de Bachar, mais son discours a dû sonner quelque peu déphasé, ou démodé. Toute la mission – et le pari – de la présidence irakienne sera de contenir ces maximalistes tout en réintégrant la Syrie, ce pays ayant fait savoir qu’elle ne se considérerait liée par aucune décision d’une organisation qui l’a suspendue l’automne dernier. Un test délicat pour l’Irak nouvellement libéré de ses faux-libérateurs américains et toujours ravagé par le terrorisme islamiste dont certains, au sein même de la Ligue arabe, encouragent l’implantation en Syrie.

http://tunisitri.wordpress.com/2012/03/30/a-bagdad-la-ligue-arabe-baisse-le-ton-et-sauve-la-face/

Discours de Sayed Nasrallah - 30 mars (vidéos)

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