17 février 2010

accusé d'antisémitisme, le cinéma UTOPIA est relaxé !

La salle où devait se tenir le procès opposant le cinéma d'art et d'essai à l'association culturelle juive des Alpilles était trop étroite pour accueillir toutes les personnes venues soutenir Utopia. Très vite, la décision a été prise, le procès se déroulera dans la salle Voltaire. Celle où se tiennent les procès les plus médiatiques.






















Thierry Levy et Patrick Guivarch au tribunal (Photo Manuel Pascal)


Suite à la critique du film d’Elia Suleiman “Le temps qui reste” publiée dans la gazette du mois d’août, le cinéma Utopia était accusé d’incitation à la haine raciale et d’antisémitisme par l’association culturelle juive des Alpilles (ACJA) basée à Saint-Rémy-de-Provence. En 40 minutes de plaidoirie, l’avocat du cinéma, Me Thierry Lévy est parvenu à rendre « nulles et irrecevables » les accusations qui pesaient sur Utopia. « La stratégie était la bonne » soufflera Patrick Guivarch, le gérant de l’établissement.

Pas de débats sur le fond de l’affaire

Les plaidoiries n’ont pas porté sur le fond de l’affaire. Point de débats sur les « milices juives » ou sur les écoles où la « lobotomisation sioniste filait bon train». Les avocats se sont concentrés sur la recevabilité de la plainte. Et ce, à coups d’arguments juridiquesl. Le Président du tribunal correctionnel, a suivi l’avis du parquet et a estimé que les plaintes émanant de l’association culturelle juive des Alpilles étaient « nulles et irrecevables ». Et ce pour une raison simple : les statuts de l’association n’ont qu’un caractère historique et culturel. En clair, et comme l’a martelé Me Lévy, « rien ne justifie que l’ACJA puisse porter plainte pour propos antisémites ou incitation à la haine raciale. » De même, concernant les accusations d’injures portées par l’association juive à l’encontre du Patrick Guivarch, le tribunal a qualifié ces charges d’infondé. «Car aucune personne n’est directement visé par la critique du film » a argumenté Me Lévy.

De son côté l’avocate de l’ACJA, Me Michelle Victor a tenté de justifier la légitimité de la procédure de l’association en invoquant, notamment, l’article 14 de la convention européenne des Droits de l’Homme qui prohibe les discriminations. Mais cela n’a pas été suffisant pour les magistrats.

Le jugement rendu, Patrick Guivarch, gérant des cinémas Utopia, s’est dit "soulagé mais confiait" et gardait « un sentiment d’amertume. Je ne suis pas sûr que cette histoire soit signe de bonne santé de notre démocratie. Ces débats doivent se tenir sur la place publique, pas dans les tribunaux.»

Source : Avignews

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