08 novembre 2009

quand les banques pactisent avec le diable.... (armes et dictatures)

Armes, dictatures… :

quand les banques pactisent avec le diable


Al Pacino dans "L'Associé du diable" (DR)

Photo : dans « L'Associé du diable », Al Pacino dirige

un cabinet d'avocats spécialisé dans la défense de firmes

moralement corrompues (DR)



Par Augustin Scalbert | Rue89 | 08/11/2009 | 11H31

Quand on arrive sur le site Secretsbancaires. fr, on est accueilli par une page sombre et une musique anxiogène.

Un décor adapté, puisqu'on y découvre une collection d'investissements moralement contestables que réalisent les banques françaises.

Parmi les entreprises ainsi financées, des fabricants de bombes à sous-munitions,

détruisant l'environnement ou soutenant des régimes répressifs.

Ce site a été lancé en juin par une coalition européenne d'organisations non gouvernementales, représentée en France par les Amis de la terre.

« Ce qu'on y montre est la partie émergée de l'iceberg », estime Yann Louvel, chargé de campagne finance privée dans l'ONG.

Les six ONG européennes du réseau Banktrack engagent des consultants ayant accès à des bases de données financières pour déterminer où les banques de ces pays (France, Espagne, Allemagne, Italie, Royaume-Uni et Belgique) prêtent de l'argent à des entreprises, ou gèrent ou commercialisent des produits financiers pour elles ou leurs clients :

« Nos consultants travaillent par thèmes : une semaine, ce sera les banques européennes finançant les agrocarburants en Amérique latine ; la semaine suivante, le financement d'activités nucléaires par des banques françaises. »

La Société Générale et la mine plus polluante du monde

Capture d'écran du site Secretsbancaires.fr


Le résultat est parfois très choquant. Ainsi, on réalise que les trois grandes banques françaises présentes sur le site (BNP-Paribas, Société Générale et Crédit Agricole) ont des liens avec Textron, une entreprise américaine produisant des bombes à sous-munitions. La palme revient au Crédit Agricole, qui « détient ou gère pour compte de tiers des actions dans cette compagnie pour un montant de 9,83 millions de dollars ».

La Société Générale a « octroyé des prêts et émis des obligations » d'un montant proche pour Freeport McMoran, qui gère la mine la plus polluante du monde, en Indonésie. Quant à BNP-Paribas, elle a « émis des obligations et détient ou gère pour compte de tiers » environ… 260 millions de dollars chez Total, dont on connaît l'activité en Birmanie.

Comment réagissent les banques à ce déballage de leurs pratiques ? « En mars, elles s'étaient déjà engagées par rapport au fabricant de bombes à sous-munition, mais je n'ai pas de nouvelles », relate Yann Louvel.

Pour lui, tous les exemples publiés sur ce site montrent que « les banques n'ont pas de politique précise vis-à-vis de l'éthique de leurs investissements, et qu'elles peuvent se retrouver, volontairement ou non, dans ce genre de projets ».

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