10 janvier 2011

BAHAR KIMYONGÜR LANCE UN APPEL AUX DEPUTES EN FAVEUR D’ALI AARRASS

Le CLEA se mobilise pour ALI AARRASS, UNE NOUVELLE VICTIME DE LA GUERRE CONTRE LE TERRORISME!...


BAHAR KIMYONGÜR LANCE UN APPEL AUX DEPUTES EN FAVEUR D’ALI AARRASS

«PARTICULIER CHERCHE DÉPUTÉ CULOTTÉ
Ali Aarrass est, tout comme moi, un enfant bipatride, victime des maltraitances de deux « mères-patries » indignes. Lui et moi avons une mère-patrie commune : la Belgique. Elle ne nous aime pas et nous traite avec indifférence parce que nos têtes ne lui plaisent pas. Dans mon cas, elle s’est quelque peu ravisée. Elle me tolère mais me surveille avec malveillance. Ali, lui, a eu moins de chance. Elle a détourné son regard au moment où il se faisait enlever. Mère-Belgique a laissé faire un rapt d’enfant commis par une marâtre espagnole pour le compte de Mère-Maroc. Ali est désormais aux mains de son autre mère-patrie qui le séquestre et le bat. Pourtant, Ali est gentil et innocent. Alors que moi, je suis et je reste turbulent…

Le vendredi 16 juin 2006, j’étais en prison. Non pas en Belgique mais à Dordrecht aux Pays-Bas à cause d’un mandat d’arrêt international émis par Ankara qui voulait ma tête de prétendu « leader terroriste ». Malgré ces graves accusations, ce vendredi-là, je reçus la visite de 3 parlementaires belges : Josy Dubié, à l’époque sénateur Ecolo, et deux autres figures du mouvement progressiste belge, Pierre Galand et Jean Cornil, eux aussi à l’époque sénateurs mais du Parti socialiste. Il en fallait du courage à ces 3 parlementaires pour rencontrer un «énergumène» sur lequel « il faudrait fondre comme le faucon sur sa proie » comme disait à l’époque François-Xavier de Donnéa leur collègue MR du clos des Milliardaires. Il en fallait de l’insolence à ses 3 Don Quichotte pour se préoccuper d’un étranger au nom presque inquiétant qui tel un esclave avait été vendu par son propre pays sur le marché néerlandais au pays d’origine de ses parents. Si je suis aujourd’hui libre, c’est notamment grâce à eux. Ali Arraass, lui, n’a pas eu la même chance…
Ali n’est pas comme je l’ai été, au bord du précipice. Il est au fond ! Mais il vit encore. Entendez sa voix ! Maintenant que Josy, Pierre ou Jean ne jouissent plus de leur tribune politique, ne nous faites pas dire que notre démocratie a perdu. Suivez l’exemple de vos 4 prédécesseurs, prenez la relève non pas pour porter secours à un terroriste avéré comme je l’étais injustement catalogué à l’époque, mais pour sauver un innocent, un vrai, des griffes de ses tortionnaires. Une simple rencontre suffira à lui redonner vie.
Amis députés, sauver Ali, c’est sortir notre démocratie du précipice. C’est laver l’opprobre jeté sur un homme non plus à terre mais désormais sous terre ! Sauver Ali, c’est en définitive sauver notre dignité à tous ».

Bahar Kimyongür, 24 décembre 2010

Appel du Comité pour la liberté d’expression et d’association (CLEA) :
L’Espagne bafoue les droits d’un ressortissant belge, Bruxelles laisse faire
L’affaire avait causé un énorme scandale. En 2006, la Belgique avait organisé le kidnapping du citoyen belge Bahar Kimyongür afin de le livrer, via les Pays-Bas, à la Turquie. Heureusement, la justice néerlandaise n’avait pas donné suite à ce complot: elle avait, au contraire, dénoncé cette forfaiture et remis Bahar en liberté. A l’époque, le Parquet fédéral belge était décidé à museler la liberté d’expression de Kimyongür en le faisant passer pour un «dirigeant terroriste». En réalité, à travers sa militance efficace, le jeune homme ne faisait que dénoncer le sort terrible subi par les militants de gauche incarcérés dans les prisons d’Ankara.
Or, quatre années plus tard, la Belgique récidive, en bafouant -une nouvelle fois- les principes élémentaires sur lesquels doit s’appuyer tout État de droit: les plus hautes autorités viennent, en effet, d’accepter l’extradition, par l’Espagne vers le Maroc, du ressortissant belge Ali Aarrass…

HIER: BAHAR. AUJOURD’HUI: ALI…
Ali Aarrass est né à Melilla. Dès son plus jeune âge, avec une partie de sa famille, il va vivre en Belgique, où il obtient la nationalité et réussit ses études. Il finit néanmoins par rejoindre son père resté dans l’enclave espagnole située en territoire marocain… où il est arrêté !
C’est la conséquence des attentats survenus à Casablanca en 2003. De présumés « terroriste » ont accusé notre compatriote dans cette affaire. Bien que ces détenus soient revenus, par la suite, sur leurs accusations arrachées sous la torture, c’est trop tard: le mal est fait.
INNOCENT!
Mais après trois années d’enquête et de procès, sans la moindre preuve à charge, les tribunaux espagnols établissent l’innocence d’Ali. Pourtant, le ressortissant belge demeure incarcéré… dans l’attente de son extradition vers le Maroc.
TORTURE!
Amnesty International Espagne a vigoureusement réagi: « Exhortez les autorités à ne pas extrader Ali Aarrass vers le Maroc car il risquerait d’être détenu au secret, de subir des actes de torture et d’autres mauvais traitements, ainsi que d’être victime d’un procès inique ».
ALI AARRASS, UN BELGE PAS COMME LES AUTRES?
Confrontée à la détérioration de son état de santé, la famille Aarrass envisage même d’attaquer l’État belge pour son indifférence et sa passivité dans le traitement du dossier. Et l’avocat de M. Aarrass de rappeler que le représentant du consulat belge en Espagne lui a déclaré que « dès l’instant où ils quittent le territoire, il existe deux types de citoyens belges: ceux qui le sont d’origine… et les autres » !
ETATS VOYOUX!
Le 14 décembre 2010, en dépit d’une ultime réclamation du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU et d’une mobilisation citoyenne croissante, l’Espagne extrade notre compatriote vers le Maroc! L’État belge, quant à lui, refuse toujours d’engager le moindre dialogue avec la famille du prisonnier, tenu au secret depuis douze jours maintenant…
MOBILISATION!
Au-delà de l’urgence humanitaire, la situation d’Ali Aarrass constitue l’illustration dramatique des ravages que cause « la guerre contre le terrorisme » sur nos libertés. Depuis le 11 septembre, les États européens comme la Belgique, mettent à mal les principes démocratiques proclamés dans les textes fondamentaux.
Comme par le passé, le CLEA s’engage à fond contre les législations antiterroristes qui ne servent, en réalité, que de prétexte pour défaire les libertés civiles et démanteler les droits démocratiques. Souhaitant poursuivre notre action à plus grande échelle, nous vous invitons à notre prochaine rencontre qui aura lieu le jeudi 6 janvier, à 19h30, au Cercle Victor Hugo, avenue de Stalingrad 106, 1000 Bruxelles (métro Lemonnier).
Le Comité pour la Liberté d’Expression et d’Association (Clea)
Bruxelles, 26 décembre 2010


Toutes les informations à propos d’Ali Aarrass se trouvent sur
www.leclea.be

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